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(johnendy) ● dans la cité des anges, nous tentons l’évasion. Vide
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 (johnendy) ● dans la cité des anges, nous tentons l’évasion.

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MessageSujet: (johnendy) ● dans la cité des anges, nous tentons l’évasion. (johnendy) ● dans la cité des anges, nous tentons l’évasion. EmptyJeu 30 Jan - 11:02



dans tes yeux.
Perdus dans le désert, Nous suivons le chacal Et les tambours indiens Nous montrent le chemin Qui nous mèneront droit au cœur. N’aies pas peur. Quel que soit le combat, Tu te relèveras Du royaume des morts. Dragons et mauvais sorts à la force de l’âme Sous le chant du chamane. Tu vaincras, Si tu crois. Que s’allume le ciel, Que se fende la terre. Devenir éternel, Tournez la poussière. Je gravirais les montagnes d’or Et le corps dans le corps, Au sommet Dans le sang unifié. De tes nuits sans frontières, Je serai la lumière Comme un guerrier vaudou, Seul au milieu des loups.




Les grands bâtiments du Meli-Melo House se dessinent bientôt sous tes yeux et un sourire joyeux vient incurver tes lèvres. Depuis combien de temps n’as-tu pas passé une journée seul avec ce frère que t’a offert cette nouvelle vie ? Trop longtemps, tu dois bien l’admettre. Depuis qu’il a déménagé, tu le vois beaucoup moins. Sa compagnie te manque, vos conversations à bâtons rompus te manquent. Tout son lui te manque, en fait. Tu te sens seul chez toi, désormais. Oh bien sûr, tu adores toujours autant tes parents adoptifs et leur contact te met du baume au cœur, toujours. Mais voilà, ne plus voir la bouille souriante d’un Benjamin au cheveu hirsute le matin pendant le petit-déjeuner a créé un sacré vide à l’intérieur de toi. Ce n’est plus pareil sans lui, à la maison. C’est comme si une part de bonheur s’était envolée le jour où il a fait ses cartons et s’est embarqué pour cette nouvelle demeure. Quelquefois, tu te rends dans sa chambre et tu t’allonges sur son lit. Tu fixes le plafond tout en te rappelant de tous vos souvenirs que renferment ces murs peints et décorés par vos soins. Vous vous ressemblez tant, lui et toi. Deux gamins perdus, sans famille, qu’un vieux couple en mal d’enfant a pris sous son aile depuis ce premier jour où ils vous ont trouvés. Ils vous ont offert un toit, une chance de commencer une nouvelle vie, une famille. De l’amour à profusion. Tout ce dont vous auriez pu rêver et même mieux encore. Oui, vous avez vécu un véritable paradis dans cette petite maison. Vous avez vu le bonheur faire briller les yeux de vos parents, la joie de vivre emplir à nouveau leur être. Et vous avez vu vos existences prendre un nouveau tournant. Pour un meilleur avenir.
Et pourtant, Benji est parti. Il a quitté ce cocon de chaleur et de bonheur pour aller à la recherche de sa véritable famille. Comme pour compléter ce vide, ce manque à l’intérieur de lui. Oh tu ne lui en veux pas, non. Tu le comprends parfaitement. Tu ne le comprends que trop bien. Tu sais ce que ça fait de se sentir incomplet, de n’être qu’un part de toi-même sans savoir où s’est enfuie cette autre moitié de ton âme. Tu sais ce que ça fait d’avoir un passé en gruyère, d’avoir tous ces trous à remplir sans savoir comment faire. C’est horrible. C’est comme un poison qui coule dans les veines et détruit de l’intérieur. Petit à petit. Lentement. Parce que ce manque, ce vide bouffe littéralement. Et tu veux que Benjamin puisse trouver d’où il vient, puisse comprendre son histoire, son passé. Alors comment lui en vouloir alors que tu as désiré ardemment la même chose pour toi ? Tu espères juste qu’il ne vous oubliera pas, qu’il ne t’oubliera pas une fois sa famille et les siens retrouvés. Parce que, pour toi, il fait partie de ta famille désormais. Peut-être n’êtes-vous pas liés par le sang mais c’est tout comme à tes yeux. Il est ce frère de cœur, ce frère presque jumeau. Cette nouvelle vie t’a enlevé à ta famille biologique, t’a arraché à ton monde mais elle t’a offert cet être merveilleux en la personne de Benji. Il t’est impossible d’accepter qu’elle te le retire lui aussi. Hors de question. Alors une petite part égoïste en toi espère qu’il ne retrouvera pas sa famille avant un peu de temps, pour que tu puisses profiter de lui encore un peu. Juste un peu. Juste le temps de t’habituer à son absence. Au vide qu’il laissera bientôt en toi. On t’a déjà enlevé une sœur et un frère, pourquoi te faire subir cette déchirure à nouveau ?
La pensée de ces deux êtres qui te manquent amène comme une lame au creux de ta poitrine. C’est la même sensation qu’une main plongeant entre tes côtes et t’arrachant ton cœur émietté. Ta respiration s’écourte, devient difficile. D’ordinaire, tu ne laisses pas ces pensées envahir ton esprit. C’est encore trop douloureux à supporter. Parce que leur image devant ta rétine te rappelle à ce trou béant dans tes entrailles, cet immense gouffre sombre qui te remplit. Parce que ta mémoire t’est finalement revenue. Et il y a certains jours où tu la maudis, où tu la détestes. À cause d’elle, tu te souviens de tout ce que tu as perdu quand tu es arrivé ici, à Fantasia Hill. Tu te souviens de tout ce que tu as laissé derrière. Et le goût d’injustice se dépose sur ta langue, acide et haineux ; il est comme une coulée de lave incandescente qui dévale ta peau froide. Le contact est pareil à un courant électrique. Et tes souvenirs sont si puissants qu’ils te hantent jusque dans tes rêves, ramenant cette saveur de perfection et de bonheur à tes lèvres. Tu te souviens de cette liberté glissant sur toi, du vent dans tes cheveux lorsque tu t’envolais. Ne pas grandir, fuir les responsabilités. Demeurer pour toujours un enfant et encore s’amuser. C’était ça, ton rêve. Ce futur que tu espérais. Et quand tu revois les paysages féériques du Pays Imaginaire, le décor de cette nouvelle ville te semble bien fade, bien terne. Gris et sans aucun relief. Tu as pourtant tout ce que tu pourrais désirer ici, mais tu te sens toujours aussi incomplet. Il te manque quelque chose. Et ce quelque chose, c’est ta famille. Celle de ton autre vie.
Fronçant les sourcils, tu es mécontent de la tournure tes pensées. Voilà ton humeur assombrie à cause de stupidités futiles et surtout inutiles. Mais tu te souviens alors de la raison de ta venue ici et tu souris à nouveau cependant que tu pousses les grandes portes du bâtiment. Tu sens déjà l’adrénaline parcourir tes veines à la seule pensée que Benji et toi allez encore faire les quatre cent coups durant toute la journée. Sifflotant alors gaiement, tu parcoures les couloirs comme si tu étais chez toi. Tu connais ce labyrinthe par cœur désormais. Dans ta tête, déjà, ton cerveau échafaude tout un emploi du temps bien cadré pour ton frère et toi. D’ailleurs trop occupé à y penser, tu ne regardes pas où tu vas et fonces de plein fouet dans quelqu’un. Le corps, plus petit que le tien, se percute à toi et tu entends vaguement le bruit mat de livres qui tombent par terre. Étouffant un râle plaintif, tu recules légèrement sous le choc de cette rencontre impromptue. « Désolé, je ne faisais pas attention où j’allais, tu t’excuses platement une fois tes esprits retrouvés. J’espère que je ne t’ai pas fait mal. » Directement, tu t’abaisses pour ramasser les objets que tu as malencontreusement fait tomber et ce n’est que lorsque tu te redresses que tu poses enfin les yeux sur la personne que tu viens de heurter de plein fouet. Une jeune femme. Certainement une résidente. Mais une jeune femme quand même. Avec des cheveux blonds lissés, encadrant un visage de poupée et des yeux d’un bleu presque translucide. Tu as pour seul réflexe d’avaler ta salive avant de t’exclamer : « Hey, je te reconnais ! Je t’ai déjà vue plusieurs fois par ici. Tu habites bien dans la résidence, non ? » En effet, plusieurs fois que tu étais venu rendre visite à Benji, tu l’avais aperçue au détour d’un couloir, errant comme un fantôme qui ne cherche qu’à se cacher des yeux d’autrui. Son comportement t’avait quelque peu étonné sur le moment, mais tu avais rapidement oublié jusqu’à son existence même. Avant aujourd’hui. La furtive pensée qu’elle pourrait prendre ta phrase pour une tentative de drague maladroite et lourdingue te met alors tout à fait mal à l’aise et tu sens ton cœur battre à tes tempes. Il cogne si fort contre tes côtes que tes oreilles bourdonnent. « Heu, je… Ce n’est pas ce que tu crois, enfin… Si, mais… pas comme ça, exactement, tu bafouilles peu élégamment, commençant à te dandiner d’un pied sur l’autre. Je ne voulais pas… » Au comble de la honte, tu as juste envie de t’enterrer six pieds sous terre et n’en ressortir que dans dix mille ans – après le passage d’une météorite qui aurait tout éradiqué de la planète. « Je m’appelle John ! John Darling, tu lâches finalement comme pour couper court à ce malentendu misérable. Mais ici, on m’appelle Ben. »




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MessageSujet: Re: (johnendy) ● dans la cité des anges, nous tentons l’évasion. (johnendy) ● dans la cité des anges, nous tentons l’évasion. EmptyJeu 30 Jan - 16:27

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JOHN & WENDY
brother and sister.

Ses doigts effleuraient en une caresse maladroite les touches du clavier, s'arrêtant avec hésitation sur certaines, appuyant sur d'autres avec plus de certitude. L'écran jetait une lumière crue sur le visage pâle de Wendy, alors que la page se noircissait peu à peu de courbes et de creux sombres. Les mots emplissaient son esprit et gonflaient son cœur d'espoir, l'histoire prenait doucement vie sur l'ordinateur. Depuis combien de temps n'avait-elle pas écrit ainsi ? Il lui semblait que la toute dernière chose écrite remontait à... juste avant les retrouvailles avec Peter Pan. Ses paumes s'enfoncèrent dans les lettres et brouillèrent son inspiration. Elle pesta et referma d'un geste sec son ordinateur. Le claquement résonna dans le silence de la chambre. La chaise racla contre le sol, quand elle recula pour se mettre debout. Elle resta immobile, quelques secondes, puis se dirigea vers la fenêtre. Elle avait tiré les rideaux, la laissant dans l'obscurité presque totale qu'un seul rayon de lumière troublait. Elle les rouvrit d'un mouvement brusque et dut baisser la tête en plissant les yeux, quand le soleil clair écorcha sa vision. Elle attendit un peu que ses yeux s'adaptent à l'intensité de la luminosité, puis balaya la rue du regard. Dehors, la vie grouillait. Le monde entier s'était ébroué, mis en marche sur une cadence soutenue avec laquelle elle ne parvenait pas à entrer en symbiose. De nombreuses personnes allaient et venaient, souriaient et pleuraient, marchait d'un pas traînant et sautillaient. Chacun était différent, portait quelque chose d'unique en soi et réussissait à s'associer à d'autres. Qu'est-ce qui déclenchait donc ce faux-contact chez elle, qui l'empêchait de les imiter ? Elle soupira et se dirigea vers son lit, sur lequel elle se laissa tomber. Ses prunelles claires captèrent à la lisière de son champ de vision l'ouvrage qui reposait toujours sur sa table de chevet, l'emportant dans une valse de souvenirs aussi douloureux qu'heureux, comme à chaque fois. Le livre de son histoire, de sa vie, avant qu'elle n'entre dans ce monde amputé, où la magie était inexistante. Après les histoires terribles sur Crochet qu'elle contait et les batailles enragées qu'elle menait avec ses frères, dans leur chambre à coucher transformée en navire de pirates. Ses jeunes frères dont elle aimait s'occuper et pour lesquels elle aurait pu donner sa vie... qui s'étaient juste envolés de son existence. Depuis le jour où elle avait atterri dans cette rue bétonnée, vêtue de sa chemise de nuit bleue, elle n'avait plus eu de signes d'eux. Elle ne savait pas s'ils étaient encore de l'autre côté ou s'ils avaient refait leurs vies ici. Le manque se manifesta comme une cicatrice infectée. La plaie s'ouvrit brusquement, lui laissant le sentiment d'avoir le cœur déchiré en deux, victime d'une hémorragie interne. C'était la raison pour laquelle elle s'interdisait de penser à eux. Parce que cela l'achevait. Elle espérait de tout son être qu'ils étaient heureux et en sécurité. Mais le doute la mettait au supplice. Peut-être étaient-ils... non, elle se refusait d'y penser. Parce que si c'était le cas, sa famille, sa seule famille... Oh mon Dieu... Si elle apprenait une telle nouvelle, elle serait définitivement détruite, sans espoir.

Prise d'une panique brutale, elle fit volte-face, sortit de sa chambre et traversa la cuisine comme un coup de feu. L'air sur le palier lui sembla toute aussi viciée, ses poumons la recrachaient. Dehors. Se rendrez dehors et inspirer de longues goulées fraîches. Elle tourna à gauche et descendit les marches quatre à quatre. Elle pivotait vers la droite, quand elle se heurta à quelqu'un. Elle étouffa un cri surpris, quand elle fut projetée contre le mur sur le côté et entendit un bruit sourd. Aussitôt, une voix masculine s'éleva : « Désolé, je ne faisais pas attention où j’allais. J’espère que je ne t’ai pas fait mal. » . Quelque chose, un accent peut-être, lui semblait familier. Et son cœur affolé se calma quelque peu. Cependant, son souffle était toujours aussi court et elle ne parvint pas à répondre de suite. Elle le vit se baisser et elle se reprenait doucement, pensant qu'il serait bon de l'aider, quand il se releva prestement. Des cheveux bruns et des yeux tout aussi sombres qu'il posa sur elle, en s'exclamant : « Hey, je te reconnais ! Je t’ai déjà vue plusieurs fois par ici. Tu habites bien dans la résidence, non ? » . Elle cilla plusieurs fois et fronça les sourcils, toujours muette. Elle lista les personnes qu'elle avait pu croiser, mais elle relevait si peu le nez de son travail, ces derniers mois, qu'elle ne se rappelait plus si elle avait déjà vu ou non le jeune homme. Probablement pas.  « Heu, je… Ce n’est pas ce que tu crois, enfin… Si, mais… pas comme ça, exactement. Je ne voulais pas… » . Sa maladresse la tira de ses pensées et elle essaya à son tour de lui sourire faiblement, en secouant avec douceur la tête. « Aucun problème, je te crois. ». Sa voix lui parut un peu tremblante, mais elle avait réussi à la retrouver, signe que la crise de panique avait été évitée, alors c'était déjà ça. Elle allait s'échapper pour retrouver sa chambre, quand il ajouta précipitamment.  « Je m’appelle John ! John Darling. Mais ici, on m’appelle Ben. »

Elle se figea. Son cœur se mit à rugir au creux de ses oreilles. Statufiée sur place. Elle revint lentement planter son regard dans celui du jeune homme et examina avec précaution son visage. John. John Darling. Elle crut que ses genoux allaient la lâcher, qu'elle allait s'effondrer. Dans sa poitrine, c'était le véritable concert des tambours, à un tel point que ça lui faisait mal. Elle avait l'impression de s'être transformée en poupée de coton. Sa tête lui tournait, sa vision devint trouble, mais elle comprit plus tard que la faute était imputée aux larmes qui s'étaient mises à déborder de ses paupières. Elle leva une main tremblante et ses doigts effleurèrent la joue de son frère, un geste maternel qu'elle avait l'habitude de faire avant qu'ils ne se couchent. Puis, n'y tenant plus, elle se jeta dans ses bras. « John ! ». Elle le serra fort, trop fort, avec l'impression que le monde ne tanguait finalement plus sous ses pieds, accrochée à son ancre, à son frère, à son sang. Les bras autour de lui, le visage contre son torse, elle murmura sans vraiment s'en rendre compte : « C'est moi, Wendy, c'est Wendy... ». Il devait étouffer et elle n'avait plus l'habitude des contacts aussi long. Elle se recula alors et essuya fébrilement ses joues. Un sourire flou était accroché à ses lèvres et elle le dévisagea de nouveau, tout en lui posant une rafale de questions, la voix affolée : « Je pensais que tu étais peut-être resté là-bas... mais où étais-tu ? Que... Qu'est-ce que tu deviens ? Dis-moi que je ne suis pas en train de rêver, que tu es bien mon petit frère... Est-ce que tu es heureux ? Je... ». Elle ne put finir son interrogatoire. De nouveau, elle enlaçait John, des larmes de joie dévalant l'ovale de ses joues pâles. Elle ne se rendait plus compte de rien, ni de ses actes, ni de ses paroles. Sa seule certitude était que son frère était de retour. C'était bien lui. John. John Darling.

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MessageSujet: Re: (johnendy) ● dans la cité des anges, nous tentons l’évasion. (johnendy) ● dans la cité des anges, nous tentons l’évasion. EmptyLun 10 Fév - 10:23



dans tes yeux.
Perdus dans le désert, Nous suivons le chacal Et les tambours indiens Nous montrent le chemin Qui nous mèneront droit au cœur. N’aies pas peur. Quel que soit le combat, Tu te relèveras Du royaume des morts. Dragons et mauvais sorts à la force de l’âme Sous le chant du chamane. Tu vaincras, Si tu crois. Que s’allume le ciel, Que se fende la terre. Devenir éternel, Tournez la poussière. Je gravirais les montagnes d’or Et le corps dans le corps, Au sommet Dans le sang unifié. De tes nuits sans frontières, Je serai la lumière Comme un guerrier vaudou, Seul au milieu des loups.




Et tu es là, planté comme un piquet, à observer le visage pâle et les traits fatigués de cette jeune femme que tu viens de bousculer. Les longues boucles blondes dissimulent presque les yeux en saphir qui te regardent, te fixent comme si tu étais une apparition fantasmagorique. Un mélange étrange de gêne et de familiarité t’envahit mais tu n’y prêtes pas attention, trop absorbé par cette peur douloureuse s’échappant de son être. Son mutisme amène un drôle de goût à tes lèvres. Tu ne sais pas comment agir, ni quoi dire. À vrai dire, tu aimerais trouver une parade et tourner les talons mais tu te sens comme prisonnier de ton propre corps qui refuse alors de bouger. Tu as toujours été gauche et malhabile devant les jolies jeunes filles, après tout. Mais cette fois, c’est comme différent. Tu restes immobilisé devant elle pour une raison que tu ignores, une raison que tu ne sembles pas comprendre. Et sa pudeur touchante qui te donne juste l’envie de la prendre dans tes bras ; et cette détresse au fond de l’océan de son regard. Tout un tas de sentiments multiples qui semblent te bouleverser jusque dans tes entrailles, comme si une part de toi ressentait exactement ce tumulte intérieur, celui-là même qu’elle laisse transparaître dans le bleu de ses iris. Bouleversé, tu tentes en dernier recours de lancer une conversation. Comme si la quitter trop tôt allait t’arracher un bout de toi, comme si tu avais peur de manquer quelque chose de très important. Alors tu lances des phrases banales, tu lâches ton prénom. Et tu te sens idiot.
Il y a un silence, long et lourd comme une chape de plomb dans ta poitrine. Le temps s’est comme arrêté, la demoiselle en face de toi s’est figée. Et sans que tu comprennes pourquoi, tu vois les beaux yeux à la couleur d’un ciel limpide d’été se noyer de larmes. Effaré, tu oses à peine respirer. Qu’as-tu donc fait ? C’est mal de faire pleurer les filles, très mal. « Excuse-moi, tu souffles presque de façon inaudible. Tout va bien… ? » Mais elle ne t’entend pas. Tu le vois bien, elle ne fait pas réellement attention à ce qui l’entoure. Il y a juste ce regard perdu, ancré dans le tien comme si, naufragée en pleine tempête, elle cherchait une bouée pour désespérément s’y accrocher. Déglutissant, tu es paralysé. Tu n’oses pas même battre des cils, trop angoissé de rompre ce seul contact entre elle et la réalité. Comme à travers un rêve, tu vois sa main blanche et tremblante se lever vers ton visage. Bientôt, ses doigts frais effleurent ta joue et son toucher amène un frisson de familiarité à ton corps. L’image de ta grande sœur qui vient t’embrasser alors que dehors, la nuit est depuis longtemps tombée. Ce flash du passé douloureux manque d’arrêter les battements de ton cœur, ouvre à nouveau des plaies à peine cicatrisée. Le gouffre béant dans le creux de tes entrailles hurle de toutes ses forces. Et tu ne sais pas comment tu fais pour tenir debout, pour ne pas t’effondrer. Peut-être que, toi aussi, tu t’es accroché à cette bouée lancée en plein océan glacé.
Et elle crie ton prénom. Le vrai – John. Elle crie ton prénom cependant que son corps percute le tien avec violence, se plaque contre toi avec la force du désespoir illuminé. Tu la reçois au creux de tes bras, sa chaleur t’envahissant sans crier gare. Tu restes un instant les bras ballants, sans savoir quoi faire avant de la serrer doucement, dans un geste lent, plein de timidité. Puis, c’est son prénom qu’elle lâche entre deux soupirs soulagés. Son prénom, doux comme un soupir. Deux syllabes. Et ton monde a tremblé. Tangué. Wendy, Wendy. Wendy. Son prénom résonne dans ta tête, faisant écho à ton cœur qui tambourine violemment à tes tempes. Le sang dans tes veines vient bouillonner à tes oreilles et tu n’entends plus rien que ce prénom tant chéri. Tant espéré. « Wendy… tu souffles, la voix tremblante de sanglots encore contenus. C’est… c’est bien toi… ? » Tu ne réalises pas, tu n’oses pas y croire. Tu n’oses pas espérer. C’est ta sœur qui est là, contre toi. La chair de ta chair, le sang de ton sang. Ta sœur, ta Wendy. Cette deuxième maman avec qui tu pouvais jouer aux Pirates ; cette petite friponne avec qui tu as vécu mille aventures. Ta sœur. Wendy. Une flopée de questions te vient à l’esprit, ces mêmes questions que la jolie blonde s’empresse de te poser sans même penser à respirer. Elle a quitté tes bras, elle s’est défaite de ton étreinte et tu sens à nouveau comme un vide en toi. Tu t’empêches d’agripper fermement son bras pour la ramener prestement à toi. Tu viens tout juste de retrouver ta sœur chérie et elle est déjà bien trop loin de toi.
Tu l’as vue essuyer fébrilement ses paupières humides, un sourire pourtant vague sur ses lèvres qui venait illuminer son visage de poupée. Tu l’as vue irradier de bonheur avant que son visage ne vienne à nouveau se dissimuler dans le creux de ton torse. Et toi, tu n’as toujours rien répondu. Trop ému, trop chamboulé, tu as laissé ses questions en suspens. Tu ne peux que la serrer à l’étouffer lorsque son être rejoint le tien. Parce qu’elle est ta sœur et que tu as enfin retrouvé une part de toi qui te manquait. « C’est bien moi, Wendy, est tout ce que tu trouves à murmurer d’une voix mal assurée. C’est bien moi. » Oui, c’est toi, son petit frère. Et puis c’est comme une vague énorme qui fait céder la digue, comme une tempête dévastant tout sur son passage. La joie t’envahit tout entier, comble le creux de ta poitrine. Tu soulèves de terre le corps frêle, riant aux éclats, cependant que vous tournoyez sur place, un peu comme dans ces films romantiques un peu trop niais. « Oh mon Dieu, je n’arrive pas à y croire ! Wendy ! tu t’exclames, fou de bonheur, entre deux rires presque déments. C’est bien toi ! Wendy ! J’ai tellement espéré te retrouver et te voilà enfin… ma Wendy… » Tout ce temps à rattraper, toutes ces aventures à raconter, toutes ces questions à poser ; tellement de choses à faire que tu ne saurais pas par où commencer. Tu aimerais juste pouvoir arrêter la course folle du temps et profiter de ta sœur sans compter. Elle t’a trop manqué. Et tous ces jours sans elle amènent à ton palais un goût amer de gâchis que tu ne peux malheureusement pas changer.
« Je pensais aussi ne jamais te revoir, tu commences, le ton triste et douloureux. J’ai tellement eu peur de t’avoir perdue, si tu savais… Comme je suis heureux de te revoir, ma Wendy ! » Tu passes une main affectueuse dans les boucles blondes emmêlées. Dans ton cœur, il y a comme un air de fête qui chante à tue-tête. « À mon arrivée ici, j’ai été recueilli par un vieux couple sans enfant. Je n’avais plus aucun souvenir de ma vie passée alors ils m’ont appelé Ben. Ils ont accueilli un autre amnésique comme moi, ils nous ont adoptés en quelque sorte. Ils se sont occupés de nous comme vrais parents, tu continues tes explications, alors détaché de ta sœur, la tenant à bout de bras. J’ai repris un cursus universitaire, j’étudie la chimie organique en deuxième année. Et puis, j’ai commencé à avoir tous ces flashs de notre vie à Londres, de Peter Pan, de nos aventures avec les Pirates au Pays Imaginaire. Au début, je ne comprenais pas et finalement je me suis souvenu de tout. Petit à petit, la mémoire m’est revenue. » Tu t’es rappelé d’elle, de ta vie inexistante, de cette famille qui te manque tant. De ces rêves que tu avais alors. Et ces souvenirs ont creusé un vide profond entre tes côtes, grignotant ton cœur petit bout par petit bout. Et la douleur a envahi ta vie, ton quotidien. « Je n’étais pas totalement heureux, confesses-tu dans un sourire contrit. Parce qu’il me manquait une part de moi. Il me manquait vous, ma vraie famille. » Tu caresses doucement la joue rose, avec affection. Maintenant qu’elle est là, tout ira bien mieux. Tout sera tellement mieux qu’avant. « Et toi alors, grande sœur ? tu enchaînes, vif et plein d’un entrain tout nouveau. Enfin, grande… Il semblerait que j’ai pris quelques centimètres depuis que je suis là ! » Tu ris doucement en remarquant ta taille haute et sa tête d’ange blond qui t’arrive désormais à la poitrine. « Raconte-moi. Qu’est-ce qu’il t’est arrivé depuis ta venue ici ? Je veux tout savoir, ma Wendy. Absolument tout. »




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