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J'étouffais pour que tu ne m'oublies pas ✭ Aerith Vide
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 J'étouffais pour que tu ne m'oublies pas ✭ Aerith

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MessageSujet: J'étouffais pour que tu ne m'oublies pas ✭ Aerith J'étouffais pour que tu ne m'oublies pas ✭ Aerith EmptySam 31 Aoû - 12:29

Vision panoramique de la morgue, assis sur un tabouret pivotant couleur inox, impression passablement sarcastique de contempler l’antichambre de sa propre intériorité. C’est tellement irritant de propreté qu’on sent bien que quelqu’un s’est acharné à frotter sols et plafonds avec de l’essence. L’étape suivante, pour être sûr que rien ne puisse s’échapper, ce serait de foutre le feu. L’idée fit son chemin dans l’esprit de Peter, avant qu’il lui claque la porte au nez, la congédiant avec un sourire d’autodérision : t’es même pas cap ! La morgue, donc. Sous les projections de lumière étale, on voyait le vide. Quand même, c’est ironique, une lampe allumée pour montrer le rien. Et l’air était absent de lui-même, on ne respirait que la fin. A croire que cette salle impeccable avait été conçue aussi inhospitalière que possible pour les vivants dans le but de les dissuader d’avoir une bonne raison d’être là –manquait plus que le panneau cartonné « prières de ne pas décéder », accroché à la poignée. Mais les gars qui s’étaient crus malins en élaborant ce stratagème avaient juste oublié un détail qui renversait irrémédiablement la tendance : Aerith Hofferson. Les yeux fermés, un sourire flottant sur son visage, Peter écouta le pas de la jeune femme remonter le long du couloir. Un peu pressée, ce matin. Il la voyait d’ici pousser la porte battante et emplir ce sous-sol opiniâtrement métallique de toute sa splendeur de porcelaine. A force de errer désincarné dans tout l’hôpital, il avait fini par connaître la plupart des allées et venues du personnel soignant, ballet monotone d’un quotidien éreintant réglé comme un papier à musique à qui on aurait volé les notes. Quand il avait de la chance, il parvenait donc à se faufiler jusqu’à cette antre des corps silencieux pour rejoindre son amie. Franchement, une fois qu’il était assis ici, il y avait assez peu de chances pour qu’un médecin débarque et s’enquiert de ses prérogatives. C’est pas pour être méchant, mais le job de légiste est assez décrié par les cardiologues, cancérologues et autres boulologues qui se targuent de sauver des vivants plutôt que de découper des morts. Pour qu’ils décident de descendre dans cet hadès, il faudrait qu’ils aient réellement une bonne raison et rien de mieux à faire. Donc Peter y établissait son campement de temps en temps, attendant impatiemment qu’Aerith le rejoigne et décide de faire semblant de vouloir le chasser. Il fixait un angle du plafond, attentif au bruit de ses talons hauts. Le jeu allait pouvoir commencer dans trois, deux, un…

« T’es en retard, lança-t-il quand il l’entendit pousser la porte, avant de pivoter sur son siège pour lui faire face, armé de son sourire désinvolte, les mains dans les poches. Heureusement que je ne suis pas étendu sur cette table, en danger vie, à attendre que tu fasses ton boulot pour prouver que je suis bien mort de façon honorable ! »
Il se leva et avança nonchalamment jusqu’à elle, lui présentant sa blouse blanche pour l’aider à la passer. Comme elle se retrouva dos à lui, il se pencha par-dessus son épaule et l’embrassa sur la joue, bonjour affectueux. L’odeur blonde de sa chevelure sucrée lui chatouilla le nez et désinfecta la tristesse de la salle.
« Et avant que tu commences à râler, non contente de me voir, tais-toi et bois ça. »
Il lui donna un gobelet de carton à l’effigie imprimée verte d’une petite sirène bizarroïde à double queue, contenant une boisson parfumée au café mais surtout surmontée de crème chantilly. Jusqu’à ce que la jeune femme arrive, il avait tourné en rond dans la salle, comme dans un bocal trop étroit. Tant qu’elle n’était pas arrivée, il avait matière à penser. Et donc à être malheureux. Il n’y avait bien plus que pour elle qu’il pouvait mettre un pied dans l’hôpital sans se sentir l’envie de partir en courant dans le sens inverse. Enfin ce n’est pas tout à fait vrai. Même en présence d’Aerith, il ne parvenait pas à oublier que, deux étages plus haut et quelques semaines auparavant, il avait failli perdre Wendy, dans ce même hôpital. Ca le rendait malade. Ca le rendait presque mort. Une chance pour lui, il connaissait le meilleur médecin spécialiste des morts définitives de la ville. Il attendait qu’elle l’ausculte et lui promette qu’il allait guérir.
« Bon alors, qu’est-ce qu’il y a dans le frigo aujourd’hui ? T’as fait les courses, princesse des dates de péremption ? »
D’accord, premier symptôme de sa maladie : l’humour noir l’étouffait de moins en moins. Mais provoquer Aerith était devenu son activité préférée depuis qu’il avait fait sa connaissance et qu’il avait mis un point d’honneur à l’empêcher de faire son boulot. Il s’éloigna de la jeune femme et défila devant les portes des congélateurs macabres, soigneusement étiquetées. Beurk. Jetant un coup d’œil à la jolie blonde, il se fit la réflexion que, pour un tel visage, les morts devaient avoir bien envie de se réveiller. Qu’est-ce qui peut pousser une si délicieuse personne à exercer un métier aussi déprimant ? Il gardait cette question pour lui, pourtant, étant au fait de l’amnésie de sa camarade de jeu préférée. Il n’avait pas envie de la rendre triste. Triste était un état qu’il refusait catégoriquement. Il trouva sur une table d’auscultation un instrument tranchant de forme étrange, dont il s’empara pour l’observer de près, et pour voir aussi si Aerith prendrait son petit air agacé et viendrait le lui arracher, ou si elle ferait semblant d’être bien gentille et bien douce. Il adorait quand elle essayait de dompter son véritable tempérament. La faire exulter malgré elle était jouissif, et si elle en venait à le traiter de tous les noms c’était encore plus drôle.
« J’espère qu’un jour tu m’autoriseras à t’enlever d’ici, tu sais… Je voudrais voir en combien de temps le soleil dessinerait des tâches de rousseur sur tes joues. En plus, je suis sûr que tu as une très belle… ombre. »
Lâcha-t-il finalement avec un sourire dans le regard, après avoir observé attentivement la demoiselle. Il retourna s’assoir sur le tabouret, toujours muni de son drôle de scalpel, et fit des tours sur lui-même. Quand Aerith réapparaissait dans son champ de vision, il savait qu’il pouvait faire un tour de plus. Jouer à être heureux.
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Rouky T. Slade

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Rouky T. Slade
J'ai posé bagages ici le : 27/06/2013 Jouant le rôle de : ce petit chien qui hésitait entre loyauté et amitié, Rouky. Nombre de messages : 513 On me connait sous le pseudo : Atomic.Sky Un merci à : u.c. Je suis fier(e) de porter l'avatar de : Andrew Garfield
MessageSujet: Re: J'étouffais pour que tu ne m'oublies pas ✭ Aerith J'étouffais pour que tu ne m'oublies pas ✭ Aerith EmptyMer 11 Sep - 11:51

Ce monde n'était pas le sien, il lui était presque agressif tant sa mémoire disparue lui faisait défaut. Dans ce lieu ou chacun reconnaissait son voisin, elle ne savait même pas qui elle était: autant à son arrivée, cela ne lui avait pas posé de problème, autant maintenant que chacun connaissait la véritable  identité des autres, elle se sentait telle une paria. Il est difficile de vous intégré quelque part lorsque vous n'avez ni histoire drôle, ni récit de courage à raconter. Ecouter les histoires d'Eric ou de Maël lui déchirait le coeur, elle ne pouvait comprendre ce que cela faisait de comparer son ancienne vie à celle de Fantasia Hill, elle ne pouvait comprendre ce que cela faisait de retrouver son âme soeur, ou même de croiser d'anciens amis en ville ... Le trou noir qu'était son passé l'emplissait d'une mélancolie sans nom qu'elle se forçait à dissimuler pour le bien de ses amitiés. Elle n'avait jamais été du genre à se plaindre en public, elle n'aimait pas qu'on la regarde avec un air compatissant, cela la rendait folle de colère. Aussi lorsqu'elle avait rencontré Eric, elle n'avait supporté de le voir poser sur elle ce regard si triste.

Elle était assise à la cantine de l'hôpital, croisant les médecins et les proches des patients. Elle voyait les mères avoir des inquiétudes pour leurs fils, actuellement au bloc, ou encore les mari s'angoisser pour leurs épouses, en salle de travail. Elle soupira bruyamment, continuant de touiller son café, ses propres patients étaient bien plus calme ! Elle avala quelques gorgées du liquide, grimaçant sous l'amertume de la boisson, mais appréciant tout de même de sentir le café chaud glisser dans sa gorge et réchauffer son être. Elle se leva soudainement, le bruit des humains l'agaçant profondément et décida de retourner à la solitude de sa morgue. Elle jeta son gobelet en plastique sans même s'arrêter et se dirigea vers l'ascenseur. Elle fouilla dans les poches de sa blouse blanche, cherchant les clés de son laboratoire. En arrivant au sous-sol, elle emprunta la couloir, long et blanc, qui se voulait un minimum vivant dans ce lieu ou rare étaient les coeurs vivants.

Lorsqu'elle poussa la porte de la salle principale, elle tomba nez-à-nez avec un visage familier. Elle se mit à rire intérieurement, décidément, ce garçon était plein de surprise. Peter était l'une de ses premières connaissances à Fantasia Hill: elle n'était pas du genre sociable, elle n'aimait pas devoir expliquer pourquoi elle ne se souvenait de rien, elle avait en horreur toutes ses personnes curieuse qui cherchaient à en savoir plus. Peter n'était pas comme ça: il n'avait jamais cherché à s'introduire dans sa vie par la force. Il s'était imposé, doucement, à elle par ses taquineries, sa force de caractère et ce petit jeu auquel elle adorait jouer avec lui. Avoir un visage comme le sien lui avait permit bien des choses, on lui avait même dit qu'avec ses boucles blondes, sa peau pâle et l'harmonie de son visage, elle ressemblait à un ange. Alors elle en jouait. Beaucoup. Mais lui n'était jamais tombé dans le piège, elle avait beau jouer sur cet aspect de poupée, il ne l'avait jamais épargné d'une remarque acerbe et d'un petit coup sur la tête.

« T’es en retard. Heureusement que je ne suis pas étendu sur cette table, en danger vie, à attendre que tu fasses ton boulot pour prouver que je suis bien mort de façon honorable !  Et avant que tu commences à râler, non contente de me voir, tais-toi et bois ça.»

Elle obéis, attrapant le gobelet et appréciant la connaissance que son ami avait d'elle. Il était le seul à trouver ce qui lui faisait plaisir et elle était incroyablement heureuse à chaque fois qu'elle le voyait. Malgré ses fortes tendances à parler ironiquement, elle avait l'impression de ne pas avoir de masque à porter en sa présence: puisqu'il n'en avait que faire de son apparence de poupée adorable et douce, elle pouvait être elle même: une jeune femme au fort caractère, qui n'avait rien d'une princesse clichée.

« Tu n'as pas l'air d'être réellement à l'article de la mort Peter ... Et crois moi, contrairement à ce que j'ai vu ce matin, tu me parais bien frais, bien rose. »

« Bon alors, qu’est-ce qu’il y a dans le frigo aujourd’hui ? T’as fait les courses, princesse des dates de péremption ? »

Cette manie qu'il avait de donner des surnoms à chacune de ses connaissances l'avait premièrement agacée. Elle n'aimait pas être cataloguée, mais au fur et à mesure, elle appréciait cette marque d'affection de sa part: rare était ceux et celles qui avaient droit à pareil surnom. Aussi lui avait-elle rendue la pareille, l'appelant son prince de l'ombre, admirant cette vie qu'il avait eut, appréciant ses farces et ce sourire qui était le sien.

« Et bien, tu as l'embarras du choix. Les morgues de la région, si je puis dire, sont quasiment toutes pleines alors ils m'ont envoyé leur surplus. Et avec une magnifique fusillade à 40 bornes d'ici, j'ai le plaisir de t'annoncer que je fais une promo sur les délinquants ! »

Elle appuya ses dires en ouvrant deux des frigos dans lesquels étaient entreposés des corps. Les pauvres malheureux avaient été récupérés dans une ruelle sombre et envoyé ici. Elle n'aimait les fusillades, cela lui prenait un temps fou. Aussi, passer sa nuit ici à disséquer des corps l'avait passablement énervée.

« J’espère qu’un jour tu m’autoriseras à t’enlever d’ici, tu sais… Je voudrais voir en combien de temps le soleil dessinerait des tâches de rousseur sur tes joues. En plus, je suis sûr que tu as une très belle… ombre. »

Les paroles de Peter réchauffèrent son coeur. Dans ce monde qui lui était si hostile, il était la seule personne a pouvoir la maintenir dans une stabilité émotionnelle correcte: elle qui menaçait chaque nouvelle journée de sombrer dans une douce folie. Il était son ombre, elle se plaisait à le penser bien qu'elle se douta ne pas être la seule a laquelle il pensait. Elle s'approcha de lui, se permettant un contact physique avec lui, refermant au passage les deux portes frigorifiques. Une étreinte qui la faisait se sentir vivante, dans le monde froid et obscure de la morgue ou elle avait élu résidence. Ici, elle n'avait pas besoin de chercher qui elle était. Et avec lui, elle pouvait devenir n'importe qui.

« Moins agile que la tienne sans doute. Mais je pense qu'un jour, peut être, je me laisserai tenter par cette proposition mon doux prince de l'ombre. Mais la lumière ne t'effraie pas trop ? Moi qui croyais que c'était la seule raison qui t'obligeais à venir te cacher ici. »

Bien qu'elle le sache, elle tentait toujours de lui faire avouer la raison de ses visites. La première fois, elle l'avait surpris dans son laboratoire et il avait prétexter faire une allergie au soleil. Puis, à mesure que les mois passaient, il revenait, toujours avec cette fausse excuse et elle, tentant de lui faire dire, bien qu'elle le sache, qu'il venait parce qu'il l'appréciait. Elle aurait aimé pouvoir passer des jours et des nuits entières près de lui: elle n'avait pas la sensation que son passé la guettait, cherchant un moment de faiblesse pour venir s'engouffrer dans son esprit, lui rappelant combien elle était seule, combien on l'avait oublié.
Quand elle l'avait rencontré, elle avait crut à un mirage, un envoyé de ce passé oublier qui la hantait encore. Elle avait pensé qu'il était ce garçon, qu'elle voyait dans ses rêves: fragile mais courageux, et dont le visage ne lui apparaissait jamais. Puis, elle s'était faite une raison: personne ne la cherchait, elle était seule à Fantasia Hill. Alors pourquoi ne pas chercher à vivre à nouveau ? Il était, à ses yeux, un envoyé du destin, et elle ne comptait pas le laisser partir sans se battre.



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MessageSujet: Re: J'étouffais pour que tu ne m'oublies pas ✭ Aerith J'étouffais pour que tu ne m'oublies pas ✭ Aerith EmptyMer 30 Oct - 15:13

Pas franchement à l’article de la mort, non. Peter haussa les épaules d’un air désinvolte sans cesser d’observer Aerith en souriant. Il aimait bien qu’elle joue franc jeu avec lui. S’il avait voulu qu’elle le console, sans doute en aurait-elle été infiniment capable, car ses beaux yeux couleur de miel pouvaient parfois s’éclairer d’une douceur sans nom et que la moindre de ses étreintes étaient un grand réconfort. Le fait est qu’il ne voulait pas être consolé. Il voulait qu’elle le secoue. Les patients et les familles des malades, les infirmières et les gardiens, ça faisait des semaines qu’ils posaient tous sur lui des regards de compassion, lorsqu’il lui arrivait de tirer une tronche de trois pieds de long en trainant sa morosité le long d’un couloir. Aerith, dieu merci, ne semblait pas d’humeur à être mielleuse, et elle lui rappela en quelques mots directs qu’il n’était pas à plaindre, si l’on faisait la comparaison avec ses propres patients. Elle parla d’une fusillade et ouvrit une des portes métalliques. L’idée des tirs avait ricoché sur le cœur de Peter sans faire de vague, jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il y avait quelqu’un, là-dedans, qui était réellement mort en une fraction de seconde à cause d’un fou qui avait décidé que sa vie n’était pas importante. Aerith ne cillait pas. Peter était plus ou moins constamment nauséeux depuis une dizaine de jours. Il se leva d’un bond, bien décidé à aller refermer cette porte d’un coup sec, mais il ne voulut pas voir, se rassit et se détourna légèrement.
« Mouais, fit-il après s’être raclé la gorge, finalement j’ai plus trop faim, tu peux fermer ce truc. »
Heureusement, elle avait perçu l’insistance mal dissimulée dans la voix de Peter et eut la délicatesse de ne pas se le faire redemander. Tout compte fait, il n’était pas prêt à ricaner bêtement au nez et à la barbe de la mort. C’était un sujet trop sensible. La tension redescendit d’un cran quand elle referma le container réfrigéré. Comme si cette fichue porte faisait barrage entre l’ici et l’au-delà. N’importe quoi. Il n’empêche que c’était plus facile d’oublier, de faire comme si, lorsque les cadavres restaient bien sagement à leur place. L’idée qui hantait Peter était la suivante : si Aerith ouvrait une autre porte et s’il osait regarder les traits livides du trépassé, il avait peur d’y trouver un visage connu. Un visage aimé. Bon. Ne provoquons pas la jolie blonde. Elle avait le cœur mieux accroché que lui. Du coin de l’œil, il la vit s’approcher de lui. Craignant une ruse de sa part, il se leva vite fait et lui fit face. Qu’allait-elle encore inventer ? Et puis… Elle s’approche encore, encore, écarte légèrement les bras et…
« Laisse-moi deviner : tu as été une très vilaine fille et le Père Fouettard t’a confisqué ton ours en peluche préféré ? »
Bougonna-t-il gentiment au milieu de l’étreinte de la jeune femme. La façon dont elle l’enlaçait était pourtant différente de d’habitude, différente de quand elle accompagnait ce geste d’un « je te déteste, pauvre tâche ! » des plus charmants… Sans avoir l’air bouleversée, elle paraissait soudain préoccupée par quelque chose, ou simplement pensive. Il aurait été incapable de dire pourquoi ou comment, mais ça avait l’air d’avoir de l’importance pour elle. D’être là, avec lui, en cet instant. En y réfléchissant, ça en avait pour lui aussi. Elle était importante. Enlevez les piques et les sarcasmes, les chamailleries et les petites disputes, l’égo et la vanité, les jeux de séduction parce qu’il y en avait, et, au-delà de tout ça, Aerith était pour lui la seule personne qui ressemblait pour lui à ce que les autres appellent une meilleure amie. Mais elle ne l’était pas totalement non plus, car il ne pouvait pas tout lui dire. Pas parce qu’il ne lui faisait pas assez confiance, mais parce qu’il n’arrivait pas, pour commencer, à tout se dire à lui-même. Aerith était la seule à qui il s’était attaché et contre laquelle il ne luttait pas. Il n’avait pas peur de lui faire du mal, et il savait qu’il ne l’abandonnerait jamais. Au fond de lui, il en était sûr. Il referma ses bras autour de la taille de la jeune femme et lui caressa le dos de haut en bas, tout doucement. Ils restèrent quelques secondes dans cette position avant qu’il se détache un peu d’elle et lui fasse lever le visage vers lui en lui tenant le menton.
« Tout va bien, petite poupée ? »
Il scrutait son visage avec sérieux, avec cet air protecteur qu’il ne prenait pas si souvent mais qui n’en était que plus sincère.
« Tu me le dirais, si tu avais un problème, hein ? Tu sais bien que je peux aller casser la gueule du Père Fouettard et récupérer ton doudou, si c’est ça que tu veux, ok ? »
Quand il sourit, ses yeux sombres s’éclairèrent de tendresse une demi seconde avant que leur chaleur nocturne y reprenne ses droits. Comme il ne voulait pas non plus faire subir un interrogatoire approfondi à la jeune femme, il la lâcha et s’éloigna de nouveau de quelques pas. Elle lui parlerait si elle le souhaitait, il n’allait pas la forcer. C’était comme ça que ça fonctionnait entre eux, et ça fonctionnait bien. Le silence s’appesantit quelques minutes dans la salle de la morgue sans que ça ait rien de gênant. Il fit un petit tour d’inspection autour de la grande table, gardant ses distances avec les portes aux cadavres, les mains enfoncées dans les poches de son jean. Ensuite, il se planta au milieu de la salle et fixa sur Aerith un regard enjoué, décrétant qu’il aimerait bien l’enlever de cette triste prison.
« Je pense qu’un jour, peut-être, je me laisserai tenter par cette proposition mon doux prince de l’ombre. »
Il avait beau détester –dé-tes-ter– son ancienne condition d’ombre, ce mot, sur la langue d’Aerith, prenait une connotation presque agréable, et ce petit surnom qu’elle lui avait trouvé lui plaisait toujours un peu plus, à chaque fois qu’elle le prononçait.
« Mais la lumière ne t’effraie pas trop ? Moi qui croyais que c’était la seule raison qui t’obligeait à venir te cacher ici. »
Peter secoua la tête en souriant. Il se souvenait de tous les prétextes qu’il avait pu inventer pour qu’Aerith ne le mette pas à la porte de la morgue, les premières fois qu’il y avait mis les pieds. Parmi eux, une soi-disant allergie au soleil.
« Hélas, princesse macabre, je crois bien que je vous ai jadis menti sur mon état de santé ! Et en fait, il y a au moins deux raisons qui m’amènent ici, tu vois… »
Tout en parlant, il s’était remis à jouer avec un truc qui trainait sur la table. Il manqua de se trancher un doigt en le faisant tomber, décida alors qu’il était plus sage de laisser ses jouets à Aerith. Il croisa ses mains dans son dos et adressa un sourire angélique à la demoiselle.
« D’une, je sais qu’à côté de tes potes je suis carrément sexy, et de deux, j’adore voir la tête que tu fais après avoir bu un café à la cantine de l’hôpital. »


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MessageSujet: Re: J'étouffais pour que tu ne m'oublies pas ✭ Aerith J'étouffais pour que tu ne m'oublies pas ✭ Aerith EmptyDim 10 Nov - 10:54

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