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 god loves violence. (sasha)

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MessageSujet: god loves violence. (sasha) god loves violence. (sasha) EmptySam 6 Oct - 21:22



POISON LIPS.



Ils ondulaient comme les replis des draps qui séchaient mollement dans le jardin, comme les vagues engloutissant tout sur leur passage. Les méandres de l'oubli (...) C'était un tourbillon d'émotions, invitant les maux à l'abstinence, et l'inspiration à la création. Ses doigts affriolaient sur les touches magistrales, trop imposantes pour sa frêle composition. Face à tant de prestance, il paraissait minuscule, presque ridicule. Une langue humide passa souplement sur ses lèvres, gorgeant de salive ses plaies encroûtées de petite peau morte. L'épais manteau noir qui dilapidait ses pupilles jadis claires trahissait une santé valétudinaire. L'opium. Une consommation excessive d'opium qu'il jumelait avec d'autres crasses illégales. Ses papilles nasales battaient comme les ailes d'un papillon, évacuant l'air infect qui le rendait malade comme un chien. Il pouvait presque sentir son cœur tambouriner à travers la pulpe de ses doigts. Ces derniers finissaient un ballet endiablé sur les touches de l'orgue, devant lequel il s'était réfugié, comme tous les jours, à dix-sept heures tapantes. Les vibrations se propageaient à travers les périphéries de l'église, faisant trembler d'émoi sa sainteté. Il aboutit sur une dernière note, grave et prolongée, les paupières closes, la respiration sifflante. Et là, le regard fixé sur le tourmenté, vulgairement pendu sur sa croix, il se sentait immensément bien. Une étrange impression de vide le submergea, le noyant dans un bain trouble et vaporeux. Il quitta du regard le saint déchu, fils prodige oublié des cieux, et poursuivit sa quête à travers les venelles étroites. Les mains enfouies dans les poches de sa longue veste en cuir qui lui tombait jusqu'au niveau des cuisses, Hadès s'enfouit dans l'air infâme qui remplissait les bouches béantes des quartiers malfamés. Il s'autorisa une clope, la bouche enroulée comme une pute autour de la cigarette. Un épais voile opaque s'échappa langoureusement de ses lèvres plantureuses, comme une danseuse exotique. Néanmoins, le Dieu retraité dut laisser de côté sa fascination pour une autre; le plaisir de la chaire fraiche. Ses pas l'amenèrent dans la boîte de strip-tease qu'il côtoyait régulièrement pour son petit plaisir personnel, loin du commun de mortel. Une odeur de débauche vint lui fouetter violemment le nez, stimulant sa testostérone déjà bien enflammé. Vêtu d'un ensemble chic et débraillé, un jeans noir, une chemise noire où deux boutons se sont fait la malle, une montre Cartier et une veste en cuir qui épousait joliment sa silhouette, Hadès attirait quelques muses en quête de compagnie comme des mouches. Il aurait pu se laisser convoiter par ces dames sulfureuses si une tête bien connue ne lui avait fait de l'œil. En effet, en plein cœur de la salle, sur un des podiums de la boîte, se déhanchait Sasha Bird, un strip-teaseur qui était malencontreusement tombé dans ses bras le temps d'une nuit. Enfin...'superficiellement' étant donné qu'ils n'avaient pas couché ensemble, vu l'état désastreux dans lequel s'était retrouvé ce charmant minois. « Hadèèèès, tu nous abandonnes? » geignit Lucinda, une délicieuse créature aux courbes désirables. Il toisa Sasha pendant de longues minutes, et lorsqu'il croisa son regard, il aspira une dernière bouffée de nicotine avant de se fondre dans la foule indécente, disparaissant comme un voleur. La nuit était déjà bien avancée lorsqu'il quitta la boîte de strip-tease. Pourtant, il n'était pas encore assez tard pour Hadès, véritable oiseau de nuit. Pendant deux longues heures, il défila entre différentes bandes douteuses, baigné dans des trafics illicites. Les poches remplies d'argent, il s'apprêtait à amorcer la 'marche-retour' vers son appartement quand il tomba nez à nez avec Sasha au détour d'une ruelle étroite. Il s'arrêta net pour détailler son vis-à-vis avec insistance, le sourire carnassier. « L'oiseau s'est envolé de son nid. » susurra-t-il entre ses dents, dissuadant le jeune homme de toute fuite 'incognito'.

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MessageSujet: Re: god loves violence. (sasha) god loves violence. (sasha) EmptyJeu 25 Oct - 19:28

Son coeur battait à tout rompre, bien trop vite, avec violence. Il sentait ses battements à travers tout son corps, et la veine de son cou palpitait avec rapidité, presque dangereusement. Ses mains étaient posées sur ses genoux et il tentait en vain de contenir leur tremblement nerveux.
Sasha patientait tant bien que mal, assis face à sa coiffeuse, véritable cliché et symbole des starlettes de cabaret, dont quelques ampoules autour du miroir central clignotaient ou étaient totalement hors-service. Il regardait son reflet dans la glace polie et quelque peu jaunie, et son air blafard, presque maladif, le surpris lui-même. Certes, il lui arrivait souvent d'avoir des piques de stress avant une prestation, surtout les soirs de grandes affluences tels que le vendredi soir, mais là, cela dépassait les limites de ce qu'il avait connu jusqu'à présent. Le jeune garçon, toujours en s'inspectant consciencieusement dans le miroir, mit à plat ses pensées et entama une sorte de psychanalyse personnelle, dans le but de découvrir la cause de ce malaise. Dans un premier temps, il ne put se détacher du plan matériel et du temps présent, jugeant d'un mauvais oeil les ailes d'ange ridicules qu'il se devait de porter à son dos, attachées par deux lanières de cuir. C'était peut-être ça qui le mettait dans cet état ? La peur d'être ridicule, de ne pas savoir bouger à son aise à cause des ces trop encombrantes membranes plumées artificielles. Il aurait dû en être satisfait plutôt, se sentir tel Icare, euphorique à l'idée d'avoir recouvrer ses attributs d'oiseau qui lui avaient tant manqué. Il était torse nu déjà sous ses plumes, et portait un short qu'il aurait pu qualifier, s'il était étranger au milieu du strip-tease, de féminin dans la découpe et dans la longueur. Au niveau de ses chaussures par contre, il n'avait pas à se plaindre. Il portait de simples baskets de toile de type converse, mais de marque contrefaite. Le numéro qu'il devait présenter n'était pas une prestation de danser pure. Il ne devait que rouler des hanches en avançant dans la masse du public pour que ce dernier lui glisse des billets dans le short. Sasha avait horreur de cela. La seule fois où il avait fait quelque chose du style, en grand innocent qu'il est, il fut plus que troublé et choqué par les attouchements excessifs et pseudo-affectueux des spectateurs. Claques sur les fesses, caresses à la limite de l'intime. Cela lui avait fait monter le feu aux joues et il était resté enfermé à double-tour dans sa loge pendant deux heures d'affilée, assis par terre en tremblant, tentant d'ignorer le sang affluant en son bas-ventre. On peut dire que pour un premier contact, ce fut assez traumatisant. Depuis, il avait réussi à éviter ce genre de démarche, mais son patron le lui avait imposé, cette fois-ci, et il ne pouvait pas s'y opposer, sous peine d'être sévèrement réprimandé, d'une façon ou d'une autre.
Mais, il y avait autre chose qui le turlupinait. Il ne voyait plus son métier de la même façon depuis quelque temps. Les pervers ou les chaudes qui lui faisaient des avances, il en était habitué, mais jamais il n'avait craqué pour l'un d'eux. Juste une fois. Il ne savait dire si cette fois-là était de trop ou non. Il s'agissait d'un homme, beau et ténébreux répondant au nom original de Hadès, qui, malgré une aura assez inquiétante, l'avait mis en confiance à grand renfort sournois de boisson. Après, il y avait dans l'esprit de Sasha un grand vide, qu'Hadès avait comblé au moyen d'informations fausses ou véridiques, ce qui avait eu pour résultat de désorienter encore plus l'ancien oiseau. La principale chose qui l'avait interpellé -parce qu'au fond, le fait qu'il ait dansé au non nu autour d'une table en brandissant une brosse de toilettes n'importait que très peu- et soulagé à la fois était qu'il n'avait pas fait l'amour avec cet Hadès. Encore heureux. Saoul comme il l'aurait été, il ne s'en serait sans doute pas souvenu et l'idée de faire une telle chose avec un inconnu lui donnait des sueurs le long de la colonne vertébrale. Sasha accordait tellement d'importance aux sentiments que cette idée le répugnait, d'autant plus qu'entre les hommes et les femmes, il n'était pas qu'un petit peu perdu.
Sasha soupira et passa machinalement sa main dans ses cheveux, avant de se saisir subitement d'un peigne et de les recoiffer. Il ne pouvait pas être décoiffé, tout devait être parfait lorsqu'il entrait en scène. Pas un poil qui ne dépassait, pas une imperfection sur sa peau. Quelqu'un donna des coups martelés à sa porte. « Sasha Birds, c'est à vous. » La voix manquait d'enthousiasme, comme usée à force de répéter chaque soir à des artistes qu'il était temps pour eux de se produire. Sasha n'avait même jamais vu le propriétaire de cette voix et en avait fait quelque chose de mythique, comme une entité supérieure qui annonçait un drame, ou quelque chose dans ce genre là.
Il se leva, se tourna vers la porte et s'arrêta, la main à quelques centimètres de la poignée. Ses jambes étaient en coton et flanchaient. Il ne pouvait décemment pas se présenter ainsi, aussi faible devant ce groupement de requins. Il devait avoir l'air fort, sûr de lui, voire indifférent, pour n'être que fantasme et illusion, un rêve érotique pour la plupart à portée de main, mais tellement inaccessible. Un supplice de Tantale contemporain.
Ses yeux se durcirent et sa mâchoire se crispa. D'un geste résolu, il fit glisser les lanières de ses épaules pour laisser choir ses ailes sur le sol dans un bruissement de plumes. Et comme si, par ce geste, sa pression était retombée d'un coup, il se sentit d'un coup beaucoup mieux. Sasha était d'humeur mutine ce soir et il comptait bien faire le show à sa sauce, selon son inspiration et pas sous l'impulsion désintéressée humainement parlant de son employeur. Il appuya sur la clenche de la porte et franchit la distance qu'il le séparait de la scène d'un pas léger, vide de toute inquiétude. Lorsqu'il posa le pied sur la scène, la musique explosa et lui donna une montée folle d'adrénaline. Et Sasha se mit à danser, comme il le faisait si bien.

La musique finit par s'éteindre et Sasha s'éclipsa en n'attendant à peine le fondu au noir. Il n'eut pas le temps d'atteindre la porte de sa loge qu'il sentit une main s'abattre sur son épaule. Il fit volte-face pour se retrouver nez-à-nez avec un patron furibond au visage rougeaud. « Tu te prends pour qui, ptit con ?! Encore un coup comme celui-ci, je te fous à la porte, okay ?! Que je ne te reprenne plus à vouloir ruiner mon business. T'as qu'à faire ce que je te dis, quand je te le dis. » Il lui parlait à deux centimètres de son visage, en lui postillonnant dessus. Enfin, il l'éjecta contre sa porte et disparut au détour d'un couloir. Sasha resta ainsi, contre le battant, immobile, l'esprit confus et les pensées tourbillonnantes dans son crâne. Devait-il reprendre le risque de faire ce qui lui plaisait et non pas ce qu'on lui ordonnait ? Aimait-il toujours cet emploi ? L'avait-il déjà seulement aimé ? Il pourrait toujours essayer de vivre de ses revenus de photographe. Sasha soupira et ce mouvement sembla lui redonner vie. Il retourna dans sa loge, se changea expressément et sortit par la sortie des artistes, plongé dans ses pensées, comme dans un état second.

Il aimait le calme de la rue le soir, bien qu'il ne pouvait s'empêcher de ressentir une pointe de peur au ventre, cela étant dû à la proximité du club et des nombreuses personnes capables de le suivre dans la rue. Sa plus grande peur était que l'un d'eux découvre qu'il vivait à la Méli-Mélo House, et puisse ainsi posséder une certaine emprise sur lui, pouvant guetter et l'attendre à proximité. Cela virait à la paranoïa, il en avait conscience. Rien que d'y songer, il en avait le souffle court. Il respira, alternant phases d'inspiration profonde et d'expiration totale. Il tenta d'éluder ces pensées parasites et paniquantes. Il était dans la rue. Seul. Rien ne pouvait lui arriver. Fantasia Hill n'était pas le genre d'endroit où l'on tuait les gens. Sur cet était d'esprit qui se voulait serein, il continua sa route, distrait, se focalisant sur des pensées positives. « L'oiseau s'est envolé de son nid. » Cette voix. Sasha s'arrêta soudain, un frisson glacé remontant le long de son échine. Il fit doucement volte-face, sachant pertinemment bien sur qui il allait tomber. Hadès, bien sûr. Il venait de la direction contraire de lui, et Sasha ne l'avait nullement aperçu, plongé dans ses pensées. Que devait-il faire ? L'ignorer superbement ? Le saluer à distance ? lui faire la bise ? C'était sans doute ce qui était le plus correct à faire. D'autant plus que, lors de leur nuit précédente, il l'avait très probablement embrasser ailleurs que sur la joue. Alors, en comparaison...
Il rit, laissant transparaitre de façon flagrante sa gêne, et s'approcha doucement, à pas feutrés. Hadès l'avait appelé "l'oiseau". Sasha avait-il mis Hadès au courant de sa véritable identité ? Au pire, cela ne changeait pas grand chose, maintenant qu'il était dans cette désespérante enveloppe corporelle humanoïde. « Il faut croire que l'oiseau vient de se faire rattraper. » Il ne manquait plus que ça, une répartie improvisée de qualité médiocre. Il s'approcha de l'homme qui serrait les dents, et Sasha remarqua que ses traits ainsi tirés respiraient un certain sadisme. Comment avait-il pu accorder sa confiance et sa sympathie aussi facilement à quelqu'un comme lui ? A quelqu'un tout court en fait, Sasha n'étant pas quelqu'un qui se livrait très rapidement.
Il était à quelques centimètres de lui désormais, et il sentait l'odeur de cigarette froide qui imprégnait ses vêtements. Il approcha son visage du sien, réfléchit un certain temps, au cas où une phrase inspirée lui vienne à l'esprit pour se donner une contenance, mais rien ne lui vint en tête, puis fit mine de tendres les lèvres. « Ca faisait longtemps. » Bon, pour la citation éclairée, on repassera, mais cette réplique tellement simple avait le mérite de briser un silence qu'il voulait éviter. Le bruit avait quelque chose de rassurant dans cette ruelle, à l'instar de cet homme, dressé en face de lui.
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MessageSujet: Re: god loves violence. (sasha) god loves violence. (sasha) EmptyDim 27 Jan - 17:21

POISON LIPS

« As-tu jamais dansé avec le diable au clair de lune ? »





L
e froid mord son visage. De la buée s'échappe de ses lèvres irrégulières tandis que les premiers flocons flottent dans l'air glacé. Quelques sons et odeurs éveillent sa vigilance, une oreille attentive à toute présence indésirable. Fébrile, il se met à gratter la couche qui recouvre ses souvenirs. 'Cette' nuit avait révélé en lui une facette dans laquelle il ne se reconnaissait pas. Il s'était senti pris au dépourvu devant un tel revirement de situation. Des jours avaient passés depuis leur dernier colloque. Il lui semblait qu'ils s'étaient quittés hier. En ces heures délicates, l'homme corbeau n'avait plus la notion du temps. Humectant l'air avec une brin de nostalgie, il se souvenait des moindres détails de cette soirée qui l'avait laissé sur sa faim, à l'instar du jeune homme, semblant souffrir de quelques amnésies incertaines. Ce corps sculpté dans le marbre avait passé la nuit dans sa tanière, après quelques verres brûlants, sans qu'il ne se passe quoi que ce soit. L'être immoral qu'il était aurait abusé de cette marchandise affriolante. Il aurait pu se servir une part de dessert sans payer la note. Il aurait pu faire bien des choses illicites, mais il s'était contenu. L'envie et le désir n'en étaient que plus capricieux. Lui, Hadès, charogne jusqu'au plus profond de son être, avait fait preuve d'un infime respect à l'égard de son gibier. Pendant que sa lubie dormait à poings fermés, lui s'était contenté d'un verre de cognac. Un air de Bach avait longtemps résonné dans la demeure luxueuse éclairées par quelques lueurs bleues tamisées. Et pendant de longues minutes, le beau Diable avait laissé son regard parcourir les moindres sillons qui visitaient le corps fieffé et pourtant, gorgé de candeur et de quintessence, de son bel apôtre. Ce génie doué de malice s'était démuni de ses armes, l'espace d'une soirée, pour admirer ce jeune homme immaculé de blanc. Des soupirs avaient franchi la barrière de ses lèvres. Du bout des doigts, il s'était autorisé une caresse, une toute petite. La pulpe de ses doigts avaient rencontré l'échine étrangement détendue du bellâtre, et s'était glissée sur la scissure marquée de sa colonne vertébrale. Il se sentait presque ridicule de s'être émoustillé pour si peu. Que Zeus l'envoie en enfer! Un goût acariâtre s'était installé en amont de sa gorge. C'était déjà fait. Damné par son frère, il avait siégé dans les tréfonds de l'enfer, maudissant chaque homme et femme démunie de son âme. Au moins, il avait pu compter sur Peine et Panique pour le divertir, ainsi que les horribles Moires, dont l'une d'elle s'était transformée en une délicieuse gazelle. Une agréable surprise qu'il s'était évertué à explorer.


« Il faut croire que l'oiseau vient de se faire attraper » Subtile observation. Sans doute était-ce le tumulte de la soirée qui l'avait rendu si perspicace. C'était ridicule. Une seule soirée avait suffi à le rendre « tolérant » à l'égard d'un semblable. Après le départ de Sasha, il s'était surpris à le désirer. Il se rendait seulement compte maintenant de la source de ses nuits agitées. Pourtant, on ne perd pas ses bonnes habitudes, et Hadès avait envie de jouer avec ce jeune oisillon. Tiraillé entre sa vraie personnalité et une facette naissante qui le gênait, le sombre prédateur le détaillait d'un regard carnassier, l'iris ambrée. Qui connaissait bien le Dieu des Enfers aurait remarqué un brin de douceur , voire de chaleur dans sa voix, de quoi donner un infarctus passager à sa chère Regina. « Ça faisait longtemps » Les semaines lui avaient semblé être des jours, et les jours des heures, et les heures des minutes. «  Pas assez longtemps à mon goût » avait-il murmuré. Peut-être qu'après des mois d'absence, il aurait finalement considéré Sasha comme un souvenir oublié, peut-être même aurait-il réussi à le dénigrer, voire l'humilier. A l'heure actuelle, ce désir de jouer les mauvais était enterré à mille lieux sous terre. Il se laissa choir contre un mur irrégulier, les mains gantées glissées dans les poches béantes de sa veste noire en cuir et les jambes croisées. Il semblait respirer l'assurance, mais Hadès savait bien cacher son jeu. C'était un maître dans l'art du mensonge, un comédien hors-pair et effrayant. « Je ne pensais pas te retrouver ici » 'Ici'= dans cette boîte privée de Skyline Squar où s'excitaient hommes et femmes devant quelques danseurs dénudés. Avant de s'endormir comme un loir, cette nuit jadis, Sasha avait eu la langue bien pendue. C'était bien connu...L'alcool délie les langues. Après une conversation écorchée, l'homme d'affaires avait cru comprendre le malaise persistant du colombin à l'égard de son métier. « Comment vas-tu depuis le temps? » Attendez...Hadès l'ancien Dieu des enfers, actuellement à la tête d'une entreprise d'armes, plongé dans des affaires déraisonnables, adepte de la drogue, de l'alcool et du sexe, monstre à l'état pur, demande des nouvelles avec un naturel affligeant? Zeus n'avait plus qu'à retourner dans sa tombe! Il se tapait mentalement la tête contre un mur devant une telle absurdité. Sasha, ce grand magicien, savait comment le faire tourner à l'inhabituel. Il soupira, amusé devant un tel ridicule. Pourtant, lorsque son regard croisa les prunelles candides du jeune homme, il sentait cette risée fondre en quelques secondes. Sa main de fer, glissée dans un gant de velours, s'empara du paquet de clopes qui croupissait dans la poche droite de sa veste. Alors qu'il s'apprêtait à s'en déguster une, une réflexion traversa son esprit torturé. Un coup d'œil vers Sasha lui suffit à ranger l'indésirable toxine. Bizarrement, il en était venu à l'idée que son vis-à-vis n'allait pas apprécier respirer des bouffées suffocantes. Damn! Un flocon tomba sur le bout de son nez et lui arracha un frisson. Ce n'était pas vraiment le lieu ni le climat pour jacasser dehors. « Je t'offre un verre? » Puis il repensa à leurs dernières représailles. Ce soir-là, il lui avait également proposé un verre. « En toute sympathie bien sûr... Disons que le froid ne me réussit pas...» ajouta-t-il prudemment. Le mot « sympathie » résonnait mal dans sa bouche réputée pour déformer la réalité. .
© FICHE CRÉÉE PAR LITTLEHARLEEN

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MessageSujet: Re: god loves violence. (sasha) god loves violence. (sasha) EmptyDim 10 Fév - 20:15

god loves violence.
« Poison lips. Could touch. »



Sans doute valait-il mieux pour Sasha de tomber sur Hadès plutôt que sur un poivrot débauché. Il connaissait un peu le personnage. Pas énormément mais suffisamment pour savoir que s'il voulait le violer salement quelque part, Hadès l'aurait déjà fait. Sasha s'efforçait de garder cette idée en tête, pour ne pas céder à une panique totale. Il avait toujours redouté de se faire interpeller dans cette rue vide et obscure, dans laquelle il aurait beau s'époumoner de tout son soul, personne ne l'entendrait ou ne viendrait l'aider, tous assourdis par la musique, trop bourrés, trop occupés. Malgré l'importante concentration de personnes dans les bâtiments derrière lui, il était seul. Avec Hadès.
Celui-ci bougonna quelque chose que Sasha ne comprit pas et s'adossa contre un mur, l'allure peu avenante. A peu de chose près, Sasha aurait cru qu'il dérangeait Hadès. Sa dégaine était négligente, mais calculée. A côté, Sasha avait l'air presque ridicule, les bras tantôt ballants, tantôt croisés, qui passaient d'une position à l'autre trop régulièrement pour que cela paraisse naturel et détaché. Il se tenait debout, n'osant s'appuyer contre un mur, comme son interlocuteur, droit comme un balai, le regard fuyant. « Je ne pensais pas te retrouver ici. » Il aurait pu tout autant dire "J'ai mangé des haricots hier soir", tellement cette phrase avait été prononcée sans intérêt, ni émotions. De toute façon, à quoi Sasha s'attendait-il ? A des retrouvailles larmoyantes ? Surtout pas. A un sourire, peut-être... Mais c'était sans doute trop demandé pour Hadès.
« Je travaille pas loin...C'est pour ça que je suis ici. » Sasha s'excusait presque, tellement il avait l'impression d'être de trop dans le paysage, dans la vue d'Hadès. En plus, sa voix avait tremblé. Pour rattraper le coup, Sasha se frictionna les bras, histoire de mettre ce tremblotement sur le compte de la neige qui commençait à tomber. « Comment vas-tu depuis le temps ? » Sasha eut un moment de surprise. Il aurait plutôt cru qu'Hadès, suite aux débuts hésitants de leur conversation, ne s'en aille, vers d'autres lieux plus intéressants, avec des personnes plus prolixes en paroles. Mais après tout, c'était la suite logique des choses: C'était Hadès qui l'avait interpellé, il n'allait donc pas s'en aller 3 minutes après. Enfin, sans doute en était-il capable, mais cela était contre les conventions, même pour quelqu'un d'aussi peu conventionnel que l'homme qui se tenait devant lui. Sasha s'efforça de le regarder dans les yeux, pour se prouver qu'il n'était guère intimidé. Toute cette peur était irrationnelle, après tout. C'était le milieu, l'atmosphère qui le conditionnait. Ce n'était rien de concret. « Je me porte pas mal. » Dire cette phrase sans broncher en fixant Hadès au plus profond de ses pupilles lui avait demandé tellement d'efforts que Sasha en oublia de réciproquer. Tant pis. De toute façon, l'ancien oiseau avait bien l'impression qu'Hadès n'était pas du genre à s'attrister pour une politesse omise.

Hadès sortit de la poche de sa veste noire un paquet de cigarettes, d'un geste mécanique. Il l'ouvrit, en sortit une et, contre toute attente, la remit en place. Sasha l'aurait plus vu sortir son briquet et tenter d'allumer l'embout, la main en paravent pour protéger la flamme vacillante des attaques du vent glacé. Peut-être avait-il décidé d'arrêter ? Quoiqu'il en soit, cela arrangeait bien Sasha, qui passait déjà suffisamment de temps dans une salle enfumée pour respirer du tabac plus qu'il n'en fallait. Pourtant, quand Hadès fumait, il aimait le regarder faire et trouvait ça terriblement sexy, comme si la cigarette était un accessoire pour servir son sex-appeal, comme si elle faisait partei de lui. C'est vrai, n'importe qui saurait inconsciemment qu'Hadès fumait, ça se devinait, c'était à la limite intrinsèque. Le seul problème, c'était l'odeur. Ca le faisait tousser, au début. Maintenant, il était "habitué" mais cela le gênait toujours. Il appréciait beaucoup le fait qu'Hadès lui épargnait ce désagrément, en dépit de l'érotisme que la cigarette entre ses lèvres procurait.

« Je t'offre un verre? » Sasha fut arraché de ses pensées -pensées qui lui donnait des vagues de chaleur partout dans le corps, au point qu'il avait oublié durant quelques secondes le froid ambiant. Il mit quelques secondes avant de digérer la proposition inattendue d'Hadès. Il se raidit. A vrai dire, il était quelque peu réticent. La seule fois où il était allait chez Hadès, il avait fini totalement saoul et Hadès avait trouvé intelligent de lui faire croire des choses ô combien gênantes qu'il aurait fait en état d'ébriété. Le pire était que Sasha y avait cru jusqu'au bout, son coeur étant de plus en plus sur le point d'exploser plus la question "L'avaient-ils fait ?" lui martelait l'esprit. Heureusement, non. Enfin... "Heureusement" n'était pas le mot adéquat. Il y a peu il aurait préféré mourir que de se donner à un quasi inconnu, aussi affolement sexy soit-il, mais il devait reconnaitre que, depuis, il avait un peu changé à force de fréquenter le temps dédié à la luxure et au sexe qu'était son lieu de travail. Il s'était rendu compte -à tort ou à raison ?- que le sexe sans amour était bien plus simple et courant... Il rechignait toujours à l'idée que l'amour de sa vie, qu'il n'avait guère encore rencontré, ne soit pas le premier à lui faire atteindre le septième ciel, mais s'il se baisait là-dessus, il risquait d'attendre longtemps et de rester puceau encore un petit temps. Il ne savait guère quelle était la marche à suivre et s'était décidé de voir au cas par cas. Et le cas HADES était sûrement celui qui lui posait le plus de doutes. « En toute sympathie bien sûr... Disons que le froid ne me réussit pas...» Les doigts de Sasha viraient au bleu et il se rendit compte qu'il aimerait beaucoup se réchauffer également. Il hocha la tête en demandant: « Dans un café ou chez toi ? » Il était presque sûr de la réponse et, à vrai dire, préférait le calme, l'espace et la solitude de la maison d'Hadès plutôt qu'un café bondé, étriqué et bruyant. Il se mit en marche, bien décidé à reprendre de l'aplomb, qu'il avait perdu au début de leur discussion. « Va pour chez toi. » décréta-t-il sans atteindre une réponse d'Hadès. Il se mit en route, pas peu fier de son audace. Sous les flocons, Sasha se promit que, cette fois, il n'abuserait pas trop de l'alcool qu'on aura à lui proposer.

© Chieuze

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MessageSujet: Re: god loves violence. (sasha) god loves violence. (sasha) EmptyJeu 8 Aoû - 17:18

J'archive god loves violence. (sasha) 1823284050
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