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Not from a natural death. ϟ PV BO  Vide
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 Not from a natural death. ϟ PV BO

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MessageSujet: Not from a natural death. ϟ PV BO Not from a natural death. ϟ PV BO  EmptyVen 15 Mar - 1:25

“Love never dies a natural death. It dies because we don't know how to replenish its source. It dies of blindness and errors and betrayals. It dies of illness and wounds; it dies of weariness, of witherings, of tarnishings.”
― Anaïs Nin


    Une journée de plus à oublier, à ne plus espérer. Je n’en voulais pas deux similaires, pas de rythme, pas de routine, je ne voulais qu’aider à mes dépends. Le risque, la peur, tout prendre pour servir, j’en avais fait serment. Le métier m’allait sur papier, en réalité il était beaucoup moins moi, beaucoup moins captivant. Je pouvais les voir, tous ces méchants glisser entre les failles du système, rentrer chez eux avec pour seul correction un avertissement de faire pire la prochaine fois que mal sera fait... voilà donc le problème, toujours attendre que quelqu’un ai mal avant d’agir. Toujours trop tard, jamais trop tôt. J’avais de quoi ne pas dormir la nuit, si seulement ce ne pouvait être que ça. Rien pour me remplir l’esprit vide par choix, vide parce que je ne voulais plus perdre la tête, pas encore, pas pour elle. Je ne l’ai pas revu depuis l’incident, depuis que j’ai embrassé une autre femme sous ses yeux. Sans la connaître, sans même l’apprécier, mon souffle c’est perdu contre le sien. Mon coeur n’y était pas, celui-là je l’ai déjà donné malheureusement et je n’ai jamais eu le courage d’aller le reprendre. Un jour peut-être. Il le faudra pour aimer à nouveau. Rares sont les choses qui arrivent à m’effrayer, mais elle, Bo, le fait sans même en faire l’effort. Je n’ai pas envie de la revoir, pas envie de lui dire adieu non plus. Constante contradiction en moi. Si je l’aime je n’en ai pas le souvenir, la conscience ni l’envie. Si je ne l’aime plus, c’est un drame trop grand pour même y penser. Je ne ressent rien, tant que j’arrive à ne pas penser... les soirs où c’est trop difficile, j’ouvre l’esprit et je me blesse, à tous les coups.

    Rien à la télévision, rien d’intéressant sur mon plafond. Jersey n’était pas disponible aujourd’hui alors je suis seul, quant à ma colocataire, c’est à peine si je la vois les nuits, elle est trop souvent ailleurs et pas seulement physiquement. J’étire mon énième soupire de découragement en changeant de chaîne, de la romance, de l’épouvante, de l’action, de l’aventure, je n’ai le goût de rien, comme trop souvent ces temps-ci. Il y a quelque chose de lourd sur mes épaules, sans que je n’en connaisse la source, ni les moyens de la faire fuir. S’en devient presque physique, le réveil est de plus en plus difficile, le rêve est tellement plus beau que la réalité. Le sourire qui arrive à s’échoir sur mes lèvres survient les trop rares fois où je suis en compagnie de ma supposé petite amie, non parce qu’elle le veut, seulement parce qu’elle essaie si fort de me déplaire. Trop c’est comme pas assez, c’est dans l’excès qu’elle en arrive au résultat contraire. J’aime être avec elle, mais ça je ne lui dirai jamais, pas dans cette vie, ça lui ferait trop plaisir. Un coup d’oeil à l’horloge pour me convaincre qu’il est définitivement trop tôt pour m’étaler sur mon lit, pour fermer l’oeil et m’enfuir de cette réalité trop fade, manquant de la saveur que Bo avait jadis laissé sur mes lèvres. J’aimerais tellement faire fuir mes doutes, l’aimer pour de bon, pour de vrai, pour toujours, mais je ne voyais pas ce miracle arrivé, je ne l'espérais même plus depuis longtemps. Le dernier souvenir que j’ai d’elle a l’apparence d’une fumée qui disparaît au bout d’un clignement d’oeil, une minute là, la suivante évanouit. C’est en mettant fin au baiser échangé avec Jersey qu’elle n’était soudainement plus, partie ailleurs, je ne sais où, j’ignorais même si elle avait vu. Une part de moi espérait que oui, l’autre le contraire. Je me redressai, las d’être assis, immobile et m’enfouit dans ma chambre où j’enfilai t-shirt et pantalon de sport, peut-être que courir m’empêchera de penser. Fuir, littéralement fuir tout ce qui me fait mal. J’enfilai mes écouteurs, un dans chaque oreille, ma musique au maximum, bloquant tout ce qui existait à l’extérieur. J’ouvrai la porte d’entrée, puis la refermai derrière moi en un claquement sourd. Jetant un coup d’oeil à ma montre, je me donnai une heure maximum pour rentrer, il m’arrivait de m’y perdre, d’oublier mes forces et d’être épuiser à des kilomètres de chez moi, de mauvais souvenirs que je ne tenais pas à revivre. J’entamai mes premiers pas de course vers la droite, fixant mon regard bien droit devant moi. Le mirage avait quelque chose d’inattendu, d’invoulu. Que faisait-elle ici? Je fronçai les sourcils, continuant ma course pour finir par la dépasser, son visage si près que l’erreur n’était plus possible. Bo? Je m’arrêtai à quelques mètres, faisant volte-face pour ne voir que son dos. Tout un univers me tomba sur la tête. Je tirai sur mes écouteurs, baignant tout mon être dans le silence presque coupant que nous offrait la nuit.

    «As-tu besoin d’aide?» Criais-je en m’en mordant déjà les lèvres. Pourquoi ne pouvais-je pas simplement ravaler ses instincts? Faire une exception à la règle, elle, lui tourner le dos comme si c’était naturel. Trop tard. Je la rejoignis en quelques grandes enjambées, ne la regardant jamais dans les yeux, jamais complètement, par peur d’aimer ce que j’y verrais. «Es-tu perdu?» Elle ne devait pas vivre près, enfin je l’ignore, mais ici, sur ma rue... non, je n’avais jamais cru aux coïncidences. J’osai enfin relever les yeux, voir ce visage que j’essayais d’oublier à tous les jours. La beauté de ses yeux, mon souvenir... n’y avait pas fait justice. C’est étrange, mon coeur qui s'enraye à la voir sous cette forme. Jamais il n’avait battu pour elle auparavant, l’humain que j’étais maintenant était beaucoup moins subtil, il lui suffirait de s’approcher de trop près pour tout découvrir... et ne pas trouver mon indifférence. On l'entendait déjà, ce léger son frénétique, tremblotant dans l'air, même rythme que mon coeur, deux coups rapide puis un court silence, même ma musique traduisait mon manque de contenance. Je glissai mes mains dans mon dos, soudain épris d’une envie de la frôler, de tester sa peau non plus de porcelaine, mais de femme. «Ça fait longtemps.» Trop peu ou trop simplement, qui sait. J’ignore quoi dire pour emplir le silence pesant. Je suis inconfortable, mais immobile. Je ne peux la quitter, pas avant d’avoir entendu sa voix. «La dernière fois c’était...» Je l'incitai à finir ma phrase, je devais savoir si elle avait vu, incidemment si elle en avait ressentie la moindre douleur. J’ignore si je trouverai satisfaction dans sa jalousie, si cela m’aiderait ou me détruirait encore. Juste ça, lui parler sans la saluer, relevait du danger. J’aurais dû l’ignorer, continuer de fuir exactement ce que j’avais maintenant sous les yeux. Qu’elle soit fumée à nouveau. Je clignai des yeux et... malheur, elle était toujours là.
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MessageSujet: Re: Not from a natural death. ϟ PV BO Not from a natural death. ϟ PV BO  EmptyDim 31 Mar - 23:08

Ses mains lissant sa fine taille, réajustant sa robe à la couleur fruité et sucré, du rose, c'était la couleur qui lui allait le mieux. La jeune femme se contemplait devant la porte vitrée, l'entrée de l'immeuble, son immeuble... C'était bien là qu'elle l'avait 'vu' la dernière fois, insupportable souvenir qui ne quittait plus son esprit, hantant parfois même ses nuits. Elle en devenait morose et vraiment, tellement, nostalgique. Quelques mèches de ses long cheveux d'or tombaient dans son dos, sur ses épaules, n'importe où le vent les menait, elle ne se voyait pas complètement, seul un reflet sous la lumière de la ville lui permettait de vérifier son allure, pas par narcissisme, mais bien pour lui. Elle était venu jusqu'à son domicile, elle le supposait en tout cas, si il faut elle avait complètement faux et elle se rendait chez... sa copine? Avait - il l'air heureux d'ailleurs ce jour là? Elle ne s'en souvenait plus. Ses lèvres étaient trop prise pour en apercevoir un sourire, ses yeux clos sous la passion ne pouvaient la convaincre. Alors... elle devra lui demander. C'était une de ses raisons qui la poussa à venir ici, à renouer le contact lâchement abandonner par les deux anciens amants. Elle n'en avait jamais voulu autant, cet éloignement était une vraie torture, un supplice auquel elle n'avait rien pu faire. L'espoir s'était imposé, elle l'avait même peut - être créer de toute pièce, puis, sans qu'elle sache comment, il s'était envolé petit à petit. Comme un couteau qu'on enfonçait doucement dans son coeur, une douleur intenable dont elle ne pouvait se défaire, elle n'était pas celle qui tenait la lame mais bien celle que l'on crucifié. Tout avait disparu avant qu'on ne puisse dire 'déjà?'. D'un regard amoureux à un regard fuyant, d'un bonjour à un au revoir, jusqu'au jour où il n'y eut plus rien. Pas même un sentiment de compassion, il lui laissa la solitude, la peine et ces souvenirs d'un nous trop longtemps désiré. Et pourtant, elle était toujours là, bien en vie, fait de chair et d'os. Sa peau de porcelaine était encore plus douce, chaude et incroyablement... vivante.

Ce ne fut pas la rancune qui l'amena à lui, ni même la haine ou la passion. Juste... Elle voulait le revoir. L'entendre. Le toucher, même si cette dernière requête pouvait être irréalisable. La jeune femme ressentait ce réel et puissant besoin, tout en ce laissant charmer par des 'et si...'. Elle n'écoutait que son coeur, qui à présent était bien en forme sous sa poitrine, battant sous un rythme tout aussi excitant que sa nouvelle façon de vivre. Elle fit quelques pas en arrière, s'infligeant l'hésitation. Et si... c'était une mauvaise idée? Il ne voulait peut - être pas la voir, c'était même la seule explication presque raisonnable à cette distance. Il n'en avait pas envie, plus envie. Elle avait déjà retourné toute leur histoire dans tous les sens, sous tous les angles, mais elle n'avait jamais réellement pu mettre de réponses à ses questions, seul lui pouvait faire ça, il était le seul à pouvoir lui répondre, à pouvoir lui donner une raison de ne plus y croire. Car, c'est ce qu'elle voulait et elle ne s'en cachait pas complètement, elle voulait y croire, se laisser bercer par un espoir. Son coeur était bel et bien sombre aujourd'hui, mais son amour lui... n'était que lumière. Elle s'y accrochait et n'avait jamais vraiment abandonné, mais maintenant qu'elle en avait l'opportunité, elle devait savoir si elle se trompait ou si elle faisait le bon choix d'y voir encore un futur aimant. Elle tourna sur elle même, fit demi - tour, puis revint devant la porte. La main sur la poignée, hésitante, elle avait toutes les raisons de ne pas y aller, mais ô seigneur, tellement envie de le voir. Elle espéra pour un signe, quelque chose qui l'aiderait à se décider, peut - être qu'un éclair pouvait frappé et oups plus de Bo, plus de problème. Si seulement s'en était aussi facile... Sans qu'elle s'en aperçoive, le jeune homme lui, descendit les marches de ses escaliers et ce ne fut qu'en entendant un bruit de porte qu'elle retourna les talons. Pas aujourd'hui, se disait - elle. Quelques pas plus tard, elle était déjà à quelques mètres de son appartement, toujours dans la même rue, elle n'avançait pas vraiment. La jolie blonde faisait des allers - retours, sans destination précise, jusqu'au moment où... Un bruit de porte claquante comme l'orage se fit entendre, une silhouette se dessina dans la noirceur de la nuit et ce fut lui. Woody.

Il se dirigea vers elle, sans même lever la tête. De son coté, la jeune femme était immobile, pétrifié par cet instant tant attendu ou redouté. Elle ne savait plus. Ses yeux embrumés ne le quittèrent pas, suivant ses mouvements jusqu’à arriver à elle, pour ensuite la dépasser sans... sans la voir. Invisible... voilà ce qu'elle était, transparente à ses yeux. Elle resta là, le dos scié, revoyant cette seconde, désespéré. Un vent indiscret et léger vint la secouer, emportant avec lui le parfum de ses désirs cachés. «As-tu besoin d’aide?» Et est venu le moment d'entendre sa voix. Comme une fleur qui pousse au milieu du bitume, comme un îlot défiant les vagues en furie, comme un trait de soleil qui traverse la brume, l'espoir toujours luira. Fragile et invincible, il absorba sans effort ses ténèbres. Cette voix si lointaine, mais proche à la fois. Cette voix... qui la faisait tant chavirer. Elle voulu répondre mais se retourna vers lui à la place. «Es-tu perdu?» Que pouvait - elle répondre? Lui dire qu'elle le cherchait? Ses mains se mirent à trembler, elle les cacha aussitôt dans son dos, se retenant par la même occasion de l'enlacer. « Non... non... Je... » Elle paniqua complètement, il la rendait nerveuse, il n'avait pas changer avec toutes ses questions. « Mes moutons! Ils sont perdus, je les cherche... Je ne savais vraiment pas que tu habitais là, pas du tout. » Tenta t-elle. Elle n'était pas bonne menteuse, n'en faisait pas non plus une habitude mais là c'était pour la bonne cause. Elle guetta sa réaction et il lui offrit son merveilleux regard. Cette seconde se figea dans son âme, comme une photo prise sur l'instant par ses yeux pour marquer ce moment à jamais dans son coeur. C'était peut - être le début d'un nouveau départ, ou d'un futur eux. Elle le souhaitait de toutes ses forces. «Ça fait longtemps.» Tellement, trop. Ils n'avaient pas eu de discussion depuis des lustres, ils avaient déjà perdu cette habitude quand ils vivaient encore sous le toit d'Andy. «La dernière fois c’était...» Il ne s'en souvenait certainement pas et elle n'allait pas lui avouer l'avoir vu et ne pas être venu à sa rencontre, lui donner une autre raison de la repousser était inimaginable. Il la forçait à se rappeler de tous leurs moments, du premier au dernier, baissant les yeux elle tenta de dissimuler sa peine. « Il y a très longtemps... c'est bon de te revoir. ». Elle avait tant attendu ce moment qu'elle ne savait pas quoi faire ou dire face à lui. Elle avait bien des envies, mais... Oh et puis tant pis. Elle fit un pas, puis un autre, dans sa direction. Son corps se retrouva à quelques centimètres du sien et en quelques secondes elle l’enlaça passionnément. Se jetant à son cou fougueusement, l'entourant de ses bras, se retenant tout de même de ne pas l'étouffer même si la sensation de ce contact était grisante. Son visage enfoui dans son cou, lui offrant son seul souffle chaud en guise de compagnie jusqu'à que ses lèvres puissent former quelques mots sincères. « Tu m'as manqué. » Versés nonchalamment de façon éternelle, dictés par son coeur débordant de tendresse. Elle s'entrouvrait doucement, pas en profondeur, ce n'était juste qu'une incision, fine et directe, de la pointe d'un mot bien aiguisé comme il faut. Les battements s’accélérèrent et si elle pouvait l'entendre, le sentir... le pouvait - il lui aussi? Elle relâcha l'étreinte, du moins c'était ce qu'elle pensait, mais peut - être la repoussait - il au fond. Elle ne voulait pas l'affronter du regard et en lire son malaise. Elle fit un pas en arrière, presque désolé de s'être laisser emportée par ce moment. Sa langue humidifia ses lèvres, retrouvant la froideur de celles ci, que fallait - il faire maintenant? Laisser ce long silence les séparés de nouveau ou ne pas laisser passer sa chance? Après tout, elle était venue là pour une bonne raison, elle ne pouvait pas le laisser filer alors qu'elle l'avait 'retrouvé'. « Comment vas - tu? Es - tu heureux ici... dans cette ville? » Sans moi? Celle là, elle ne la posera pas, pas encore.




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MessageSujet: Re: Not from a natural death. ϟ PV BO Not from a natural death. ϟ PV BO  EmptySam 4 Mai - 1:59

You’ll get over it…” It’s the clichés that cause the trouble. To lose someone you love is to alter your life for ever. You don’t get over it because ‘it” is the person you loved. The pain stops, there are new people, but the gap never loses. How could it? The particularness of someone who mattered enough to grieve over is not made anodyne by death. This hole in my heart is in the shape of you and no-one else can fit it. Why would I want them to?
― Jeanette Winterson


    Mes yeux ne s’étaient pas régalés de ses traits depuis si longtemps, elle est belle, différente humaine. Elle est immobile, son regard d’étoile scintillant au travers de la nuit. Elle est loin, mais tellement plus près que mes espérances. Bo, mon premier et unique amour. Je parle sans comprendre ce que je dis, j’assume directement le pire, pour qu’elle ne me rassure que du meilleur. J’aimerais l’entendre penser, simplement reconnaître sa voix. Parle je t’en pris, l’air est trop lourd depuis que je t’ai revu. Est-elle perdue? Non, elle me cherchait, sans doute, j’espère. Le hasard n’est jamais si cruel, le silence par contre... « Non... non... Je... » Ah, enfin! Sa voix d’ange, tendre et douce comme la féminité elle-même. « Mes moutons! Ils sont perdus, je les cherche... Je ne savais vraiment pas que tu habitais là, pas du tout. » Ce ton, ce mensonge, mais pourquoi? J’arquai un sourcils en oubliant la noirceur, sans doute ne verrait-elle pas ma réponse, la question que je refusais de prêter à mes lèvres. Je fis un pas, silencieux, tendant l’oreille, impatient d’en savoir plus, mais sans réponse. Elle c’était tut et moi j’en voulais toujours plus, comme avant, comme j’avait été, insatiable d’elle. Le souvenir était toujours douloureux, il pinçait mon âme et laissait le goût amer de la trahison sur ma langue... si seulement... Il était facile d’oublier, de pardonner, sous ses yeux, facile de comprendre qu’elle me manquait, que mon coeur, ô se traître, battait toujours pour elle malgré tous mes efforts pour le faire taire. La dernière fois que je l’avais vu, entrevu, je ne sais plus, ma rage était si grande et mon mal si pesant qu’il m’avait poussé sur les lèvres d’une autre. Si ce baiser avec l’excitation de la découverte, il n’avait pas le goût rosé de l’amour... ce n’était pas pareil, pas aussi... pas autant... C’était lourd de ne pas pouvoir l’oublier, de ne pas savoir oublier, de ne l’aimer qu’en la détestant également. J’étais curieux de savoir ce qu’elle avait vu, si elle en était meurtris, comme moi. Ce n’est pas mon genre, de blesser par revanche, de blesser tout court, mais Bo est différente, elle est la seule à connaître mon meilleur et mon pire, à m’inspirer les deux sans effort. « Il y a très longtemps... c'est bon de te revoir. » J’ignore si je dois la croire. Ce soir là, ses yeux avaient bien croisés les miens, elle avait vu... peut-être l’avait-elle oublié déjà, trop éprise par le restant de sa vie, de ses nouvelles passion, son nouvel amour? Cette idée m’obligea à resserrer les dents, l’image était violente, indésirée, insurmontable. Avec cette douleur vint l’incompréhension, l’incertitude de ne plus la vouloir que dans mon passé. Tous mes doutes au fond des yeux je la regardai pour mieux comprendre, mais ce que je vis se perdis rapidement dans les battements effrénés de mon coeur. Elle m’avait rejoins, atteint, étreint. Ses bras, ses cheveux, son parfum, partout sur moi, ranimant un délicieux désir de renouveau. Je ne l’avais jamais connu ainsi, amovible, de chair et d’os. Je n’osais la toucher, par habitude, par peur de la casser. Je sentis son souffle contre ma peau, la chaleur s’encombrer de mon ventre, remonter sous ma peau, jusqu’à la racine de mes cheveux. « Tu m'as manqué. » Ses mots me chatouillèrent à nouveau, attendrirent mon coeur, ramollirent mes jambes. Elle m’échappa trop vite et je n’eus pas l’audace de la retenir. Qu’étais-ce donc ces envies? Ces papillons, ces fourmillements? Tu m’as manqué toi aussi, trop. Mes yeux lui crachent cette vérité sans qu’elle ne me voit. Sa tête est penchée vers l’avant, son regard fixé à la pointe de ses pieds. Relève toi pendant que j’ai le courage de le montrer! Vite avant que je ne me souvienne de tout à nouveau... de nous et puis de lui. Et puis il est trop tard. Mon coeur se brise et j’ai peur de l’aimer encore une fois. La lueur au fond de mes yeux s’éteint comme elle est venue et c’est triste... vraiment triste comme à chaque fois que cela se produit, comme bien trop souvent. « Comment vas - tu? Es - tu heureux ici... dans cette ville? » La question tombe alors que j’en cherchais moi-même la réponse. Que lui dire ? L’instant me prend de court et brûle mes lèvres.

    «Parfois heureux, parfois triste... mais vraiment trop souvent seul.» Je ne me rend compte de ma gaffe qu’après l’avoir entendu. Devrais-je toujours feindre d’avoir trouver l’amour? Je ne sais plus, pourquoi l’avais-je voulu en premier lieu? Ah oui c’est ça! Mon coeur, c’est mon coeur qui est brisé. « Je veux dire ce soir je suis seul... Jersey est... hum... tu vas quelque part?» Que des mots sans sens, mais qui, j’espère, lui font oublier mes précédents.J'aimerais qu'elle reste avec moi. Tout sauf le silence, sauf la douleur. Sa présence, bien que troublante, comble mes autres idées, c’est sans doute égoïste de l’utiliser ainsi à ses fins, mais je ne l’avouerai jamais. « Allez, viens.» Ma supplication est accompagné d’un geste, sans prévenir, ma main se loge contre la sienne. Nos paumes se heurtent et mon coeur ne fait qu’un bond. Je la relâche comme si elle était brûlante, sans doute l’est-elle, c’est... «Étrange.» Le mot m’échappe, j’aurais voulu le garder secret. Mes yeux posés sur mes doigts retrouvent son visage et l’épie sans rien dire de plus. Elle n’est plus la même, plus de porcelaine... Levant une main, mon index s’échoue contre sa joue avant que je ne puisse le retenir. Sa peau est chaude, douce, différente... non plus étrange, mais énigmatique. Mon doigt s’aventure plus bas, effleurant le coin de ses lèvres, l’arrêt de sa mâchoire, touchant son menton, sa gorge, son cou. Se joignant à lui, mes autres doigts la découvrent et oublient sa présence. Je devrais sans doute m’en gêner, mais ce n’avait jamais été un sentiment que je lui vouais, ça avait toujours été si... tellement... Mon regard observe, fasciné, le bout de mes doigts s’enfoncer dans la racine de ses cheveux, contourner son oreille. Mon coeur bat trop vite. «Tellement de chose ont changé depuis... » Ce qui était arrivé n’avait toujours pas d’explication logique, je ne saurais comment le nommer. Mon pouce est l’unique courageux qui ose s’en approcher, les frôler, ses lèvres, portes de tous ses mots. Mes yeux y fixent demeurent, l’oeuvre est belle et attirante, presque irrésistible. Parcourant la longueur de sa lèvre inférieure, mon pouce découvre la douceur et l’envie.J'y pense, je le veux, je le pourrais. «Je serais curieux de...» Savoir. L’embrasser, juste une fois, juste pour voir. Quand mes yeux trouvent les siens, le charme est rompu, la honte me prend à la gorge et cet envie de lui dire adieu renaît... mon coeur, mi-vivant, mi-mort s’enflamme d’une nouvelle passion. C’est d’un grand pas vers l’arrière que je ponctue ma question. « Tu as revu Buzz depuis notre... séparation?» Je n’attend pas de réponse avant de continuer ma route, l’emportant, si elle osait me suivre, à l’intérieur de mon appartement. Je n’avais plus envie de rien, mais ma peau, tout mon corps vibrait d’une chose que je ne voulais pas lui fourni... la haine ou l’amour, entre les deux, mon coeur balance.
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