AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
-17%
Le deal à ne pas rater :
Microsoft Manette Xbox One sans Fil + Câble pour PC et Xbox
49.94 € 59.99 €
Voir le deal

Partagez

(ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs Vide
(ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs Vide
(ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs Vide
(ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs Vide
(ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs Vide
(ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs Vide
(ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs Vide
(ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs Vide
(ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs Vide
(ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs Vide
(ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs Vide
 

 (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Invité
Anonymous

Faites place à la vedette
Invité
MessageSujet: (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs EmptyVen 14 Fév - 10:11

Fleur aux pétales d'or, répands ta magie. Inverse le temps, rends-moi ce qu'il m'a pris. Guéris les blessures, éloigne la pluie. Ce destin impur, rends-moi ce qu'il m'a pris
Zadig & Alakay

Les innombrables odeurs qui embaument l’air avec vivacité ne font que ravir tes sens pendant que tu t’obstines à agencer dans un bouquet quelques roses trop capricieuses. Rouge. Eternelle passion. Souvenir amer d’un amour que tu n’as jamais su contrôler. Autrefois déjà, il avait fait de toi la plus dévouée des biches. Il avait su t’apporter la sérénité d’un bonheur partagé. Et puis plus rien. Le néant pendant bien trop longtemps. Impuissante, tu as vu les jours défiler, les heures voler à l’éternel quelques larmes qui n’auraient du couler, n’auraient su être épancher par le poids de ta mélancolie. Un soleil de plomb brûle l’asphalte avec timidité. Tu te répètes qu’il est bien matinal, lui qui aurait pu profiter d’une longue nuit de saisons. Pourtant, emmitouflée dans une écharpe rougeâtre, tu n’as pas chaud. L’hiver s’en va et s’en vient sans crier gare et son manège désobligeant a eu raison de ta santé fragile. Un gros rhume t’as dit le médecin, alors tu te couvres, histoire de ne pas avoir à rester alitée. Le printemps sera bientôt là et tu t’en réjouis. Il a toujours été ta saison préférée et ce pour plusieurs raisons ; le temps des magnolias sublimes, la senteur prononcée mais tant agréable des jacinthes, les colorations bleutés, apaisantes des camassias : la fête du muguet. D’ailleurs, le muguet a toujours été ta plante fétiche et tu regrettes amèrement sa venue ponctuelle et si rare, celle du mois de Mai. Douceur meurtrière. Elle est aussi candide que son poison est toxique. D’apparence si frêle, il n’en reste pas moins mortel. Il te semble parfois entendre le tintement de ses clochettes toute la nuit durant, et tu te réveilles, te souviens : à quoi bon rêver, tu n’es plus dans la forêt. Prise de conscience brutale, réalité bestiale. Ton monde n’existe plus. Néanmoins, tu continues d’espérer ; tu le revois dans chaque sourire, chaque éclat de rire, ton vieil ami. Il reviendra lui aussi, sois patiente, la vie va son cours, elle n’attend personne.

Tes mains glissent le long de ces tiges épineuses. Le venin de ta détresse semble assouvir leur soif de caresses. Et tu chantes à la nostalgie, une mélopée qui se perd dans les douces saveurs des jonquilles. Les couleurs de la boutique rayonnent dans ton cœur, y chasse ce noir permanent qui s’y est engourdi. Ta vie d’antan te manque et tu te rends bien compte de l’éphémère de ce qui t’entoure. Demain déjà, ces roses ne seront plus que pétales à la dérive. Et toi, que seras-tu demain ? Envolée au loin de ces regrets passagers. Commence à vivre à nouveau, suis ton cours, et puis, tu verras bien. Après tout, l’existence est une succession de petits plaisirs : l’important n’est pas le nombre de tes soupirs, ni même de tes bouffées d’oxygène inhalés durant de brefs instants. Non. Ce qui importe vraiment, c’est le nombre de fois où la beauté de l’inattendu te coupera le souffle Alakay, l’immensité de cette sensation d’être en vie, à nouveau. Parce que tu es en vie ; tu n’es pas cette carcasse qui au soleil se meurt. Non. Souris, la vie te le rendra bien. Tu découpes un bout de tige qui dépasse de l’harmonie fragile de la splendeur de tes fleurs et observes le résultat d’un œil méticuleux. Tu ne saurais trop dire si oui et non tu es satisfaite du résultat, pour toi, l’excellence reste encore hors de portée. Sur le comptoir un peu plus loin, tu aperçois les petites cartes que parfois vous glissez dans les bouquets. Et tu souris pendant que tes joues s’empourprent. Mais est-ce seulement lui ? Il y a des semaines que tu y penses encore, et encore. Et quand tu n’y penses pas, tes souvenirs te prennent vite à la gorge et tu y repenses, toujours. Il est là dans chacun de tes pas et tu luttes contre ta lucidité pour ne pas qu’elle t’impose d’espoirs vains. Pourtant tu en es certaine, presque convaincue. Ce regard…c’était le sien. Ailleurs. Dans une autre vie. Oublie Féline, oublie. Bambi ne t’a pas suivi. Il suffit d’une pensée futile, un faux mouvement qui ne pardonne pas et l’épine se plante, transperce la pâleur de ta peau et fait gouter un nectar rouge. Ce sang, tu es convaincue qu’il est resté le même. Biche ou femme, jamais ton essence ne t’abandonne. Pour ne pas entacher la beauté de ton œuvre immaculée, tu amènes ton doigt à tes lèvres et files à l’arrière boutique, histoire d’arranger les choses. Stupide maladresse.

« Saperlipopette. »

Tu jurerais presque. La pharmacie te fait ouvertement de l’œil et, après avoir passé ton doigt meurtri sous un brin d’eau froide, tu te hâtes de te saisir d’un sparadrap. Il t’arrive, quelque fois, de t’interroger sur la raison de ton embauche dans la boutique ; tu n’es pas forcément adroite de tes mains, même très peu à vrai dire. Tes pattes te manquent, trop peu habituée à ces nouveaux membres. Et tu souris. Ta passion t’a ouvert les portes de ce fabuleux métier et ton amour pour la flore ne cesse de croître au fil des jours. Certes, toute chose a ses désavantages et les trois petits monstres qui t’attendent ne sont pas aussi heureux à l’idée de ton départ chaque matin. Tu sais te faire pardonner. Ce soir, c’est lait frais pour tout le monde. La sonnette de la boutique retentit et tu t’en veux d’avoir eu à t’éclipser ; d’être absente pour accueillir les clients : ce n’est pas très professionnel. Tu arrives dans l’embrasure de la porte tout en observant ton pansement afin d’être sûre et certaine que rien ne dégouline sur la magnificence de tes plantes. « Bonjour, besoin d’un conseil ? » Ton regard encore n’a pas effleuré sa peau et, quand enfin tu le dresse en sa direction, ton sang ne fait qu’un tour. C’est lui. Impuissante, tu te consternes de la coloration rouge qu’on prit tes joues et tu fuis son regard, balaies le comptoir à gauche, puis à droite. Et mince. Ce bouquet posé en évidence, c’est le même que tu lui envoies depuis des semaines. Comme si la coïncidence ne suffisait pas, il faut bien qu’il soit déposé à côté des cartes que tu utilises pour lui écrire des souvenirs. Et s’il ne te reconnaît pas? S’il te demande de cesser ton manège ? Les mots se coincent dans ta gorge, te font presque mal. Tu aimerais fuir, mais décidément, cette fois, tu es coincée.

Revenir en haut Aller en bas
Hydra Thanatos-K.

Faites place à la vedette
Hydra Thanatos-K.
J'ai posé bagages ici le : 03/05/2013 Jouant le rôle de : l'Hydre de Lerne. Nombre de messages : 568 On me connait sous le pseudo : lulapsy. Un merci à : thanatos (ava). Je suis fier(e) de porter l'avatar de : Anna Speckhart.
MessageSujet: Re: (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs EmptyMar 18 Fév - 22:01






Les Hommes se sont toujours demandé pourquoi les sentiments prenaient souvent le pas sur le reste. Pourquoi ils étaient une faiblesse, un défaut sur qui personne n'a le contrôle. Personne. Nombreux s'y sont risqués, mais que reste-t-il de leur héritage ? Une nuée de cendres infime. Une minuscule trace étalée sur le sol, qui se démène pour exister encore et encore. Elle se force, s'oblige, puise dans ses dernières ressources, hurle. Mais les sentiments rattrapent tout, comme toujours. Ils sont puissants, voraces. Ils sont bestiaux et presque sauvages, ne suivant aucune règle sinon la leur, aimant rompre la morale, n'obéir à rien. Foutre le bordel. Réellement. Et toi, au milieu de tout ça, t'es pareil. T'es aveuglé par tes sentiments, par ce malheur qui te ronge, chaque jour. Tu vois son visage partout ; dans chaque brin de sourire, elle est là. Dans chaque regard si angélique, si frêle et fragile tu sembles te perdre pour la retrouver. Elle est ta pire faiblesse, tu le sais. Elle est ta Juliette et toi, t'es Roméo. Un Roméo qui la cherche, qui parcoure la ville dans l'espoir de la retrouver. Mais tu ne trouves rien, rien de ce à quoi tu t'attends. C'est malheureux. C'est mortel, c'est indigne, c'est stupide. Foutus souvenirs.

La porte grince doucement quand tu la pousses, et tu baisses les yeux instinctivement. Regarde-toi. Tu n'es plus rien. Tu n'es plus ce Prince de la Forêt, cet enfant si fier de son père. Enfant. Oh ça, tu l'es toujours. Tu le sais, ça se voit. T'as peur, tout le temps, partout. On le remarque en te regardant à peine quelques instants, en te fixant, en t'observant. Tu es effrayé, terrifié, c'est presque comme si ton cœur avait peur de battre. Et pourtant t'avances, t'espères la retrouver, retrouver ce repère qui te connaît plus que tu ne te connais toi-même, retrouver la flamme des souvenirs. Elle sait comment tu fonctionnes et ce dont tu as peur, elle connaît la façon dont ton cœur bat et comment il doit battre. Avec elle, tu pourrais soulever des montagnes.

Mais elle n'est pas là. Et t'en meurs à petit feu.

Les odeurs viennent peu à peu, imprègnent ton nez. Ton odorat se réveille. Le magasin est un doux mélange entre différentes odeurs, et tu essaies tant bien que mal de toutes les reconnaître. Mais tes sens sont moins développés qu'avant, et tu désespères. Tu essaies tant bien que mal de faire ressembler ton ancienne vie à la nouvelle, mais rien ne marche, rien n'est pareil, tout est différent. Trop différent. Elle n'est pas là, et tu commences presque à avoir peur qu'elle ne soit pas là du tout. Qu'elle n'ait pas été emmenée comme toi, qu'elle ne soit pas arrivée dans ce monde-ci. Tu voulais une belle histoire, tu n'auras qu'un drame, finalement. Alors tu te plonges dans ce qui te rappelle son essence, sa présence. Tu as toujours été attiré par les fleurs. Elles renferment la douceur, la candeur, l'innocence. Elle aussi les aimait. Tu te souviens lorsque tes bois se sont coincés dans ces fleurs roses, lorsque le destin n'avait pas encore fait des siennes ; vous étiez heureux, si heureux. Et maintenant ?

La petite sonnerie résonne dans la boutique, et la jeune fille sort d'une pièce derrière le comptoir, jetant quelques regards sur sa main, où est attaché un petit pansement à la couleur de sa peau. Tu la connais, elle vient parfois faire soigner ses animaux au zoo. Et tu reconnaîs sa voix. Elle est douce. Mélodieuse. Comme les fleurs. « Bonjour, besoin d’un conseil ? » Tu lèves les yeux, la regarde. Et soudain, tout devient clair.

Sur le côté, tu aperçois un bouquet de roses, d'un rouge pourpre qui ressemble tant au sang, qui te rappelle des choses. Depuis des semaines, on vient déposer au zoo des roses et une petite carte pour toi, avec une photo et une citation. A chaque fois différente. Tu t'es toujours demandé qui pouvait avoir assez de temps à perdre pour t'envoyer ce genre de choses, mais as gardé toutes les cartes, et les fleurs, le maximum de temps possible. Ses joues deviennent rouge vif, un peu comme les roses, et tu sens qu'elle fuit ton regard, comme elle le peut. Alors, tremblant, gêné, timide, comme à ton habitude, tu t'approches du comptoir. « Pourquoi ? » C'est une simple question qui ne l'est définitivement pas. Derrière se cachent tant de choses que même toi tu en as peur, et tu ne sais réellement pas ce que tu attends comme réponse. La vérité, sans doute. Quelque chose à te raccrocher. Mais quelle est vraiment la question, derrière ce simple mot qui semble si innocent ? La vraie question ?


Dernière édition par B. Zadig Fawn le Jeu 1 Mai - 18:14, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Anonymous

Faites place à la vedette
Invité
MessageSujet: Re: (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs EmptySam 22 Fév - 2:00

Fleur aux pétales d'or, répands ta magie. Inverse le temps, rends-moi ce qu'il m'a pris. Guéris les blessures, éloigne la pluie. Ce destin impur, rends-moi ce qu'il m'a pris
Zadig & Alakay

L’incongru de cette situation cisaille ta notion de décence pendant que tes yeux terrorisés jouent les fugitifs devant l’insistance de son regard. Ton souffle est saccadé ; tes mouvements, peu sûrs. L’hémoglobine de ton sourire timidement pâlit. Tu as imaginé la scène milles et une fois ; en as retracé les moindres détails avec adresse, travaillé l’agencement de chaque chose, chaque bouquet, chaque tiroir et pourtant… tout te semble bien plus ardu à présent ; face à l’instant de vérité. Mais qu’est donc seulement que la vérité ? Pendant longtemps, tu as cru en l’amour absolu. Eternel. Celui qui donne, pardonne. Et voilà qu’il est là : le seul, l’unique. Celui pour qui ton cœur n’a cessé de rugir tout au long de cette route interminable, semée d’embûches. Tes doutes lentement se dissipent. Envolés. Emportés par la brise glaciale de ta rédemption. Il ne peut en être autrement ; le miroir de son regard reflète la pureté de son âme innocente. Tu la reconnaitrais entre mille. Combien de larmes ont coulé sur la pulpe de tes joues rosies par ces années plongées dans l’indifférence ? Les torrents de tes perles bleutés, peu à peu, se sont asséchés. Ils n’ont laissé que les déserts arides de ton impuissance. L’étincelle, qui autrefois grésillait contre ton sternum emballé, s’est lentement éteinte. Volatilisée. Et voilà que d’un sourire ; il la ravive. L’inconscient fait jaillir les cendres de ce passé romanesque. Sa splendeur te semble n’avoir d’égal ni dans votre monde, ni dans le leur. Fier, il se dresse sur l’asphalte et fait pâlir les étoiles, jalouses de sa superbe. Ses nacres de malice scrutent le monde avec une douceur rassurante. Et tu te surprends à rêver de ses bras autour de toi ; de ton cou, lové contre le sien. Tu maudirais presque tes fantasmes téméraires de déjà imaginer ses lèvres colées contre les tiennes. Peut-être t’a-t-il déjà oubliée ? T’a-t-il seulement reconnue, toi la biche au regard tendre ? Le cœur a ses raisons que la raison ignore, il pousse l’amour à braver les frontières. C’est à cette pensée que tu dois l’inconfort de votre rencontre ; elle te rattrape, te serre à la gorge ; ce ne sont pas que des frontières : il s’agit de tout un monde. Un monde bien différent de tout ce que jusqu’à présent, il vous a été donné de rencontrer. Tant qu’il reste l’amour, toujours demeure l’espoir. L’amour existe encore.

Tout à ton contraire, il ne fuit pas ton regard ; il le cherche. Il te fixe, curieux. Il doit avoir compris l’origine de ces bouquets hebdomadaire et le constat t’effraie. L’agonie de ces années sans lui fait place à un grand bol d’air dont tu n’oses pas te délecter de peur de le finir trop vite, de n’en profiter pas assez. Chacun de ses traits réveille en toi une chaleur inconnue, comme si, vos deux corps ne cessaient de s’appeler en vain depuis maintenant trop longtemps. C’est viscéral et la difficulté que tu as à calmer tes pulsations endiablées n’aide pas ton esprit à construire une pensée structurée. Tes yeux ont beau l’éviter sans flirter avec la mauvaise éducation, tu sens qu’il les a vu. Ces roses. Celles de votre amour. Celles que tu lui envoies pour qu’il ne t’oublie pas. Pour qu’il y pense, parfois. En vain. Dans ce monde, il ne connaît rien de toi, même ton nom lui est inconnu. Peut-être est-il simplement venu acheter des fleurs pour une autre fille ? Une autre. Ton cœur se brise et tu peines à déglutir pendant que tu te fais violence pour relever tes iris en sa direction. « Pourquoi ? » Il s’approche. Sa question a sur toi l’effet d’une douche froide qu’inconsciemment tu aurais préféré éviter. Il ne te reconnaît pas. Peut-être en a-t-il même oublié ton existence ? L’eau a coulé sous les ponts depuis votre séparation et le temps qui passe répare les blessures de guerre. Alors pourquoi pas l’amour. Oui, c’est ça ; le temps guérit l’amour, aussi.

Pourquoi ? Pourquoi toi ? Pourquoi lui ? Pourquoi vous ? Question piège. Tu ne trouves pas d’échappatoire. Pour une rare fois dans ta vie, tu décides d’être courageuse : au pire, tu n’auras qu’à plaider la folie. D’un pas habile, tu contournes le comptoir pour t’approcher de lui. Quelques mètres vous séparent encore ; tu n’oses pas les braver. Déçue, tu penches la tête sur le côté et le dévisage d’une drôle de façon : tu m’as manqué : « Tu ne te souviens donc vraiment de rien ? » Sa réponse sonnera le glas de la situation. La négative aurait pour résultat de sublimer ta folie là où la positive ferait résonner les tambours de moultes célébrations. Prenant peur l’espace de quelques secondes, timides, tu baisses à nouveau les yeux : autant d’enfoncer plus profondément dans ta témérité, histoire de balayer les regrets que tu aurais pu avoir en t’imposant des « j’aurais du » : « Parce que je t’ai cherché pendant bien trop longtemps. » Il comprendrait, tu le sais bien. Tu as besoin qu’il comprenne, Tes pouces se cherchent avant de se trouver et de tracer quelques cercles invisibles. Pour te donner du courage, tu inspires un grand bol d’air et relativise : au pire, tu ne le reverras plus jamais : triste condamnation. Si telle est le prix des retrouvailles : tu es prête à en payer le prix. « Et toi, pourquoi ? » Quelques mots évasifs, n’en dire trop pour en dire assez. Et c’est avec appréhension que tu trépignes d’impatience de voir s’il est prêt à saisir cette main que tu lui tends. Où que tu ailles, je te retrouverai toujours..
Revenir en haut Aller en bas
Hydra Thanatos-K.

Faites place à la vedette
Hydra Thanatos-K.
J'ai posé bagages ici le : 03/05/2013 Jouant le rôle de : l'Hydre de Lerne. Nombre de messages : 568 On me connait sous le pseudo : lulapsy. Un merci à : thanatos (ava). Je suis fier(e) de porter l'avatar de : Anna Speckhart.
MessageSujet: Re: (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs EmptyVen 7 Mar - 3:18



   
   
   
La flamme des souvenirs. Celle qui te brûle, qui te consume. Celle qui ravive toutes les émotions, semble les sortir de leur éternelle torpeur. Celle qui te déchire, qui t'exorcise. Comme si tu n'étais qu'une marionnette entre ses doigts de démon. Et celle qui réveille les papillons dans ton estomac, qui les hypnotise. Il voulut respirer, en fut incapable. Le temps semblait être parti, l'abandonnant dans la boutique, face à la jeune femme. Il ne savait plus quoi faire, quoi penser. Il se consumait, se brûlait, s'excécrait. Ses jambes pâlissaient, sa vision devenait floue. Et il y avait elle, elle et ses roses, les roses d'un rouge feu si flamboyant qu'il n'arrivait à détacher les yeux de leurs épines si mortelles, elle et ses lettres, ses photos, elle et l'espoir. L'espoir qu'elle fut Féline, l'espoir qu'elle ait été transportée dans ce monde comme lui, l'espoir d'enfin la retrouver, de ne plus jamais la quitter, de rester avec elle à jamais. Elle penche la tête, l'observe. Des images le poursuivent peu à peu. Il revoit Féline, la même mimique. Le même tic obsessionnel. Non, c'est impossible. « Tu ne te souviens donc vraiment de rien ? » Inspirer, expirer. La fièvre le gagne, le rend sourd. Il n'y croit pas. Il tremble. Ses jambes vacillent. Ah, les stupides. « Parce que je t’ai cherché pendant bien trop longtemps. Et toi, pourquoi ? » Impossible. En quelques pas, il est près d'elle, cherche ses yeux, prend ses mains dans les siennes. Son regard plongé dans le sien, il cherche la petite flamme. Elle a des cheveux bruns, qui lui tombent doucement sur les épaules. Un regard enfantin, des yeux qui sourient. Elle est belle, si belle. « … Féline ? » Il l'a à peine chuchoté. Il a peur. Peur que ce ne soit pas elle, peur d'avoir rêvé, peur que rien ne soit réel. Peur d'avoir espéré alors que le destin n'est jamais bon. Il aurait dû le savoir. Si un client entrait à cet instant, il s'en ficherait. Il ne bougerait pas, ne ferait pas un geste. Il resterait là encore un moment, immobile, à regarder son amour de toujours, si parfaite, si discrète. Il l'aime. Il sent les papillons qui brillent dans son ventre.

Ce qu'il est con. Il sait même pas si c'est Féline qu'il est déjà prêt à tout pour elle. C'est bien une réaction humaine, ça.


Dernière édition par B. Zadig Fawn le Jeu 1 Mai - 18:15, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Anonymous

Faites place à la vedette
Invité
MessageSujet: Re: (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs EmptyVen 14 Mar - 23:30

Fleur aux pétales d'or, répands ta magie. Inverse le temps, rends-moi ce qu'il m'a pris. Guéris les blessures, éloigne la pluie. Ce destin impur, rends-moi ce qu'il m'a pris
Zadig & Alakay

Sa gêne apparente a le don de te rassurer dans ton malaise. Tu n’es plus seule. L’as-tu seulement été un jour ? Au fond de toi, profondément, son nom n’a cessé de résonner et tu sais que le moindre de tes soupirs était dicté par son sourire, le plus fluide de tes discours conté au rythme des battements de son cœur contre les parois usées de ta mémoire. Secondes figées, tu le regardes ; le dévores. Il n’est pas si différent. Ses yeux reflètent cette même malice qui, autrefois, avait su te séduire. Les étoiles perchées à son sourire n’ont pas perdu de leur superbe et le son de sa voix…ah le son de sa voix ! Il te semble l’avoir déjà entendu ailleurs, au détour du couloir de l’un de tes rêves empli d’espoir. L’espoir de vos retrouvailles. Le doute cependant ne parvient pas à s’évaporer complètement. Tu trembles de désespoir, vacilles d’espérance. Pour masquer cette pression paralysante, tu te mords l’intérieur de la lèvre. Non. Tu ne rêves pas. Il est là, face à toi. Et quelle réaction serais-tu donc censé avoir ? Lui sauter au cou serait peut-être un peu précipité, lui avouer la force de ton amour qui malgré toi demeure bien plus encore. Et s’il ne t’aimait plus ; alors que resterait-il de toi, Féline ? Ces quelques pas qui encore vous séparaient, c’est lui qui les franchi. Il est là. Près de toi. Son souffle se perd dans l’air que tu respires, son parfum enivre ton odorat exacerbé. Il est là. Enfin. Ta quête finalement touche à sa fin et tu te félicites presque de ne pas avoir abandonné ces jours où tes jambes ne supportaient plus les distances parcourus pour voir à nouveau son visage. Plus rien d’autre ne compte en cet instant fabuleux. Toi et lui, ensemble. Le constat est sans appel, irréel, quelque chose dans son regard rallume en toi de vieux souvenirs, d’amères remémorations. Mais où donc a filé out ce temps perdu ? Parviendrez-vous à le rattraper sans vous cogner contre le mur de l’éternité ? Un tout nouveau monde s’offre à vous ; rempli de complicité et de simplicité : rempli de lui, rempli de toi, rempli de vous.

Lorsqu’il rompt l’impatience en se saisissant de tes mains, ta vision se trouble. Quelques larmes de joie viennent se loger à la commissure de ton regard. « … Féline ? » C’est alors qu’enfin tu comprends ; il ne t’a pas oublié. C’est sans hésité que tu lui sautes au coup et que tu laisses s’échapper toute cette peine d’avoir été séparée de lui, toute cette joie de l’avoir retrouvé malgré tout. « Tu m’as manqué. Tu m’as tellement manqué. » Tu en oublies presque tes bonnes manières, ne le corrige pas sur ton prénom. Même si dans ce monde, même Azazel qui autrefois t’appelait lui aussi Féline t’appelle aujourd’hui Alakay et tu t’y es habituée, mais… Au son de la voix de Zadig qui prononce ce prénom que tu as porté si longtemps, tu ne peux que te laisser submerger par ces souvenirs doucereux. Tu vous revois, le long du grand fleuve, faire la course pour savoir qui serait le plus rapide. Tu savais pourtant bien que jamais tu n’égalerais ses aptitudes physiques, mais tu n’en avais rien à faire, tu te laissais porter par le rythme de ses sabots qui tapaient contre le gazon. Et vous riiez. Aujourd’hui aussi, tu ris. « J’ai jamais cessé de penser à toi. Jamais. Mais j’avais tellement peur que tu ne te souviennes de rien, que tu ne te souviennes pas de moi, de nous. Ca aurait été pire que tout pour moi tu sais… Je pense bien que t’as du te reconstruire une vie ici, mais je voulais pas que t’oublies pour autant. C’est égoïste, je sais, mais moi sans toi, j’y arrivais pas. J’arrivais pas à oublier. » C’est vrai, tu as agis sans réfléchir. Peut-être est-il fiancé dans ce monde, peut-être n’as-tu pour lui plus que l’importance d’un vieux souvenir même si tu refuses de l’admettre car tu sais que jamais l’ancien Bambi ne t’aurait relégué au second plan. Tu n’oses pas reculer, sortir de cet espace que t’offre la protection de son torse. Au fond, tu sais que tu ne veux pas qu’il te voit si vulnérable, si seule et vide que tu as pu l’être sans lui, qu’il voit tes larmes soulagées glisser le long de tes joues roses. Cependant, tu recules quand même quelque peu, te pinçant pour ne pas à nouveau lui sauter au cou et dévorer ses lèvres pour combler sa trop longue absence. « Je manque à tout mes devoirs, tu veux boire quelque chose ? T’as besoin de quelque chose ? Demande moi tout ce que tu veux, je vais le chercher, et… » En vérité, tu parles pour ne rien dire, bavarde comme tu l’es. Tu aimerais pourtant lui dire des mots qui le marqueront à jamais mais le flux de paroles insensé qui s’offre à toi ne te laisse pas vraiment le choix. Ah, qui d’autre que lui aurait pu te mettre dans un tel état.

Revenir en haut Aller en bas
Hydra Thanatos-K.

Faites place à la vedette
Hydra Thanatos-K.
J'ai posé bagages ici le : 03/05/2013 Jouant le rôle de : l'Hydre de Lerne. Nombre de messages : 568 On me connait sous le pseudo : lulapsy. Un merci à : thanatos (ava). Je suis fier(e) de porter l'avatar de : Anna Speckhart.
MessageSujet: Re: (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs EmptyMer 30 Avr - 14:01






Les mots ont traversé les mondes. Sa gorge le brûle, il a du mal, mais ils sont là. Ils ont franchi le gouffre que forment ses lèvres et sont arrivés dans la boutique. La boutique aux mille odeurs, la boutique qui scellera son destin, sans doute. Il a peur. Son échine recourbée, il est pris de frissons à l’idée de l’avoir retrouvée, enfin. Après tant de mois passés à contempler son absence, à chercher son ombre partout, dans chaque coin, chaque rue, chaque immeuble. Il la voyait sans la voir, en rêve, ne pensait qu’à elle, était terrifié de ne jamais la retrouver. Mais il était partagé entre la peur de ne jamais pouvoir croiser à nouveau ses prunelles enchantées, et la peur qu’elle l’ait oublié. Qu’elle ne se rappelle de rien, ni d’eux, ni de leur vie. Foutue malédiction. Il baisse un instant les yeux sur leurs mains qui sont liées, sur leurs doigts entrelacés, sur cet amour qui se réveille à nouveau. Deuxième naissance. Il tremblait, serra les dents pour qu’elle ne voit pas la peur qui se lisait dans ses yeux. Elle avait toujours su lire en lui, d’aussi longtemps qu’il pouvait se rappeler. Elle avait été la lumière dans ses ténèbres, et cette habitude qu’il avait pris de lui laisser son cœur dès qu’il partait, comme si sans elle, plus rien n’avait d’importance, reprenait doucement ses marques dans cette vie à laquelle elle avait du mal à s’habituer. Tout était bien plus difficile ici, et loin de lui l’idée de revenir dans sa forêt, car là-bas il n’y avait pas cette curiosité mal placée qui le rendait timide, fiévreux rien qu’à l’idée de passer le pas de la porte de sa chambre, il avait fini par s’y faire. Il avait fini par aimer cette vie, mais l’ombre de l’absence de Féline planait encore, toujours.

Si lui est de nature timide et fragile, parfois trop, elle le complète, se montre plus joyeuse que perdue, sourit pour eux deux. Elle lui saute au cou, et ses mains sur sa peau sont comme la fontaine qui s’éveille à nouveau, sortant de la torpeur des bras de Morphée qu’elle a enduré durant si longtemps que c’en est devenu insupportable. « Tu m’as manqué. Tu m’as tellement manqué. » Les larmes glissent sur ses joues, fouettant l’air, hurlant leurs maux. Il pleure de joie, désespère de la perdre à nouveau alors qu’elle est dans ses bras. Il hésite. Cette fois les mots eux-mêmes se mettent à hésiter. « Chaque jour sans toi, c’était un couteau de plus qui s’enfonçait dans mon cœur… » Il dépose un baiser sur son front, laissant les larmes salées couler, laissant ses sentiments prendre le dessus. « J’ai jamais cessé de penser à toi. Jamais. Mais j’avais tellement peur que tu ne te souviennes de rien, que tu ne te souviennes pas de moi, de nous. Ça aurait été pire que tout pour moi tu sais… Je pense bien que t’as dû te reconstruire une vie ici, mais je voulais pas que t’oublies pour autant. C’est égoïste, je sais, mais moi sans toi, j’y arrivais pas. J’arrivais pas à oublier. » Il écoute sans écouter, ne pense plus qu’à elle bercée contre lui, prie pour que personne n’entre dans la boutique. « Je n’aurais jamais pu t’oublier, mon amour. On ne peut pas oublier une partie de son cœur. Tu m’as tellement manqué. »

Tout paraît si simple maintenant, tout semble gagné, comme si la vie avait enfin signé la paix, montré son drapeau blanc au monde qui lui sourit. Il sent sa tête sur son torse, voudrait que ce moment ne s’arrête jamais. Faites qu’il ne s’arrête jamais. Elle dévore ses lèvres, et son cœur bondit. Il est de retour dans les champs, galopant, se sentant plus libre que jamais. Il ne s’est jamais senti aussi bien qu’à cet instant. Il lui rend son baiser, et dans les larmes qui roulent sur ses joues se trouve toute la tristesse accumulée, toute cette peur de ne jamais la revoir. Il est heureux. Enfin. « Je manque à tous mes devoirs, tu veux boire quelque chose ? T’as besoin de quelque chose ? Demande moi tout ce que tu veux, je vais le chercher, et… » Il la coupe, l’embrasse. Ils ne font plus qu’un et c’en est si agréable que plus rien d’autre n’importe. « Promets-moi de ne jamais plus me quitter. Je ne veux pas te perdre à nouveau. Ça me tuerait. Encore une fois. » Il fixe ses yeux, elle fixe les siens. Et leur regard devient un océan, et la flamme des souvenirs se met à brûler ardemment.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Anonymous

Faites place à la vedette
Invité
MessageSujet: Re: (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs EmptyJeu 1 Mai - 23:43

Fleur aux pétales d'or, répands ta magie. Inverse le temps, rends-moi ce qu'il m'a pris. Guéris les blessures, éloigne la pluie. Ce destin impur, rends-moi ce qu'il m'a pris
Zadig & Alakay

Le temps se fige, mais toi tu restes. Les fleurs embaument et ton cœur chante. Fredonne ces comptines d’antan, celles qui te faisaient valser à travers les saisons. Il est là et tu commences à te rendre compte de l’ampleur du moindre de tes actes, de tes choix. Toi qui as presque oublié ce qui t’a poussé à ne penser qu’à lui durant tout ce temps, tu réalises alors qu’il ne t’a jamais vraiment laissé le choix. Ses yeux plongés dans les tiens, son sourire auquel ton cœur reste accroché malgré tes efforts pour contenir ce plaisir que tu aimerais pourtant tempérer. Impossible. Il est là ; et ton cœur chante. C’est ton âme qui danse. Tu ne penses plus à l’angoisse de ces derniers jours, aux tensions qui règnent au dortoir ; tu profites. Pleinement. Les discours n’ont jamais étés timides chez toi, ta franchise en a toujours été déconcertante et pourtant, tu ne sais que dire. Tous ces mots qui transpercent tes lèvres sont vides, trop pâles, pas assez forts et, même si tu aimerais pourtant être cette biche adroite que tu étais autrefois, tu n’en restes pas moins cette humaine maladroite, hésitante. Cette adolescente qui la nuit tremble quand l’orage gronde. Mais tu n’es plus cette biche sûre d’elle, tu manques quelque peu de confiance en toi et il est vrai que tu as douté de ses sentiments pour toi, dans ce monde ci. Comment aurais-tu pu les connaître ? De ton côté, il y a bien quelques semaines que tu as retrouvé sa trace et, à ta manière, tu as tâché de le forcer à se souvenir : se souvenir de toi, se souvenir de vous. Il ne t’a jamais répondu. Mais Féline, comment aurait-il seulement pu te répondre, à toi qui jamais ne laissait de nom, toi qui n’écrivait d’adresse ? Hein Féline, dis moi, es-tu assez bête pour croire au destin ? Persuadée qu’un jour il te retrouverait. Que tu n’avais pas à faire le moindre pas en sa direction. Foutue féminisme, toi aussi, tu aurais pu te décider, courir vers lui et ne jamais passer outre ces sentiments que tu ne savais taire. Tu ne l’as pas fait. Le temps est passé, tu l’as laissé venir. Mais te pardonnera-t-il seulement un jour d’avoir douté ? D’avoir trouvé réconfort dans les bras du seul que ce foutu destin avait mis sur ta route tout au long de ton existence dans ce monde ci ? Tu restes dans ses bras et le sers un peu plus fort, ce n’est pas le moment d’y penser. Mais tu ne seras pas malhonnête. Non Féline, car ce n’est pas toi. Jamais tu ne le laisseras aimer cette vieille image qu’il a de toi, celle que tu étais autrefois, que tu n’es sûrement plus aujourd’hui.

Quelques larmes trop fragiles glissent contre tes joues roses, embrassent leur courbure dans une longue descente aux enfers. « Chaque jour sans toi, c’était un couteau de plus qui s’enfonçait dans mon cœur… » Tu aimerais sourire et être rassurée, mais c’est loin d’être évident. Oh oui, tu es convaincue en avoir souffert au moins tout autant, mais une certaine culpabilité te ronge. Comment as-tu pu douté de lui ? Sûrement l’idée jamais n’a traversé son esprit à ton sujet et pourtant, il aurait bien eu des raisons. Et toi, tu t’es laissée avoir par le doute, par ce facétieux ennemi que pourtant tu aurais du avoir la force de bannir dès l’instant même où il avait pointé son nez. Tu oses l’humour et lèves ton regard avec une certaine timidité avant de laisser s’échapper un petit rire indécis : « J’espère que ça n’a pas fait trop mal. » Tout est plus facile lorsque parsemé d’une touche d’humour, alors tu n’as pas pu résister. Alors, tu lui fais part de tes doutes pour qu’il comprenne, qu’il sache. Que non, ça n’a pas été évident… pour toi non plus. Certains jours étaient plus gais mais parfois, la peur et l’angoisse prenaient possession de toi et te mettaient dans un état pitoyable. Et voilà qu’Azazel venait sécher tes larmes, et tu n’étais plus seule. Mais maintenant face à Bambi, tu es plus seule que jamais, tu vois dans ce regard qu’il voit cette biche que tu as été mais que peut-être, il n’aimera pas la femme. La flamme des souvenirs est brulante, mais qu’en est-il de ce présent tortueux ? « Je n’aurais jamais pu t’oublier, mon amour. On ne peut pas oublier une partie de son cœur. Tu m’as tellement manqué. » Tu lui souris et passes tes mains sur son visage, le regarde un peu sous tous les angles afin d’être certaine qu’il ne soit pas un mirage. Toutes tes promesses tombent à l’eau. Non Alakay, tu n’es pas aussi indépendante que tu ne l’aimerais. Tu n’as jamais été indépendante, parce que quelque part, sa voix résonnait dans ton esprit et t’interdisait de faire le moindre faux pas.

Pendant que tu l’embrasses, tu ne penses à rien d’autre qu’à ses mains posées dans tes cheveux, tu ne voix plus les fleurs ; il n’y a que lui. « Promets-moi de ne jamais plus me quitter. Je ne veux pas te perdre à nouveau. Ça me tuerait. Encore une fois. » Tu romps le contact, t’en éloignes : comment peut-il pensé qu’un jour tu l’as quitté ? Tu n’as pas eu le choix. Foutue malédiction. Jamais tu n’avais rien demandé à personne et du jour au lendemain, tu t’étais retrouvée seule. Seule dans un monde que tu ne connaissais pas. Tu fronces un peu les sourcils : « Je ne t’ai jamais quitté, j’ai pas vraiment eu le choix… » Tu aimerais le nommer mais tu te rends compte que son prénom t’es étranger dans ce monde et même si tu pourrais très bien l’appeler Bambi, quelque chose te gêne. Ici, tu n’es plus Féline, c’est Alakay et c’est tellement étrange que de repenser à soi au passé. « J’ai cru que tu n’en avais que faire de me retrouver et j’ai eu peur, terriblement peur. Tu sais pas ce que ça m’a fait quand j’ai retrouvé ta trace… » Tu fixes le comptoir et tends un doigt en avant pour lui montrer : « Tu vois ce bouquet ? J’allais justement te l’envoyer. Je t’ai jamais quitté, t’as toujours été là. » Une main se pose sur ton coeur avant que tu ne la montes sur ta tête et que tu replaces une mèche de cheveux derrière ton oreille et tout en t’appuyant sur le comptoir, tu tends ta main en sa direction et une fois qu’il la saisit enfin, tu le tires contre toi. « Mais dis moi, comment va ta vie dans ce monde? Je veux tout savoir. Raconte moi… Es-tu heureux ? » Tu saisis sa main et entrelaces vos doigts, joues avec les siens. Et ce contact retrouvé te fait un bien fou.


Revenir en haut Aller en bas
Hydra Thanatos-K.

Faites place à la vedette
Hydra Thanatos-K.
J'ai posé bagages ici le : 03/05/2013 Jouant le rôle de : l'Hydre de Lerne. Nombre de messages : 568 On me connait sous le pseudo : lulapsy. Un merci à : thanatos (ava). Je suis fier(e) de porter l'avatar de : Anna Speckhart.
MessageSujet: Re: (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs EmptySam 3 Mai - 17:31



   
   
   
Les Hommes avaient quelque chose avec la logique. Pour eux, tout était logique. La vie l’était ; l’amour, tous les autres sentiments l’étaient. Ils voyaient avec logique une coïncidence qui n’existerait pas pour d’autres, ils s’imaginaient que la vie pouvait être tellement simple. Ils rêvaient. Un peu trop peut-être, mais il fallait leur accorder la détermination, la témérité de vouloir être heureux. Mais que se passait-il lorsque la logique prenait le pas sur tout le reste ? La personne devenait-elle tellement taciturne qu’elle n’en résonnait que par logique, ne se préoccupant plus de rien ? Et quand la logique était annihilée… que se passait-il ? S’il manquait une partie de lui-même à quelqu’un, où donc passait la logique ? Disparaissait-elle ? Pour toujours ? Tant de questions sans réponses, tant d’interrogations silencieuses, tant de questions rhétoriques. Bien trop rhétoriques. Il avait du mal à comprendre, à lier ensemble toutes les pièces du puzzle. Tout se mélangeait, rien ne semblait logique. Foutue logique. « J’espère que ça n’a pas fait trop mal. » Un sourire orne leurs lèvres. Les siennes semblent si enfantines sans l’être, comme des miroirs dont le tissu recouvrirait encore une partie de la glace. Son humour lui a manqué. Tout lui a manqué, à dire vrai. Il sourit, darde sur elle ses prunelles d’adolescent, son cœur battant la chamade. Dès qu’il pose les yeux sur son visage parfait, c’est comme si son cœur était soudain illuminé. Comme si des abeilles tueuses allaient le dévorer de l’intérieur, implosant sous l’effet de l’adrénaline. « Je sais pas, j’ose pas regarder si j’ai des cicatrices… »

Ses mains dessinent sur le visage de Zadig, c’en est si reposant après ces nombreux mois passés à la rechercher, ces nombreux mois d’absence, ces nombreux mois où l’amour laissait place au désespoir, où tout était triste et morne, sans vie. Lui-même était devenu taciturne. Il avait pourtant fait tout ce qu’il avait pu pour la retrouver ; il était allé plusieurs fois voir la police, mais Féline avait changé de nom, et il était bien plus difficile de la retrouver, pour ne pas dire impossible. Ces retrouvailles sonnaient pourtant d’un ton différent. Il sentait bien que quelque chose n’allait pas. Mais il se répéta que ce n’était rien, laissant simplement le ballet de leurs lèvres danser avec l’amour. C’est comme une chanson qu’on aurait laissée sur le lecteur le temps d’une saison, puis de deux, avant de doucement se laisser bercer par le silence avant de remettre la mélodie, lancinante, languissante, cette mélodie si connue et si étrangère à la fois. C’est comme une fleur fanée qui renaîtrait peu à peu, sortant ses pétales dans le soleil de mai.
« Je ne t’ai jamais quitté, j’ai pas vraiment eu le choix… J’ai cru que tu n’en avais que faire de me retrouver et j’ai eu peur, terriblement peur. Tu sais pas ce que ça m’a fait quand j’ai retrouvé ta trace… » Il dépose un baiser sur son front, enlace ses doigts avec les siens. Que sont-ils devenus ? Rien n’est comme avant, ils le savent tous les deux. Mais alors que sont-ils ? Féline et Bambi, poubelle. Il faut tout recommencer, mais comment ? Est-ce au moins possible ? « J’ai passé des mois et des mois à te chercher, j’allais dans chaque rue, je demandais aux gens, je suis allé au commissariat mais tu as dû changer de nom, et… c’était l’enfer, sans toi. Un véritable enfer. » Elle lui montre le bouquet. Des roses rouge. Il en a reçu une dizaine, une par semaine. Toujours accompagnées de photo ; et quelque part au fond de lui quand il les regardait il savait que c’était elle. Il savait qu’elle ne l’avait pas oublié, mais il avait peur. Peur qu’elle ne veuille pas l’oublier mais aussi qu’elle ne veuille pas le retrouver, sinon pourquoi ne s’est-elle pas montrée durant tout ce temps ? Elle savait qui il était ; les roses en étaient la preuve. Alors pourquoi ? « Tu vois ce bouquet ? J’allais justement te l’envoyer. Je t’ai jamais quitté, t’as toujours été là. » Il baisse les yeux. « Pourquoi tu ne t’es jamais montrée ? Pourquoi tu m’envoyais simplement ces roses, ces photos, sans jamais me faire signe ? »

Elle lui tend la main, l’attire vers elle. Elle est l’aimant dont il ne peut se détacher, et il sait qu’à cet instant, il est heureux. Il ne se préoccupe plus de rien sinon d’elle, en face de lui, et de ce visage qui lui sourit, de cette bouche qu’il peut embrasser à sa guise, de ces bras dans lesquels il peut se faufiler, de ces doigts qu’il peut enlacer à volonté. « Mais dis-moi, comment va ta vie dans ce monde ? Je veux tout savoir. Raconte-moi… Es-tu heureux ? » Un petit sourire orne ses lèvres. Il approche Féline de lui, la serre dans ses bras, gardant leurs doigts enlacés comme les deux fils d’une marionnette qui ne peuvent se détacher. « Mon bonheur n’est complet que depuis quelques minutes… je travaille au zoo, mais tu le sais déjà, n’est-ce pas ? Dans ce monde, on m’appelle Zadig. Bambi, Zadig, Fawn. Je… quand je suis arrivé, c’est une fille qui m’a récupéré. Elle m’a beaucoup aidé à m’en sortir, m’a expliqué comment vivaient les Hommes. D’Hommes je ne connaissais que les chasseurs, avant. Maintenant, tu te doutes bien que c’est différent. » Il sourit. « Je vais au lycée de la ville, et… je me suis fait des amis ; je te les présenterais, c’est promis. » Son sourire s’affaissa, et une mine sombre apparut sur son visage. « Mais je n’étais pas heureux. Pas sans toi. » Il l’embrassa, plus tendrement que tous les baisers qu’ils avaient échangé jusqu’alors. C’était un baiser qui liait retrouvailles avec amour, qui scellait leur amour comme une promesse. Une promesse d’avenir. « Et toi, qu’es-tu devenue ? »

Brièvement, une de ses pensées vogua vers Ronno, qu’il avait vu au zoo, quelques mois auparavant, mais il la chassa comme il le put. Il n’avait que faire de ce que pensait Ronno. Ronno n’était que jalousie et compétition, que désespoir et tristesse.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Anonymous

Faites place à la vedette
Invité
MessageSujet: Re: (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs EmptyLun 5 Mai - 0:23

Fleur aux pétales d'or, répands ta magie. Inverse le temps, rends-moi ce qu'il m'a pris. Guéris les blessures, éloigne la pluie. Ce destin impur, rends-moi ce qu'il m'a pris
Zadig & Alakay

Des jours durant, tu t’es demandé pourquoi la forêt avait été la cible de cette malédiction saugrenue. Pourquoi il avait fallu que l’on t’ôte tout ce qui pour toi un jour avait compté. N’avais-tu pas déjà assez donné en sacrifiant l’amitié que tu avais avec ton meilleur ami pour être libre de vivre paisiblement ton grand amour ? A croire que le destin s’amuse à se foutre de toi. Et il recommence. Encore et toujours. Il te pousse dans les bras de l’un pour t’y extirper pour ceux de l’autre. Et au milieu de tout ça, tu agonises. Tu aimerais respirer, sortir les mains de ces sables mouvants pour doucement remonter la pente. Mais le destin ne t’en laisse pas le temps. Du temps. Tu en as certainement besoin. Pour y voir clair, pour comprendre. Mais à cet instant précis, tu ne penses pas au temps qu’il te manque. Il est là et sa chaleur te fait du bien. Une plate sérénité s’était emparée de ce cœur que tu n’as plus senti battre à l’unisson depuis longtemps. Certes, tu te mens à toi même en parjurant ainsi. Il s’est enflammé lorsqu’Azazel t’a embrassé, mais là, face à Bambi, tu n’es plus sûr de réellement savoir quand est-ce que ton cœur a véritablement battu. Dans l’autre monde, c’était évident, il battait si fort que toute la forêt pouvait l’entendre. Mais l’écho d’un cœur humain est si faible comparé à celui des cerfs. Et tu n’es plus biche aujourd’hui, Alakay.
Combien de temps te faudra-t-il pour t’y faire ? Les longues excursions dans les bois ne sont plus à l’ordre du jour et les nuits d’orages se passent sous des draps, au chaud, sans se soucier des nombreuses gouttes prêtes à venir troubler ta quiétude.

Tu te demandes s’il est différent de ce que tu as imaginé tout ce temps durant et le constat et sans appel : tu n’as su rendre son caractère mieux que ne l’a fait ce monde. Son corps semble avoir été dans l’essence même de son âme et ses yeux chatoyants, et son sourire angélique, ne font que de te rappeler pourquoi autrefois tu es tombée amoureuse de lui. Mais a-t-il changé ? Parce que même si tu te persuades du contraire, de ton côté tu n’es plus la même. Certes, ton tempérament n’est pas tant différent, mais certaines choses ne sont plus les mêmes. Aujourd’hui, tu as peur des orages là où autrefois tu t’amusais à courir sous la pluie ; aujourd’hui, tu as peur d’être seule alors qu’autrefois tu t’entêtais à t’éloigner parfois du troupeau. Non, les mondes ont changé et ont emporté avec eux cette biche d’autrefois. Mais Féline est là, et elle regarde. Elle est toi, et tu es elle ; du moins, tu en es une pale copie. Cependant, de Féline tu as gardé l’humour et son sourire t’apaise. Il te calme. Respire !. Un, deux. Tes doigts cessent de trembler et ta tête de gamberger. « Je sais pas, j’ose pas regarder si j’ai des cicatrices… » Tu tournes un peu la tête à droite, puis à gauche avant de hocher la tête en traçant un grand sourire sur ton visage : « Si tu en as, j’ai le plaisir de te dire que je ne les vois pas. » Tu essaies de rester sérieuse mais pourtant tu n’y arrives pas. Avec lui, tu redeviens l’enfant. Tu n’es plus la femme, tu redeviens la biche.

Votre relation est restée si longtemps au point mort qu’aujourd’hui il vous faut tout reconstruire. Mais partir de rien n’est pas évident, tu es la première à le savoir. Autrefois, tu as du le faire ici, puis il y a eu Kiméo et tu n’étais plus seule. Tant de choses se sont passé depuis le début de la malédiction, tant de choses qu’il te semble que même une vie ne te suffirait pas à tout lui expliquer. « J’ai passé des mois et des mois à te chercher, j’allais dans chaque rue, je demandais aux gens, je suis allé au commissariat mais tu as dû changer de nom, et… c’était l’enfer, sans toi. Un véritable enfer. » Tu fronces un peu les sourcils. C’est bête, mais tu as de la peine à le croire. D’un certain côté, tu as toujours été persuadée que s’il ne t’a pas retrouvée jusqu’aujourd’hui, c’est parce qu’il t’a oublié ; il te dit le contraire. Tu as visité tous les lieux dans l’espoir de le retrouver, tu en es allée jusqu’à dévisager chaque passant et tu as fini par trouver. Tu n’as pas eu le courage d’aller plus loin dans ta démarche, mais de ton côté ; tu l’avais trouvé. Cependant, tu te vois mal le lui expliquer à présent. Comment lui dire tous ces maux qui t’ont traversé l’esprit, tous ces doutes et si peu de certitudes. « Pourquoi tu ne t’es jamais montrée ? Pourquoi tu m’envoyais simplement ces roses, ces photos, sans jamais me faire signe ? » Stupide tu détournes le regard et fixe l’étagère à ta droite. En y repensant, ce n’était pas bien intelligent et aujourd’hui tu t’en rends bien compte. Mais, sûre de toi et convaincue, tu lui réponds sans trop hésiter : « Quand je suis venu au zoo ce jour là, t’avais ce sourire collé aux lèvres… il était magnifique, je veux pas dire, mais… tu m’as semblé tellement heureux… » Tu marques une pause, respire, et puis tu te reconcentre pour terminer ta phrase : « T’avais l’air tellement heureux que je me suis convaincue que tu m’avais oublié. Sauf que moi je voulais pas, je voulais pas que tu m’oublies… alors à ma manière j’ai essayé de faire resurgir tes souvenirs. J’étais persuadée que si tu tenais encore à moi, tu saurais directement où me trouver. Et j’ai attendu si longtemps… J’ai eu si peur. » Et c’est vrai, d’ailleurs tu as encore de la peine à te remettre de cette attente.

Ne souhaitant pas t’étendre plus longtemps sur ce sujet, sur ces doutes, tu lui demande ce qu’il est devenu, ce qu’il devient en redoutant sa réponse plus que tout au monde. « Mon bonheur n’est complet que depuis quelques minutes… je travaille au zoo, mais tu le sais déjà, n’est-ce pas ? Dans ce monde, on m’appelle Zadig. Bambi, Zadig, Fawn. Je… quand je suis arrivé, c’est une fille qui m’a récupéré. Elle m’a beaucoup aidé à m’en sortir, m’a expliqué comment vivaient les Hommes. D’Hommes je ne connaissais que les chasseurs, avant. Maintenant, tu te doutes bien que c’est différent. » Tu écoutes ses paroles mais tu ne l’interrompt pas. Zadig. Quel joli prénom. Tu souris en voyant que son nom de famille veut dire faon autant que le tien veut dire biche. Une fille, donc il y a une fille. Tu fais un pas en arrière mais te ravises en te répétant que tu n’es pas toute blanche non plus, et que dans ta vie aussi il y a un homme qui t’a tout appris. « Je vais au lycée de la ville, et… je me suis fait des amis ; je te les présenterais, c’est promis. » Tu réponds par un sourire. Et à cet instant, tu sais que Marianne serait si heureuse de le rencontrer, qu’elle t’a toujours soutenue et que ça lui ferait plaisir d’apprendre la bonne nouvelle. Mais qui d’autre peux-tu bien lui présenter ? Tu n’as personne d’autres qu’il pourrait apprécier. Kiméo peut-être, en tout cas pas Azazel. Pas Ronno. « Mais je n’étais pas heureux. Pas sans toi. » Surprise, tu t’éloignes un peu. Cette scène te rappelle horriblement celle que tu as eu avec Azazel quand il t’accusait de n’avoir jamais été heureuse malgré ses nombreux efforts. Alors non, tu ne peux pas dire n’avoir « pas été heureuse » car tu l’as été. Parce que ces mois durant, tu n’as pas eu besoin d’amour, juste de compagnie et de soutien pour t’habituer à ce nouveau monde. Mais là, devant Zadig, tu te rends compte que tu ne peux pas lui dire avoir été heureuse, que tu en es incapable. Tu as oublié depuis longtemps ce qu’est le bonheur même si vos retrouvailles t’en rapprochent dangereusement. D’un certain côté, tu as envie de fuir parce que ça te fait peur et que tu ne sais pas ce qu’est l’amour dans ce monde, s’il fait plus mal que dans le tien, dans le votre. « Et toi, qu’es-tu devenue ? »

Il fallait bien que ça arrive, que tu lui en parles, que tu parles de cette nouvelle vie. « Je.. au début j’étais complètement perdu. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. J’ai trouvé un mouchoir où était gravé un prénom et j’ai décidé que ce serait le mien. Alakay…ici je m’appelle Alakay Féline Hind. J’ai été seule un moment, me demandant comment apprendre les coutumes de ce monde et puis j’ai rencontré un garçon extraordinaire : Kiméo qu’il s’appelle. On a longtemps trainé dans les rues ensemble parce qu’à l’époque, on ne trouvait rien, comment trouver un métier sans justificatif de scolarité ? Je n’avais aucun papier dans ce monde. Mais un jour, Kiméo est parti et je me suis retrouvée seule à nouveau… » Tu te tais un instant : « Je l’ai retrouvé, il n’y a pas longtemps, enfin, c’est une longue histoire, j’aurai tout le temps de te la raconter. » Tu t’éloignes un peu et va dans l’arrière boutique pour servir deux verres de lait. Dans ce monde, tu en raffoles et en même temps, tu n’oses pas voir son visage quand tu lui annonceras la suite : « Aujourd’hui je vis au Méli-Mélo House, ça se passe bien, mon colocataire est génial. » Tu ne veux pas lui mentir, mais gâcher vos retrouvailles pour lui dire la vérité, non ça jamais. Tu espères qu’il ne le sache pas déjà, qu’il ne remarque pas ta voix qui tremble. Tu reviens un peu plus calme et lui tend son verre. Tu penses brièvement qu’il y a des chances pour qu’il vive au même endroit et qu’un jour peut-être il viendra te rendre visite et apercevra Ronno, mais tu te dis que c’est fort peu probable. Que le domaine n’est pas si grand et que si lui aussi y habitais, tu l’aurais déjà croisé. « Et sinon, je te plais ? » Tu fais un tour sur toi même pour lui montrer ce que tu es devenu tout en espérant qu’il ne revienne pas sur le sujet précédent car s’il te le demande ; tu te sens bien incapable de lui mentir. Et de l’autre côté, tu espères qu’il oublie, qu’il te dise que tu es belle et que rien pour lui ne s’est terni.

Revenir en haut Aller en bas
Hydra Thanatos-K.

Faites place à la vedette
Hydra Thanatos-K.
J'ai posé bagages ici le : 03/05/2013 Jouant le rôle de : l'Hydre de Lerne. Nombre de messages : 568 On me connait sous le pseudo : lulapsy. Un merci à : thanatos (ava). Je suis fier(e) de porter l'avatar de : Anna Speckhart.
MessageSujet: Re: (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs EmptyJeu 29 Mai - 13:04



   
   
   

Il avait l’impression de vivre à nouveau. Non pas que son arrivée dans ce monde avait sonné comme une mort lente et douloureuse, mais à mesure que les jours passaient, son espoir s’était envolé. Et avec lui, toute envie de vivre. Peu à peu, il était devenu presque cadavérique. Oh, il avait continué à la chercher, il avait presque soulevé Fantasia Hill, sans succès, mais il n’était arrivé à rien. Comme si elle n’était nulle part. Et voilà qu’ils s’étaient retrouvés. La flamme s’était réveillée, et Bambi frémissait, comme s’il vivait à nouveau. Et ça faisait du bien. Pour la première fois depuis bien longtemps, il était heureux de sentir son cœur battre. « Si tu en as, j’ai le plaisir de te dire que je ne les vois pas. » Il sourit, parce que sourire lui procure un bien fou. Le rend heureux. C’est tout ce qu’il veut : qu’ils soient heureux. Mais il sent que quelque chose s’est brisé. Leur relation ne sera pas la même ; il le sait et ça lui fait mal. Rien ne sera plus pareil, à présent. Elle lui en veut, sans doute, c’est normal. Il s’en veut de ne pas l’avoir trouvée, d’avoir parcouru ces rues, sans succès. « Quand je suis venu au zoo ce jour-là, t’avais ce sourire collé aux lèvres… il était magnifique, je veux pas dire, mais… tu m’as semblé tellement heureux… » Et Bambi ne sait pas quoi répondre. Et il reste là, silencieux, les yeux baignés dans ceux de Féline. « T’avais l’air tellement heureux que je me suis convaincue que tu m’avais oublié. Sauf que moi je voulais pas, je voulais pas que tu m’oublies… alors à ma manière j’ai essayé de faire resurgir tes souvenirs. J’étais persuadée que si tu tenais encore à moi, tu saurais directement où me trouver. Et j’ai attendu si longtemps… J’ai eu si peur. » Il a honte. Honte parce qu’il aurait dû savoir où aller, honte parce qu’il l’aime et qu’il est incapable de faire des choses par amour. Il a honte de lui, d’être ainsi, il a honte pour elle, il a honte pour tout. Il baisse les yeux un instant, regarde ses pieds. Il fait tout le temps ça quand il est gêné.

Il sent que le mot fille la fait reculer, et il la rassure aussitôt. « Non, ne t’inquiète pas. C’est juste une très bonne amie, elle s’appelle Pocahontas. Et je ne l’aime pas. Je n’aime que toi. Toi, seulement toi… » Mais est-ce que ce mot ne le rassure pas, lui aussi, par la même occasion ? Sans doute. Pendant qu’il parle, il la regarde, et son sourire fait battre son cœur. Il le sent, à présent. C’est comme s’il vivait à nouveau. Oui. Il le répète. Encore. En boucle. Et il l’écoute. Il ne peut se lasser d’écouter sa voix, cette jolie voix mélodieuse qu’il se met à aimer alors qu’il ne la connaît que depuis peu. « Je.. au début j’étais complètement perdue. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. J’ai trouvé un mouchoir où était gravé un prénom et j’ai décidé que ce serait le mien. Alakay…ici je m’appelle Alakay Féline Hind. J’ai été seule un moment, me demandant comment apprendre les coutumes de ce monde et puis j’ai rencontré un garçon extraordinaire : Kiméo qu’il s’appelle. On a longtemps trainé dans les rues ensemble parce qu’à l’époque, on ne trouvait rien, comment trouver un métier sans justificatif de scolarité ? Je n’avais aucun papier dans ce monde. Mais un jour, Kiméo est parti et je me suis retrouvée seule à nouveau… » Alakay. C’est drôlement joli. Alakay, ça fait penser aux colombes qui s’envolent, Alakay, ça fait penser aux rivières douces, Alakay, ça fait penser aux fleurs qui éclosent. Mais il y a une ombre. Il décide de ne pas écouter sa conscience, cette petite voix qui lui crie de faire attention à Kiméo. Pourtant il l’écoute, peut-être malgré lui, peut-être pas. Après tout, elle paraît distante. Peut-être qu’il devrait se méfier, oui, peut-être. « Je l’ai retrouvé, il n’y a pas longtemps, enfin, c’est une longue histoire, j’aurai tout le temps de te la raconter. » Il hausse un sourcil, perd son sourire. C’est mauvais signe. Mais il doit lui faire confiance. Il doit. Il en a besoin. Ils en ont besoin. Elle part, revient avec deux verres de lait, juste après une nouvelle bombe. « Aujourd’hui je vis au Méli-Mélo House, ça se passe bien, mon colocataire est génial. » Il ne sait pas réellement comment réagir. A peur de l’identité de ce dernier. Et si… non. Il ne veut pas penser à ça. Surtout pas à ça. « Ah, qui est-ce ? Je serai ravi de le rencontrer, alors. Mon colocataire est super aussi, il s’appelle Philippe. »

Elle lui tend un verre, mais Zadig n’a pas soif. C’est comme si sa gorge avait été asséchée, d’un coup. Il a peur. Peur que l’identité du colocataire d’Alakay soit… il n’arrive même pas à dire le prénom clairement dans son esprit. C’est trop dur. Une blessure encore à vif, sans doute. « Et sinon, je te plais ? » Il sait. Il sait qu’elle a changé de sujet pour masquer la bombe déposée juste avant. Il sait même avant qu’elle le lui dise. Il sait que tout a changé. Et qu’il a été dépassé. « Il est dans ce monde, lui aussi, hein ? Et c’est ton colocataire, c’est ça ? » Comment il le sait ? Sans doute à cause de sa rencontre avec Ronno, quelques semaines avant. Mais il n’aime pas le savoir. Et ça glace son cœur. Il pose le verre de lait, se recule. « Alors, il ne bluffait pas… Et s’il ne bluffait pas sur ça, ça veut dire… » Il fait encore un pas en arrière, les yeux baignés de larmes. « Est-ce que tu as apprécié ? La sensation, quand tu l’as embrassé, c’était bien ? » Les mots ont jailli comme des piques. Mais au moins, le sujet est sur la table. « Comment tu as pu me faire ça ? »

Revenir en haut Aller en bas

Faites place à la vedette
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs (ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs Empty

Revenir en haut Aller en bas
 

(ZADIG) ❀ La flamme des souvenirs

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Pixie Dust ::  :: Vieux RP-