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 la blessure vit au fond du cœur ◭ ZANE.

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MessageSujet: la blessure vit au fond du cœur ◭ ZANE. la blessure vit au fond du cœur ◭ ZANE. EmptySam 27 Avr - 21:17

la blessure vit au fond du cœur ◭ ZANE. Large
Le temps est infiniment long lorsqu’on ne sait pas que faire de lui, ses grains de sable se découlant avec une lenteur qu’on pourrait croire délibérée dans le sablier, comme si les minutes que les secondes engendraient étaient faites pour nous rappeler à quel point notre vie est pathétique. Assise sur un banc dans le parc, les jambes ramenées contre sa poitrine, son front appuyé contre ses genoux, Hydra trouvait que le temps ne filait pas rapidement en cette morose journée d’abandon. La pluie s’écoulait bien plus vite que lui, tombant avec force sur l’herbe verte qui clapotait, sur le petit chemin de gravillon parsemé de flaques boueuses, sur sa silhouette recroquevillée et frissonnante. A cette heure-ci, personne ne passait dans le parc, personne ne pourrait venir la déranger. De toute façon, qui se serait arrêté pour contempler la misère ? Plus personne ne faisait ça de nos jours. Quoi que, personne ne l’avait jamais fait pour elle. Elle avait toujours été un monstre, un être repoussant, et cela même dans son autre vie. Une hydre. Elle se considérait belle à l’époque, elle avait l’impression d’être une créature unique, dernière de son espèce, utile et redoutable. Mais, comme toutes les illusions qui voilent une vie, celle-ci n’avait pas duré longtemps et elle s’était vite rendu compte qu’elle n’était qu’une bête préparée à tuer, destinée à la solitude jusque dans sa mort. Et elle était arrivée dans ce monde, où de nombreuses choses s’étaient produites. Elle avait rencontré quelqu’un qui n’avait pas peur d’elle, qui n’avait jamais eu la moindre crainte la concernant, quelqu’un qui l’avait aidée, chose la plus surprenante qui lui soit arrivée. Zane. C’était le miracle qui lui était tombé dessus, sans qu’elle ne s’y attende. Elle était morte, et la seconde d’après, elle se retrouvait prise dans ses phares, à le dévisager dans l’attente qu’il s’enfuit, sans qu’il ne le fasse jamais. Elle avait tenu dans ses bras une chance d’être enfin normale, mais être normale aurait signifié ne plus être vraiment elle-même, pas vrai ? Elle n’avait pas été préparée à une telle vie. Alors, elle avait tout foutu en l’air, elle avait merdé. Pire ; elle avait joué.

Avec lui, ses émotions, ses sentiments. Elle en avait conscience. Elle l’avait troublé, touché et elle oscillait entre satisfaction et culpabilité. Le poids des regrets et des remords l’accablait, pesant sur ses frêles épaules qu’elle courbait à présent. Elle n’aurait jamais dû jouer à ce jeu, elle l’avait poussé à bout, elle le savait. Jamais elle ne l’avait vu perdre son calme de cette façon. Pourtant, froidement et durement, il lui avait balancé ces mots au visage, des mots qui tournaient en boucle dans sa tête, qui ne cessaient de lui entailler le cœur. Et elle avait pleuré. Des larmes avaient dévalé l’arrondi de ses joues pour venir se nicher dans les plis de ses lèvres mordues. Pourquoi ? Elle n’en savait rien. Il lui avait juste fait mal. Il l’avait atteinte d’une manière que personne n’avait réussi à faire. Sans geste, sans coups brusques, juste des paroles empreintes d’une vérité cruelle. Qui était-elle ? Elle ne le savait pas elle-même. Dans tous les personnages qu’il avait cités… dans lequel se retrouvait-elle ? Aucun. Elle n’avait pas l’impression d’être un de ceux-là. Alors, oui, qui était-elle ? Il lui avait posé la question et elle n’avait pas su répondre, elle était restée muette, à le dévisager fixement, les yeux brillants et rageurs qu’il la mette ainsi à nue, qu’il la rende si vulnérable. Une impulsion plus tard et sa main s’était retrouvée sur sa joue. Elle avait tourné les talons et laissé son chagrin s’exprimer. Là, alors, pour la première de sa vie, elle avait pleuré. C’était étrange des larmes ; elles vous laissaient toujours un goût d’amertume salée sur les lèvres et dans le cœur, comme un insidieux venin. Elle avait détesté ça et elle lui en avait tellement voulu de s’être montré froid de cette façon, elle aurait tellement aimé faire plus qu’une gifle, plutôt le tuer, comme avant elle l’aurait fait avec sa mâchoire puissante. Il n’aurait eu aucune chance, il ne l’aurait plus jamais blessée, jamais !

Elle était rentrée haineuse chez elle, retrouvant ses colocataires, qui n’avaient pas cessé de lui taper sur le système par la suite. Et elle avait fini par partir, quelques temps plus tard. Elle avait pris la fuite, elle, la créature qui n’aurait dû reculer devant rien ni personne. Elle avait fui, s’enfuyant comme une voleuse, sans se retourner, sans un seul bagage en main. Un jean noir et, par-dessus, un sweat-shirt aux couleurs délavées trop large, un visage dur pour cacher le chagrin qui lui bouffait le cœur depuis cette entrevue, rien d’autre que ses pensées et ses souvenirs pour lui tenir compagnie et la garder au chaud sous cette pluie diluvienne. Rien d’autre. Hydra releva la tête et ses yeux cernés de noir balayèrent le parc déserté, relevant les arbres aux feuilles frémissantes, les dénivelés du terrain creusé par l’eau, les gouttes glissant sur la peau nue de ses doigts à découvert, longeant les sillons de chair pour tomber ensuite sur la peinture usée du banc public. Elle soupira. Que faisait-elle donc ici ? Elle n’était pas à sa place, elle devait s’abriter ou juste marcher pour dégourdir ses jambes. Depuis combien de temps se tenait-elle ainsi fermée sur elle-même ? En fin de compte, le temps passe vite, lorsqu’on réfléchit au chaos de son existence. Elle se releva doucement, s’étirant avec prudence, avant de poser les pieds à terre et de se mettre à marcher. Les premiers pas furent maladroits et incertains, ne sachant pas vraiment dans quelle direction la mener, puis l’instinct reprit le dessus. Elle se mit alors à déambuler à travers les méandres de boue du parc, le regard levé par-dessous sa capuche tombante, sans but apparent. Elle finit par sortir pour retrouver sous ses pieds la dureté du goudron des routes et la voûte de nuages gris s’assombrit au-dessus de sa tête, l’obscurité reprenant peu à peu ses droits sur ce jour détrempé et pâle. L’ombre jeta ses formes sombres sur le labyrinthe de béton et Hydra continua bientôt sa marche à l’aveugle, ses pas la guidant à travers un dédale de petites rues malfamées, sans savoir vraiment à laquelle elle se ferait agresser. Elle s’en foutait éperdument. Elle n’avait rien à perdre. Elle n’avait jamais rien eu à perdre. Elle n’avait besoin de personne pour vivre, se contenter de survivre était bien plus dans ses habitudes.

Alors, pourquoi lorsque ses yeux se levèrent du trottoir, pourquoi ceux-ci se retrouvèrent face à la porte de chez celui qu’elle connaissait si bien ? Celui chez qui elle avait vécu, durant quelques temps, celui qui lui avait appris de si nombreuses choses sur ce monde étrange. Celui qui l’avait blessée à vif. Zane. Elle secoua vivement la tête, comme pour ôter toutes pensées le concernant de son crâne, et pourtant, elle demeura figée, comme hésitante. Non, elle ne se résignerait pas à faire ça, il la chasserait comme une malpropre, elle ne pouvait pas… Pourtant, tremblante de la tête aux pieds, elle leva un bras et son poing frappa le battant en bois plusieurs fois, avant même qu’elle ne s’en aperçoive. Elle voulait voir Zane.

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MessageSujet: Re: la blessure vit au fond du cœur ◭ ZANE. la blessure vit au fond du cœur ◭ ZANE. EmptyDim 28 Avr - 12:25




Excalibur. Ce nom résonnait à ses oreilles, encore, toujours. Il avait été désiré, contemplé. Sa prison de pierre avait attiré tant de personnes que c’en devenait presque habituel de voir défiler, chaque jour, des dizaines, des centaines de personnes venues en croyant qu’ils seraient choisis par l’épée, qu’ils sortiraient de la masse, de cette masse dans laquelle ils étaient entrés malgré eux. Mais jamais personne n’était choisi, et tous repartaient bredouille. Sur leur visage se lisait de la déception, de la jalousie envers celui qui libèrerait Excalibur de sa prison ; ce moment où une lueur bleue jaillirait, ce moment où l’épée aurait choisi son propriétaire. Parmi ces gens, on trouvait surtout les princes, envoyés par leurs parents pour restaurer ou conserver la fierté et l’honneur de leur famille ; les rois, venus eux-mêmes sauvegarder leur blason et leur couronne ; mais aussi des gens simples, paysans, qui croyaient en l’espoir d’une nouvelle chance. D’une nouvelle vie, comme ils n’en avaient jamais espéré. Autant dire que depuis son apparition mystérieuse dont personne ne savait rien en plein cœur de Londres, Excalibur attirait les foules. Toutes les foules. Même les femmes se pressaient devant la pierre, observant avec envie l’homme qui libèrerait l’épée. Et finalement, ce n’était pas un roi qui avait été choisi. En apparence, il n’était qu’un garçonnet au service de la haute bourgeoisie. Mais les apparences sont parfois bien trompeuses ; de serviteur, il n’avait que le physique. Un prince. C’était l’élu d’Excalibur, celui qu’elle avait choisi. Celui que Zane avait choisi. Arthur.

Toute sa vie, il avait voulu aider les autres. Donner de sa personne pour ne pas laisser d’autres dans le pétrin. En souvenir d’Arthur. Le vieil homme n’avait pas pu suivre Zane à Fantasia Hill, pour cause de son âge trop avancé. Les médecins s’étaient rapidement accordés sur le fait qu’il ne devait pas partir. Ce serait trop dangereux, disaient-ils. Trop de risques pris, une dangerosité certaine. Ainsi, il était condamné à la peine capitale : laisser son proche loin, tandis que lui partait pour une nouvelle vie. Et depuis son arrivée, il n’avait cessé de penser à cet homme qui avait été pour lui un confident, un meilleur ami, puis un père. Et enfin, un grand-père. Un sourire se posa sur ses lèvres sèches, et il se passa la langue dessus pour les humidifier. Il était devenu psychiatre, encore dans l’idée d’aider les autres. De les aider à être soignés à et se soigner. Il était devenu connu ; son cabinet était souvent rempli, même si cela aurait pu lui déplaire. Et dans son esprit, dans un coin de son esprit, était gravé le visage et le sourire du vieil homme. Zane savait que quelque part, Arthur l’attendait. Mais il devrait l’attendre encore un moment, malheureusement.

Et puis elle avait déboulé dans sa vie.

Elle était semblable à un mirage. Ses cheveux blonds tombaient sur ses épaules avec grâce, comme si la Terre s’arrêtait de tourner en sa présence. Ses yeux envoûtaient quiconque la regardaient, véritables miroirs de l’âme. Il était tombé sur elle alors qu’elle était nue, sensible… vulnérable. Plus vulnérable que jamais. Elle ressemblait à une petite fille en détresse, à une créature que le destin n’a pas épargnée et qui avait besoin d’aide. Il l’avait ramenée chez lui, s’était occupé d’elle, l’avait soignée. Hydra. Et puis, un jour, l’oiseau avait été guéri et avait voulu récupérer sa liberté. Zane avait ouvert ce qui aurait pu être une cage, et le bel oiseau s’était envolé, ne laissant derrière lui qu’une promesse de revenir en tant que patiente. Il ne mentait pas : le cas de la belle Skye l’intéressait énormément. Tous les deux jours, ainsi, la colombe revenait, et chaque fois elle lui semblait bien différente. Ce fut la troisième fois qu’il comprit, qu’il comprit qu’elle jouait, pas seulement avec lui, mais avec tous. Elle n’était que mensonge et se contentait d’être une autre personne qu’elle-même. Il avait passé tant de temps à essayer de la comprendre, de la découvrir, et finalement toutes ces recherches éclataient et partaient en fumée, simplement. Il avait hésité, hésitait et hésiterait toujours. Et puis, presque décidé, il lui avait presque craché la vérité en plein visage. Il était resté calme, posé, comme à son habitude, et avait déballé ses paroles, presque trop lentement. Mais au fond, il se sentait brisé. Il était brisé.

Il se dirigea vers le frigo, attrapa une bouteille de lait et en avala goulûment quelques gorgées. Il discernait à peine le tic-tac incessant de l’horloge. Et c’est alors qu’il entendit des coups sur sa porte, doux et forts à la fois, rapides et appuyés contre la porte. La bouteille de lait en main, une trace blanche au-dessus des lèvres, signe de ce qu’il avait bu, il s’approcha de la porte avec un air interrogatif sur le visage, se demandant bien qui pouvait se trouver derrière. Il jeta un coup d’œil à l’horloge. La nuit n’allait probablement pas tarder à tomber, et bientôt, l’obscurité prendrait le pas sur la lumière naturelle. Zane ouvrit la porte et resta figé, tandis que se dessinaient peu à peu les traits d’Hydra devant lui. Elle était belle, comme toujours, et elle semblait vulnérable. Moins que lors de leur première rencontre, mais elle l’était sans conteste. Il se mordit les lèvres. Au fond, il avait toujours espéré qu’elle reviendrait. Toujours, et voilà que son espoir n’avait pas été vain. Elle était là, devant lui, avec son jean noir et son visage plus que craquant. Il avala sa salive, oubliant tout à coup qu’il devait être ridicule avec sa petite trace de lait au-dessus des lèvres. « Je m’attendais pas à te voir ici, hum… il y a un problème ? » Il en oubliait presque les bonnes manières, et se reprit aussitôt. « Tu veux entrer ? Il ne fait pas chaud, dehors, viens te réchauffer. » Euphémisme. Elle était une créature des Enfers, là où il faisait toujours une température incroyable. Mais il devait trouver un moyen pour qu’elle entre. Il sentit une chaleur s’imprégner de lui, et découvrit que, finalement, il était heureux de la voir.
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MessageSujet: Re: la blessure vit au fond du cœur ◭ ZANE. la blessure vit au fond du cœur ◭ ZANE. EmptyMer 7 Aoû - 16:52

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