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My Body is a Cage that keeps me away from You ⁂ Hadès & Ophélia Vide
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 My Body is a Cage that keeps me away from You ⁂ Hadès & Ophélia

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MessageSujet: My Body is a Cage that keeps me away from You ⁂ Hadès & Ophélia My Body is a Cage that keeps me away from You ⁂ Hadès & Ophélia EmptySam 13 Avr - 20:44






Breathe Me

« En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois. » ► RIMBAUD
La symphonie chatoyante du printemps, sollicité par les oiseaux, tintait tels les rires d’une âme en fête : la Nature se réveillait doucement, ouvrant ses paupières et souriant au monde. Ses yeux lumineux enveloppaient la ville de doux rayons de mousselines faisant fuir la cavalerie du Malin, qui perçait les esprits et hantait les corps éveillaient, afin de capter dans ses iris dorées, les rêves de ses beaux enfants. Ces êtres célestes et bénis des cieux ouvraient alors à leur tour leurs yeux pour certains, seulement quelques uns, restaient encore dans les bras de Morphée et inspiraient les enivrantes fumées d’un rêve partie en une nuée d’espoir et de promesses, tandis que d’autres réchauffaient, leur peau conquise par les froides peurs, dans le cœur d’un éclat dont le sang s’était transformé en or et alimentait la chaleur de l’ange bienveillant. La belle Ophélia, emportée dans une rivière d’où s’écoulaient, telles des larmes, les songes d’une nuit oubliée, se noyait peu à peu dans cette eau divine. Elle se laissa porter, observant les ailes luxuriantes des fées qui s’éclipsaient dans l’Illumination, se laissant encore bercer par le son cristallin de leur voix enchanteresse. Le liquide limpide et empli d’anciens cris de détresses, s’infiltrait dans les racines de son être et, se glissant dans le feuillage de l’arbre, l’étouffait un peu plus chaque secondes. La Faucheuse, de son regard mélancolique, cueillant, dans son champ fantomatique, les morts, put apercevoir cette nymphe échapper à la nostalgie en lui offrant ses pensées les plus ennuyeuses, elle, la pauvre malaimée qui ramassait déjà les riches tristesses du monde. Et, semblable à un brouillard, elle laissa déferler les vagues pour s’échouer sur le sable réchauffé par la Mère, qui régnait pendant ce temps même, sur la réalité. Ouvrant ses paupières, comme un oiseau déployant ses ailes, elle capta, alors, la Reine de ces lieux. Le soleil ayant remplacé la mort, embrassait les pétales de ses lèvres qui s’étant égarées de leur cerisier, avaient perdu toute protection. A présent chaque être hasardeux pouvaient dérober le fruit sucrée de sa passion constante et aussi familière que les battements de son cœur corrompu par une maladie bien gourmande. La lumière, l’attrapant par la taille de ses bras doucereux, la fit voler hors de son cocon bien confortable...même beaucoup trop. Son imagination ayant arrêté de fumer des cigares de songes qui avait embrouillé, de leurs épaisses couches vaporeuses, sa raison, s’éteignit peu à peu comme un dépendant de cette folie et laissa les sages parler enfin. Elle n’était pas chez elle, pas au milieu de ce qu’elle connaissait, pas cachée sous son saule pleureur qui filtrait les rayons et qui la recouvraient telle de la poussière d’or, pas allongée sur son banc gelé...elle était assise dans un canapé soyeux...luxueux par rapport à tout ce qu’elle avait connu, si bien qu’elle ne résista pas à l’envie de frôler cette matière, lui étant si étrangère, de ses doigts. L’enveloppe râpant sa peau blanche et délicate lui arracha un sourire. Et le Soleil perlait sur son visage la couvrant de richesses nouvelles et faisant danser le reflet d’un arc-en-ciel sur cette toile vierge et pure. Bientôt les couleurs remplaceraient cet étendu de neige et dissiperaient la simplicité de ses traits mais pour le moment, on imaginait, rêvait de ce que l’on pouvait faire de cette pâleur extravagante qui ne semblait jamais avoir été touchée auparavant. Ophélia reconnaissait l’endroit en vérité...cette odeur forte et sensuelle qui embaumée la pièce émanait d’un mort dont le sang, vaniteux, coulait dans des veines bien capricieuses par leur timidité. Cette senteur vint chatouiller ses narines et réveillèrent ses sens. Se levant sur ses pieds, qui remerciaient la grâce de la gravité à chaque fois qu’ils touchaient le sol, elle avança, traversant des couloirs qui se jouaient de ses souvenirs. Mais, malgré sa maladresse, elle trouva ce qu’elle cherchait depuis son réveil et s’appuyant de son épaule sur l’encadrement de la porte, la lueur, même dans l’ombre, naquit sur sa bouche. Son regard amusé caressa, d’une certaine distance, le corps étendu sur le lit défait et se délecta de ce moment qui lui paraissait tellement rare. La personne reposant dans ce cercueil de paix et de douceur, était celle en qui elle avait éperdument confiance. Un homme qui pouvait se jouer d’elle, comme le loup qui court après la biche, qui pouvait la détruire en un claquement de doigts, tel le Destin rôdant au-dessus de chaque tête, qui pouvait la créer comme les Dieux là-haut, observant leurs progénitures, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Un homme qu’elle considérait comme son frère ainé...son protecteur...son père. Un homme qui, pourtant, la dévorait de l’intérieur, la consumait, soufflait les dernières braises de ce feu ardent et défendu...de cette admiration bien trop grande pour être dans les normes de la grande Réalité qui manipulait tous ces humains. A chaque fois qu’elle y pensait, une profonde mélancolie la balançait entre sa raison et son cœur. Si elle était pleinement consciente, son instinct lui aurait dit de s’enfuir...et l’aurait fait comme Daphné, le plus loin possible d’Apollon, mais étant donné qu’elle était hypnotisée par une force plus forte qu’elle, ses pas tracèrent le chemin le plus court vers le lit et son corps, tout entier de son poids si léger et lourd à la fois, bascula et s’écrasa sur les vagues blanches. Les ondes se propagèrent telles des papillons s’éparpillant... Ses pupilles s’agrandirent de plaisir dévorant le bleu de ses iris verdoyantes, rien qu’à la pensée qu’elle était si proche de lui et son visage qui fixait le plafond, se tourna lentement vers la créature près d’elle. Si près d’elle...et pourtant si distante. Un fossé d’amertume et de honte se creusait, encore plus profondément dans la terre humidifiée par ses larmes frénétiques, entre eux. Quelque chose qui entaillait ses pensées et faisait douter son être. Quelque chose qui l’aveuglait et lui dérobait sa fortune. Une heureuse malédiction qui la retenait par des cordes fiévreuses contre la nostalgie d’un moment qu’elle n’a jamais put gouter. Sa main, guidée par les battements sauvages de son cœur téméraire, glissa de la couverture froide au corps chaud. Elle s’aventura sur son torse, ce qui pigmenta ses joues de rose, puis remonta jusqu’à sa lèvre inférieure, une chair, si vile de la tenter, qu’elle souhaitait savourer. Son pouce effleura l’objet de son désir et un sourire espiègle colora sa délicate bouche et enflamma son âme comme un soleil éclairant son monde encore endormit. Elle enviait les rayons...Ceux de l’astre doré, qui pouvaient s’accrocher, chaque jour, à son cou, le tuant de baiser sucrés et s’enivrant de son odeur rassurante. Ceux de sa sœur, de l’astre argenté, qui se blottissaient, chaque nuit, auprès de lui, épousant ses courbes et pouvaient, fascinés par tant d’éclat dans ses yeux bleutés, le bercer d’une céleste présence.



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MessageSujet: Re: My Body is a Cage that keeps me away from You ⁂ Hadès & Ophélia My Body is a Cage that keeps me away from You ⁂ Hadès & Ophélia EmptyJeu 4 Juil - 20:05






    L'aube timide traçait des sillons veloutés à travers les alcôves vitrées de la mausolée du Malin. Plongé dans l'ambiance modeste du ménestrel, centre de l'attention d'une cour galante, le génie du mal se mêlait aux Vénitiennes raffinées aux hanches étroites et à l'ellipse de leur sein épousant parfaitement la coupelle de sa main, qui s'évanouissaient sous ses fentes noires. Quantité de bijoux, d'ivoire et de jade virevoltaient autour de lui tandis que, dans la chorale satanique, le loup se laissait bercé par ses brebis. Plongé dans cet artifice endiablé, la goule se laissa distraire par une langue de chaleur, telle une caresse, sur sa faciès anesthésié. La cour fourmillant de beau monde s'évanouissait avec le crépuscule dans les abîmes d'Anubis, engloutis par la danse de quelques drapeaux de feu. Le décor baroque s'évanouissait dans la gueule béante d'une goule passagère, laissant quelques luxuriants paysages bourgeonner devant les alcôves de son existence. Un bourdonnement lui chatouilla les oreilles, comme le tintement des fées. Plongé dans une univers dissemblable à ce qu'il avait connu, dénué de médisance et de machination, l'être méphistophélique était partagé entre le plaisir de ces sucreries conciliantes et la révulsion de cette pureté ambiante qui l'engourdissait. Soudain, quelque chose explosa quelque part dans le berceau de son être. Un puissant battement fit jaillir des artères un liquide vermeil. Son cœur tambourinait contre sa poitrine déjà si fébrile. C'était comme un coup de canon, un volcan crachant toute sa tumeur hors de ses entailles. Aspiré dans un tourbillon de folie, il n'aspirait plus qu'à cette fulgurante poussée d'adrénaline. Tel un aigle dont la splendeur se perdit dans l'air, l'être de vie s'envola de son perchoir pour gagner le commun des mortels. L'oiseau rangea ses ailes et se laissa descendre entre les nuages gorgées de richesse et de magnificence. Ses poils se dressèrent sur sa peau de marbre tandis qu'il savourait son éclipse solitaire. Il se sentait l'âme d'un volatile et semblait retrouver la grâce de ses ailes d'antan. L'esquisse d'un sourire ourla ses lèvres qui ne formaient qu'une fine ligne sur son masque tout droit sculpté dans la pierre. Une vieille pierre usée par les âges et les évènements. Puis, avant la chute fatale, le beau diable se laissa arraché du sommeil par une mort elliptique. Le paysage flou se dévoila enfin, et la réalité le ramena parmi les hommes, tels deux poids de plomb enlacés autour de ses chevilles. L'espace d'un instant, l'apôtre déchu avait ravivé ses sens et son goût pour la vie. Les volets se redressèrent sur leur orbite et, sous le baiser intense de Mère Lumière, ses perles azures se rétractèrent. Elles tentèrent de se dissimuler dans le blanc des yeux, mais une arabesque bleutée encerclait encore ses petites sphères noires.

    Ses nuits sur son grabat se résumaient à quelques courtes heures. Le marchand de sable s'était consumé dans le feu de bois, laissant derrière lui pour seule trace l'amertume. Vêtu d'une étoffe en laine, le pariât aurait pu dénuer tous les masques éclatants de l'été. L'automne se serait abattue sur une note de Vivaldi, entorse aux baisers chauds du sud. Et sous un rideau d'incertitude et d'appréhension, tandis que le vent de Pluton brûlait sa joue et que la chaleur glaciale ronflait sous un éclair de Thor, l'ancienne déité affichait au crépuscule du soir et du matin une mine maussade. Son visage semblait avoir été peigné sous une ondée de crachins d'hiver. L'esprit soumis à d'incessantes intempéries, le songeur démuni de force vivait entre ciel et terre, les pieds chatouillés par l'eau salée, les épaules affaissées sous le poids du démiurge. Pourtant, quelques baisers dorés s'échouèrent sur le flanc de son masque. Les paupières tremblantes, les lèvres gémissantes, le vieux démon peina à se défaire de l'étreinte de Morphée. Quelque chose d'agréable lui picota le torse. C'était comme le souffle de quelques écumes glissant vers le large. Il était le sable et se laissait engloutir, l'espace de quelques secondes, par le bain de volupté dans lequel la mer le baignait. Les fourmillements gravirent la peau de son cou pour embrasser, avec l'on aurait dit un brin de timidité, la courbe de ses lèvres. Ces aménités n'avaient rien d'irréel, et lorsque la goule revint doucement à la réalité, il remarqua une silhouette ombrageuse à sa droite. Dans d'autres circonstances, il se serait empressé de pointer son arme sur l'intrus, mais l'individu en question n'était nulle autre que sa douce inspiration. Elle semblait avoir été faite dans la soie et le cristal. Descendante des Nymphes, peut-être même de quelques muses et sirènes, l'être de beauté avait répandu un vent de bienséance dans sa caverne. La petite enfant aux perles brillantes comme le reflet des rais incandescents sur les houles de l'eau de mer s'était transformée en une princesse de l'antiquité. Toutes les fleurs d'Eden n'égalaient en rien sa beauté. Son cœur palpitait et il crut s'effondrer. Ce sentiment n'avait rien de mauvais. Au contraire, le martyr se sentait « presque » pousser des ailes. La fleur fanée s'épanouit et sembler redorer ses couleurs quand sa douce inspiration se perdit à ses côtés. Elle était son eldorado. Tout le sable noir sous ses pieds venait d'être avalé par les nébuleuses salées. Ses migraines s'effacèrent dans un gouffre d'amertume tandis qu'il savourait la présence de son rêve. Elle était son exception. Alors, comme pour marquer cette étreinte qui l'étourdissait et l'englobait dans un cocon de bien-être, il enlaça de sa main le poignet fin d'Ophélia, léchant avec une délicatesse inhabituelle le velours de sa peau halée. Les prémices d'un sourire ourlaient ses lèvres charnues, et ses yeux semblaient sourire face à la magnificence prostrée à ses côtés. Les doigts du diable glissèrent sur ceux de la nymphe, les entremêlant doucement les uns dans les autres. « Bonjour petit oiseau de vie » murmura-t-il d'une voix rauque et mal éveillée. Elle était son rayon de lumière et de son unique présence, elle chassait ses démons de l'autre monde et l'arrachait des bras de Morphée dans un réveil sucré. Désireux de sentir les effluves de son derme, Hadès l'attira un peu plus contre lui, le sourire mielleux. Telles les houles salées elle roula sur le sable de son torse. Une main s'égara dans sa longue crinière d'or tandis que les écrins bleus du diable fixait avec une tendresse particulière les prunelles de la nymphe. « Tu as bien dormi? » Cette phrase semblait remplie de banalité, mais le dieu des enfers tenait à s'informer de son bien-être, elle seule qui parvenait à réchauffer son cœur dans les plus sombres moments. « Tu devrais plus souvent dormir ici...Ta présence m'apaise. Voilà bien des lunes que je n'avais pas trouvé un sommeil aussi doux » Elle était l'ange qui bénissait ses nuits.


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MessageSujet: Re: My Body is a Cage that keeps me away from You ⁂ Hadès & Ophélia My Body is a Cage that keeps me away from You ⁂ Hadès & Ophélia EmptyJeu 11 Juil - 7:31






Breathe Me

« En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois. » ► RIMBAUD
Il arrivait que le monde s’endorme profondément, et n’ouvre les yeux que lorsqu’il avait une raison de sourire, de cueillir un moment qui lui était destiné comme précieux afin de le cacher, de le poser délicatement dans un livre aux pages jaunies par le temps et la fatigue. Il le laissait alors là, seul, gardant ses couleurs et sa beauté, même compressé par tous les châtiments qu’il rencontrait. Et il ne ressortait ce moment que quelques fois, pour se rendormir, pour se laisser bercer, encore un infime instant, par la lueur fébrile mais réconfortante, d’une pensée jouvencelle, avant de l’enterrer de nouveau et de refermer les yeux à jamais. Ophélia, malgré les paupières closes, se languissait intérieurement, de quelques rayons de soleil qui venaient éclairer son sol fertile, et faire pousser, grâce aux larmes qu’elle versait en marchant, un imaginaire hypnotique, un Eden unique. C’est ainsi, que de peur de briser une belle existence, elle humait le doux poison qui s’y émanait, et comme transportée par une vague d’Opium, s’allongeait auprès de cette créature fantastique, vivant ainsi, morte dans son esprit, laissant à la Réalité, voir une demoiselle éperdument amoureuse d’un monde qui n’était pas le sien. Elle était l’orpheline de la vérité et jouait avec les mots et les raisons comme on pouvait rire de la liberté et de ses enfants. C’était en elle qu’on puisait les sourires et les éclats, c’était en elle qu’on reconnaissait la vie. Sur son banc écorché, comme son propre cœur l’était, elle se posait et ressentait, inventait les sentiments qui n’avaient jamais pris possession de son corps, se délectait de la douleur comme de la douceur. S’écoulait délicatement tout simplement, comme les personnes devaient le faire. Elle ne vivait pas de grandes aventures, n’était pas plus intelligente ou même plus belle que les autres, mais il ne faut pas tout cela pour exister, il suffit d’une seule chose : de la foi. Car l’espoir, aussi fané ou malformé soit-il, rend les épreuves moins dures et les larmes moins salées. Elle était l’ode à la Providence, le secret bien gardé de la Destinée. Dans ses yeux on y lisait le grand livre que les dieux nous avaient laissé en héritage, ce que la plupart des gens reniaient et oubliaient de peur de souffrir ou de se voir blesser. Mais Ophélia, la douce et fébrile Ophélia, chantait ces louanges aux sourds et le montrait aux aveugles. Car la lueur et le poème qu’elle détenait dans ses iris, prodiguaient miracles et vertus. Elle n’était pas extraordinaire, elle était simplement désespérée. Et c’est dans le désespoir qu’on apprend à savourer. Pour cela, elle s’abandonnait à toute activité, mauvaise ou bonne, dangereuse ou pas, expérimentait, vagabondait d’esprit en esprit mais ne se perdait que dans un seul...Celui de l’être sculpté par le divin et jeté à la cruelle merci des ténèbres. Les spectres se l’arrachaient, lui demandaient un Salut artificiel, le vénéraient par la crainte et la stupeur. Il était le Judas de ses frères et sœurs, le Malin des hommes et des femmes. Sa pomme, sa tentation...son serpent qui lui susurrait des poèmes lyriques à l’oreille, des lamentations qu’elle étouffait par son rire innocent, jouant l’inconsciente et l’ignorante à la fois. Elle feignait de comprendre les blessures qui le hantaient, elle posait seulement le doigt où cela faisait mal, pour observer le sang jaillir, les traits se déformer, se crisper, pour vivre ce qui le faisait succomber. Pour voir à travers lui et ne plus jamais être gelée. C’était lorsqu’il la touchait qu’elle cessait le mal et tombait, subitement, comme un ange qu’on avait trop usé, sur la Terre ferme, levant sous son poids, une vague de poussière battue par la chair d’une pauvre sotte. Elle osa relever la tête pour l’apercevoir, pour adorer le rictus qu’il retenait en cage, comme une bête sauvage qu’on craignait de dévoiler, pour sourire au scintillement de ses yeux magnifiquement lactés. Bonjour petit oiseau de vie Sa voix rauque lui donna des frissons, de légères petites montagnes pigmentant sa peau léchait par Thanatos. Il avait toujours été le silencieux et elle la muse. Celle qui dansait au milieu de nulle part et criait Ô combien elle souhaitait rester ici pour toujours...puis elle avançait, découvrait un nouveau lieu et répétait ce qui semblait être un rituel enfantin. En vérité, ce n’était en rien des gamineries, ce n’était pas un simple jeu, un simple plaisir...c’était un vœu, qui ne fonctionnant pas dans un endroit, s’essayait dans un autre puis recommençait à la vue du nouvel échec. C’était infini, un tourbillon dans lequel elle se perdait et s’évanouissait comme le sable entre ses doigts. Comme ces grains du temps qu’elle tentait de retenir malgré la maladresse de son enveloppe charnelle. De jour en jour elle se rapprochait, de ces pas ralentis, un bouquet de chrysanthèmes dans ses mains, une robe d’amour tachée de noir, de la Mort qui l’attendait patiemment, la laissant encore jouir un petit peu. Ce n’était en rien tragique, ni même triste, personne ne verserait des larmes en entendant cette légende, c’était seulement l’union parfaite d’une nymphe, à qui on avait offert une chance de voir les étoiles tomber, qui aimait un squelette marié à tellement d’autres jouvencelles. Elle se coucha alors, sur le torse de celui qui la retenait encore, pensant peut-être, se voir empli de « vie », comme il le disait, dans les yeux, les miroirs bleutés qui semblaient avoir puiser la seule beauté du ciel. Tu as bien dormi? Elle emprisonna son regard dans l’obscurité que pouvait engendrer son propre corps, ne le laissant pas même virevolter dans le champ des oubliés des Dieux. Elle finit par sourire. Il n’était pas vrai, ni faux, il était simplement tourmenté et perdu au milieu d’un visage qu’il ne connaissait pas. Elle l’avait volé, en vérité, à un enfant qui crut apercevoir une fée derrière la rive enchantée, et le revêtait quand elle doutait de ses propres sourires. Celui du garçon était si beau...si enviable...si magique. Ophélia en avait été tellement jalouse. A présent elle le détenait, de sa cruauté qui coulait dans les veines, elle avait oublié ce malheureux épisode, comme un gamin oubliait les choses importantes. Je n’ai pas vraiment dormi...j’ai plutôt rêvé. Elle faisait une différence entre le mot « dormir » et « rêver ». Le premier signifiait mourir pour elle, se plongeait dans l’amertume de ses tourments et oublier l’œuvre qu’on était capable de créer. Le second voulait dire vivre dans tous les sens du terme. Tu devrais plus souvent dormir ici...Ta présence m'apaise. Voilà bien des lunes que je n'avais pas trouvé un sommeil aussi doux Un rire cristallin réveilla la pièce encore un peu dans les vapes. Je ne te crois pas ! Je suis sûre que tu te sens aussi bien apaisé au milieu de belles dames ! C’était ainsi qu’elle appelait les filles de la nuit. Les belles dames qui resplendissaient et faisaient faire, au cœur des Roméo, « boum boum ». Elle aurait souhaité faire partie de ces femmes qui ne craignaient ni les hommes, ni les pêchés et qui s’amusaient à enivrer les sens et à manger les chairs innocentes. Qui faisaient vivre les autres par les palpitations qu’elles maternaient en d’autres cadavres. Merci... Son rire s’estompa, et ses yeux malicieux perdirent de cette étrange lueur enfantine. Son être bascula, se tordit et se tourna pour lui faire face, pour qu’il voit dans ses pupilles ce qui s’écoulait des siennes, pas seulement de la haine pure ou même de la tristesse destructrice, mais une sublime mélancolie qui se déversait sur ses joues, les creusant par leur saveur nouvelle que la peau n’avait surement pas l’habitude de gouter, pour s’infiltrer dans ses lèvres hésitantes et tentantes puis le nourrir d’une grande beauté étrange et mystérieuse, qu’Ophélia avait cherchait depuis bien longtemps sur cette Terre mais qu’elle ne trouvait que dans les instants perdus entres les pages d’énormes livres, lourds de soucis, qui lui dévoraient le visage. Merci d’être là pour moi, c’est si gentil de ta part Ses traits se détendirent laissant les voluptueux rayons dorés transpercer ses iris et attendrir son visage poupin. Il était rare qu’elle dise merci en face, généralement elle ne faisait qu’un clignement des yeux et les gens comprenaient qu’elle les remerciait. Mais pour lui, elle avait brisé toutes ses règles, elle en avait seulement gardé une, une seule, l’unique : celle d’aimer.



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MessageSujet: Re: My Body is a Cage that keeps me away from You ⁂ Hadès & Ophélia My Body is a Cage that keeps me away from You ⁂ Hadès & Ophélia EmptyJeu 8 Aoû - 16:59

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