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(Azazel) ❀  Veni, vedi, vici.  Vide
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MessageSujet: (Azazel) ❀ Veni, vedi, vici. (Azazel) ❀  Veni, vedi, vici.  EmptyMer 19 Fév - 14:08

D'accord je t'ai confié tous mes sourires, tous mes secrets. Même ceux dont seul un frère, est le gardien inavoué. Dans cette maison de pierre, Satan nous regardait danser.
Azazel & Alakay

Doucement, la nostalgie de sa mélopée avait pris les couleurs d’une comptine enfantine. L’innocente avait imaginé cet instant –ces retrouvailles- milles et une fois alors que l’essence même de ses espérances se floutait parfois. Qu’avait-il fait, tout ce temps durant ? Alors même que son âme n’était point convaincue que ce visage ait été le reflet de celui qu’un jour elle avait aimé, son myocarde déjà se laissait entrainer. Ses pas légers frôlaient l’asphalte avec une hâte courroucée. D’une tendre volupté, elle laissait la lumière bleutée du soleil malicieux se perdre dans ses cheveux de jais. Humaine, elle ne l’était plus. Pas moins qu’elle n’en redevenait Féline. Elle était  nymphe : déesse d’une nature peu clémente ces dernières années qui, enfin, soumettait réponse à ses nombreuses prières. L’inondation de ses sentiments semait dans sa bouche un délicieux remous d’apothéose. La muse de son inspiration s’était pendue à la commissure de ce sourire enjôleur. Etait-il seulement celui qu’elle espérait retrouver ? Qu’importe. Prostré devant son regard rêveur se pavanait une image. La sienne.  Celui qu’il avait été ; celui que peut-être, il était devenu. Celui qu’il était toujours. Aussi froissant ait été le mirage, elle souhaitait se perdre dans l’oasis de ses souvenirs, laisser l’embrasure de cette vie antérieure entrouverte à une quelconque possibilité de repentance. Rapidement, elle avait recouvré une parcelle de vie ici, en retrouvant Ronno ; Azazel. Bien que parfois cruelle, conflictuelle, leur relation sur ces Terres n’en restait pas moins complice. D’un regard bienveillant, il avait su apaiser le courroux de ses regrets. D’un geste protecteur, il avait chassé l’amertume de sa rancune. Ses réactions imprévisibles avaient rythmé leur vie commune depuis des mois ; elle avait su s’y faire. Seulement, sa mélancolie se voulait capricieuse et, les intrusions de son passé, poignantes. Il lui arrivait parfois de se sentir crouler sous la pression, devenir folle. Schizophrène. La notion de réalité lui échappait vicieusement pendant qu’elle se laissait soumettre à ses douloureuses rêveries. L’inadaptation de ses gestes ne cessait de refléter son manque d’aise avec ce nouveau corps qu’elle n’avait, malgré le temps qui courait, encore que partiellement maitrisé. Peu à peu, ses lèvres s’atrophiaient et, malgré tout le soutien qu’il pouvait bien lui apporter ; elle cédait sous le poids de sa nostalgie. Bambi, quand enfin cesseras-tu donc de lui manquer ?

D’un geste brusque, elle envoya valser la porte en bois -qui marquait le début de leur propriété- contre le mur de béton. Un dortoir. Pour deux. Pour eux. « Aaaz ! » Son enthousiasme n’avait d’égal dans les ratures de ce monde souillé par l’indifférence. L’excitation avait fait d’elle son esclave et, doté d’un optimisme transcendant, elle laissa choir ses affaires au sol pour se précipiter à l’intérieur de la pièce. Son palpitant ne cessait de battre la chamade ; il avait feint les boucles des plus grandes montagnes russes toute la journée durant. Tout en s’approchant de la fenêtre, elle l’ouvrit sans autre forme de procès. Galvanisée par son euphorie, sa tête plongea dans la gracile balconnière de pensées bleues à macules - qu’elle avait installée quelques jours plutôt- et avec une avidité certaine, elle en huma le parfum délectable. Délicieuse tentation. Symbole d’un souvenir trop longtemps chassé, d’un sentiment noyé dans les âpreurs d’une solitude subjective. Lorsqu’enfin son ami se présenta à elle, elle se permit de venir déposer un baiser comblé sur sa joue, sans en oublier toujours sa fougue éternelle. La biche, en place, ne tenait plus. Ses jambes enfin se remémoraient les joies d’antan, de celles où avec légèreté elles ne manquaient de gambader dans la forêt. Epuisée, elle s’écroula sur une chaise, à bout de souffle d’avoir tant couru pour annoncer la grande nouvelle à son ami. Persuadée qu’avec les années les tensions se seraient dissipées, elle n’imaginait pas une seule seconde pouvoir irriter l’égo de son colocataire en lui faisait part de sa nouvelle réjouissante – ou, tout du moins pour elle. « Je l’ai enfin retrouvé. » Elle ne rajouta mot : son sourire en disait long sur le sens profond de ces paroles. Tous deux avaient un passé commun, dans ce monde, comme dans l’autre. Alors à quoi bon énumérer toutes les futilités d’un destin partagé ? Ses doutes peu à peu avaient appris à se dissiper et il était clair pour elle qu’elle se devait de partager sa joie avec celui qui, dans ce monde hostile, n’avait cessé de l’épauler.

Ses esprits voguaient encore au loin, perdu dans la spirale envoutante de ses souvenirs. La faille béante de son humeur - qui n’avait cessé de croître et d’entacher sa candeur immaculée- doucement recollait les morceaux de ses multiples regrets. Insouciante, Alakay plongeait délibérément dans le précipice de cet amour singulier. Car non, malgré les caprices des saisons, elle ne l’avait pas oublié. Son cortex torturé n’avait su tirer un trait sur la plénitude de cette union qui, autrefois, avait lié leurs deux cœurs enflammés.  Ses phalanges téméraires tailladèrent l’air ambiante avant de se saisir d’une pomme bien rouge qui régnait au centre de la table. Cruelle annonce. Confession mortelle qui rappelait à la surface les vieilles jalousies. Prête à tout pour le récupérer, la fugace ne se souciait pas des quelques embuscades qui pouvaient bien se présenter à elle ; elle saurait reconquérir son cœur atrophié. Oui, elle le ferait sien. A nouveau. A jamais. Et qu’importe ce que les autres pouvaient bien en penser. Certes, elle espérait grandement l’approbation d’Azazel mais, cette fois-ci, elle n’était pas prête à mettre un terme à sa quête : celle de son grand amour. Celui qui fait chanter la vie.




Dernière édition par Alakay F. Hind le Mar 8 Avr - 9:28, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: (Azazel) ❀ Veni, vedi, vici. (Azazel) ❀  Veni, vedi, vici.  EmptyJeu 20 Fév - 23:36

Trying to keep up with you,
And I don’t know if I can do it.


Ma vie tourne au roman dramatique ces derniers temps, ces derniers mois pour être plus précis. Entre l’amour passionnel que j’éprouve pour Hell et l’amour tendre qui fait battre mon cœur pour Midori, entre la personnalité mauvaise qui fait de plus en plus souvent irruption et le fait que je dois absolument me contrôler en présence de Féline n’arrange rien.
Pour cette-dernière, c’est de plus en plus compliqué aussi. Je voulais me rapprocher d’elle dans l’unique but de mieux la détruire ; je voulais étreindre son âme dans ma main et serrer tellement fort que je la briserai rapidement – j’en répandrai les restes partout et lui ferai à jamais regretter cet amour qu’elle vouait à Bambi en me le soustrayant à moi. Et, d’un autre coté, je ferai plus de mal à ce stupide Prince qu’en le torturant. Cependant, rapidement, nous nous sommes retrouvés à habiter dans le même dortoir et, malgré moi, je me suis réellement attaché à elle. Les rayons obliques du soleil se frayaient un chemin jusqu’à mon cœur lorsque de sa clarté elle m’inondait ; elle soufflait un peu de poussière de fée sur mon cœur barricadé et à la fois tellement sensible avec un simple sourire, un simple regard. Lors de notre rencontre, je me souviens que le premier regard suffit à me dissuader d’un jour lui faire du mal. Mais si par moments, des vagues de lucidité me giflaient, par d’autres, je me persuadais qu’un jour, je lui ferai du mal et qu’ainsi, je ne me déroberai pas à la seule promesse qui me permit de garder un semblant de stabilité lorsque la malédiction frappa.

En présence de Hell, même mes os se réchauffaient, se ramollissaient et devenaient tellement malléables qu’ils épousaient parfaitement les courbes de son corps. Son regard n’avait pas besoin de croiser le mien pour le trouver et il y habitait constamment, de la même façon dont la saveur de ses lèvres habitait mon esprit ; mes mains trouvaient ses hanches et mon âme succombait à la sienne. Sans cesse, je pense à elle et, sans cesse, ce souvenir est talonné par le souvenir pressant des lèvres de Midori contre les miennes.
Midori, elle, était un puits de bien-être et de sérénité, de douce quiétude qui faisait fleurir dans mon cœur quelques fleurs de lys qui me donnaient cette impression d’être royal. Elle n’avait absolument pas besoin de laisser les syllabes se tressaient en les liant de savoir suave pour que je comprenne tout ce qu’elle avait à me dire, il me suffisait de regarder ses yeux, de regarder ses lèvres et je puisais à la source le tréfonds de ses pensées.
Mais la vérité, c’est qu’il allait falloir que je choisisse. Et que je prenne en compte le choix de chacune. Je pourrai tenter avec l’une, et si elle refuse, me rabattre sur l’autre… Mais j’en suis incapable. Je ne suis pas ce goujat qui déflore sans connaitre les noms des fleurs, qui prétend aimer sans savoir épeler le mot amour ; parfois, seulement parfois, je suis quelqu’un de bien.
Autant l’une que l’autre, elles sont nécessaires à mon équilibre émotionnel. Et venait récemment peser dans la balance le poids de Féline, ainsi drapée dans un corps exquis était désormais à prendre en compte.

Je suis dans ma chambre et me sert un demi-verre de Whisky que j’apporte à mes lèvres sans les humecter du breuvage. J’entends la porte d’entrée s’ouvrir et finit d’un trait le contenu de ce verre avant de me laisser tomber sur mon lit. Si ce n’est pas la fatigue physique due à des séances de trémoussement avec de belles brunes sur une piste de danse huilée par la sueur et reluisant de couleurs aveuglantes, c’est l’épuisement mental qui m’attaque ; je suis complètement vidé et ressent un atroce manque. J’ai promis à Midori de faire pianoter mes doigts sur mon téléphone pour lui envoyer un message à chaque fois que je pense à elle, mais si je m’en tenais strictement à mes mots, elle serait vite lassée de moi. Mais à cet instant, devant mon téléphone, en fixant le nom de la belle brune, c’est à Hell que je pense.
Le cri enthousiaste de Féline me sauve d’une descente vers les abysses de mes pensées effroyable et je me relève lentement, sortant de ma chambre avec les mais enfoncées dans les poches, un air las sur le visage, accablé par tant d’excitation. Elle a ouvert la fenêtre et je regrette de ne pas avoir enfilé quelque chose de plus chaud, mais me contente d’approcher d’elle. Elle fait éclore un baiser sur ma joue et je libère une de mes mains pour lui entourer la taille et la garder un instant près de moi, un sourire en coin donnant des airs diaboliques à mes traits fatigués. Je remets ma main en place et attends qu’elle m’en dise plus sur la raison qui la ferait presque sautiller sur place. Elle s’affala sur une chaise en semblant essoufflée et je m’exprime, un peu trop curieux, un peu impulsivement :

« Alors quoi ma belle, tu as découvert une nouvelle fleur qui est pailletée et qui reflète la lumière du soleil et celle de la lune en même temps ? »

Je hausse les épaules et m’en vais observer son sourire plus attentivement.
Je fronce les sourcils : sérieusement, il s’est passé quoi ?
Elle finit par me répondre. Je m’immobilise et mon regard se fait distant, glacial ; seul mes iris assombries par une colère brusque font écho à son sourire diabolique et je n’arrive même pas à m’en vouloir d’ainsi gâcher sa joie de vivre.
Alors elle a retrouvé l’Amour de sa vie – parce qu’il ne pouvait être question que de cet idiot de Bambi. La jalousie d’antan fait surface et vient s’ajouter au méli-mélo qu’est devenue ma vie ; voilà que j’ai peur de la perdre, voilà que j’ai peur qu’une fois encore, il accapare toute son attention et qu’elle me délaisse littéralement. Plus que cela, maintenant que c’est un homme, il doit bien avoir ces ardeurs que je connais si bien, alors… Alors il n’est pas assez bien pour elle. Jamais personne ne sera assez bien pour elle.
Les commissures de mes lèvres se relèvent et l’amertume est palpable.

« Et ? »

Ma voix est platonique, adaptée à la situation : indifférente.
Je retire mes mains de mes poches, m’avance vers elle d’un pas lent et lourd et m’impose face à elle en saisissant son menton sans brutalité, mais sans la moindre douceur – comme si j’allais gronder un enfant qui a chevé de scier mes nerfs – avant de tremper mon regard dans le sien pour qu’elle puisse se cogner contre mon mur d’indifférence, mes deux océans de marbre pâle qui ont perdu le peu d’éclat qui leur restait en ce jour.

« C’est ce qui te met de si bonne humeur ? Que l’Amour soit de nouveau d’actualité dans la vie pitoyable que tu mènes dans ce monde ? Tu veux savoir, Alakay ? Je m’en tape, tu peux tout autant te barrer pour aller habiter chez lui, je m’en fous. »

Je m’empêtre dans mes mensonges mais la colère entrave les vannes de la vérité.
Qui suis-je pour lui dire que la vie qu’elle mène ici est pitoyable ? Qui suis-je pour lui parler sur ce ton glacial ? Je suis simplement cet homme que j’ai voulu être à la base : celui qui détruirait Féline. Et, en cet instant, mon esprit est brouillé par une jalousie incommensurable, alors seule la méchanceté suinte de ma bouche alors que je lui relâche brutalement le menton.
Je sais que je vais regretter chaque mot, chaque geste, chaque pensée, mais s’il faut être méchant, autant bien le faire, non ?

« Toutes mes condoléances, ma belle. Le peu d’indépendance que t’as réussi à acquérir vient de se briser en mille morceaux, de la même façon dont s’est brisé notre monde suite à cette malédiction. Parce que Bambi est ta malédiction, Alakay. »
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MessageSujet: Re: (Azazel) ❀ Veni, vedi, vici. (Azazel) ❀  Veni, vedi, vici.  EmptyMer 26 Fév - 14:23

D'accord je t'ai confié tous mes sourires, tous mes secrets. Même ceux dont seul un frère, est le gardien inavoué. Dans cette maison de pierre, Satan nous regardait danser.
Azazel & Alakay

Le plus naïvement du monde, la candide n’avait jamais vraiment perdu espoir. Ses sens aguerris semblaient doucement renaître, dispersaient leurs cendres dans une spirale infernale. La grâce du Phoenix de ses souvenirs la fouettait violemment au visage. Hybride ; elle n’était plus. La biche en elle reprenait vaillamment le dessus sur la tare de son humanité. La mélancolie d’un fado usé jurait avec les cordes de sa lyre qui peu à peu retrouvaient les couleurs de ses notes colorées. Le terrible dramaturge de sa destiné, à pas de loups, s’était éclipsé ; contre l’amour, il n’avait pas eu les armes pour luter. La douleur de l’absence contre les opiacés de son enthousiasme n’avait eu d’autre choix que de céder. Féline n’avait jamais fauté quand il s’agissait de reconnaître qui de Ronno ou de Bambi s’était aventuré dans les recoins de leurs forêts, leurs abattures lui étaient devenues familières. Chaque trace, odeur, broussaille quelque peu pliée sous le poids de leurs corps graciles, laissait en elle cette signature indélébile. La partition de son existence s’était faite entre les lignes de leurs sourires, de leurs éclats de rire. Sur Terre, tout était pour elle tellement plus compliqué. Elle n’avait reconnu Azazel que pour quelques phrases qui lui avaient échappées, et Zadig… Les choses avaient été moins évidentes. Une alchimie puissante. Bien trop pour qu’elle n’ait encore été en mesure de se questionner sur sa nature. L’étendue de son rictus amusé avait suffi à passer l’abattis de sa méfiance. Avec aisance, il avait su cueillir les plantes acaules de son indifférence pour y raviver quelques nuances qui avaient fait toute la différence. Innocente, elle ne se rendait pas compte de l’ampleur de sa maladresse. Certes, elle avait œuvré pour le bien d’Azazel depuis lors même de leur retrouvaille. Amitié sincère. Elle n’avait jamais douté de sa franchise et telle une mère, avait fait de son bonheur l’unique but de sa plate inexistence. Néanmoins, les cartes venaient d’être redistribuées et la donne cette fois lui était bien plus favorable. Plutôt que de lui faire accroire que rien en elle n’avait changé ce jour là ; elle se sentait bien aise de lui en compter les causes, les somptueuses raisons. L’amour, toujours l’amour.

En elle pourtant ne s’éteignait pas la flamme de leur complicité. Il restait son meilleur ami ; celui qui, d’un souffle protecteur avait amené sur sa tristesse quelques touches de bonheur éparses. La promesse de sa fidélité éternelle en leur amitié ; elle se l’était faite depuis longtemps, n’en demeurait plus qu’à lui de ne pas à douter. L’armure adamantine de sa sincérité avait fait d’elle une amie dévouée, éternelle. Certes, Azazel avait, lors de ses phases de lucidité, émis quelques admonitions justifiées : ces avertissements n’avaient eu sur elle que l’effet d’un jet d’eau trop tiède. Elle n’avait pas peur de lui. Et quand bien même, la séparation aurait été bien trop douloureuse pour qu’elle ne puisse un jour ne serait-ce que l’imaginer. Le regard azurin de son colocataire avait hanté ses nuits de bien plus d’une manière ; il était son frère, son seul repère. Le soir, parfois, l’enfant apeurée remerciait la clémence de cette malédiction qui ne l’avait point séparée de tous ceux qui autrefois pour elle avaient pu compter. Il lui restait Azazel. Toujours Azazel. Jamais elle ne s’était fourvoyée sur la nature de ses sentiments à son égard. Il avait simplement su éponger les larmes qui sur ses joues fatiguées ne cessaient de ruisseler, calmer l’angoisse les soirs où la solitude souhaitait néanmoins prendre le dessus. Il était son pilier. Avec une douceur exquise, elle se remémorait ces soirs où elle l’avait supplié de partager sa couche ne serait-ce que pour entendre son souffle contre son crâne rassuré, sentir la chaleur de son corps calmer ses tremblements disgracieux. Le cerf qui sommeillait en lui résumait abruptement la définition de l’importance que pouvait avoir une personne dans une vie. Il était l’être humain, l’homme le plus important pour elle sur Terre. Zadig changeait la donne. Bambi. Toujours Bambi. Le paradoxe entre les deux mondes en devenait risible. Et pourtant, tous deux en restaient les protagonistes. Leur ancienne vie malheureusement s’était transformée en un lieu inaccessible ; le souvenir amer d’une quiétude perdue à jamais.  

Aucune hésitation n’avait traversé son intention quant à partager son enthousiasme disproportionné avec celui qu’elle jugeait le plus à même d’apprécier son bonheur. Désarçonnée, elle en avait déjà oublié les anciennes jalousies, les vieilles rivalités qui autrefois opposaient Bambi et Ronno. Les oppositions médisantes de ses deux amis lors d’interminables joutes verbales semblaient subitement lui échapper. Comme si, d’un claquement de doigts, elles avaient été rendues inexistantes. Son côté humain avait fait l’impasse sur ces épisodes désagréables. La niaiserie de sa candeur laissait à désirer. Ses pieds contre le sol battaient un rythme effréné. L’excitation était à son comble. L’appréhension d’une réaction excessive noircissait quelque peu le tableau de son interminable attente. Sa remarque l’amusa et, avant de lâcher la bombe de ses retrouvailles, elle laissa planer quelques secondes d’hésitation, afin d’y penser. Qu’importait la sottise de la remarque, elle n’en était pas moins plaisante pour une amoureuse éconduite de la flore. Un sourire égaya son visage déjà crispé pour avoir trop montré sa joie. Un air bergamasque résonnait continuellement dans son esprit surchargé. Telle une enfant à la veille du jour de l’An, elle trépignait d’impatience que de pouvoir découvrir l’inconnu que la vie s’autorisait malicieusement à lui permettre. Elle s’imaginait déjà déflorer à nouveau les champs de ses sabots bisulces en attendant impatiemment le retour de son seul et unique amour. Cependant, la nouvelle donne aurait placé Ronno non loin dans le tableau ; parrain d’un bonheur qu’elle se devait de partager avec son plus grand allié. L’amour ou l’amitié. Elle espérait n’avoir pas à choisir. Encore une fois.

La brutalité de la réaction de son colocataire la paralysa un instant. Son regard de braise ne laissa aucune chance à sa candeur de transcender. Sa vie antérieure lui sauta violemment à la gorge pendant qu’elle laissait tomber son visage au sol pour ne pas avoir à affronter la dureté du regard d’Azazel. Elle déglutit. Difficilement. En y repensant, son enthousiasme ne fût pas le choix le plus audacieux pour annoncer cette nouvelle à son ami. Car ce rapport ne pouvait avoir d’effet sur lui que celui d’une douche froide. Glacée. « Et ? » Et mince. Flûte. L’innocente Féline s’était inconsciemment plongée dans de beaux draps. Téméraire, elle aurait voulu hurler contre l’égoïsme de son unique ami. Cependant, sa raison la rappelait violemment à la réalité : elle fit profil bas. Autrefois déjà, elle avait délaissé le jeune faon qu’il était pour un autre et le scénario –bien que différent- était sûrement sur le point de se reproduire. Ses yeux s’humectaient douloureusement d’un sel indélébile. « C’est ce qui te met de si bonne humeur ? Que l’Amour soit de nouveau d’actualité dans la vie pitoyable que tu mènes dans ce monde ? Tu veux savoir, Alakay ? Je m’en tape, tu peux tout autant te barrer pour aller habiter chez lui, je m’en fous. » Tout en pinçant ses lèvres pour contenir sa frustration, elle laissait peser ses mots dans la balance de sa lucidité. Triste vérité. Il n’avait pas tant changé. Elle avait beau lutter, la pesanteur de ses larmes suffit à faire céder ses paupières et, impuissante, elle ne pût qu’accepter de relâcher la pression pour faire couler ces ruisseaux intarissables. Ce n’était pas tant la douleur qui vint claquer contre son esprit frustré ; ce fût bien plus l’indifférence à son bonheur de celui qu’elle considérait comme un frère. « Toutes mes condoléances, ma belle. Le peu d’indépendance que t’as réussi à acquérir vient de se briser en mille morceaux, de la même façon dont s’est brisé notre monde suite à cette malédiction. Parce que Bambi est ta malédiction, Alakay. » Débordant de frustration, elle se leva pour faire face à son assaillant. Ses poings vinrent lamentablement se perdre contre les pectoraux endurcis de son ami pendant qu’elle laissait couler son incompréhension : « Je te permets pas ! Non. T’as pas le droit ! » Et ses poings continuaient de battre sans relâche, sans pour autant être aptes à ne faire plus que des chatouilles au jeune homme qui lui tenait tête. Fort et fier.

Etrangement, elle était presque mignonne lorsqu’elle réagissait de la sorte. Stupide biche inoffensive. Elle s’éloigna tout en tournant le dos à Azazel et, dans un murmure, elle ajouta : « En plus, tu te trompes sur toutes la ligne ! Ma vie n’est pas pitoyable. J’ai un métier qui me plait, à manger sur la table, un lit ou dormir et c’est déjà bien plus que la moitié des gens ici. » Et je t’ai toi. Les mots s’étaient bloqués, figés. Saisissant son courage à deux mains, elle lui fit à tint à nouveau tête alors que les larmes ne cessaient de couler sur son visage, floutant encore plus sa voix légèrement brisée, rauque d’incompréhension : « La seule malédiction dont je suis victime, c’est vos interminables querelles. Tu savais que ça allait arriver, que, quoi qu’il ait bien pu se passer dans ce monde, je ne l’aurais jamais oublié. Et tu sais aussi que je tiens à toi, que j’ai besoin de toi. Alors arrête, je t’en prie, arrête. Stop. » Elle avait parsemé chaque mot d’un doigt dénonciateur qui était venu se perdre sur le sternum de son ami. Réaction futile d’une mère face à un enfant capricieux. « Tu vois, juste une fois, j’aimerais que tu tombes sur une personne que tu aimes vraiment, pour voir ce que ça fait. Et si t’arrives à l’oublier. J’ai essayé. Du mieux que j’ai pu. J’ai été heureuse, comme je le pouvais. Mais je n’ai jamais pu empêcher son souvenir de me serrer à la gorge. J’aimerais que tu saches ce que ça fait. » Elle se tût un instant, consciente d’être allée trop loin dans ses dires. Dans ses accusations. De perdre le fil de la raison. Puis, suppliante, elle abandonna son masque avant de redevenir vulnérable, Féline à son apogée : « Promets moi que ça ne changera rien entre nous, je t’en prie. » Ses yeux endoloris se levèrent difficilement pour venir se perdre dans l’interminable froideur de ceux d’Azazel. Il ne lui restait plus qu’à prier à la pitié. Le répit n’était plus de mise.


Dernière édition par Alakay F. Hind le Mar 8 Avr - 9:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Azazel) ❀ Veni, vedi, vici. (Azazel) ❀  Veni, vedi, vici.  EmptySam 1 Mar - 18:10

(Azazel) ❀  Veni, vedi, vici.  403504letyou

Well, now I’m choosing. And I’m choosing to let you go.


Je ne suis absolument pas indifférent à la nouvelle que m’annonce de but en blanc Alakay. Je ne pense pas un seul mot des premières phrases que je lui adresse ; je ne pense réellement pas que sa vie est pitoyable et dire que ça ne me ferait ni chaud ni froid qu’elle s’en aille est l’un des plus gros mensonges que j’ai jusqu’à alors énoncés. S’il s’avère qu’elle possède un orgueil aussi surdimensionné que le mien, elle pourrait tout de suite me claquer la porte au nez. Et que ferai-je, alors ? M’en irai-je la rattraper ou ferai-je regretter à ma bouche tous ces mots perfides en la souillant de whisky et de vodka jusqu’à ce que ma gorge soit brûlée par tous ces alcools et sèche pour que plus jamais je ne puisse commettre cette erreur de faire du mal à ceux que j’aime alors même que je ne peux me cacher derrière l’excuse de ma deuxième personnalité.
Je me souviens de la douce biche qu’était Féline. Je me souviens de son agilité et de sa fluidité, je me souviens de ses grands yeux amoureux et ébahis, je me souviens de sa sensibilité et de sa délicatesse, me souviens de ses mots et de son cœur palpitant ; me souviens du regard qu’elle posait sur moi et de celui qu’elle glissait sur Bambi. Je me souviens de tout le mal qu’elle me faisait sans même s’en rendre compte ou peut-être sans en avoir quoi que ce soit à faire ; je l’entendais encore prétendre être mon amie et m’aimer, mais jamais je n’eus droit à toutes ces douces paroles de sucré glacé enrobés qu’elle distribuait joyeusement à son cher aimé. Je n’étais pas l’mai, seulement le camarade, l’annonciateur de la mal-fortune car ça finissait rarement bien ; Bambi venait presque tout le temps nous interrompre et ma jalousie excessive ravageait tout, jusqu’à la bienveillance de Féline. Elle finit par être confrontée à un choix contre lequel je l’avais précipité sans toutefois le vouloir ; j’avais toujours su que si le choix se présentait à elle, ce serait son grand amour qu’elle choisirait car l’amitié ne vaincra jamais l’amour, quoi qu’il en soit, quoi qu’on en dise ; mais toutes mes stupides actions l’ont menée à prendre une décision tranchante et sanglante. Et bien sûr, la sentence tomba en me cassant les os, en m’entrainant dans un précipice de lamentation, de jalousie, de colère, de haine, de faiblesse, de force, de paradoxe.

Dans ce monde, je ne saurai l’expliquer, mais mon amour pour elle a totalement disparu. Il s’est mué en colère noire et en une haine blafarde ; j’avais juré de la faire souffrir et de profiter d’elle pour atteindre ce petit prétentieux de Prince. Lorsque je reconnus l’espoir dans son regard quand elle me reconnut, j’eus cette brillante idée de me rapprocher d’elle pour mieux la briser ; j’avais juré que sa naïveté la brisera et qu’elle se mordra les doigts d’avoir choisi ce stupide faon.
Pourtant, bien vite, ma haine se perdit dans le bleu de ses yeux alors que ma jalousie perfide se tut dans un coin reculé de mon esprit ; si je suis aujourd’hui incapable de tomber amoureux d’elle, je l’aime pourtant plus sincèrement que je ne l’ai jamais fait. Je me persuade encore que je veux lui faire du mal, mais en vérité, je ne le désire absolument plus. Et là, en lui disant toutes ces horribles choses, je me dis que je pourrai en profiter, que je pourrai définitivement la détruire et la donner en mille morceaux à ce cher Bambi tout en prenant soin de garder un éclat pour que jamais elle ne soit complète. Je pourrai aussi rectifier mon erreur et lui faire croire que notre duo peut surmonter cette jalousie pour mieux la casser. Tout comme je pourrai simplement ne plus sortir de l’appartement lorsque je sens que mon autre personnalité va faire surface et lui faire tout le mal dont je suis capable, physiquement.
Mais toutes ces idées se noient dans les larmes qui roulent sur ses joues et la culpabilité propage un gout amer dans ma bouche. Elle se lève lorsque je lui dis que Bambi est sa malédiction et je hausse les sourcils, curieux de savoir ce qu’elle compte faire. La réponse m’arrive rapidement lorsqu’elle abat ses poings frêles sur mon torse ; brutalement, je plonge dans un souvenir récent : Hell, dans la même position qu’Alakay et qui tenait quasiment le même discours qu’elle avec les larmes en moins. Je déglutis difficilement sans l’interrompre, puis elle s’éloigne, se tourne et reprend dans un souffle étranglé. Je l’entends alors me contredire, comme si j’avais besoin de cela pour savoir qu’elle ne mène pas une vie pitoyable. Je ressens un pincement rude au cœur ; j’aurai aimé qu’elle me compte parmi les éléments qui font que sa vie n’est pas pitoyable. Mais à quoi je m’attendais, moi qui lui fais tant de mal, moi qui dépèce le bout de cœur qu’elle m’a gentiment accordé ? De nouveau, elle se tourne et je la fixe sans rien dire, avec autant d’indifférence que depuis un moment, sans une seule once de culpabilité alors que mon être toute entière souffre. Mais de plus belle, elle reprend et cette fois, elle va trop loin ; mon cœur se teinte de colère pure et même cette supplication lorsqu’elle me demande de formuler une promesse.
Sauf que je suis incapable de lui promettre cela. La fureur empreint ma voix et déforme mes traits :

« Tu n’as jamais été réellement heureuse dans ce monde, même si j’ai été là, car lui était absent, c’est ça ? J’étais amoureux de toi, Féline. Et pourtant, je t’ai oubliée, totalement. Ne prétends pas que je suis incapable d’amour, je te l’interdis fermement, tu ne sais absolument pas ce qui se passe dans ma vie car tu n’en fais pas partie, tu n’en as jamais fais partie dans ce monde. »

Est-ce un concours de méchanceté ? J’en ai la terrible impression.
J’ai pu l’oublier car elle n’était pas mon grand amour. à cet instant, l’image d’une femme s’impose à moi et jamais je n’ai été si lucide quant au fait de savoir de qui de Midori ou de Hell je suis amoureux.
Mais la clairvoyance est de courte durée et, rapidement, je balaie cette pensée en oubliant aussitôt l’avoir eue.
Je pousse un profond soupire en m’approchant d’elle d’un pas léger, saisissant son visage entre mes deux mains en laissant mes pouces essuyer ses chaudes larmes. Je regrette chaque mot que je viens d’énoncer. J’entrouvre les lèvres, près à lui présenter mes plus plates excuses… Mais brusquement, je m’éloigne en levant les yeux vers le plafond et enfonce mes mains dans les poches.
Quand je vois ses yeux et que je vois avec quelle aisance elle pourrait me tourner le dos pour retourner dans les bras de son grand amour, je ne ressens plus le besoin de m’excuser. Si l’un ou l’autre doit être blessé, ce sera elle.
Ou tout du moins, ce sera moi qui l’éloignerais pour qu’elle ne voie pas ma déchéance. Je me demande qui je choisirai entre Hell et elle, entre Midori et elle et je me retrouve incapable de formuler une pensée cohérente.

« Mais bien sûr que rien ne changera, je ferai juste insonoriser ta chambre pour quand il viendra te rendre visite. »

Le sarcasme coule à flot de ma bouche et la colère reste palpable. Je pousse un profond soupire en allant vers la cuisine pour me servir un verre de Vodka et profite de son absence pour abattre violemment mon poing contre un mur.
Il allait me gâcher l’existence jusque dans ce monde, décidément.
Je reviens vers elle, un regard plus détache encore que ce je croyais pouvoir jamais afficher.
Je lui fais face et un rictus relève mes lèvres alors que je lui parle d’une voix blanche.

« Ta tristesse m’aurait tué il fut un temps. Mais là, elle ne fait que m’accabler et m’exaspérer. Je déteste les pleurnichardes, Alakay, alors arrête, je n’ai pas vraiment envie de te détester. La vérité, c’est que tu as peur de devoir faire un choix. Non pas car tu me feras souffrir en choisissant l’autre abruti, mais seulement parce que tu te sentiras coupable. Dans ce cas, je choisis pour toi, je choisis de préserver ta joie et de l’embellir. Je choisis de ne pas t’imposer un choix, je choisis de me retirer du jeu. »

Un regard long et soutenu, un sourire qui s’émousse ; une brèche qui permet de voir à Alakay, l’espace d’un instant, toute la douleur que je ressens et que j’essaye pourtant de lui cacher. Mais cette brèche est trop insignifiante et bientôt elle se fait recouvrir par cet instinct que j’ai de faire du mal aux personnes que j’aime et c’est d’une voix beaucoup trop calme que je reprends :

« Je choisis de ne plus me battre pour toi. »

Je choisis de te laisser partir.
Et comme pour sceller cette décision, je lève mon verre en le penchant légèrement vers elle avec un sourire en coin, buvant une longue gorgée de cet alcool. Pourtant, ce n’est pas le goût si chaud de la Vodka que je sens, mais celui des larmes salées d’Alakay mêlées au miennes, bien qu’elles n’apparaissent pas sur mon visage. Il y a aussi un étrange goût métallique attribué au sang, celui qui s’écoule des plaies de mon cœur que je viens de littéralement écorcher avec ces mots qui mettent un terme à un long acharnement : moi qui avais peur de lui faire réellement mal un jour, moi qui me sentais idiot de ne pas pouvoir m’en tenir à cette résolution de la détruire littéralement, moi qui voulais la protéger, moi qui voulais le blesser, moi qui ne savais plus quoi faire… Je viens de mettre un terme à tout cela. je viens de prendre une décision pour nous deux qu’on devra trainer malgré nous et ce, quoi qu’elle puisse en dire.
Mais regarde, Alakay, regarde mon âme qui pelure des larmes d’acide, regarde mon cœur qui saigne, regarde ce faux sourire, regarde à quel point j’ai mal… Regarde à quel point je ne suis pas sincère, regarde à quel point je suis jaloux, comprends que je ne pense pas un mot de tout cela, comprends que même si, à partir d’aujourd’hui, tu auras cette impression que je t’ai abandonnée, je ne cesserai d’avoir un œil sur toi.
Regarde comme je t’aime, Alakay. Regarde comme je tiens à toi, regarde comme j’ai peur que tu m’abandonnes et que, comme un pur idiot, je préfère que ce soit moi qui t’abandonne. Moi qui pensais que ça ferait moins de mal suis bien désarçonné de voir que ça me fait tout autant souffrir de dresser cette barrière entre nous deux.
Mais je préfère que ce soit une barrière que Bambi ; la barrière pourra s’écrouler, avec le temps, avec les mots, tandis que Bambi saura se dresser à nous même dans l’au-delà. Alors mieux vaut que j’abandonne plutôt que je me fasse vaincre. Pas encore. Pas par lui.
L’orgueil conduit à la perte de ceux qui le nourrissent plus qu’il ne le faut. Eh bien, le mien vient de littéralement abattre la lame de la guillotine sur ma nuque.
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MessageSujet: Re: (Azazel) ❀ Veni, vedi, vici. (Azazel) ❀  Veni, vedi, vici.  EmptyMer 12 Mar - 13:58

D'accord je t'ai confié tous mes sourires, tous mes secrets. Même ceux dont seul un frère, est le gardien inavoué. Dans cette maison de pierre, Satan nous regardait danser.
Azazel & Alakay

Un doute indécent scindait son âme en bribes dévastées. L’appréhension de l’incertitude régnait –condescendante- sur ses derniers espoirs. L’intolérance inacceptable qu’elle éprouvait pour ce possible abandon de la part d’Azazel lui brisait le cœur. Elle peignait son monde de mille nuances grisâtres, monde qui depuis longtemps n’avait été sublimé que par les couleurs du printemps. Doucement, elle laissait tomber le voile de la patience pour faire éclore une cruelle panique tandis que, timidement, la crainte d’être à nouveau seule guettait sa proie apeurée. Avec le temps, Alakay avait appris à embrasser les frasques de son ami. Aussi loin que pouvaient bien aller ses cris, elle savait les apaiser, calmer sa rage. Et pourtant, devant ce regard noir qu’il dardait sur elle ; elle se retrouvait bien impuissante. Vulnérable enfant. Candide amertume piégée dans les abysses d’une peur viscérale, celle de le perdre encore. Que serait-elle devenue s’il n’avait pas été mis sur sa route, à nouveau ? Il avait été le roc de ses derniers sanglots, la bouée de sauvetage de tous ses récents naufrages. Il avait été un ami fidèle, un frère. Celui qui, le soir, guettait sa couche pour en chasser quelques cauchemars intrusifs. D’un geste valeureux, il avait banni les soubresauts de sa fragilité en soufflant ses larmes, calmant ses pleurs. Il avait piégé son cou de ses mains et, devant son agonie fulgurante, il ne cessait d’alourdir l’étreinte. Et devant tant de brutalité, elle devenait sourde à son comptine d’autrefois : tout n’ira pas mieux.  Quelle aurait du être sa pressante réaction ? Elle n’en avait pas la moindre idée. Alors même que son cœur criait à l’aide, logé dans sa poitrine, ses paupières endolories –fatiguées par ce sel qui n’aurait su couler plus longtemps- suppliait l’armistice de ces représailles. Fierté malencontreuse. Dévastatrice et ravagée par ces souvenirs du passé. Orgueil blessé. Irrécupérable. Va, tu n’es plus la bienvenue.

Dans leur monde à eux, Ronno n’avait pas compris le choix du cœur qu’avait eu à effectuer sa douce amie. Et pourtant…et pourtant elle aurait tant souhaité qu’il la comprenne. La soutienne. Une dernière fois. Tous deux avaient grandi sous les mêmes visages attendris, gambadé dans les mêmes prairies fleuries. Tiens, regardes comme je saute haut. Et puis la chute. Plus rien. Plus rien pendant des mois. Elle avait rencontré Bambi, l’avait aimé, au détriment de son meilleur ami. La biche avait du choisir, trancher entre un amour unique et l’amitié de toute une vie. Celui qui aurait pu la rendre heureuse et celui qui la rendait déjà par son simple regard. Prête à contourner cette décision cornélienne ; ils ne lui avaient pas laissé le choix. Leurs querelles incessantes avaient eu raison de sa patience aguerrie. Des regrets ? Elle en avait connus. Parfois, quand elle voyait Ronno rire avec une autre biche du troupeau. Jalousie modérée d’une adolescente en reconstruction. Depuis toujours –du plus loin dont elle pouvait bien se souvenir- ça n’avait été qu’eux deux : lui et elle, elle et lui. Et puis vint Bambi. Il n’avait pas tant eu à la séduire pour qu’elle ne cède devant ses charmes. Longtemps, elle avait rêvé son visage, soupiré sous le souvenir de son sourire, songé à loger son cou sur son échine recourbée et y loger son âme, l’essence même de ses douces paroles. Son ami n’avait pas compris ; elle avait choisi pour lui. Aujourd’hui, le choix n’était plus sien et ce fardeau dardait sa foi avec une brutalité certaine. Aurait-elle seulement choisi le même chemin ? Le même dessein ? Malgré l’incertitude qui brutalisait sa conscience, elle n’en restait pas moins convaincue que, si elle avait eu à recommencer, à choisir à nouveau, son regard se serait posé sur Bambi. Mais la donne avait changé. Dans ce monde, l’amitié logeait à une place plus importante. Un besoin indécent de ce soutien inébranlable. A toute épreuve. Cependant, la vengeance restait un plat à manger froid ; ne manquait à Azazel que les couverts pour s’en saisir. Car si autrefois le choix n’avait fait que la faiblir, il était dès lors sur le point de détruire sa résistance. Azazel ou Ronno ? Azazel aujourd’hui, Ronno pour une autre vie. Ne perdre ni l’un ni l’autre restait sa plus grande fabulation car l’un des deux à jamais était perdu. Peut-être aujourd’hui le destin donnait sa réserve ; car si l’amour avait le don d’égayer les cœurs et pousser au bonheur, celui-ci n’était vrai qu’une fois partagé. Sans ce seul ami, plus rien n’avait d’importance. Une carcasse. Un corps vide, vacillant sous les flammes d’un amour éternel qui pourtant jamais ne suffirait à la satisfaire. L’amitié d’Azazel venait compléter ce tableau incomplet. L’amertume des regrets.

Devant son explosion, il restait impassible. Rien ne semblait venir perturber sa colère qui doucement s’abattait sur cet appartement qui avait vu éclore une amitié sincère. Mais comme en amour, un lésé toujours il y avait aussi en amitié et, ce jour là, elle pleurait devant cette position ignoble de vulnérabilité. Incapable de venir faire aussi mal au jeune homme froid qui lui tenait tête qu’il lui en faisait, elle cessa son cinéma, penaude. Elle avait sa faiblesse en horreur. Ah ça oui alors. Et de loin, elle se permettait d’admirer ces femmes qui lui semblaient si fortes, celles qui avaient le choix des armes pour lutter. De son côté, Alakay n’avait que sa sensibilité, sa sincérité, son honnêteté. Quelques qualités pourtant prisées mais bien inutiles en terme de confrontation. Pourtant, elle a essayé. Son discours reste évasif, volontairement. Si elle devait l’affubler de ses plus terribles arguments, elle aurait cité sa présence nécessaire à son équilibre. Elle aurait cité son regard bienveillant, son sourire amusé lorsque de ses maladresses elle cassait la vaisselle, sa démarche assurée, ses gestes protecteurs, ses mots rassurants et son souffle contre son cou lorsque par quelques instants de faiblesse, elle avait besoin de son soutien. « Tu n’as jamais été réellement heureuse dans ce monde, même si j’ai été là, car lui était absent, c’est ça ? J’étais amoureux de toi, Féline. Et pourtant, je t’ai oubliée, totalement. Ne prétends pas que je suis incapable d’amour, je te l’interdis fermement, tu ne sais absolument pas ce qui se passe dans ma vie car tu n’en fais pas partie, tu n’en as jamais fais partie dans ce monde. » Un poignard. En plein cœur. La voilà déjà qui se sentait vaciller ; s’imaginait vomir cette naïveté omniprésente qui l’avait fait croire à ses douces paroles. Blessée, elle ferma les yeux, accepta la critique sans pour autant l’approuver. Se laissa quelques instants de répit, pour avaler ces  flux meurtriers. Pour respirer. A nouveau. « Si, je l’ai été. » Elle s’éloigna quelque peu pour se saisir d’un cadre qu’ils avaient fièrement accroché sur le mur de la cuisine quelques mois avant. « Tu trouves que j’ai l’air malheureuse là ? » L’image parlait d’elle même et, devant leur sourire ravis, elle se revoyait déjà meubler ce dortoir en sa compagnie. Finie l’errance, bienvenue la nouvelle vie. Heureuse. Elle l’avait été. Avec lui. Et ce depuis des mois. Un puzzle peut être magnifique même s’il en manque une pièce importante. Elle avait été ce puzzle incomplet, souriant pourtant. « T’es injuste… tu sais très bien qu’à ma manière, moi aussi, je t’ai toujours aimé. Tu ne peux pas prétendre que tout ce qu’on a vécu ici n’a pas compté pour toi ! » Elle essuya ses larmes avec rage avant de serrer les poings à s’en faire mal : « Non, t’as pas le droit de dire ça, tu m’entends ? » Cette dernière phrase sonna le glas de sa patience et ces mots de par ses lèvres presque criés laissait entrevoir une autre parcelle de sa personnalité humaine : la persévérance.

Une impression victorieuse vint illuminer son regard lorsque son ami brisa la distance qui s’était imposée à eux. Comme une enfant fragile, elle le laissa éponger les larmes, noyer sa douleur. Mais quelque chose l’empêche de montrer plus de compassion et le voilà déjà loin. Difficilement, elle prit la peine de déglutir l’amertume de son espérance. « Mais bien sûr que rien ne changera, je ferai juste insonoriser ta chambre pour quand il viendra te rendre visite. » L’ironie palpable de son sarcasme faisait place à la fureur de la dernière chance. Si elle avait encore un espoir de le retenir ; c’était maintenant ou jamais. Mais  n’était-il pas déjà trop loin ? N’avait-il déjà pas trop souffert de ce grand amour ? Egoïste. Oui, elle savait l’être. Cependant, malgré cette conscience désolante, elle ne pouvait imaginer une journée de plus loin de celui qu’elle appelait « grand frère » dorénavant. Elle le vit alors se diriger vers la cuisine ; trop consciente de ce qu’il part y chercher pour apaiser ses nerfs. Impuissante, elle tâcha de se cramponner à son poignet pour l’en empêcher ; mais il fut trop rapide. « Aaaaz.. » Le désespoir de sa mélopée résonnait en écho comme une dernière volonté. Un besoin qu’il n’aille pas se foutre en l’air. Pas cette fois. Pas encore par sa faute. Tout en y repensant, la réalité lui fonça en pleine figure. Elle avait été l’épée qui avait causé la douleur de son ami durant toutes ces années ; elle qui pourtant n’avait cessé de souhaiter son bonheur. Un bruit sourd résonna contre le mur de la cuisine : elle préféra se taire. Les choses doucement prenaient une tournure qui ne lui plaisait guère. « Ta tristesse m’aurait tué il fut un temps. Mais là, elle ne fait que m’accabler et m’exaspérer. Je déteste les pleurnichardes, Alakay, alors arrête, je n’ai pas vraiment envie de te détester. La vérité, c’est que tu as peur de devoir faire un choix. Non pas car tu me feras souffrir en choisissant l’autre abruti, mais seulement parce que tu te sentiras coupable. Dans ce cas, je choisis pour toi, je choisis de préserver ta joie et de l’embellir. Je choisis de ne pas t’imposer un choix, je choisis de me retirer du jeu. » Et s’ensuivit le drame. L’hécatombe. Le jugement dernier de tout ce qu’elle avait toujours souhaité éviter. Elle ouvrit la bouche, prête à répliquer à sa tirade ravageuse… mais rien. Rien ne vint. Elle resta la bouche entrouverte pendant de nombreuses secondes ne sachant comment rebondir sur ces paroles un peu trop dures. « Je choisis de ne plus me battre pour toi. » La lâcheté d’une vie. Un mal qui fait mouche et ne s’en irait plus. Jamais. Et voilà déjà que de sa superbe, le bourreau trinquait. Sa cible effarée lentement cependant dans les abysses sombrait.

Et ensuite ? Qu’est ce qui se trouvait donc ensuite ? Etait elle seulement prête à ça. Comme une enfant elle fonça sur Azazel en séchant ses pleurs, difficilement. « J’arrête, j’arrête de pleurer si tu veux. » Mais ses sanglots n’étaient pas décidés à s’arrêter et se tintaient d’horribles reniflements. « Je veux pas avoir à vivre sans toi Az. Je te demande pas de te battre pour moi, ni pour nous. Non. Même si t’y crois pas, moi je suis sure que j’ai les épaules pour me battre pour deux, pour trois même. Je peux pas oublier toutes ces fois où tu m’as fait sourire alors que j’avais juste envie de baisser les bras, ces nuits où tu as calmé mes peurs. Non. Je peux pas oublier. Je veux pas que tu partes. Je veux pas. » Enfant gâtée. De ses bras, elle tâchait de circonscrire son torse parfaitement musclé, rebondi. « Me laisses pas. » Et plus que jamais ; elle avait besoin de quelqu’un pour éponger ses larmes mais la dureté du corps d’Azazel ne faisait que lui confirmer que pour la deuxième fois de sa vie : elle était sur le point de le perdre à jamais.  



Dernière édition par Alakay F. Hind le Mar 8 Avr - 9:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Azazel) ❀ Veni, vedi, vici. (Azazel) ❀  Veni, vedi, vici.  EmptyJeu 13 Mar - 19:34

If she’s crying, don't say anything. Just hug her.


Il m’a fallu du temps pour m'en souvenir, mais au moins, je m’en suis souvenu. Mieux vaut tard que jamais, non ?

Peut-être n’ai-je jamais été amoureux d’elle. Peut-être seulement étais-je trop sot pour me rendre compte que l’amour que je lui portais ne faisait pas pour autant de moi cet amoureux fou. Peut(être l’avais-je seulement toujours considéré comme cette amie proche, cette sœur de cœur trop vulnérable et bien trop peu expérimentée pour que je la laisse s’en aller vers d’autres horizons sans moi.
Le fait est qu’aujourd’hui, je remets en questions tous mes sentiments. Quand je vois l’état dans lequel je suis en présence de Hell, je me dis que Féline n’était peut-être même pas une amourette, peut-être était-elle seulement cette biche attentionnée qui sut voir à travers mon regard éteint et qui réussit à abattre mon mur d’arrogance d’un simple souffle. Peut-être que pour être reconnaissant, j’ai voulu être amoureux. Oui, après tout, il est fort possible que le besoin d’aimer s’est manifesté mais qu’au final, rien de tout ça n’était réel. J’avais de plus en plus besoin d’elle et avec l’apparition de Bambi dans sa vie, je me suis dis que le seul moyen de ne pas le perdre serait d’avoir un lien plus concret et plus solide avec elle.
Sauf que voilà, au lieu de la garder près de moi, j’avais réussi à l’éloigner, à la perdre pour ce que je croyais une longue éternité mortelle. Elle avait choisi et je n’avais pas réussi à lui pardonner le fait de s’en être allée si facilement vers Bambi qui avait déjà réussi à me voler quelque chose que je convoitais depuis fort longtemps.
Mais la vérité est que je n’ai jamais cessé de l’aimer.

Tandis que je jalousais Bambi, je détestais Féline sans pour autant cesser de l’aimer. J’avais si peur qu’elle se fasse mal à ainsi s’aventurer dans ce grand Amour sans même savoir ce qui l’attend à l’autre bout du tunnel. Elle se pensait amoureuse et courageuse mais mois je ne voyais qu’une biche naïve et fragile, belle mais si cassable. Dans ce monde, je me suis persuadé que je voulais la retrouver dans l’unique but de lui faire regretter cet singulière douleur qu’elle m’infligea quand nous étions encore jeunes et qui n’a jamais réellement réussi à me déserter, mais la vérité a toujours été toute autre ; je voulais la retrouver uniquement parce que j’avais besoin d’elle pour mon équilibre, parce que je l’aimais profondément et aussi sincèrement qu’on puisse l’être. Et je ne voulais pas la perdre, plus jamais – je ne serai jamais amoureux d’elle et jamais je n’aurai à la séparer de Bambi ou de quiconque qui pourrait être son copain, alors elle n’aura plus à choisir.
Alors à quoi je joue ? Pourquoi ne puis-je simplement la prendre dans mes bras, la serrer contre mon cœur battant qui lui susurrerait tout l’amour que j’ai pour elle et qui lui chuchoterait doucement en lui caressant la chair que je suis heureux que de nouveau, son sourire sera peint de mille et une nuances ? Pourquoi ne puis-je taire cette jalousie que j’ai ignorée pendant longtemps, que j’ai jusqu’à oublier ? Pourquoi ne puis-je me mettre à sa place ? Pourquoi ne puis-je être cette personne que j’ai juré d’être pour elle il fut un temps, cette personne qui la chérirait et ne lui ferait jamais de mal, celle qui sécherait ses larmes de doux baisers sur les tempes et qui soufflerait sur son visage quelques blagues pathétiques pur faire raisonner son éclat de rire cristallin ?
Est-ce si difficile d’être quelqu’un de bien ?

Je lui dis qu’elle n’a jamais compté pour moi dans ce monde et me demande parallèlement comment je réussis à lui mentir avec tant d’aisance. Un silence plane entre nous sans qu’on bouge. Je la regarde en fronçant légèrement les sourcils et j’ai l’impression de sentir un milliard de lamelles venir me lacérer les veines pour laisser affluer mon sang jusqu’à teindre ma conscience de taches pourpres de culpabilité. Je vois dans le regard d’Alakay tout le mal que je lui fais et ne peux m’empêcher de souffrir tout autant, si ce n’est plus, car je sais pertinemment que je lui le seul à l’origine de ce désarroi. Je ne cache absolument pas mon étonnement lorsqu’elle me contredit, lorsque la douce biche ose me tenir tête. Un sourire mauvais étire mes lèvres alors que je m’apprête à lui affirmer une seconde fois qu’elle n’est que poussière à mes yeux, à présent. Pourtant, lorsque je la vois se saisir d’un cadre approché et me le montrer en m’adressant quelques mots, je ne suis capable que de prendre l’objet entre les mains, muet.
Non, elle n’a pas l’air d’être malheureuse. Pas plus que je n’ai l’air jaloux ou amoureux. Nous sommes juste bien, juste… Juste nous deux.
Elle se remet à parler et essuie rigoureusement ses larmes avant de serrer ses poings alors que mon regard se pose sur elle, perdant de sa dureté. Le pire, c’est qu’elle a raison et que je suis incapable de la contredire, incapable de lui mentir encore une fois.
Je pose la cadre sur la table basse, me redresse et hausse les épaules, m’approchant d’elle pour laisser mes doigts trainer sur ses joues pour essuyer les vestiges de ses larmes salées.
Mais je vois Bambi qui fait ce geste et la vois s’écrouler dans ses bras. Je l’imagine lui dire à quel point je lui ai fait mal en lui avouant que je ne l’ai approchée que pour la blesser, je l’imagine se plaindre des coups que je lui aurai assénés sous cette autre personnalité qui m’habite et je suis incapable de supporter cela d’avantage. Alors je la repousse en lui lançant une phrase emplie de sarcasme.

Direction la cuisine. Je sens ses doigts frêles autour de mon poignet et le surnom qu’elle m’a donné se prélasser contre ses lèvres, mais je me dégage facilement et vais me servir un verre d’alcool. Lorsque mon poing s’écrase contre le mur, j’ai l’impression qu’elle savait déjà que j’allais agir de la sorte alors que moi-même l’ignorais.
Elle me connait. Elle me connait depuis longtemps et si bien. Elle me connait et elle dit m’aimer. Moi aussi, je l’aime. Mais je lui fais du mal. Alors elle doit s’en aller. S’en aller vers cet abruti de Bambi qui est morphologiquement incapable de la blesser, de lui mentir. Elle sera mieux avec lui.
Car là est ma plus grande peine : elle l’a choisi une fois, certes, mais le pire… C’est que j’ai toujours trouvé cela légitime. À sa place, moi non plus je ne me serai pas choisi.
Lorsque je reviens vers elle, je lui dis quelque chose de sincère : je choisis de la laisser s’en aller. Je pense réellement que ça pourrait être plus bénéfique pour elle et même si la douleur ne se fait pas ressentir à travers ma voix, elle est pourtant palpable si on prend la peine de regarder mes yeux à la couleur plus pâle encore qu’à l’habitude. Elle ouvre la bouche, mais ne dit rien. Comment suis-je censé prendre cela ? Résigné, comprenant qu’elle ne semble pas si mécontente à l’idée que je la laisse vivre en paix, je lui annonce que je ne me battrai plus pour elle.
Hécatombe, catabase, agonie, pénitence… Je ne sais quel mot poser sur tout cela, mais je sais que la douleur prend des ampleurs que je n’aurai jamais envisagées. Comment puis-je avoir si mal en prenant une décision ? Comment puis-je être si malheureux, en cet instant ? Comment peut-elle encore celle qui pourrait m’asservir ? Comment fait-elle pour compter tellement pour moi ?

Je déglutis difficilement, esquisse un pas vers ma chambre mais m’arrête brusquement lorsque je la vois littéralement foncer sur moi. Plus par réflexe que poussé par une envie subite, mon bras entoure sa taille. Et lorsque je me rends compte de mon geste, je ne suis même plus capable de l’éloigner de moi, préfère davantage encore écouter ce qu’elle me dit alors qu’elle s’oblige à arrêter le flot incessant de ses larmes. Ses doigts pianotent sur mon torse et c’est dans un souffle, dans un sanglot étouffé qu’elle me dit de ne pas la laisser.
Je retire mon bras de sa taille et pose les deux mains sur ses épaules, fermant les yeux. Je la repousse doucement mais avec assez de force pour qu’elle ne me résiste pas.

Il n’est jamais trop tard pour essayer d’être quelqu’un de bien. Il n’est jamais trop tard pour apprendre. Et ce qu’il me faut, en ce moment, c’est le mode d’emploi d’amour. J’aimerai tellement savoir l’aimer.
Alors aime-là, imbécile.

Brusquement, je l’attire contre moi et laisse mes bras l’enserrer alors que mes mains se perdent dans ses cheveux. Mon front rencontre le haut de sa tête et je reste silencieux un long moment, la gardant si près de ce cœur qui aujourd’hui, à défaut de ne battre que pour elle, pourrait encore s’arrêter pour elle.
Je m’éloigne légèrement, glisse une main sur son menton et fais redresser son visage alors que mon front vient rencontrer le sien. Mon regard exprime toute la culpabilité du monde et j’aimerai posséder de plus grandes pupilles pour qu’elle voie que ma douleur ne se limite pas à quelques centimètres carrés mais qu’elle prend des proportions impossibles à définir même avec les lois universelles des plus grands mathématiciens.

« Je n’irai nulle part, ne te laisserai pas, Alakay. Tu es la première que j’ai aimée et aujourd’hui encore, je t’aime sincèrement. Tu as choisi Bambi, avant, et je m’en suis remis. J’étais jeune, j’avais toute la vie devant moi, tout le temps de réduire ma souffrance. Mais maintenant, je te préviens, tu es plus importante que tu ne l’as jamais été alors si tu me refais un coup pareil, je peux te jurer que je ne m’en remettrai pas. »

Je lui souris faiblement et reprends d’une voix doucereuse, dans un murmure chatoyant :

« Pas besoin d’avoir les épaules solides, garde cette qualité pour quand Bambi déraillera et qu’il te faudra prendre sur toi. Avec moi, je… »

Mes mots se perdent dans les nuances de son regard et s’écorchent contre ses lèvres. Je vais doucement l’embrasser sur la joue en glissant mes mains des deux cotés de son visage.

« Je te promets que jamais plus tu n’auras à devoir te battre pour deux. Tu peux te battre pour qu’on reste ensemble, mais tu n’auras plus à faire ma part du travail. Quand tu seras fatiguée, quand tu iras mal, alors je prendrai ton fardeau. Tant que tu pourras regarder mon cœur et l’embaumer de ton amour, alors je ferai tout, absolument tout pour rester près de toi. »

On se disputera encore, mais jamais plus je ne lui dirai toutes les méchancetés venimeuses qui se sont frayés un chemin jusqu’à ma bouche aujourd’hui. Jamais plus elle n’aura à devoir me pardonner d’être si sadique envers elle.
Mais le problème n’est pas réglé pour autant. Elle a retrouvé Bambi et plus jamais les choses seront pareilles…
J’ai rencontré Midori, Hell et pourtant, les choses n’ont jamais changées entre Alakay et moi. Alors pourquoi suis-je si effrayé, au juste ? Je lui fais signe de me suivre et me dirige vers ma chambre où je me sers un autre verre d’alcool dans lequel je trempe à peine mes lèvres. Je l’’attire près de moi pour la faire asseoir sur le lit et m’installe à ses cotés. Je glisse alors un bras autour de ses épaules et presse mes lèvres contre se tempe en fermant les yeux.

« Jamais je ne pourrai m’entendre avec Bambi qui eut la vie que j’ai toujours prisée. Je ne ferai jamais aucun effort pour sympathiser avec lui. Pas même pour toi. En revanche, je peux t’écouter parler de lui, je peux tenter de te conseiller – seulement si je suis excessivement lucide, c'est-à-dire ivre, sinon, tu risques d’être aussi paumée que moi. Je pourrai même lui casser la gueule s’il ose te faire du mal. D’ailleurs, je crois que je lui casserai la gueule même s’il fait tout parfaitement, parce que bon, il fait toujours les choses bien avec toi cet idiot et au moins comme ça, j’aurai plein d’occasion de lui taper d’ssus. »

Je m’allonge alors et adresse un sourire à Alakay en lui faisant signe d’approcher.

« Tout ce que je te demande, c’est de ne pas essayer de me convaincre d’être amical avec lui. Et si tu pouvais passer la nuit avec moi ce soir, histoire que je me fasse pardonner cette attitude excessivement possessive, jalouse et immature, ce serait parfait. Je ne cesserai de t’aimer que lorsque l’alcool ou un amant jaloux aura raison de moi. »
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MessageSujet: Re: (Azazel) ❀ Veni, vedi, vici. (Azazel) ❀  Veni, vedi, vici.  EmptySam 29 Mar - 16:08

D'accord je t'ai confié tous mes sourires, tous mes secrets. Même ceux dont seul un frère, est le gardien inavoué. Dans cette maison de pierre, Satan nous regardait danser.
Azazel & Alakay

L’amour n’était pas toujours évident ; loin de là. Il était tantôt éphémère, tantôt éternel et n’avait pour seul juges que les quelques concernés. Sentinelle parfois d’un ben trop long naufrage, souvent il promettait des richesses scintillantes. Léger, il posait un voile indécent sur des cœurs vidés par le mépris, l’abandon, la peur d’être à nouveau abandonné : seul. Il avait rendu fou les gens les plus saints d’esprits qui, pour y gouter, avaient été prêts à miser pour offrande la tranquillité d’une vie jugée ennuyante. Vils avides, ils n’avaient pas réfléchi avant de se faire enrôler : car l’amour promet et donne, si seulement l’on sait s’en saisir. Il n’est pas donné à tout le monde que d’être aimé par l’être aimé ; s’en suit le désespoir, l’incertitude, la perte progressive de toute sérénité. Ne frappe-t-il seulement qu’une fois ? Alakay n’en savait trop rien ; d’ailleurs, comment aurait-elle pu le savoir ? Elle était persuadée d’avoir retrouvé Bambi, et, là où elle savait ses sentiments demeurés inchangés ; elle se posait bien plus de questions sur la nature des sentiments qu’aurait pu lui porter cet homme qu’elle avait croisé, dans ce monde ci. Douloureuse appréhension d’une enfant qui s’égare, qui se perd. Certes, elle s’était rendue compte durant le temps qu’elle avait passé dans ce monde nouveau que, de son côté, ses sentiments ne s’étaient pas ternis : ni ceux pour Azazel, encore moins ceux pour Zadig. Et si autrefois elle avait choisi Bambi, le choix lui semblait bien plus cruel aujourd’hui : comment aurait-elle seulement pu se défaire de celui qui lui avait appris à aimer ce nouveau corps, cette nouvelle vie ? Parfois, elle avait même plongé dans les plus profonds retranchement de son affection pour son colocataire : n’éprouvait-elle ici que de l’amitié à son égard où était-elle animée d’une vive attirance ? Combat bestial, sanguinaire et interminable du cœur contre la raison. Azazel était un homme charismatique, tendre et affectueux quand il le fallait, mais son cœur était ailleurs, resté dans la forêt, là où elle gambadait paisiblement avec l’ « homme de sa vie », de ses vies. Là où souvent, les pères deviennent des super-héros pour leur progéniture, le sien était Azazel. Elle l’admirait, tâchait parfois de prendre exemple sur celui qu’elle jugeait invincible, mais elle se rendait vite compte n’être pas assez forte pour se délecter des mêmes avantages. En était-il toujours ainsi ? Le sexe masculin était-il favorisé dans tous les mondes ? A l’époque, Ronno et Bambi gambadaient plus vite qu’elle n’en était capable, sautaient plus haut, poussaient plus fort et voilà que dans ce nouveau monde, le constat était le même pour Azazel : il était plus grand, plus fort, plus solide, moins fragile. Moins fragile. Car oui, elle était restée cette petite biche fragile au tempérament désinvolte, à la candeur et à la naïveté quelque peu trop dociles et à la tendresse démesurée. Elle était restée cette enfant qui le soir s’endort en attendant impatiemment le lendemain afin de découvrir toutes les promesses d’un avenir trop incertain.

Alors, elle se répétait considérer Azazel comme un frère, un meilleur ami, un pilier fondamental pour les fondations d’une cité un peu fragile. Et inconsciemment, elle commençait à culpabiliser de chercher à s’émanciper un peu, encore une fois. Elle avait bâti sa vie dans ce monde autour de leur amitié et, il avait toujours été la personne ici qui avait le plus compté depuis qu’elle l’avait retrouvé. Avant lui, elle s’était longtemps reposée sur sa complicité avec Kiméo et avait beaucoup souffert de sa disparition dans la nature. Elle n’avait cessé depuis de se demander pourquoi, ce qui avait bien pu se passer. Il l’avait lâchement abandonnée ; un mal pour un bien. Cette petite liberté qu’elle s’était à nouveau octroyée lors de son départ lui avait permis de retrouver Azazel, Ronno, son Ronno. Car oui, malgré son choix passé et tout le reste, Féline n’en était pas moins restée une biche possessive et protectrice. Telle une mère, elle tâchait de veiller aux mieu sur ceux qui lui tenaient à cœur. C’est alors qu’elle sourit en se remémorant toutes ses fois où elles s’étaient amusée à faire des sandwichs le matin et à en faire le double afin d’être sûre qu’Azazel aurait de quoi se nourrir pour le repas. Elle était comme ça, Alakay, attentionné et soucieuse de bien faire. Son regard se noircit cependant quand elle repensa au vide qu’avait laissé Kiméo en se volatilisant. Son meilleur ami était-il entrain de soupçonner un pareil abandon ? Elle en savait assez pour affirmer que plus jamais elle ne voulait avoir à rencontrer pareil douleur, pareil sentiment d’abandon, mais était-elle entrain de l’imposer à son seul allié ?

Son geste désespéré visant à le ramener à la raison semble le bouleverser et intérieurement, elle s’en félicite à travers les larmes qui roulent encore de ses yeux gonflés par le sel de la peur, de la douleur. Il ne peut pas la laisser, pas comme ça. Comment pourrait-elle seulement un jour lui pardonner de fuir quand de son côté elle avait encore tant besoin de lui ? Impressionnée elle même de la fureur dont elle faisait preuve ce jour là, elle ne réussissait à calmer son palpitant déchaînée. Guidée par la peur d’être à nouveau abandonnée et par l’acharnement désespéré d’obtenir gain de cause, elle se battait avec les moyens du bord : avec sa sensibilité et toute son affection. Elle ne pouvait pas se détacher de lui ainsi, la perte aurait été démesurée. Curieuse cependant de rencontrer Bambi et de tout savoir sur sa nouvelle vie, elle préférait ne pas réfléchir à la dureté de ce choix dans ce monde : avait-elle donc à choisir entre quelqu’un qu’elle connaissait et qui lui apportait tout ce dont elle avait besoin et quelqu’un qu’encore elle ne connaissait pas mais pour qui son cœur battait déjà ? Elle eût peur un instant qu’il ne la pousse pour se frayer un chemin et fût rassurée lorsqu’il vint encercler sa taille d’un bras protecteurs. Elle fondit alors en larmes, laissa échapper quelques sanglots douloureux. Le calme ne se pointait pas ; elle avait encore peur. Les mots fusaient difficilement d’entre ses lèvres tandis qu’elle cherchait désespérément à oxygéner son cœur meurtri. Il réagit. Il prit du temps à le faire mais Azazel ne resta pas insensible au mal qui se tramait devant lui. Il posa ses mains fortes sur les épaules de la biche pendant que celle-ci se calmait peu à peu, laissait entrevoir l’espoir dans ses yeux clairs. Il la serra fort contre lui. Aussi inattendu qu’ait pu être ce geste, il fit le plus grand bien à la demoiselle qui en profita pour ressourcer son esprit embrouillé. La douleur doucement se volatilisait pour ne laisser de place plus qu’à la peur d’être seule. A nouveau. Schéma d’abandon dysfonctionnel. Foutu dysfonctionnement. Ne me laisse pas ou j’en mourrai. . Ils restèrent ainsi un long moment sans qu’elle n’ait eu le courage de briser le soulagement que lui apportait ce geste. Elle en avait besoin. Elle en avait tant besoin. Perdre Azazel aurait été pour elle une épreuve insurmontable ; une barrière robuste dressée contre la reconstruction de celle qu’elle avait été, autrefois. Celle qu’un jour il avait su aimer. L’aimait-il encore aujourd’hui ? Etait-il lui aussi prêt à donner sa vie pour elle comme de son côté elle l’était pour lui ? Sa dureté ne permettait pas toujours de distinguer ses sentiments et pourtant, Alakay le savait bon. Terriblement bon.

Il fut le premier à briser le silence, à trouver le courage de parler à nouveau : « Je n’irai nulle part, ne te laisserai pas, Alakay. Tu es la première que j’ai aimée et aujourd’hui encore, je t’aime sincèrement. Tu as choisi Bambi, avant, et je m’en suis remis. J’étais jeune, j’avais toute la vie devant moi, tout le temps de réduire ma souffrance. Mais maintenant, je te préviens, tu es plus importante que tu ne l’as jamais été alors si tu me refais un coup pareil, je peux te jurer que je ne m’en remettrai pas. » Jamais ces mots n’avaient eu sur elle l’effet qu’ils avaient aujourd’hui. Et, à travers son soulagement inconditionnel, elle ne pouvait s’empêcher d’éprouver une sincère culpabilité. Pour la première fois de sa vie, elle se rendait compte avoir fait autrefois ce qu’elle redoutait que l’on lui fasse aujourd’hui : elle l’avait abandonné. Du jour au lendemain ; elle avait choisi sans jamais se retourner pour voir l’ampleur des dégâts alors qu’elle se devait d’être là pour Ronno, pour celui avec qui elle avait grandi. Essuyant un sanglot, elle prononça dans un murmure : «  Il ne se passera plus un jour sans que je ne regrette le comportement que j’ai pu avoir envers toi. J’ai du choisir car la situation devenait invivable et j’aimerais que tu m’en excuse aujourd’hui. » Elle réfléchit un instant en pesant le poids de ses mots avant de promettre solennellement : « Je te jure que je prendrai plus jamais de décision aussi radicale. T’es la personne la plus importante dans ma vie, au jour d’aujourd’hui et même si j’ai sincèrement envie de retrouver Bambi, je ne sais pas si mon désir est partagé. Je sais ce que j’ai aujourd’hui, pas ce que j’aurai demain. T’es mon meilleur ami Az, celui qui me connaît le mieux, je veux pas qu’on perde notre complicité. Je t’aime tu sais, et j’ai besoin de toi. » Elle tâcha de se souvenir si un jour ces mots avaient déjà traversé l’embrasure de ses lèvres pour une autre personne que pour Bambi et arriva à la terrible conclusion que non. Mais l’amour qu’elle portait à Azazel était pur, sincère, aussi honorable que celui qu’elle aurait pu porter à un frère si un jour elle avait eu la chance d’en avoir un.

Leur mise au point ne s’arrêta pas là et il reprit de plus belle : « Pas besoin d’avoir les épaules solides, garde cette qualité pour quand Bambi déraillera et qu’il te faudra prendre sur toi. Avec moi, je… » Elle resta un moment pendu à ses lèvres –sans relever le sens que pouvait prendre sa phrase- avant qu’il ne daigne enfin la continuer « Je te promets que jamais plus tu n’auras à devoir te battre pour deux. Tu peux te battre pour qu’on reste ensemble, mais tu n’auras plus à faire ma part du travail. Quand tu seras fatiguée, quand tu iras mal, alors je prendrai ton fardeau. Tant que tu pourras regarder mon cœur et l’embaumer de ton amour, alors je ferai tout, absolument tout pour rester près de toi. » Elle rompit la distance qui les séparait pour venir à nouveau se lotir contre son torse : après toutes ces émotions, elle en avait grandement besoin. « Si c’est si facile que ça, si j’ai rien d’autre à faire pour te garder auprès de moi, je signe où ? » Et un sourire illumina à nouveau son visage pendant qu’elle humait profondément le parfum de son ami pour en garder à jamais une trace indélébile dans le mémoire.

Quand il l’invita à le suivre, elle ne se fit pas prier. Elle s’empressa de lui emboîter le pas avec insistance et impatience. Quand elle le vit se servir un verre d’alcool, elle retint une remarque maternelle, histoire de ne pas raviver les braises de leur précédente querelle. Assise sur son lit, elle laisse son regard se perdre dans le sien, dans la profondeur de ces perles d’ébène, dans les profondeurs de cette âme qu’elle pensait pourtant connaître mieux que personne.   « Jamais je ne pourrai m’entendre avec Bambi qui eut la vie que j’ai toujours prisée. Je ne ferai jamais aucun effort pour sympathiser avec lui. Pas même pour toi. En revanche, je peux t’écouter parler de lui, je peux tenter de te conseiller – seulement si je suis excessivement lucide, c'est-à-dire ivre, sinon, tu risques d’être aussi paumée que moi. Je pourrai même lui casser la gueule s’il ose te faire du mal. D’ailleurs, je crois que je lui casserai la gueule même s’il fait tout parfaitement, parce que bon, il fait toujours les choses bien avec toi cet idiot et au moins comme ça, j’aurai plein d’occasion de lui taper d’ssus. » Elle l’écoutait parler avant de venir passer un index devant sa bouche pour ne pas qu’il en dise davantage. Elle soupira avant de lui adresser un sourire et de passer une main autour de son torse pour se blottir contre son épaule : « Il a une vie que peut-être tu as rêvé, mais le destin fait bien les choses ; à ta manière, toi aussi t’es destiné à accomplir de grandes choses. Mais tu sais, il n’a pas besoin de devenir ton meilleur ami, loin de là. Et si ça t’arrange que je ne l’amène jamais chez nous, par respect pour toi, je le ferai. Ainsi, tu n’auras aucune raison de devoir t’arranger de sa compagnie. Je n’veux pas que les choses changent entre nous, on est bien comme ça. Mais pour être vraiment moi, j’ai besoin de l’avoir à mes côtés, lui aussi. Tout comme toi t’as besoin de… comment elle s’appelle déjà ? Celle qui t’envoyait pleins de messages l’autre soir quand on regardait la télé ? Mince aide moi, je me souviens plus… » Elle leva les yeux au ciel en réfléchissant assidument.  Décidément, elle ne se souvenait vraiment plus du prénom de la jeune demoiselle, alors, dépitée, elle fit la moue pendant qu’Azazel s’entendait de tout son long sur le lit. Elle posa sa tête contre son torse, couchée à ses côtés en regardant par la fenêtre. Elle avait eu chaud en cette fin d’après midi et avait risqué le drame.  « Tout ce que je te demande, c’est de ne pas essayer de me convaincre d’être amical avec lui. Et si tu pouvais passer la nuit avec moi ce soir, histoire que je me fasse pardonner cette attitude excessivement possessive, jalouse et immature, ce serait parfait. Je ne cesserai de t’aimer que lorsque l’alcool ou un amant jaloux aura raison de moi. » Un sourire malicieux vint se dessiner sur son visage : lui aussi s’adoucissait. Elle monta à califourchon sur lui avant de lui tendre le petit doigt : « Deal. Mais seulement si tu me laisses te préparer un bon repas d’abord ! Je suis de mauvaise humeur quand j’ai pas mangé. » Et elle était bien contente de voir les choses s’arranger ; son sourire en disait long sur son état actuel.




Dernière édition par Alakay F. Hind le Mar 8 Avr - 9:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Azazel) ❀ Veni, vedi, vici. (Azazel) ❀  Veni, vedi, vici.  EmptyMer 2 Avr - 23:23

I need your love.


Ce n’est que lorsque je réussis à passer outre ma jalousie ainsi que ma possessivité, attirant Alakay dans mes bras que je semble être frappé par une foudre d’illumination : son corps tremble encore, ses joues sont rougies et ses yeux doivent encore lui procurer des picotements agaçants, alors comment j’ai bien pu me montrer si dur envers elle aussi longtemps ? Comment est-ce que j’ai pu la mettre dans un état physiquement si lamentable qu’il n’y avait nul doute sur le fait que mentalement, elle était dissipée, perdue. Me pardonnerait-elle seulement cette rudesse ? Je suis incapable de trouver une seule bonne raison pouvant justifier mon comportement. Certes, je ne peux absolument pas supporter Bambi, mais est-ce que je dois faire du mal à celle qui, il fut un temps, était la seule qui comptait à mes yeux et qui, aujourd’hui, possède une place si importante dans mon cœur que si elle ne faisait plus partie de ma vie, elle emporterait avec elle une part de mon humanité ? Et pas une moindre part, car elle est, quelque part, la première ancre que j’ai trouvée dans ce monde. Effectivement, lorsque ma double personnalité s’est manifestée, il me fallait une acre pour pouvoir me raccrocher à cet part humaine… Et c’était le souvenir de Féline. Alors quand j’ai trouvé Alakay, malgré ce dédain premier que j’ai ressenti à son égard, j’étais incapable de nier l’amour que je lui portais, immuable et indestructible, merveilleux et harmonieux.
Et puis j’ai une bien étrange pensée en cet instant qui me confronte dans mon idée qu’elle sera toujours unique à mes yeux : son corps semble trouver parfaitement sa place contre le mien. J’ai l’impression que sa tête est juste au bon niveau car il me suffit d’incliner la mienne pour pouvoir déposer mon menton sur le haut de son crâne. Ses bras frêles peuvent retrouver leurs énergies en allant se poser aux creux de mes reins tandis que sa silhouette peut parfaitement se dissimuler derrière la mienne.
Je ressens non pas seulement l’amour et la quiétude, mais quelque chose que je n’avais pas ressenti depuis mon arrivée ici… De la magie.  L’instant que je partage avec Alakay est magique, notre relation est magique et moi, je ne suis qu’un abruti le comprenant juste à temps.

Elle devrait être médaillée, couronnée ou, tout du moins, respectée. Elle qui s’attendait à retrouver plus au moins le Ronno qu’elle a connu est tombé sur un homme à la personnalité achevé, au caractère endurci et au cœur entouré d’une muraille de glace. Au début, il m’était difficile de rester trop longtemps en sa compagnie car j’avais toujours pour but de lui faire du mal en me rapprochant d’elle mais que plus que je restais à ses cotés, plus je comprenais que je serai incapable de lui faire ne serait-ce qu’une entaille au cœur de façon volontaire. Mais en plus d’avoir fais preuve d’années lumières de patience, la belle réussit à faire fondre les remparts se dressant autour de mon cœur en m’insufflant un peu de bonté dans l’âme. Et depuis, elle n’a cessé de me soutenir et, surtout, de supporter ce comportement que j’ai parfois à son égard et que je ne contrôle pas réellement. Alors, très sincèrement, Alakay devrait être récompensée pour toute la gentillesse et toute la tendresse qui emplissent son cœur et qui font déborder son âme en allant accrocher quelques étincelles à son regard déjà fort lumineux.

Elle en a assez dit. Elle m’a retenu là où un autre aurait eu trop de fierté pour ne serait-ce que m’adresser de nouveau la parole et m’a littéralement frappé avec toutes les émotions qui se dégageaient d’elle, alors oui, elle en a assez dit et ce n’est plus à elle de parler.
Alors je lui reparle, maladroit avec mes mots car je reviens inconditionnellement sur son abandon dans notre autre monde. Lui ai-je pardonné ? Oui et ce, depuis bien longtemps déjà. Mais j’ai l’impression qu’en cet instant, alors que je lui en ai peut-être parlé avant aujourd’hui – sincèrement, je ne m’en souviens pas – qu’elle prend pleinement conscience de ce choix qu’elle a fait et qui m’était apparu tellement… Tellement facile à effectuer que j’avais l’impression que jamais je n’ai réellement compté alors que j’aurai supporté les pires agonies des Dieux si ça pouvait lui épargner la moindre petite égratignure.
Elle essuie une larme et me murmure quelques mots qui me font plisser les yeux, désapprouvant de ce qu’elle venait de me confier. Mais alors que je m’apprête à lui faire part du fond de ma pensée, elle reprend en commençant par jurer solennellement, alors je déteste de me taire pour pouvoir l’écouter. Je souris légèrement, ne pouvant m’empêcher de penser que si, aujourd’hui, je suis la personne la plus importante pour Alakay, ça changera forcément lorsque tout ira bien entre Bambi et elle. Sauf que voilà, j’ai appris à différencier de l’amour et l’amitié, alors mon sourire est réellement sincère. Je note son doute quant au fait que son amour soit réciproque dans ce monde mais décide que j’aborderai le sujet un peu plus tard tout en faisant une petite pichenette sur le front lorsqu’elle dit m’aimer.

Nous ne sommes plus lovés l’un contre l’autre, mais je reprends la parole de plus belle et je suis assez étonné en la voyant revenir vers moi. J’étouffe un petit rire en l’enserrant contre moi.
Alakay méritait de vivre dans un monde fait d’étincelles et de chocolat, de beauté et de magie ; elle qui aimait tant la forêt mériterait de passer ses jours dans un endroit de verdure embelli ; elle serait une sorte d’enchanteresse aussi sublime qu’un elfe et aussi désirable qu’une sirène.
Et si pareil monde n’existait pas, alors elle mériterait au moins de retrouver notre monde. Mais pas en tant que biche, car même si je la trouvais irrésistible en ce temps, dans ce monde, elle est vraiment… Sexy. Bref, dans un cas comme dans l’autre, elle n’avait rien à faire ici, dans ce monde dans lequel on a atterri, aussi hostile, autant parsemé d’embûches.
La phrase qu’elle me sortit me fit rire, d’autant que son sourire réussit à réellement me faire sentir bien. Je la serre un peu plus avant d’aller coller mon front au sien.

« Tu me sous-estimes ma jolie, je ne suis vraiment pas facile à aimer. Me dis pas que tu as déjà oublié que je suis possessif, jaloux, impulsif, chiant et… Tu m’arrêtes quand tu veux surtout hein ! »

Avec un égo tellement gros que je refusais catégoriquement de continuer à fréquenter Alakay si elle ne pouvait pas se séparer de Bambi, comme si… Comme si cet idiot allait la souiller, comme si elle n’avait pas besoin de ça dans sa vie, comme si je devais être le seul abruti qu’elle devait aimer. Me pensais-je si important ? Parce que si c’était seulement de la possessivité, je ne voudrai qu’elle se rapproche d’aucun homme, sauf que là, il y avait aussi cette histoire d’égo qui faisait que je refusais qu’elle traine avec son grand Amour sous prétexte que je pourrai combler ce manque.
Je finis par l’inviter à me suivre dans ma chambre et j’en profite pour me servir un verre en me tournant vers elle, grimaçant doucement en me souvenant qu’elle n’aimait pas vraiment l’idée que je boive autant. Mais, il fallait bien l’admettre, je tenais bien l’alcool et ça, ce n’est pas une qualité que tout le monde a alors il faut bien l’exploiter un petit peu. Juste un petit peu.
C’est le regard solidement accroché au sien que je décide de reparler de Bambi et du fait que je ne pourrai pas fournir le moindre petit effort pour m’entendre avec lui. Tous deux assis sur le lit, son index se pose sur mes lèvres et toute mon être en frisonne. Elle soupire et affiche un sourire que je suis incapable de lui rendre, étrangement perturbé par son doigt sur mes lèvres. Heureusement, je réussis à rester assez concentré pour l’écouter attentivement lorsqu’elle se laisse aller contre mon épaule. Et alors que je m’apprête à répondre à la première partie, elle évoque Midori – enfin, elle ne se souvient pas de son prénom, mais c’est d’elle qu’elle parle, aucun doute là-dessus – et je cligne plusieurs fois des yeux en lâchant dans un souffle en m’étendant sur le lit alors qu’elle prenait place en se blottissant contre moi.

« Midori. Mon harceleuse, c’est Midori »

Je lui propose de passer la nuit avec moi et, en réponse à cela, un sourire vient illuminer son visage. Un sourire que j’aperçois parce que la demoiselle se met à califourchon en me tendant le petit doigt, me proposant de d’abord préparer à manger. Je lui tends annulaire et scelle le deal en lui lançant un clin d’œil. D’un coup de rein agile – faut croire que j’ai l’habitude – j’inverse nos positions et saisit rapidement ses deux poignets au-dessus de sa tête avec une seule main alors que je vais lui déposer un baiser sur le front en haussant les sourcils.
Le fait est que Midori laissait des souvenirs biens prononcés dans mon esprit et dans leurs sillages, ceux concernant Hell. Hell ? C’est vrai qu’Alakay ne la connaissait pas.

« Tu sais, Midori, je l’ai embrassée. Et… J’ai aussi embrassé Hell d’ailleurs. J’veux dire, pas comme j’embrasse ces inconnues que tu vois défiler dans l’appartement parfois, mais plutôt comme tu embrasserais Bambi. Et ne me crie pas dessus parce que je les embrassées les deux hein ! Avec Hell, ça s’est renouvelé plusieurs fois. Avec elle… »

Avec elle, c’était si innocent et tellement passionnel ; paradoxal, merveilleux.
J’écarquille les yeux en me rendant compte que je me confiais un peu trop alors qu’Alakay n’avait rie demandé.
Bon alors, mission : lavage de cerveau.
Mon regard se voile de malice alors que je laisse mon visage se placer en face de celui de la belle femme, collant mon front au sien avant de laisser trainer mes lèvres sur sa joue, arpentant ainsi ses traits, venant effleurer le coin de sa bouche alors que je glisse ma main libre qui, jusque là était appuyé à plat sur le lit, sur le cou de la brune. Je veux juste savoir si son pouls s’accélère, si je lui fais de l’effet ; juste histoire de voir si je n’ai pas trop perdue la main.
Je positionne mes lèvres juste au-dessus des siennes avant de sourire en me redressant, penchant la tête pour l’observer d’un œil expert.

« Si Bambi est pas encore follement amoureux de toi, c’est parce qu’il s’est pas encore mis à califourchon sur toi ! Plus sérieusement, même si ça me fait mal de dire ça, c’est Lui, c’est ton grand Amour et s’il l’a oublié, tu as intérêt à le lui rappeler ou je m’occuperai de lui rafraichir les idées. Tu sais comment je ferai ? Un trou dans la tête, pour aérer. Ah et, quant au fait de le ramener ici, ça va, je ne suis pas tout le temps ici et je pourrai toujours sortir. Ou inviter Hell. »

Sûrement pas Midori. Je ne veux plus jamais qu’elle soit dans ma chambre en ma compagnie, pas après ce que je lui ai fais subir avec pour seule justification le fait d’être victime d’un trouble de dédoublement de la personnalité. Elle était là au mauvais moment, au mauvais endroit. Et cette histoire, Alakay la connait, je le lui ai racontée dans les moindres détails plusieurs jours après l’incident, rongé par le besoin de partager ça avec quelqu’un.
Je lui libère les poignets en me laissant tomber sur le coté, croisant mes mains derrière ma nuque en fermant les yeux, laissant à mon esprit quelques secondes de repos pendant lesquelles je me repasse en boucle beaucoup trop d’évènements : l’irruption d’Alakay dans l’appartement, sa joie contagieuse, ma froideur, ma jalousie, ma méchanceté, ses larmes, mon masque d’indifférence, la culpabilité qui ronge et ravage, la remise en question et soudain, une mer de petites lumières s’allumant. Ensuite, les câlins et étreintes, les rires, taquineries et les piques. Puis Midori, Hell, le grand Amour…
J’avais besoin de manger, ça, c’était une vraie priorité.

« Alors miss, tu vas le préparer ce bon repas ou tu préfères rester à proximité du corps de rêve que j’ai et demander silencieusement à tous les Dieux pourquoi Bambi n’est pas aussi sexy et craquant que moi ? »

C’est ça, notre relation. Et notre relation est magique.
Appréhendant sa réaction – un coussin qui s’abat sur mon visage, voire je ne sais quelle autre idée tordue qu’elle pourrait avoir – je préfère me relever rapidement en me dirigeant vers la cuisine d’un pas nonchalant, espérant qu’elle ne chercherait pas à aborder de nouveau le sujet de Midori et de Hell.
Mais d’un coté, je voudrai bien pouvoir en parler. Je ne sais pas si le choix sera évident par la suite ou pas, mais voilà… Midori avait un amant auquel elle tenait pas mal, ce Peter, mais ce n’est pas pour autant que je vais me porter sur Hell. Ce n’est pas le meilleur parti que je cherche, mais plutôt la capacité de différencier la femme que j’aime de celle dont je suis amoureux. Et il faudra forcément s’éloigner de l’autre, à moins de prendre le bien trop gros risque d’être infidèle. Et si celle dont j’étais amoureux ne ressentait pas les mêmes sentiments pour moi ? Midori semblait aussi perdue que moi tandis que Hell… Hell était encore plus perdue que moi car les sentiments, ça semblait nouveau pour elle.

Je secoue doucement la tête en sortant un couteau que je pose sur le plan de travail.

« Je serai ton commis, mais je dois pas toucher à un couteau trop longtemps. »

Ouais parce que ça pourrait me donner des idées bizarres. Même si, très sincèrement, vu mon humeur et celle de ma belle Alakay, pas même mon autre personnalité ne réussirait à prendre le dessus.
Pas aujourd’hui. Après tout, elle était mon ancre, il suffirait qu’elle me prenne la main, elle me ramènerait forcément à la raison. Même si parfois, l’envie de céder me prenait, aujourd’hui, je voulais rester moi-même, je voulais lutter.
Comme me l’avait conseillé Midori.
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MessageSujet: Re: (Azazel) ❀ Veni, vedi, vici. (Azazel) ❀  Veni, vedi, vici.  EmptyMar 8 Avr - 18:00

D'accord je t'ai confié tous mes sourires, tous mes secrets. Même ceux dont seul un frère, est le gardien inavoué. Dans cette maison de pierre, Satan nous regardait danser.
Azazel & Alakay

Le vent soufflait dehors mais les bourrasques s’étaient calmées. Les oiseaux pointaient timidement le bout du bec hors de leur nid non sans prendre quelques précautions plus qu’utiles. Le vent. La tempête. Quelques éclats de voix qui résonnaient encore au loin. La quiétude n’était pour les deux amis qu’une parenthèse dans la continuité d’un fleuve trop capricieux. Jamais ils n’auraient été sereins quant à l’évolution des choses, de leur relation et le piquant de cette incertitude ne rendait leur affection que plus grande encore. Alakay savait qu’elle risquait de perdre Azazel au moindre faux pas, qu’il suffirait d’une apparition de sa double personnalité un peu trop brusque pour que plus jamais il ne soit revenu. Certes, elle redoutait ces instants. Espérait qu’ils ne viennent pas importuner son équilibre fragile. Parce qu’elle y tenait, à cet équilibre et même si parfois elle tentait de feindre être détachée, elle restait cette biche apeurée, indépendante mais pourtant si dépendante de ceux qu’elle aimait. Pendant des mois, elle n’avait juré que par lui ; celui qui l’avait en quelque sorte « prise sous son aile » malgré tout le mal qu’elle avait pu lui faire, autrefois. Sans hésiter un instant, elle lui aurait confié sa vie tout en ne jamais doutant qu’il aurait su faire les bons choix pour elle. Mais Bambi restait son choix à elle. Le seul que jamais elle n’aurait souhaité remettre sur l’échiquier de la vie. Si Azazel lui avait déconseillé le moindre de ses faux pas, elle ne pouvait suivre ses intentions au sujet de Bambi. Elle l’avait cherché. Longtemps. Tellement longtemps qu’elle avait cessé de compter les jours et, malgré les nombreuses recommandations de son colocataire, jamais elle n’avait rendu les armes. Elle s’était battue, égoïstement, pour lui, pour leur amour. Pas une seule fois elle avait pensé à ce qu’allait bien pouvoir ressentir son seul véritable ami et elle en prenait conscience ce soir là. La culpabilité la lacérait en toute part pendant qu’elle fixait ses yeux clairs sans jamais oser s’en défaire vraiment. Elle revoyait ces instants où, coupés de tout et de tout le monde, ils s’allongeaient sur la canapé, lui contre le rebord, elle contre son torse et ils parlaient d’avenir, de toutes ces choses qu’ils auraient faites ensembles. Non. Il n’y avait là pas qu’une simple amitié, il y avait là tout l’amour du monde, celui d’une sœur à un frère, celui de deux gosses -hors du temps- un peu trop rêveurs, un peu trop soucieux du bien-être de l’autre. Ils avaient essayé l’insouciance ; à défaut de ne leur avoir pas sis, elle les avait plongés dans une ambiguïté grandissante.  

Une fois comprise, l’alchimie qui liait les deux amis était des plus étranges. Ils semblaient avoir été formés dans le même arbre, taillés dans le même bois. Et, même si tout en eux les opposaient, ils n’étaient pas deux antipodes. Ils étaient un tout, deux entités qui se complétaient à merveilles. Elle était ses défauts, il était ses qualités tout comme il était les siens et elle était les siennes. Ils avaient grandi ensemble autrefois, avaient été forgés par les mêmes forgerons. Ensembles, ils étaient une chose et son contraire. Il et elle, il était elle. Elle était lui, aussi. Cependant, il n’était pas si évident que de comprendre cette attirance peu normative. Comme deux bornes d’un même aimant, ils n’avaient pas pris beaucoup de temps avant de se retrouver, attirés l’un par l’autre par une force bien incompréhensible. Après toutes les épreuves de la vie, ils étaient là. Ils étaient toujours là. Oh, jamais elle n’avait vraiment douté de son amour pour Ronno à l’époque, il avait été son « premier amour », le premier pour qui elle avait été prête à tout. Mais l’amour tel que l’on se le conçoit n’est pas toujours celui ressenti ; il était son tout, son meilleur ami. A l’arrivée de Bambi, le choix qu’elle avait eu à faire pour tuer leurs querelles incessantes lui avait brisé le cœur et il était difficile à dire qui de Ronno ou bien de Féline était celui qui en avait le plus souffert. L’amour ou l’amitié, va ne sois pas lâche. Ce conseil autrefois lui avait paru avisé, mais aujourd’hui ; elle était perdue. Azazel occupait ses journées, Zadig ses nuits ; il était la première personne qu’elle voyait le matin au réveil, il n’en restait pas moins celui pour qui elle se réveillait chaque jour.

Tout en choisissant méticuleusement ses mots, la candide lui fait une promesse. Promesse peu rationnelle mais qu’elle s’efforcerait de toujours tenir. Certes, elle devait retrouver Bambi, retrouver « son grand amour » mais pour cela, elle ne voulait plus avoir à laisser son autre amour sur le tapis. La douleur avait été bien trop grande, les cicatrices bien trop saillantes. Alors pourquoi s’infliger à nouveau une telle torture ? Elle préférait l’éviter. Et, quitte à choisir, cette fois peut-être n’aurait-elle choisi aucun des deux. Si l’immaturité de leurs rancunes immaculées venait encore frapper le cœur pur de la belle, peut-être simplement n’aurait-elle plus eu envie de se battre ni pour l’un, ni pour l’autre. Avaient-ils seulement pensé un jour à ce que de son côté elle souhaitait réellement ? Elle aurait voulu les garder tous les deux. Alors, qu’ils ne se risquent pas à nouveau à la pousser à une décision fatidique et radicale, ces jeux n’étaient plus de son âge. Dans ce monde, malgré son immaturité sur certains points, elle avait pris en maturité et s’était quelque peu responsabilisée. Elle ne voulait plus avoir à choisir, plus s’infliger de telles scarifications indélébiles. Ils n’avaient qu’à tâcher de bien se tenir, au risque de la perdre, tous les deux.

Plus elle se rapprochait de lui et plus il la serrait fort. Elle espérait que rien ne viendrait troubler cet instant de magie. Quelques minutes avaient suffi à chasser ses dernières inquiétudes, ses derniers sanglots. Elle était là, heureuse comme elle l’aurait été autrefois dans son monde, gambadant dans les champs. Combien de fois enfants avaient-ils dormi l’un contre l’autre pour se tenir chaud ? Combien de fois l’avait-il rassurée la nuit quand quelques coups de fusils lointains l’effrayaient et ne lui permettait pas de trouver la quiétude nécessaire à son sommeil ? Il avait toujours été là. Il avait toujours été là et ELLE avait failli. Elle en avait eu tellement marre qu’elle s’était forcée à choisir. Elle l’avait abandonnée alors même qu’il aurait certainement grandement eu besoin de son soutien. Elle se souvenait n’avoir jamais entendu une bonne parole sur Bambi sortir de la bouche de Ronno. Qu’en était-il aujourd’hui ? « Tu me sous-estimes ma jolie, je ne suis vraiment pas facile à aimer. Me dis pas que tu as déjà oublié que je suis possessif, jaloux, impulsif, chiant et… Tu m’arrêtes quand tu veux surtout hein ! » Un sourire vint éclairer son visage alors que même sans le regarder –le regard toujours rivé au plafond- elle lui répondit tendrement : « Arrêtes gros nigaud, t’es parfait. Je serais folle de ne pas t’aimer. » Elle se tût un instant, posa ses mains sur ses pectoraux et rajouta : « Avec tous ces muscles, vaut mieux que je t’apprécie plutôt que je ne te détestes, pas vrai ? »  Elle se retint d’éclater de rire, soucieuse de voir si l’humour passait à nouveau. Elle se redressa un eu pour venir déposer un baiser sur sa joue. Elle avait toujours été comme ça après tout ; affectueuse et tactile, et ce n’était pas une petite dispute –bon ok, une grosse dispute- qui allait la changer. « Te mets pas à douter de moi, je crois que tu connais assez bien mes sentiments pour toi pour ne plus en douter. Je sais que j’ai l’air fragile, mais je pleure pas pour n’importe qui hein. » Elle fit semblant de bouder un instant en croisant les bras et, inconsciemment, elle se retrouva véritablement piquée au vif quand il tenta de la raisonner quant à ses sentiments pour lui. Elle avait toujours su dans quoi elle s’embarquait, n’avait pas douté un instant. Non. Elle n’en avait que faire de ses défauts, après tout, n’en avait-elle elle-même pas tout autant ?

Oh, et puis, d’un certain côté, elle ne pouvait que le comprendre. N’avait-elle elle-même pas été jalouse lorsque toute une soirée durant, il avait été aux aguets du moindre message ? « Midori. Mon harceleuse, c’est Midori » De Midori. Voilà son prénom, c’était Midori. Elle ne parlait pas, restait lovée contre lui tout en espérant qu’il ne l’abandonnerait lui pas un jour pour aller vivre avec une autre. A sa manière, elle aussi, était possessive et ce n’était pas toujours évident que de faire semblant de n’en avoir rien à faire pour ne pas blesser ou irriter Azazel. Ne comprenant pas véritablement ce qu’il se passa ensuite, elle se retrouva coincée contre le lit et le corps d’Azazel sans avoir le temps de reprendre ses esprits. Il avait interverti leurs positions si rapidement qu’elle n’avait pas eu le temps de réagir. Elle ouvrait de grands yeux, dubitative quand à la conformité de ce mouvement rapide. Bien que plus rien ne la surprenait venant d’Azazel, elle ne pût s’empêcher d’être ébahie, encore sonnée d’avoir ainsi perdu l’avantage. Sous cet angle, il devenait intimidant. Peut-être était-ce parce qu’elle n’avait jamais eu aucun garçon sur elle de la sorte, peut-être était-elle juste gênée de cette soudaine proximité. Mais même si elle l’avait voulu, elle était incapable de mettre des mots sur ce qu’elle ressentait à présent : elle était intimidée certes, mais ce n’était pas déplaisant. Bien moins qu’elle ne se forçait à le croire. Par respect pour elle. Par respect pour Bambi. « Tu sais, Midori, je l’ai embrassée. Et… J’ai aussi embrassé Hell d’ailleurs. J’veux dire, pas comme j’embrasse ces inconnues que tu vois défiler dans l’appartement parfois, mais plutôt comme tu embrasserais Bambi. Et ne me crie pas dessus parce que je les embrassées les deux hein ! Avec Hell, ça s’est renouvelé plusieurs fois. Avec elle… » Pique à vif, elle se surprit soudain à être horriblement jalouse. Non pas qu’elle ait souhaité être celle qu’un jour il embrasserait, simplement par pur égoïsme. Autrefois, elle avait tant été habituée à recevoir l’amour de Ronno que ça lui en était devenu naturel. Et voilà qu’aujourd’hui, il en embrassait une autre, peut-être comme autrefois il aurait souhaité l’embrasser elle. Etait-elle sur le point de le perdre au profit d’une autre ? Elle souhaitait le contraire mais pendant que son regard s’assombrissait, elle commençait à avoir de la peine à fixer Azazel dans les yeux sans lui montrer son désarroi. Elle n’avait aucune envie de crier. Aucune. Plutôt une folle envie de s’enfermer dans sa chambre et de n’en ressortir que le lendemain. Après tout, que savait-elle de l’amour dans ce monde ci ?

C’est alors qu’Azazel instaura une nouvelle proximité entre eux. Alakay ne savait comment réagir. Devait-elle le serrer plus fort contre son cœur ou s’enfuir avant de se rendre compte à nouveau d’avoir été évincée par une autre femme. Elle frissonna quand il rapprocha ses lèvres de sa bouche et ne put s’empêcher de culpabiliser. Consciente d’être encore amoureuse de Bambi, elle ne pensait pas qu’un autre homme puisse un jour avoir un tel pouvoir sur elle. Peut-être n’avait-elle fait que de le sous-estimer jusqu’à ce jour ? Peut-être n’avait-elle jamais vu de quelconque ambiguïté quant aux sentiments de son cœur, mais qu’en était-il de ceux de son corps ? Le corps d’une femme s’embrasait lorsque même il se rendait compte plaire et voilà qu’elle se retrouvait en de bien mauvaises postures. Elle se retint pour ne pas faire un geste trop précipité, un mouvement qui viendrait tout gâcher. Sa vie était déjà bien assez compliquée pour qu’elle ne se lance dans des terres inconnues. Son palpitant rugissant dans sa poitrine, le long de ses veines sans qu’elle ne puisse se décider à rien faire. Elle resta muette. Immobile. N’osant bouger par peur de venir envenimer la situation.

Quand alors il reprit la parole, elle culpabilisa bien que de l’entendre parler de Bambi. N’était-elle pas entrain de vibrer sous les assauts d’un autre homme ? Sans avoir explicitement contracté l’adultère, son corps ne quémandait-il pas à l’instant d’autres soins ? Elle était perdue. Ferma les yeux pour y voir plus clair mais tout semblait ne tendre qu’à se brouiller encore plus. « Si Bambi est pas encore follement amoureux de toi, c’est parce qu’il s’est pas encore mis à califourchon sur toi ! Plus sérieusement, même si ça me fait mal de dire ça, c’est Lui, c’est ton grand Amour et s’il l’a oublié, tu as intérêt à le lui rappeler ou je m’occuperai de lui rafraichir les idées. Tu sais comment je ferai ? Un trou dans la tête, pour aérer. Ah et, quant au fait de le ramener ici, ça va, je ne suis pas tout le temps ici et je pourrai toujours sortir. Ou inviter Hell. » Coupable et blesser par ses paroles, elles tâcha de se libérer de son étreinte : en vain. Alors, elle tourna la tête et détourna quelque peu le regard : « Va pas dire n’importe quoi. Si ça se trouve, il ne sait même pas que je l’ai cherché tout du long, il ne doit même pas vraiment savoir qui je suis. » Par ces mots, elle tâchait difficilement de noyer sa culpabilité. Cependant, les choses n’étaient pas évidentes et voilà qu’elle se retrouvait à lutter contre ses envies actuelles et la véritable nature de ses sentiments. « Oh non et puis c’est bon, je l’inviterai juste pas ici, comme ça il n’y aura pas de problème. » Elle espérait ainsi pouvoir cacher ses envies peu catholiques de l’instant pour ne pas que Bambi s’en aperçoive. Il ne devait jamais s’en apercevoir. Elle était sienne, elle avait toujours été sienne, mais ça faisait tellement longtemps qu’elle n’avait pas vibré de la sorte, qu’elle ne s’était pas sentie aussi vivante. Presque désirée. « C’est mieux, non ? »  Et dans sa voix, il pouvait y lire toute son incertitude, sa peur de faire mal les choses et son envie de les faire bien.

Il se défit de l’étreinte avec une facilité déconcertante et, inconsciemment, elle aurait voulu  lui dire de rester encore. Mais il était plus raisonnable qu’il ne s’en aille un peu plus loin, qu’il laisse ses sens affolés se calmer quelque peu. « Alors miss, tu vas le préparer ce bon repas ou tu préfères rester à proximité du corps de rêve que j’ai et demander silencieusement à tous les Dieux pourquoi Bambi n’est pas aussi sexy et craquant que moi ? » Inévitablement, voilà qu’elle se mit à rougir. Elle tenta tant bien que mal de tourner son visage dans une autre direction pour qu’il ne s’en aperçoive pas mais elle savait qu’il avait deviné de quoi il s’agissait. Après tout, ne la connaissait-il pas par cœur ? Elle fût bien vite punie par sa culpabilité de ses idées peu chastes et se redressa quelque peu non sans réussir encore à quitter son lit. « Et si je t’avais dit que je préférais y rester ? » Elle levait de grands yeux malicieux. Après tout, malgré la gêne, il restait Azazel et si elle ne pouvait plus plaisanter avec lui, plus rien n’avait aucun sens. Elle ne lui laissa pas le temps de réagir, trop soucieuse d’avoir à trouver parade à sa réponse sûrement flattée. Elle se leva et partit le rejoindre dans la cuisine. « Que dirais-tu de lasagnes faites maison ? Oh et puis, on peut faire un gâteau aussi si tu veux, pour tenir la nuit… chocolat, c’est ça ? C’est le chocolat que tu préfères ? » « Je serai ton commis, mais je dois pas toucher à un couteau trop longtemps. » Elle s’était un peu tournée pour se saisir de son tablier et, tout en laissant se dessiner un sourire coquin sur son visage, elle se risqua : « Et sinon quoi ? » Elle n’avait pas peur. Après tout, elle savait qu’il n’allait rien lui faire. Elle n’était pas en danger.

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MessageSujet: Re: (Azazel) ❀ Veni, vedi, vici. (Azazel) ❀  Veni, vedi, vici.  EmptySam 12 Avr - 20:56

It’s time to begin, isn’t it?


It’s time to begin learning to give in to our guilty desire.
Isn’t it?


Je peux comprendre l’enjouement de Féline parce qu’elle a retrouvé son cher et tendre Bambi ; je peux comprendre son anxiété quant au fait que les sentiments de l’homme qu’il est aujourd’hui ne sont plus les mêmes ; je peux comprendre tout ce qu’elle ressent en ce moment, car je l’ai ressenti, car je le ressens encore.
Dans un premier temps, en la retrouvant, elle la belle biche perdue entre les lumières flambantes et les sons stridents de la vie, bien loin de la sérénité et de la légèreté de cette forêt où nous avons vu le monde, où nous avons grandi, où nous avions appris à aimer, à jalouser et à haïr ; j’avais beau tenter de me persuader que je ne voulais la retrouver que pour lui faire du mal, au final, tout ce que je voulais été retrouver mon ancre, retrouver ce point de repère, cette personne qui m’est familière, cette personne que j’aime et que je ne cesserai d’aimer. Bien sûr, avant de la retrouver, j’ai longuement eu peur qu’elle ait déjà retrouvé Bambi, qu’elle m’en voudrait encore d’avoir été si peu mature – mais pour ma défense, j’étais un gamin, à quoi pouvait-elle bien s’attendre ? Les femelles ont toujours été plus sages que les mâles et, dans ce monde aussi, ce sont les femmes qui dirigent, bien que cela reste officieux car l’emblème de la force est l’homme – alors tout ce qu’elle peut ressentir, je l’ai bel et bien vécu, moi aussi. Et aujourd’hui encore, je peux revivre ce genre de situations ; moi qui n’avait pas vu Midori depuis un moment, j’ai eu peur qu’en nous revoyant, le feu entretenu se soit éteint par l’eau glaciale de cet amant dont j’ignorais tout.
On vit entre la constante du bonheur et celle de la peur de le perdre, alors on effectue ces courbes, on n’est bien, on ne l’est pas, on est malheureux, on se sent vide ; mais quiconque possède Féline dans sa vie possède une bulle d’amour autour de lui qui se resserrera autour de lui-même durant les jours les plus sombres.

Je me rends compte, debout sur le parquet, la douce contre moi que je ressens pour Midori exactement ce que j’ai ressenti pour la biche. Je l’aime sincèrement, je suis jaloux et possessif, un peu maladroit quand j’exprime mes sentiments ; le schéma se reproduit. En cet instant, j’ai le sentiment profondément ancré en moi que je ne suis pas amoureux de Midori, pas plus que je ne l’ai été d’Alakay ; c’est un amour pur et frais, jeune et merveilleux, rougeoyant et aveuglément brillant mais il lui manque une touche de passion, toute une dose d’électricité.
Mais le fait est que je m’empêche de penser à tout cela en cet instant, car ce n’est pas le moment et aussi parce que l’alcool commence à couler un peu vite dans mes veines, se mêlant à mon sang ; je tiens bien, mais j’en ai bu pas mal cette dernière heure, avant qu’Alakay vienne et aussi pendant qu’elle était là. Avec les yeux clos, je me fais la remarque qu’elle réussit toujours à avoir cet effet que la morphine peut avoir sur les patients ; elle m’apaise et jette sur moi un voile de quiétude des plus impeccables et laisse une trainée de poussière de fée planer au-dessus de moi.
Presque comme l’effet euphorique que pourrait avoir un joint. Sauf qu’il n’y a pas la chute dans une dépression sordide, je continue de planer ; la drogue est éphémère, l’amour de Féline, lui, est éternel.

Je commence finalement l’énumération de mes défauts avant de glisser un regard amusé sur son visage lorsque je vois ses lèvres se courber pour former un sourire malicieux tandis qu’elle répond après lui avoir précisé qu’elle pouvait m’arrêter quand elle voulait. Elle me répond alors qu’une ombre de sourire plane encore sur mes lèvres puis pose ses mains sur mes pectoraux en me disant que mieux valait m’aimer avec ces muscles et j’éclate d’un rire joyeux, ne pouvant m’empêcher de remarquer que la chaleur qui émane de ses mains, ainsi posées sur mon torse, me procure un trop grand plaisir pour que ce soit innocent.
J’ai déjà été contre elle des heures et des heures, elle a déjà dormi dans mes bras et, plus d’une fois, je me disais qu’elle était vraiment jolie. Et s’il m’arrivait de vouloir arpenter son cou de mes lèvres, capturer les siennes de les miennes, jamais je ne m’étais senti si électrisé en sentant ses doigts sur moi.
Elle reprend en arborant un air boudeur et je glisse une main dans le creux de ses reins, l’amenant à moi en allant plaquer mes lèvres sur son front :

« Je rigole ma belle, c’était plus ta dernière chance pour retirer que tu avais dis m’aimer. Donc je suis l’un des rares pour qui tu pleureras ? Hum… J’espère que ça n’arrivera pas. »

Je hausse les épaules en glissant ma main sur ses cheveux en les lui ébouriffant, un air presque fraternel planant sur mon visage – j’aurai bien dit paternel, mais ça me vieillirait trop.
Sur le lit, bien rapidement, je me refais la réflexion qu’Alakay est vraiment une très belle femme ; sauf que cette fois, je ne lutte absolument pas contre cette envie de me retrouver au-dessus d’elle. Non, ce n’est pas pour savoir si je fais encore effet ; ce n’est pas parce que ça fait un moment que je n’ai ramené personne dans mon lit – par respect pour Midori et pour Hell, le temps que je tire tout cela au clair – que je ne suis plus pulpaire auprès de la gente féminine. À vrai dire, je me demande si je pourrai avoir de l’effet sur elle, sur ma belle et très chère Féline.
Même pas au fait.
Je sais que j’aurai de l’effet sur elle. Je veux juste la mettre mal à l’aise, parce que je suis comme ça ; un peu idiot sur les bords, un peu trop homme au final.
Je la vois faire de gros yeux et je ne peux m’empêcher de rire doucement avant de commencer mon récit quant à Hell et Midori.
Je finis par remettre une certaine distance entre nous, un peu perplexe par l’expression que j’ai vue sur le visage de Féline ; qu’y a-t-il ? N’aurai-je pas dû lui parler de tout cela ? Etait-ce de la jalousie ? Peut-être de la possessivité ? Mais… Pourquoi ?
Je hausse un sourcil, étouffant un soupir en allant effleurer sa bouche de la mienne. C’est avec les yeux clos et une respiration qui me semble saccadé, des frissons faisant électriser sa peau, que je me rends compte que je fais bien plus d’effet à cette divine créature que je ne l’aurai jamais cru. Elle tente de se libérer et inconsciemment, je resserrer ma prise sur ses poignets en haussant un sourcil, ne comprenant pas ce qui la dérangeait dans ce que je venais de dire. Elle finit par en arriver à la conclusion qu’il valait mieux ne pas inviter Bambi ici, mais l’incertitude est palpable dans sa voix.
Je hausse simplement les épaules.

« J’en sais rien, tu fais comme tu l’sens. Tu veux pas l’inviter pour que j’invite pas Hell ou pour que je ne lui dise pas que son grand amour est vraiment sexy quand elle est vue sous cet angle ? »

Et pour lui montrer que je ne fais que rigoler, je lui lance un clin d’œil, soulignant un peu plus le fait que je n’attendais pas de réponse de sa part.
Je la relâche, lui rendant sa liberté en lui lançant une dernière pique qui la fait inévitablement rougir. Mon sourire amusé se fait plus doux et je semble la caresser de mon regard bleuté et je me relève, m’apprêtant à quitter la chambre. Mais je l’entends prononcer quelques mots qui m’immobilisent sur place alors que je lui lance un regard de biais, ne pouvant m’empêcher de sentir mon envie de l’avoir contre moi, bien plus que d’habitude, car mes pensées s’étendent sur un désir purement primitif, tout bonnement charnel.
Ma voix est rauque et mon désir est palpable ; je m’en mordrai presque la langue d’avoir laissé transparaitre cela, d’avoir laissé Alakay se rendre compte que mes mots ne sont pas sarcastiques, mais vraiment sincères, malgré mon envie de dissimuler cela sous de l’ironie :

« Eh bien, j’aurai fait selon ta volonté. »

Et me voilà au beau milieu de la cuisine, la jeune femme près de moi, me parlant de ce qu’elle voulait faire alors que je me contente de lui dire que je serai son commis, tant que je n’ai pas en main un couteau pour une trop longue durée. Le sourire capricieux qui illumine son visage, son regard qui me défie et ses mots provocateurs me font hausser les sourcils en poussant un léger sourcil.

« C’est un risque, Alakay. Tu ne m’as jamais vu en étant l’autre moi et je ne tiens pas à ce qu’un foutu couteau puisse réveiller en moi des idées tordues. Parce que tu m’en inspires déjà pas mal, si tu vois ce que je veux dire. »

Je lève les yeux vers le plafond ; non, elle ne m’inspire pas les mêmes idées tordues que quand je suis le mauvais moi, elle ne me donne pas envie de la torturer, de la faire agoniser ; elle me donne envie de lui faire… Trop de plaisir.
Je m’approche doucement d’elle et pose mes deux mains sur ses hanches, la faisant reculer jusqu’à ce qu’elle soit contre le plan de travail. Je place mon pied entre ses jambes, de façon purement provocante et d’un coup brusque, je les fais écarter en la hissant sur ledit plan de travail en allant coller mon front au sien, regardant ses lèvres, le cœur battant.

Qu’est-ce que je fais ? À quoi je joue, exactement ? Elle vient de m’annoncer qu’elle a revu Bambi et je suis parfaitement conscient que cet idiot doit encore être fou de sa petite biche ; je sais aussi que je fais de l’effet à la jeune femme et que ce plaisir qu’elle ressent pourrait être source de culpabilité quelques minutes plus tard, si ce n’était pas déjà le cas. Et si elle culpabilise parce que j’ai pris de trop importantes initiatives, je me sentirai tout autant coupable. Alors pourquoi je fais ça, si nous n’avons rien à y gagner d’autre que quelques secondes, minutes ou heures – à tout casser – de plaisir, de quiétude ?

Mes mains remontent le long de ses côtes, redescendant avec la même lenteur alors que je maltraite violemment ma lèvre inférieure qui subit les coups acharnés de mes dents. Une de mes mains se pose sur son visage que je caresse doucement, délicatement, comme si j’avais peur de laisser des empreintes trop visibles aux yeux de Bambi ; je pose mon index sur ses lèvres, le pressant doucement dessus en fermant les yeux avant de me rendre compte que ma respiration est vraiment trop – beaucoup trop – rapide.
J’ai déjà embrassé des dizaines de femmes, déjà été plus loin avec tout autant et pourtant… Pourtant, les seules fois où j’ai autant stressé, autant angoissé, furent la première fois, le jour où j’ai embrassé Midori et celui où j’ai embrassé Hell et… Maintenant.
J’éloigne à peine mon visage, laisse mon souffle chaud s’abattre sur elle et murmure doucement en plissant les yeux :

« Tu penses que ce serait mal, Alakay ? Je… Je veux dire, tu as retrouvé Bambi, mais tu n’es pas avec lui. Pas encore. Et il a dû avoir des conquêtes, lui… »

Et voilà que ma main sur son visage tremble littéralement.
Je ne cherche pas à la rendre jalouse de probables amantes de Bambi pour qu’elle déverse ce sentiment de trahison dans le puits profond de la vengeance et en se servant de moi pour parvenir à ses fins, j’essaye simplement de me persuader moi-même que ce que je brûle envie de faire n’est pas vraiment mal.
Après tout, pourquoi ça le serait ? Nous ne sommes pas en couple, ni l’un ni l’autre et aucun lien de sang ne nous lie. Moralement, peut-être que ce n’est pas très sage, mais sérieusement, depuis quand je suis un exemple de la moralité, moi ? Moi qui boit tout le temps, qui fume, qui est arrogant, qui prend les gens de haut et qui enchaine les coups d’un soir.
Je m’éloigne brusquement, poussa un profond soupir, n’extériorisant pas pour autant ne serait-ce qu’une once de ce désir bouillonnant en moi.
Je me sens réellement coupable d’ainsi avoir envie de ma sœur de cœur, de ma meilleure amie, de celle que j’aimerai envers et contre tout.
Je retourne vers elle, la saisit de nouveau par la taille pour la remettre au sol et mes mains remontent jusqu’à ses bras ; elle peut le voir, peut le sentir, pourrait presque l’entendre ; pas mon cœur qui bat, non, mais mes membres qui tremblent.
Je la relâche – et dire que c’est à contrecœur serait pur euphémisme.
Je m’en vais alors chercher quelques ingrédients du frigo et des placards, les éparpillant sur la totalité du plan de travail, comme pour m’empêcher de revenir faire hisser la belle Féline dessus une nouvelle fois.
En sortant les assiettes, je les pose plus brutalement que ce que je voulais.
Je ferme les yeux, les deux poings serrés sur la table.

« J’suis désolé ma belle, je… Je ne sais vraiment pourquoi j’ai envie de ce que j’ai envie alors que je ne devrai pas, pourquoi j’me mets à califourchon sur toi avant de te mettre sur le plan de travail… Je suis désolé, vraiment. »

Mais est-ce vraiment seulement pour cela que je m’excuse ?
Mes paupières se soulèvent et je me tourne vers elle, m’approchant subitement, saisissant brusquement son visage entre mes mains et c’est sur la symphonie des battements désordonnés de mon cœur que débute alors la danse sensuelle de mes lèvres sur celles d’Alakay sans que ma langue ne cherche à aller faire un ballet avec la sienne, car si je sais que la surprise pourrait certainement l’empêcher de me repousser pour l’instant, je sais aussi que si j’approfondis le baiser, elle risquerait réellement de m’en vouloir en m’éloignant d’elle.

Comme un feu d’artifice, un éclat de rire cristallin, un long fleuve de quiétude dont les remous sont un tourbillon de paillettes ; ce baiser, je ne sais pas trop si je le lui offre ou si elle m’en fait gâteau ; je ne sais pas si c’est réel ou si je rêve, ne sais pas si c’est une illusion due à trop d’alcool ou à un mirage qui nait de ma soif, non pas d’eau mais de bonheur. Un arc-en-ciel avec les couleurs de la passion, un éclair de fougue et toute une avalanche de frissons le long de l’échine et de plaisir constellé de surprise, car si Alakay est surprise par ce baiser, je le suis tout autant.
Je me doutais que ça finirait par arriver, au début de notre relation dans ce monde, mais avec Midori, Hell et maintenant Bambi… Je n’y avais plus pensé. Plus du tout.
Pas avant aujourd’hui, dès l’instant où je l’ai étreinte après notre dispute, cet instant où j’ai semblé redécouvrir son corps frêle, son paume fragile et chaste, mais aussi et surtout son corps de rêve.

Je m’éloigne un peu, les deux mains encore sur son visage et lui demande du regard si j’ai vraiment foiré.
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MessageSujet: Re: (Azazel) ❀ Veni, vedi, vici. (Azazel) ❀  Veni, vedi, vici.  EmptyMar 22 Avr - 22:14

D'accord je t'ai confié tous mes sourires, tous mes secrets. Même ceux dont seul un frère, est le gardien inavoué. Dans cette maison de pierre, Satan nous regardait danser.
Azazel & Alakay

Certaines leçons étaient de celles qui savaient façonner, d’autres s’épanchaient avec les années. En elle s’allumaient milles brasiers sans qu’elle ne soit en mesure de les étouffer. Souvent, sa mère lui avait conseillé de ne point jouer avec les flammes, de fuir les feux ardents susceptibles de la brûler. Jugée coupable de ne savoir prendre ces recommandations à bon escient, elle était condamnée avant même de pouvoir se justifier. Pourquoi la poussait-il dans ces étranges retranchements ? L’once d’une idée ne savait se faire voir, alors, elle demeurait sur les rails d’une joute interminable. Le jeu attisait en elle un plaisir délicieux qu’elle ne souhaitait fuir. De toute manière à quoi bon. Elle était l’une de ces femmes-enfants pour qui un rien construisait un grand moment ; de celles qui agissaient sans réfléchir pour risquer peut-être l’apparition d’une merveilleuse surprise. Energumène sans grands principes enjôleurs, elle se laissait choir dans les bras des enfers qui s’offraient à elle. Il n’y avait rien de plus simple que de vivre ; vivre l’instant présent, ce destin déjà tout tracé qui n’en avait toujours fait qu’à sa tête. Intimement, elle restait convaincue que le libre arbitre n’était pas permis aux habitants de la Terre ; quelques forces bien plus hautes perchées dictaient le moindre de leurs faits et gestes, le moindre de leurs écarts punissables. Autrefois peut-être, avait-elle su être réfléchie, mais ce monde était cru, ce monde était dru ; la contenance n’en demeurait que plus difficile. Alors, faible humaine, elle se vouait corps et âmes à un jeu sans règles, au déroulement naturelle des choses et qu’importe où tout ça pouvait bien la mener. Ce monde n’était pas le sien, elle n’avait pas de comptes à lui rendre. A qui devait-elle seulement en rendre ? À Bambi, pour tout ce qu’autrefois il avait su lui prodiguer ; l’amour, la confiance, la tendresse ? À Azazel pour tout ce qu’aujourd’hui il lui offrait ; l’amitié, la sécurité, la douceur ? Tous deux avaient compté, tous deux comptaient. Mais aujourd’hui, c’était Azazel qui occupait ses pensées. Azazel à califourchon sur elle, Azazel qui lui avait murmuré à l’oreille quelques paroles qui ne l’avaient pas laissée indifférente. Foutu Azazel, ne se rendait-il pas compte de l’effet que pouvaient avoir ses charmes sur la gente féminine ? Ou bien en était-il pleinement conscient et n’avait-il cessé d’en jouer pour arriver à ses fins ? A vrai dire, elle ne s’étendait pas longtemps sur la question, lui non plus n’avait aucun compte à lui rendre.  

Elle prit le temps de se calmer, de respirer un grand coup et de récupérer ses esprits pendant qu’elle se munissait de son tablier. Même si elle n’était pas de celles qui se refusaient à se rouler dans la boue, quand elle pouvait s’en protéger, elle ne reculait pas et préférait n’avoir pas à se tuer à frotter la lessive. Car ce nouveau monde était bien loin de n’avoir que des avantages et elle qui, autrefois, n’avait eu à se préoccuper de vaisselle, ni de lessive, et encore moins de sols, se retrouvait forcée de mettre la main à la pâte pour ne pas voir la saleté s’entasser. L’unique corvée qui ne la dérangeait guère restait la cuisine, peut-être aussi parce que parfois il l’aidait, lui aussi. Mais parfois seulement, car il lui arrivait aussi de lui rétorquer qu’elle n’avait pas besoin d’aide. A vrai dire, Alakay prenait beaucoup de plaisir à concocter de bons petits plats pour son meilleur ami, et il le lui rendait généralement bien. Bien qu’elle n’aimait pas forcément sa manie de boire de l’alcool dès qu’il était à la maison, le fait qu’il reste souvent doux, jamais violent, la rassurait quant à leur relation. Elle se faisait parfois du souci pour lui, sur le mal que pouvait lui faire ce breuvage, puis elle se ravisait, le jugeant assez âgé pour prendre seul soin de lui. Souvent, pour lui faire plaisir, elle trinquait un verre avec lui, mais ne se resservait pas par peur de finir dans un état pitoyable. Sûrement ce soir le suivrait-elle à nouveau dans un partage indélicat ? Elle n’aimait pas prévoir le déroulement des choses, peut-être l’aurait-il amenée jusqu’au plus profond des enfers de ce monde, avec lui, elle n’avait pas peur. Elle l’aurait suivi jusqu’au bout du monde sans poser la moindre question.

Elle avait préféré ne pas répondre à ses dernières remarques sur le lit, par gêne un peu, par manque de répondant surtout. Elle avait souvent fui toutes situations qui devenaient ambiguë, alors, ne préférant pas s’aventurer sur ce terrain glissant, elle l’avait simplement laissé se lever, se contentant d’approuver quand il lui fit part de ses espérances quant au fait qu’elle pleure à nouveau pour lui, ou part sa faute. Sa dernière réplique l’avait tout de même faite sourire. Après tout, elle ne tenait pas à ce qu’il ramène n’importe qui chez eux car elle considérait ce dortoir comme leur petit nid personnel, à eux deux, à tout ce temps qu’ils n’avaient pas pu partager dans l’autre monde. Il était ce soutien qu’elle avait longtemps cherché, cette poutre droite et fière qui lui permettait de toujours faire bonne figure, ce fleuve intarissable qui de sa violence détruisait sur son passage tous ses doutes inconscients. Ici, il était sa vie, sa nouvelle vie. Certes, elle y voyait Bambi aussi, elle considérait ce grand amour comme la chose la plus belle et la plus pure qu’il ne puisse un jour existé, mais elle n’était pas assez naïve pour croire que les choses pouvaient un jour redevenir ce qu’elles étaient autrefois. D’ailleurs, en avait-elle vraiment envie ? Se couper de tout et ne vivre que pour lui, laissant Azazel sur le banc de touche ? Non. Elle ne pouvait pas se le permettre au risque de ne pas briser son seul et unique cœur, mais de briser le sien, à elle aussi. Elle avait été heureuse que le contact enfin se rompe, et d’un autre côté, debout dans la cuisine elle ne souhaitait que l’avoir prêt d’elle à nouveau. C’était étrange. Coupable et délicieux. Elle désirait sentir la chaleur de son cœur battre contre le sien sans vraiment savoir de quelle nature pouvait être ce désir. Mais sa conscience revint alors au galop et lui intima de n’entreprendre aucune démarche : il valait mieux que les choses en restent là. Il avait déjà frôlé ses lèvres des siennes, elle avait désiré prolonger le contact, mais ce n’était pas bien. Non, ce n’était pas bien. Ni même correcte et pas vraiment intelligent. Cependant, elle regrettait presque n’avoir réussi à se taire complètement, regrettait d’avoir répondu à sa pique d’une manière évasive, qui voulait dire tant mais si peu à la fois. Ses mots résonnaient encore dans la tête de la candide enfant qui tendait ce soir à éclore : « Eh bien, j’aurai fait selon ta volonté. » L’aurait-elle seulement sincèrement souhaité ou bien était-elle victime de quelques désirs incongrus, inadaptés ?

Elle s’approcha du frigidaire pour en sortir un fromage qu’ils râperaient plus tard pour faire gratiner leur œuvre. Puis, elle se baissa pour accéder au placard sous l’espace de travail pour se saisir de quelques ingrédients qui leurs seraient bien utiles. Indirectement, elle cherchait à s’éloigner de lui, à calmer ce palpitant qui n’avait fait autre que de s’exciter jusqu’à présent : en vain. Elle sentait sa présence dans son dos, son regard posé sur elle. Il répondit alors à sa candide provocation : « C’est un risque, Alakay. Tu ne m’as jamais vu en étant l’autre moi et je ne tiens pas à ce qu’un foutu couteau puisse réveiller en moi des idées tordues. Parce que tu m’en inspires déjà pas mal, si tu vois ce que je veux dire. » Amusée, elle se redressa avant de s’appuyer contre l’étagère et de le fixer en fronçant quelque peu les sourcils. Il lui fallut quelques secondes avant de saisir le sens de ses dernières paroles et, tout en se forçant à ne pas rougir de trop –en vain- elle préféra faire l’impasse sur ces quelques mots et simplement répondre en le réprimandant presque mutinement : « Taratata. C’est pas comme si je risquais quelque chose non ? Tout le monde sait que tu ne peux pas vivre sans moi, tu serais bien embêté si tu faisais des bêtises avec ce couteau, pas vrai ? » Elle n’état pas vraiment sérieuse, d’ailleurs, l’était-elle seulement parfois ? La grande enfant qui sommeillait en elle la poussait à aller dans les plus lointains retranchements du jeu et, loin d’être orgueilleuse ou dotée d’une immense confiance en elle, avec Azazel, elle n’avait pas peur d’être rejetée, ni même qu’il se joue d’elle par quelques mots blessants. Mais elle baissa un peu les yeux en repensant au sens de ses paroles. Comme elle l’avait-pu, elle avait tenté de les dénaturer, de leur donner une toute autre signification mais elle savait pertinemment ne pas pouvoir s’en tirer ainsi. Elle avait déjà été trop loin. Bien trop loin.

L’effet ne se fit pas attendre et voilà que le loup s’approchait de l’agneau. Son regard n’avait pas grand chose de sain, mais il restait tout de même bienveillant, provocateur mais jamais méchant. Elle qui s’était un peu approchée de lui pour se saisir de deux tomates dans la corbeille fut bien vite à nouveau poussée contre le plan de travail sans avoir le temps ni la force d’opposer une quelconque résistance. La culpabilité se mêlait à un désir qu’elle ne savait réprimander. Alors, indécise, elle le laissait faire. Préférant faire confiance plutôt que de se méfier. Ses mains le long de son corps ne la laissaient pas indifférente ; son corps tremblait sous ces caresses osées. Sa tête –la lâche- préféra détourner le regard pour ne pas laisser apparaître ce plaisir coupable. Elle était sienne ce soir. Il avait le choix de son destin et étrangement, cette optique était pour la première fois loin de lui plaire. Elle savait avoir beaucoup à perdre, que Bambi jamais ne lui pardonnerait telle écartade et pourtant, c’était comme si son corps réclamait ce contact depuis bien trop longtemps. Ses yeux se mirent à briller sans qu’elle n’ose vraiment y penser plus en détail. Vivre l’instant présent tel qu’il vient, telle était sa philosophie de vie. « Tu penses que ce serait mal, Alakay ? Je… Je veux dire, tu as retrouvé Bambi, mais tu n’es pas avec lui. Pas encore. Et il a dû avoir des conquêtes, lui… » Elle sentait son souffle contre son visage et ses mots sonnèrent le glas de sa témérité. Immobile, figée ; elle n’osait bouger de peur de rompre l’instant, de rompre tout ce qu’ils avaient construit jusqu’à présent. Eux qui étaient revenus de la plus cynique indifférence, eux qui avaient reconstruit la plus belle amitié qui jamais n’avait existée, eux qui vivaient ensemble depuis un long moment déjà mais qui jamais n’avaient franchi les barrières qu’ils s’étaient instaurés. Eux jusqu’à présent si droits l’un envers l’autre. Ce soudain désir n’était pas évident pour elle. Elle se rendit compte également que jamais elle ne verrait Azazel comme une conquête ; il détenait la moitié de son cœur, il était celui qui li avait appris à vivre à nouveau. Une conquête ne devait rien représenter, pas vrai ? Elle tâchait de se convaincre. Son esprit torturé fut bien rassurée qu’il prenne enfin les devants et qu’il s’éloigne, cependant, son corps tout entier se mettait à pleurer son retour. Il reprit ses esprits, la fit redescendre de cette prison dans laquelle il l’avait contrainte.

Lorsqu’il déposa les assiettes sur la table, le bruit la fit sursauter. Sa culpabilité revint au galop. Elle avait l’impression d’avoir mal fait les choses, de l’avoir énervé, alors, doucement, elle vint déposer sa main sur la sienne et plongea son regard azure dans le sien. Mauvaise idée ; elle s’y perdit. « J’suis désolé ma belle, je… Je ne sais vraiment pourquoi j’ai envie de ce que j’ai envie alors que je ne devrai pas, pourquoi j’me mets à califourchon sur toi avant de te mettre sur le plan de travail… Je suis désolé, vraiment. » Elle tâcha de se convaincre d’avoir à faire un effort pour le comprendre, mais elle n’était pas honnête envers elle même. Ne le désirait-elle pas au moins tout autant que lui ce soir? N’était-elle pas tout autant coupable ? Elle resserra l’étreinte de sa main sur la sienne comme pour lui assurer que ce n’est pas grave, qu’après tout ils étaient toujours deux. Ils avaient toujours été deux. Mais sa réaction ne lui laissa plus d’autre choix que de réellement se taire pour le laisser faire. Elle sursauta, se mit à trembler, avant de déposer ses bras autour de son cou et de répondre à son baiser. A cet instant, elle ne pensait pas à Bambi, avait chassé sa culpabilité pour profiter du miel que déposaient les lèvres d’Azazel sur les siennes. Demain aurait été le temps des regrets. N’avait-elle pas toujours été cette enfant maladroite, première à se laisser tomber dans les pièges de la vie ? Elle n’était plus sûre de rien.

Soucieuse de sa réaction après leur écart, du regard qu’il poserait –ou bien ne poserait plus sur elle- elle fit durer l’échange un peu plus longtemps en y ajoutant quelque intensité. Elle ne savait trop expliquer ce que lui faisait ressentir ce baiser et pourtant, elle n’avait plus ressenti de telle sensation depuis bien longtemps. D’ailleurs, jamais dans ce monde. Une émulsion de passion et de douceur, d’anxiété et de timidité. Quand il s’éloigna et lui adressa un regard quelque peu coupable, elle ne put s’empêcher de fuir son regard à nouveau. « Je suis pas sûre que ce soit une bonne idée Az’, je veux dire, j’en ai eu terriblement envie ce soir aussi, je saurais même pas t’expliquer. J’éprouve des sentiments pour toi que je n’éprouve pour personne d’autre au monde, je veux pas que tout ça vienne gâcher ce qu’on a su construire… je veux dire… » Elle s’approcha de l’évier pour s’y appuyer, redoutant profondément sa réaction. Ses doigts se crispèrent au point qu’elle s’en rompit un ongle. Tant pis pour la manucure. Elle essuya une larme qui coulait sur son visage ; elle était tétanisée, morte de trouille mais non pas par lui, par ce qui était entrain de se passer en elle à cet instant. Ces réactions, ces sentiments. Elle n’était plus sûre de rien. De rien du tout. « Oh et puis merde. » Elle retourna vers lui et vint déposer ses lèvres contre les siennes à nouveau sans comprendre si elle en avait envie ou si elle n’avait pas véritablement eu le choix. Ses moyens l’avaient fuie au moment même où il était grimpé sur elle et ne semblaient pas vouloir pointer à nouveau le bout de leur nez. Gênée, elle mit fin à ce baiser et baissa la tête pour la nicher à nouveau contre son torse, n’osa pas le regarder dans les yeux. Peut-être la pensait-il folle ? Peut-être n’avait-il envie d’elle que pour la soirée ? Elle ne voulait pas savoir, tout ce qui l’important était cette sécurité qu’elle ressentait entre ses bras. Qu’il la serre, qu’il la serre encore plus fort et lui répètes que tout ceci n’est qu’illusion, que rien n’est mis sur la table, que leur amitié n’est pas en péril. Etrangement, elle ressentit le besoin de sentir plus intensément la chaleur de son corps, alors, elle plongea les mains sous son t-shirt et les audacieuses gravirent la pente jusqu’à ses omoplates. « Qu’est-ce qui se passe Az ? Dis moi que t’y comprends quelque chose parce que moi j’y comprends rien. » Et elle eut le courage de redresser ses yeux de biche en sa direction, priant pour son approbation, redoutant ses réprimandes.


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MessageSujet: Re: (Azazel) ❀ Veni, vedi, vici. (Azazel) ❀  Veni, vedi, vici.  EmptyJeu 24 Avr - 19:08

Mais c'est plus fort que moi
Tu vois je n'y peux rien
Ce monde n'est pas pour moi
Ce monde n'est pas le mien


Je ne sais pas m’y prendre, je ne sais pas comment faire ; il m’est facile de jouer, là où il m’est difficile d’aimer.

Dans ce monde qui n’est pas le mien, entre les murs qui renvoient des images tantôt d’horreur, tant de pur paradis, moi, je me perds, je m’enfonce dans ces chemins que je ne connais pas. Je n’ai jamais subi ce sort comme une malédiction et au fut et à mesure que Féline devenait la sœur, l’amie, l’oreille, les yeux, le Tout d’une vie nouvelle, je me disais que, décidément, c’était une réelle bénédiction que d’être aujourd’hui coincé dans ce corps humain.
Un corps humain que j’ai découvert pleinement et que j’ai exploité, chaque heureuse, chaque minute, m’épuisant, me reposant et repassant à l’attaque ; les coups de reins devinrent machinaux, mes gestes gagnèrent en fluidité et en rapidité et je suis m’adapter, tantôt féroce comme une bête, tantôt doux comme dans les fantasmes des adolescents qui pensent que faire l’amour, c’est une question de sentiments, de délicatesse.
Et je me souviens. Je me souviens parfaitement des multiples soupirs, des gémissements qui se frayent un chemin entre les lèvres entrouvertes, des griffures le long du dos, des bleus laissés le long du cou, des morsures qui font saigner la peau frêle de la clavicule mais aussi des baisers endiablés qui font grossir et saigner les lèvres, de la sueur qui coule à flot mais qui ne retire rien au plaisir, des caresses profondes, longues, lentes ; j’oublie les visages, ne connait parfois même pas les prénoms, mais je me souviens des chevelures qui ondulent, des corps qui réagissent, des sentiments qui s’échangent, du plaisir ressenti et partagé, de la douleur parfois, de l’extase d’autres fois.
Je me souviens avoir désiré des femmes, je me souviens avoir posséder des femmes, je me souviens m’être fait avoir par des femmes ; je me souviens avoir, pour la première fois, aimer une femme avant de la désirer ; je me souviens du goût des lèvres de Hell, je me souviens de mes mains sur ses hanches, de mes mains sur son visage ; je me souviens de ses yeux sombres mais brillants ; je me souviens de ce pêché charnel que j’ai commis et encore commis, comme pour dire aux Dieux que pas même eux ne pourront laver le vice de mon cœur, de mon corps.

Mais je ne me souviens pas avoir jamais désiré comme je désire aujourd’hui.
Depuis le temps que je partage ce dortoir avec Alakay, je l’ai vue plus d’une fois se trimballer avec un simple haut, ne remarquant pas mon regard qui s’assombrissait ou, tout du moins, ne voulant pas l’admettre, préférant se persuader – comme elle sait si bien le faire – que c’était dû à l’éclairage ou à une soudaine myopie de sa part, allez savoir. Alors bien sûr, j’ai déjà voulu poser plus que mes yeux sur son corps frêle et laiteux. Quand elle se nichait dans mes bras, qu’elle dormait contre moi, il n’était pas rare que je frisonne, mais je cachais cela comme je pouvais, parlant ou bougeant ; je me sentais, pour une fois, réellement aimé et j’avais peur que si j’entreprenais quoi que ce soit, Féline croirait que je ne l’ai aidée dans ce monde et que je ne l’ai prise sous mon aile que pour finalement pouvoir la mettre dans mon lit. L’amour nous a séparés une fois, le désir le fera peut-être aussi… Et surtout qu’à cette époque, c’était du désir charnel pur et dur, tout ce qu’il y avait de plus brut.
Mais aujourd’hui, c’était différent. Aujourd’hui, notre relation avait combattu la jalousie et la possessivité. Aujourd’hui, nous étions plus forts. Aujourd’hui, nous étions plus proches que nous ne l’avons été. Et aujourd’hui, mes sentiments avaient été clairement mis à nus et venaient s’entremêler ; si ce n’était pas un désir mêlé à de l’amour comme avec Hell, ce n’était pourtant pas une bien vile envie de dévorer chaque parcelle de son corps.
C’est tellement plus.
Et ça m’effraie. Littéralement.

Dans la cuisine, tout en me demandant ce qui me prend, je tente d’effectuer plusieurs tâches, le but étant de tenter d’occuper mon esprit en occupant mes mains. Mais ça ne marche pas. J’ai l’impression que chaque pas qu’elle effectue la met un peu plus en valeur et je m’en veux amèrement de pouvoir penser à ce genre de choses. Je vois bien qu’elle fait de son mieux pour rester loin d’elle, mais je le fais de mon coté aussi, bien qu’on semble tous deux oublier que la cuisine est loin d’être un palace. Alors voilà, forcément, on finit par se retrouver, par s’effleurer.
Je dois changer de sujet. Je parle de couteaux, de ma seconde personnalité avec un réel sérieux. Sauf que voilà, je n’ai rien de sage, et si j’arrive à m’empêcher de la plaquer contre un mur, je ne peux pas retenir ma langue de formuler quelques provocations. Si un air amusé teinte d’abord son visage, rapidement quelques rougeurs viennent le constelle et je ne peux tout bonnement pas me retenir de rire doucement, bien que j’ai essayé, histoire de ne pas le vexer. Elle ne répond cependant pas à ma pique alors que je m’appuie contre le plan de travail avec une certaine légèreté, haussant les sourcils en croisant les bras sur mon torse.

« Ouais, c’est vrai, mais t’es tellement rouge que je pourrai te confondre avec une tomate. J’suis sûr que même un juge comprendra mon erreur s’il te voyait, ma belle ! »

À partir de là, je mène un combat contre moi-même qu’Alakay ne soupçonne peut-être pas. Je ne pèse même pas le pour et le contre, je sais parfaitement que ce ne serait vraiment – vraiment – pas une bonne idée. Pourtant, j’ai beau me persuader que je vais le regretter, j’avance vers elle, la bloque contre le plan de travail sur laquelle je hisse et je lui demande alors ce qu’elle en pense. Sans grande surprise, nulle réponse ne me parvient et mes mains glissent sur son corps. Son regard se dérobe au mien et je me rends compte que je me sens vraiment bien avec elle, là, tout de suite.
Je m’éloigne d’elle, tâche de faire autre chose ; je plaque brutalement les assiettes sur le plan de travail et j’ai l’impression de faire monter une vague de culpabilité chez Alakay car elle s’approche de moi, posant sa main sur la mienne et plongeant son regard dans le mien. Je ne sais pas trop à quoi elle pense, mais moi, j’ai l’impressionne je viens de tomber dans un sacré piège ; si le petit Poucet avait pris des pierres avec elle, moi je n’ai rien pour retrouver mon chemin et je pense bien que la couleur d’yeux de la biche sera celle qui tapissera les murs de mon paradis idyllique.
Sa main se resserre sur la mienne mais je la dégage rapidement pour saisir son visage. Mes lèvres trouvent les siennes et je ressens réellement… Quelque chose.
De tout ce qui s’est passé dans la soirée, ce qui m’étonne le plus reste le fait qu’Alakay répond au baiser, le fait durer plus longtemps que ce que j’avais prévu, vienne le pimenter en s’appuyant d’avantage contre moi. Seulement voilà, le fait est qu’une fois éloignés, mon regard empli de culpabilité mais aussi d’une once de surprise nullement dissimulée, ses yeux s’évadent à l’emprise que j’ai voulu avoir sur eux. Lorsqu’elle prend la parole, le ton qu’elle prend, l’intonation de sa voix, réellement tout me pousse à croire que j’ai vraiment foiré. Une boule se noue dans ma gorge tandis qu’elle perd ses mots et mon regard de marbre, presque froid, se pose sur elle lorsqu’elle s’appuie contre l’évier. J’ai tellement de chose à lui dire. Je pourrai commencer par lui demander en quoi un baiser pourrait tout gâcher, en quoi flirter urinerait notre amitié. Je pourrai lui dire qu’elle exagère, que ça pourrait peut-être crées des tensions, mais que je pensais que ce qu’on avait jusque là bâti était plus fort. Je pourrai alors simplement conclure sur un « désolé, je le referai plus » et simplement me laisser un peu de temps de digérer avant de reprendre la préparation du diner.
Mais je n’arrive pas à parler. Alors je me tais et l’observe. En voyant ses doigts se crisper sur l’évier, je hausse un sourcil.
Merde ? Hein ? Pourquoi elle dit ça ?

Elle revient vers moi et plaque ses lèvres sur les miennes. Rapidement, ma main glisse sur sa nuque alors que j’appuie doucement sur sa bouche, complètement déboussolé. Non, elle n’était plus une biche et non, elle n’était pas une enfant, elle était une femme ; il n’y a que les femmes qui peuvent avoir de si étranges comportements, passant du chaud au froid aussi rapidement.
Lorsqu’elle met fin au baiser, je ne la retiens pas, faisant juste glisser mes doigts le long de son épaule alors qu’elle se niche contre moi. Je la serre contre moi assez fortement, comme si je l’entendais me dire qu’elle en avait besoin, comme si j’entendais l’écho de mes pensées qui criaient qu’il fallait que je fasse quelque chose avec elle qui ne serait pas nouveau. Ses mains s’agrippent à mon t-shirt, se faufilent en-dessous et s’en vont glisser jusqu’à mes omoplates. Un long frisson me fait littérairement trembler l’échine et je plonge mes yeux dans les siens lorsqu’elle me parle, ne pouvant m’empêcher de me sentir coupable.

Je glisse une main autour de sa taille, l’autre sur son visage :

« Ça va aller, Alakay, ça va aller… Désolé, j’y comprends pas grand-chose non plus, mais je suis pas sûr de vouloir comprendre. Pas tout de suite du moins. »

De nouveau, je retourne l’embrasser, reculant jusqu’à la plaquer contre mur en faisant entreprendre à mes mains une dance osée sur les hanches et le dos de la belle. J’approfondis le baiser d’un coup de langue plus brutal que je ne l’aurai voulu.
Tout se passe tellement vite, tout s’enchaine, tout est si confus, si exquis.
Je la croque littéralement ; je ne romps le baiser qu’un bref instant, revenant ré-initier l’échange, allant saisir sa lèvre inférieure entre mes dents alors que je pose mes mains sous son haut, juste au niveau de ses côtes, faisant tapoter mes doigts sur son ventre, les remontant doucement en m’arrêtant quand même assez tôt pour ne pas rencontrer le tissu de son sous-vêtement.
Je m’éloigne légèrement, haletant, mon regard embrumé posé sur le cou de l’ancienne biche.

« Si tu veux me faire la gueule, tu pourrais attendre demain tu crois ? Parce qu’à moins que tu me donnes une baffe, j’pourrai pas me décoller de toi. »

Mais je n’attends pas vraiment sa réponse, peur qu’elle réfléchisse réellement à m’en coller une. Mes lèvres se posent sur son cou que j’arpente avec une lenteur délibérée, venant appliquer de petites morsures, sans forcer, histoire de ne pas la marquer. Je monte jusqu’au lobe de son oreille que je saisis entre mes dents en laissant ma langue percer, riant doucement en posant une main sur l’autre coté de son cou.

« Je pense pas que tu sois partante pour que tu sois mon diner du soir alors mon cher cordon bleu, aux fourneaux ! »

Je dis ça avec une légèreté feinte – mais c’est raté, ma voix manque de sûreté, flanche littéralement – car au fond, j’ai envie qu’elle soit mon apéritif – elle l’est déjà, de, mon plat et mon dessert ; je n’ai envie de savourer que le goût de sa peau, de n’être entrainé que par les effluves de son parfum, de n’avoir que la texture de ses lèvres contre les miennes, de ne me souvenir que d’elle.
C’est avec un baiser dit chaste que je dépose sur ses lèvres que j’achève ce petit manège – je l’aurai volontiers décrit de jeu, mais ça n’en était pas un, pas cette fois-ci, pas avec Alakay – et je m’en vais vers l’évier.

Je pense un instant à sincèrement me mettre à cuisiner, à éviter le sujet avec la plus grande précaution, à agir comme on le sent, sur le coup, sans se prendre la tête.
Mais c’est Féline, la moraliste, elle ne s’en tiendra pas là et moi, je ne pense pas que ce soit une très bonne idée de juste agir comme deux parfaits adolescents alors que, de mon coté, ce n’est pas du simple désir, ce n’est pas un simple jeu.
J’ouvre le réfrigérateur, en tire une bouteille de soda que je décapsule. Je fixe le contenu un instant avant de tendre la main vers Alakay.

« Faut qu’on parle. »

C’est jamais bon à entendre, mais soit. Je noue mes doigts aux siens et l’entraine vers le salon avant de prendre position sur le canapé en l’attirant sur mes genoux, caressant affectueusement et de façon protectrice sa chevelure.
Par où commencer ? Que devrai-je dire ? Que devrai-je demander ? Que devrai-je faire ? Bon sang, j’ai besoin de whisky.

« J’en avais envie. Et heu… J’en ai toujours envie. Mais je veux dire que c’est pas seulement du désir, c’est pas un truc sale, c’est pas quelque chose que je prends à la légère. Et sérieusement, je t’ai dis qu’il faut qu’on parle, mais j’ai rien à dire, j’ai pas envie de commencer à me demander ce qui m’a poussé à t’embrasser. Je veux juste que tu me dises si oui ou non, tu veux qu’on… »

Continue.
Le mot reste bloqué dans ma gorge et je lève les yeux au ciel un bref moment avant de faire plonger mes prunelles dans le regard clair de la jeune femme.
Pour qu’elle voie, à défaut d’entendre, la fin de ma phrase.

N’entends-tu pas mon cœur crier à l’injustice ? N’entends-tu pas mon âme te supplier de me faire taire ? Ne ressens-tu pas ce besoin pressant de comprendre, de me faire comprendre, de nous éclairer ? Ne te sens-tu as coupable, vis-à-vis de Bambi ? Parce que moi, je repense à Hell et je me sens mal. Pourtant, cette culpabilité est si moindre en comparaison à ce poids dans mon cœur entièrement de sentiments positifs fait.
J’ai été là pour toi. Quand tu ne savais pas pourquoi les gens se faisaient la bise, je tentais de t’expliquer. Quand tu ne comprenais absolument pas en quoi dormir avec quelqu’un du sexe opposé avait de si bizarre, j’ai fais de mon mieux pour t’éclaircir. J’ai toujours été, non pas seulement pour toi, mais pour plusieurs personnes, celui qui avait cette étiquette de tout savoir, de tout comprendre.
Mais c’est faux. Je suis perdu, moi aussi. Je ne comprends pas, moi non plus. J’ai peur, moi aussi. Je ne suis plus certain de rien, moi non plus. Alors maintenant, je ne te demande pas de soudainement te débrouiller pour qu’on y voie plus clair, non, tout c que je te demande, c’est ce que tu veux. Pas comme ça, sur un coup de tête. Je veux que tu y réfléchisses. Et que ut me répondes.
Sincèrement.

Alakay, je la veux toute entière. Je veux que qu’elle soit mienne. Je veux qu’elle accepte d’être mienne, car je ne veux pas la traiter comme je traite toutes ces autres femmes à moitié dénudées se déhanchant sur des pistes de danse de prédateurs ravagés.
Elle représente en cet instant bien plus pour moi que ce qu’aurait pu représenter Féline à Ronno dans toute une vie.
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MessageSujet: Re: (Azazel) ❀ Veni, vedi, vici. (Azazel) ❀  Veni, vedi, vici.  EmptyJeu 1 Mai - 0:32

D'accord je t'ai confié tous mes sourires, tous mes secrets. Même ceux dont seul un frère, est le gardien inavoué. Dans cette maison de pierre, Satan nous regardait danser.
Azazel & Alakay

Tout était étrange dans cette vie, les sensations n’étaient pas les mêmes. Dans le sien, les sentiments du cœur étaient bien les seuls ressentis et ceux du corps souvent n’étaient que mirages. Mirages, douces illusions qui parfois au détour d’un chemin se voulaient facétieuses. Et elles l’étaient. Ça oui alors. A vrai dire, les envies du corps n’avaient toujours été pour elle qu’instrumentales, jamais elle ne s’était posée la question sur un quelconque désir inavoué. Mais qu’en était-il dans ce monde ci ? Comment donc devait-elle s’y prendre pour faire taire ces grésillement dans le fond de son estomac ? Ceux qui malgré toute la fidélité qu’elle voulait avoir pour Bambi, la poussaient aujourd’hui dans les bras d’Azazel. Elle avait beau lutter, c’était bien plus fort qu’elle et même si Féline lui criait de ne pas succomber, marquait ses entrailles de quelques morsures ensanglantées, Alakay réagissait mal aux appels désireux de ce corps qu’encore elle ne contrôlait pas. Elle cédait doucement aux tempéraments d’une vie nouvelle, rythmée par le souffle rauque de ce meilleur ami, de ce frère qu’elle n’avait jamais eu. Alors oui. Elle se sentait coupable envers sa vie d’autrefois, envers la vie future de ce monde que probablement elle aurait avec Bambi, mais elle ne savait s’en vouloir de céder à celui qui avait rendu cette vie, celle dans ce monde ci, si belle et tellement plus supportable. Il avait parsemé quelques joies inoffensives sur la noirceur de sa peur et ainsi, lui avait permis de renaître, enfin. Elle avait cessé de se battre pour une ce passé qui n’était aujourd’hui plus qu’un souvenir. Elle avait cessé de se battre tout court afin qu’il le fasse pour elle, elle aimait pour deux, il s’occupait du combat. Et ce partage leur était toujours paru bien plus juste qu’une joute interminable pour savoir qui des deux sauraient frapper le plus fort. Aujourd’hui, elle ne voyait pas le fait de s’offrir ainsi à lui comme un remerciement. Elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’au fond, il le méritait bien ; que peut-être dans ce monde ci, elle avait à nouveau à se poser les bonnes questions ; celles auxquelles déjà autrefois elle avait été confrontée.

Sa vue se brouillait sous une chaleur invisible, son cœur battait les temps forts contre son sternum endolori d’avoir à subir de tels assauts. Jamais Azazel ne lui avait semblé si beau, si désirable qu’au milieu de cette cuisine, posant son regard azur sur les courbes fines de ce corps qu’elle avait appris à aimer au fil des mois. Aimer est un mot fort, parlons plutôt ici d’accepter. Son parfum avait accompagné le moindre de ses éclats de rire dans une valse torride et interminable, son image avait bercé de nombreuses nuits orageuses, calmant ainsi ses doutes, taisant ainsi ses peurs. Et il aurait été que de mentir que de supposer que jamais elle n’avait été curieuse de savoir ce qui se cachait derrière ces yeux clairs. Car oui, elle y avait déjà pensé, elle s’en était même souvent voulu de faire de lui quelque marchandise à laquelle elle désirait goûter. Mais l’allure qu’avait prise son corps dans ce monde la laissait souvent sans voix, alors, elle se taisait, afin de ne pas prendre le risque de tinter une ambiguïté certaine. Elle n’avait pas eu le choix, les humains étaient faibles devant les corps, les humains étaient vils, gourmands. Sauveur, ami, frère comme paradis. Il était celui qui lui avait tout appris : Azazel dis moi, à quoi sert ce manche prolongé d’un bout de métal ? Méfie-toi ! Il lui avait évité le drame. Lui avait appris la vie, enseigné à vivre. Il n’avait pas failli là où elle même l’avait fait dans leur monde ; il ne l’avait pas abandonnée. Jamais il n’avait ri de son manque d’expérience ; il avait fait d’elle sa muse, elle avait fait de lui son monde. Un monde qui aujourd’hui était remis en question par un sourire. Qui peu à peu s’effritait emportant dans sa chute la moindre de ses certitudes. Pour se rassurer, elle cherchait le contact. Passait ses mains le long de son échine, frôlait sa main avec une candeur inhumaine, elle était venue jusqu’à déposer ses lèvres sur les siennes pour mêler leurs chairs ; celles qui se cherchaient, se désiraient sans jamais véritablement se trouver.

Intimidée, elle fixait sa peau légèrement hâlée par un soleil encore bien peu chaleureux et déjà elle sentait ses mains se poser sur les sienne, caresser sa croupe, l’arrondi de ses reins. Quelques pensées érotiques la rendirent sceptique. Le capharnaüm de son esprit lui donnait une horrible migraine et elle regrettait quelque peu s’être plongée toute seule dans cette situation ambiguë. N’aurait-elle pas eu meilleur temps de se taire quand il avait élu position sur elle ? N’aurait-elle pas du être un peu moins transparente quant à ce désir irrépressible ? Quelques frissons gravirent les vertiges de sa colonne vertébrale pendant qu’elle tentait de réunir ce qui lui restait de conscience de soi. Un peu de confiance histoire de sommer ces désirs indécents de retourner de là où il venait. Tout à coup, elle se surprit à maudire cette vie infernale qui la rendait si vulnérable face à ses sens, ses pulsions primaires. Oh, certes il n’y avait là pas uniquement cette attirance sexuelle pour un homme tout à fait charmant, non, loin de là. Elle aimait Azazel, profondément, presque aussi fort qu’elle avait aimé Bambi autrefois…et qu’elle l’aimait toujours. Elle se mordit la lèvre inférieure, dans quel pétrin était-elle donc entrain de se fourrer ? Elle ne voulait plus avoir à choisir. Ici, elle n’était plus reine ; il était roi. Roi de ses moindres désirs inavoués. Comment aurait-il pu le savoir alors qu’elle même ne s’en était rendu compte que dans l’instant ? Elle n’était pas prête à lui jurer l’éternité mais elle savait qu’il ne servait de lutter plus longtemps, que ce soir, il pourrait faire ce que bon lui semblait d’elle sans qu’elle n’ait la force ni l’envie deréagir. Et le jour suivant serait celui de la rédemption. Azazel dans le cœur, Zadig dans l’âme. Ce casse tête chinois lui donnait la migraine. Elle se vomissait en silence d’être si faible devant un homme elle qui s’était juré de ne plus jamais dépendre de personne. Foutue faiblesse. Femme vulnérable. Toujours fragile.

Ainsi, elle céda à nouveau à l’emprise de ses lèvres, se laissa aller sous ses caresses tumultueuses et se décida à vibrer quelques instants à l’unisson. De toute manière, Bambi n’avait jusqu’à présent pas essayé de la chercher, du moins, c’est ce dont elle essayait de se convaincre… ne l’aurait-il pas déjà trouvée sinon ? Tout se mêlait dans sa tête sans qu’elle n’arrive à faire un tri, à y voir plus clair. Non, ce n’était pas évident et Alakay n’était pas de celle qui se lançait dans pareils ébats sans y réfléchir à deux fois. Mais pour une fois, elle avait envie d’être téméraire, de céder à la folie sans se poser trop de questions. Que risquait-elle ce soir ? Pas grand chose, elle savait qu’il n’était pas là pour lui faire du mal, il ne l’avait jamais été. La main d’Azazel prit place derrière sa nuque et il ne s’éloigna pas, il se contenta de rendre ce baiser encore plus intense. Il était étrange que d’être partagée entre cette culpabilité grandissante et ce désir pourtant comblé. Non, elle ne comprenait plus rien. Rien de rien. Quand elle eut besoin de sentir qu’il était toujours là, qu’il prendrait soin d’elle quelle que soit l’issue de cette soirée ; il ne se fit pas prier et la serra contre con torse. Cette étreinte lui fit du bien, la rassura et à nouveau, elle se sentait prête à affronter le monde mais une petite voix en elle lui répétait incessamment qu’elle ne prenait pas la bonne décision en lui cédant de la sorte, mais qu’importe. Elle n’était pas du genre à suivre les conseils qu’on lui donnait, par toute évidence. Bambi viens me sauver. Sa voix criait et pourtant elle ne l’entendit pas. Il lui manquait tellement, terriblement. Mais il avait l’air heureux quand elle l’a aperçu sur son lieu de travail, il n’avait pas ce même manque dans le regard que celui qu’elle avait bien pu avoir.

Son cœur se mit à saigner pendant que ses yeux brillants quémandaient une explication, aussi bancale ait-elle pu être. « Ça va aller, Alakay, ça va aller… Désolé, j’y comprends pas grand-chose non plus, mais je suis pas sûr de vouloir comprendre. Pas tout de suite du moins. » Elle fronça un peu les sourcils. Si, de son côté ; elle avait besoin de comprendre ce qui était entrain de se passer. Elle ne voulait pas se perdre, perdre ce qu’elle avait été. Certes, elle était terriblement attirée par Azazel, ses sentiments pour lui étaient réels et forts, mais son cœur était partagé entre l’envie d’exploser ou de pleurer. Etait-elle entrain de mettre un terme à sa relation avec Bambi pour quelques pulsions qu’elle ne contrôlait pas ? Elle ne pouvait pas se le permettre. Elle se contenta de déglutir et d’encrer sa tête plus profondément contre son torse. Saisit d’un désir plus incontrôlable encore que les siens, Azazel la coinça contre le mur et l’embrassa d’une manière qu’elle n’avait encore jamais embrassé personne. Oui, c’était naturel mais quelque chose la gênait, comme si elle n’était pas entièrement là, comme si elle avait besoin d’y réfléchir encore. Elle ne s’ut que faire, alors elle ne fit rien. Il rompit à nouveau le contact pour s’éloigner, elle soupira sans rien y comprendre toujours. « Si tu veux me faire la gueule, tu pourrais attendre demain tu crois ? Parce qu’à moins que tu me donnes une baffe, j’pourrai pas me décoller de toi. » Elle voulut répondre ; il ne lui en laissa pas le temps. Etait-elle déjà allée trop loin pour revenir en arrière ? A vrai dire, elle n’avait pas envie de le gifler, encore moins de lui faire la gueule. Elle avait besoin d’une explication à tout ça, besoin de comprendre comment une telle tension avait pu s’installer entre eux deux. « Je pense pas que tu sois partante pour que tu sois mon diner du soir alors mon cher cordon bleu, aux fourneaux ! » Elle tenta de s’y atteler sans vraiment répondre, le regard fuyant et les mains encore tremblantes. Mais rien n’y faisait. Elle restait immobile, n’arrivait à dire mot, à bouger.

« Faut qu’on parle. » Elle hocha la tête : oui, ils en avaient grandement besoin. Ne serait-ce que pour justifier leur incartade par quelques mots rassurants. Certes, elle avait ce besoin omniprésent de contrôle sur sa vie et ce qui la gênait dans cette histoire était bien le fait qu’elle n’en avait plus aucun. Elle prit deux grandes inspirations avant de reposer ce qu’elle avait tâché de saisir pour commencer le repas. Il lui saisit la main et sans rouspéter elle le suivit jusqu’au canapé et ne rompit pas le contact ; elle avait besoin de croire que tout ceci n’aurait pas de répercussions, qu’elle n’avait pas fauté mais ce n’était pas évident. Et c’était nouveau. « J’en avais envie. Et heu… J’en ai toujours envie. Mais je veux dire que c’est pas seulement du désir, c’est pas un truc sale, c’est pas quelque chose que je prends à la légère. Et sérieusement, je t’ai dis qu’il faut qu’on parle, mais j’ai rien à dire, j’ai pas envie de commencer à me demander ce qui m’a poussé à t’embrasser. Je veux juste que tu me dises si oui ou non, tu veux qu’on… » Tout s’enchainait beaucoup trop vite, aujourd’hui elle avait retrouvé la trace de Bambi et voilà qu’elle cédait ce soir à un autre. Quelle belle moralité. Son corps lui disait de continuer mais elle s’en voulait terriblement. Elle qui avait toujours été soucieuse de ne faire de mal à personne était à présent bien empruntée. Elle posa une main sur sa joue et y déposa une lente caresse : « Je ne suis pas de celles qui mentent et je te mentirais en disant que je n’en ai pas envie… que mon corps tout entier ne me dit que de continuer… » Elle marqua une pause et se saisit le visage entre ses deux mains pour se retenir d’exploser complètement : « Toute cette vie, ce corps, ces souvenirs, je contrôle rien Az, je contrôle plus rien du tout et ça me fait peur. Je ne pourrais pas te dire oui ce soir par peur de te manquer de respect… » Craignant qu’il ne s’éloigna d’elle, elle saisit son visage entre ses deux paumes et continua : « Je veux dire, je veux pas prendre tout ça à la légère et puis pour être honnête et envers toi –et envers moi par la même occasion- je n’ai aucune idée de ce qui est entrain de se passer, je crois que je vais devoir y réfléchir… Parce que dans l’histoire, tu sais que nous ne sommes tous deux plus des cœurs à prendre, qu’on a bien plus à perdre que ce que l’on a a gagner. J’aime Bambi, et de ce que j’ai cru comprendre, tu aimes Hell, toi aussi… alors regarde moi droit dans les yeux et jure moi qu’on est pas entrain de merder ? Parce que je peux pas m’empêcher de me sentir coupable même si c’est loin d’être désagréable. » Elle se leva alors, ne supportant plus d’être aussi visible et se mit de dos en baissant les yeux, sans faire la fière car sous ce masque de fer, elle pleurait de culpabilité : envers Bambi d’une part, mais envers Azazel de l’autre. Et puis, elle ne cessait de repenser au fait que dans ce monde, jamais d’homme n’avait été avec elle aussi loin et cette subite prise de conscience lui fit horriblement peur. Prend-moi dans tes bras, je t’en prie. . Elle savait qu’il allait se fâcher, qu’il allait la maudire d’ainsi ne pas savoir ce que réellement elle désirait, mais elle restait muette, ne savait que dire. « T’attends quoi de moi exactement là Az ? Je veux dire, t’es pas amoureux de moi et je vais paraître vieux jeu, mais ce ne sont pas des choses qui se font sans sentiments… » Elle se mit à pleurer en silence, tâcha de se montrer forte malgré tout alors qu’elle ne menait pas long feu de cet état pitoyable. « Je crois que je ne suis pas prête. » Pas prête à laisser ses rêves s’évanouir, pas prête à briser ce qu’elle avait de plus précieux dans l’autre monde (Bambi) ni ce qu’elle avait de plus précieux aujourd’hui (Azazel), alors elle préférait voir comment les choses évolueraient naturellement, sans forcer les choses. Elle avait besoin de connaître les vrais sentiments de Zadig à son égard aujourd’hui, ceux d’Azazel également, qu’ils ne soient plus évasifs. Parce que si elle était encore éperdument amoureuse de l'un, elle avait de la peine à comprendre ses agissements de ce jour.

Alakay la moraliste, il n’avait pas totalement tord.


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MessageSujet: Re: (Azazel) ❀ Veni, vedi, vici. (Azazel) ❀  Veni, vedi, vici.  EmptyJeu 1 Mai - 18:38

I’m bleeding out
I’m bleeding out for you
For you.


Là où elle m’a abandonnée pour rester avec Bambi, j’ai su me relever après la chute. Là où elle n’avait d’yeux que pour ce prince de pacotille, je les observais et les jalousais en silence. Là où elle n’avait plus un regard pour moi, je n’avais en tête que ses yeux de biche fragile. Là où elle a vu en ce sortilège une malédiction, j’y ai vu une deuxième chance. Là où j’avais décidé de ne plus jamais tomber amoureux, j’ai pourtant retrouvé l’amour – quelque part, dans des catacombes, au milieu de vestiges, je l’ai trouvé, cet amour, ces bribes d’amour, ces quelques parcelles que j’ai recollées à mon cœur brisé. Là où elle était totalement perdue dans ce monde nouveau, dans ce corps qu’elle avait du mal à accepter, j’ai réussi à m’adapter. Là où elle voulait que Bambi la retrouve, il fut incapable de retrouver son âme-sœur. Là où elle ne pensait plus à moi, j’ai su la retrouver. Là où elle perdait espoir, j’ai su lui insuffler la joie de vivre d’antan. Là où son regard était encore voilé par son amour pour Bambi, j’ai juré de me venger de son immaturité de jadis, de son manque de savoir faire.
Là où elle a été heureuse d’avoir retrouvé son amour, je l’ai haïe pour cela. Là où elle prétendait tenir à moi, elle ne se doutait pas que mes résolutions de lui faire mal venaient de s’évanouir en une nuée de poussière grisâtre. Là où elle commençait à m’aimer comme un ami, comme un frère, je me rendais compte que la place qu’elle a un jour occupé dans ma vie a toujours été vide dans ce monde, jusqu’à la retrouver. Là où elle pense qu’elle trahit Bambi en m’embrassant, j’ai l’impression que, de nouveau, elle le choisir de nouveau. Là où elle se confronte toute seule à un choix, alors que je ne demande pas son amour, seulement ces baisers de sentiments colorés, je m’oppose à subir les conséquences de ses réflexions et à être, encore une fois, le second choix. Là où elle a juré ne plus m’abandonner, je l’ai cru. Là où elle pose son regard incertain sur moi, je sais que sa parole ne veut plus rien, je sais qu’elle va encore le choisir, lui et seulement lui.
Alors d’accord, je vais seulement redevenir celui que j’ai toujours été ; le second. Elle est trop difficile à aimer et je n’ai plus la force de lutter si c’est pour être récompensé par le titre d’ami.
Pas que je voudrai être l’amour de sa vie. Là est le nœud ; qu’est-ce qu’elle s’image, exactement ? Pourquoi réfléchit-elle autant, alors qu’il n’y avait sincèrement pas de quoi ? Pourquoi diable repensait-elle à ce stupide faon qui n’a pas été fichu de la retrouver alors que j’aurai volontiers retourné ciel et mer si, dans la forêt, elle m’avait choisi moi.
Combien de nuits blanches lui ai-je dédiées, combien de gueules de bois ai-je subis à cause de son souvenir omniprésent dans mon esprit.

Quand d’abord mon regard a trouvé le sien, j’ai voulu lui crier de s’en aller, lui tonner de disparaitre de ma vue, de ma vie, d’aller retrouver celui pour qui elle m’a abandonné.
Mais j’en étais incapable. Incapable de voir ses yeux larmoyants, suppliant et être assez odieux pour juste lui tourner le dos. Alors je lui ai pris la main et, en cet instant, j’ai su que soit je le regretterai amèrement, soit je bénirai ce geste.
Et si, jusque là, j’ai cru que j’avais bien fait, aujourd’hui, je me rends compte que j’aurai dû la laisser se débrouiller seule. Qu’aurait-il pu lui arriver, de toute façon ? Elle aurait été jalousée par les nombreuses femmes à cause de sa beauté, aurait été plus qu’aimée par les hommes qui, peut-être, l’auraient approchée de trop près. Mais elle s’en serait remise.
Et moi, je l’aurai regretté le restant de ma vie si j’étais venu à l’apprendre. Mais si je ne l’avais pas su ? Y aurai-je pensé ? Aurai-je cette fois-ci cherché à la retrouver ? Aurait-elle seulement voulue être trouvée ?
Elle a choisi Bambi, alors pourquoi, pourquoi est-ce que je m’entête à vouloir être plus que ce que je suis ? Ne devrai-je pas m’estimer heureux ? N’est-ce pas de Hell dont je suis amoureux, avec Chayma que j’hésite ? Alakay n’aurait jamais dû faire partie de ce tableau-là de ma vie.

Mes lèvres s’activaient sur les siennes et même si, quelque part, je m’attendais à ce qu’elle me repousse, je savais que mentalement, elle me rejetait brutalement. Pourtant, tant qu’elle ne disait rien, je ne pouvais pas savoir.
Enfin si, en l’occurrence, je savais, je voulais juste qu’elle soit claire avec moi. Mais j’aurai dû le comprendre depuis un moment déjà ; si Alakay ne sent plus assez à l’aise pour me parler librement, c’est que quelque chose cloche, que quelque chose se passe et que ça ne devrait pas.
Si j’avais su, si seulement j’avais su qu’à un seul moment, mes lèvres sur les siennes, mes mains sur son corps, elle avait pensé à Bambi, je me serai éloigné sans plus jamais m’approcher d’elle. Parce que moi aussi, je pourrai penser à Hell, moi aussi, je pourrai penser à cette culpabilité qui me ronge, mais je ne le fais pas, je ne fais que penser à elle, à ses lèvres, à ce que je ressens, ce que je ne ressens pas… Comment aurai-je pu deviner que nous n’étions absolument pas sur la même longueur d’ondes ?
Parce qu’après tout, elle frisonne, son corps vibre et ses lèvres s’unissent joyeusement au contact. Alors comment aurai-je pu savoir que tout ce dont elle brûlait, c’était de mettre fin à ce magnifique… Bordel ?

Elle restait muette et immobile et moi, sincèrement, ça m’agaçait. Mais je ne disais plus rien à mon tour, ne faisait plus rien. Je lui propose d’en parler et elle accepte, joint ses doigts aux miens. Mais je ne ressens pas l’habituelle chaleur qui se dégage d’elle ; j’aurai presque l’impression qu’elle a peur et qu’elle vient d’instaurer entre nous une froideur bien pire encore que celle qui a pu nous éloigner l’un de l’autre dans notre ancien monde.
Parce que si j’avais l’intention de la faire saliver avant de lui faire croquer le bonheur à plein dents et enfin lui retirer ce fruit juteux en me moquant de l’état pitoyable dans lequel je l’aurai laissée, je me rends qu’aujourd’hui, elle fait exactement la même chose. Car certes, il faut qu’on parle, mais il n’y a rien à dire, ses yeux me font comprendre que non seulement ça n’ira pas plus loin, mais qu’en plus de cela, notre relation en gardera des séquelles certaines. Non pas à cause du baiser, mais à cause de cette culpabilité vis-à-vis de Bambi. Même sans l’avoir dans mon champ de vision, il arrive à me pourrir la vie.
Si je ne le haïssais pas avant, aujourd’hui, c’est certain : cet être acerbe, je l’exècre.

Installés sur le canapé, la main de la belle se dépose sur ma joue pour une lente caresse. Elle commence par m’assurer qu’elle n’est pas une menteuse et je ferme les yeux en poussant un soupir.
Elle ne ment pas, non. Mais ça veut dire que la vérité va percer et qu’elle va être sanglante, mutilante. Et puis, tout le monde ment. Toujours, à tout le monde. Le monde n’est fait que d’ombres de vérités, tout n’est que tissu de mensonges, certains plus vrais que d’autres, certains plus flagrants que d’autres.
Sa main s’éloigne de mon visage et j’ouvre les yeux pour la sa voir se poser sur le sien, rapidement rejointe par l’autre. J’ai cette impression que si elle retire ses paumes, elle va craquer.
Me manquer de respect ? En quoi elle me manquerait de respect ? Car demain, elle ne sera pas certaine d’avoir fait le bon choix et qu’elle ne voulait juste pas dire oui par « obligation » ? J’ouvre la bouche pour lui répondre, mais ses deux mains se posent sur mon visage et je préfère me taire en écoutant ce qu’elle avait d’autre à me dire. Et alors, brutalement, elle me parle de Hell et, cette fois-ci, mon regard se refroidit nettement.

Elle n’a pas besoin de me rappeler que je ne suis plus censé être un cœur à prendre. Elle pense réellement avoir besoin de me parler de mes sentiments, là où moi-même ne sais plus où j’en suis ?
Heureusement, elle se relève et me permet de souffler un peu. Je glisse une main dans mes cheveux, cette fois-ci à bout, agacé. Je n’arrive plus à supporter le fait de l’avoir proche de moi, n’arrive même plus à la regarder dans les yeux et lui en veux de me parler de Hell. Alors, comme une sorte d’illumination, je me rappelle qu’elle m’a aussi de nouveau parler de son amour pour Bambi. Est-ce que… Est-ce c’est ce qui l’a rendue muette et immobile, tout à l’heure ? Est-ce que à quoi elle pensait, tout à l’heure ? Est-ce que pendant tout ce temps où je l’ai embrassé, c’est à cet imbécile qu’elle pensait ?
Dos à moi, elle me demande ce que j’attends d’elle, finissant par avouer ne pas être prête.
Je hausse les sourcils en levant les yeux au plafond avant de me faire aveugler par la lumière. Ou peut-être est-ce ma fierté qui m’aveugle. Ou même ces vagues de méchanceté pure et brute qui montent en moi et qui s’annoncent dévastatrices.
Je me lève et m’approche d’elle, hésitant un quart de sondes avant de poser mes deux mains sur ses épaules.

« Retourne-toi, Alakay. »

Fais-moi face.
Ma voix est froide, sans appel, tranchante ; ma voix est tout ce que je déteste qu’elle soit en présence de la jeune femme.
Et si elle refuse de le faire, de toute façon, j’appuie assez fort sur ses épaules pour lui montrer que mieux vaut qu’elle le fasse de son plein grès. Alors je plante mon regard dans le sien, d’avantage comme je planterai un pieu dans un cœur que comme l’on plante une graine dans de la terre. Je me demande bêtement si la froideur de mon regard durcit l’azur de mes iris. Mes mains la quittent tandis que deux de mes doigts agrippent son menton, sans douceur, mais sans violence non plus.

« C’est à lui que tu pensais, lorsque je t’embrassais ? C’est ce grand amour fraichement retrouvé qui te rendait immobile, muette ? Parce que tu vois, je n’ai pas pensé à Hell. Avant de t’embrasser la première fois, oui, je l’avoue, j’ai pensé à elle. Mais pendant les baisers ? Pas une seule fois. Alors c’est à qui que tu as peur de manquer de respect, moi ou lui ? »

Je viens tout juste de remarquer les larmes roulant sur ses joues rougies. Je glisse mes doigts de son menton jusqu’à sa joue que je frôle, mais je ferme le poing et laisse mon bras retomber le long du corps.
Je ne voulais pas la faire pleurer. Mais cette fois-ci, je ne pense plus à elle, je pense à moi, à ce qui est bien pour moi. Et sécher ses larmes me fera d’avantage prendre conscience de cette fichue histoire, alors non.
Cette fois, sans élever le ton, ma voix est plus froide que de la glace, plus tranchante qu’un sabre ; et mon regard, dire qu’il lance des éclairs serait un pur et simple euphémisme.

« Et si tu réfléchissait un peu ? J’ai dis que je ne prenais pas ça à la légère, j’ai dis que ce n’était pas un jeu et pourtant, je te demande d’aller plus loin… Peut-être que tu devrais commencer à te demander si je ne ressens pas plus que de l’affection envers toi. Même si je ne suis pas amoureux, de cela, je suis certain. »

Je suis partagé entre m’en aller ou la prendre dans mes bras. Ce que je ressens pour elle est réellement fort, pourtant… Pourtant, je n’arrive pas à me persuader de la prendre dans mes bras.
Je soupire longuement en allant dans ma chambre, attrapant la bouteille à moitié vide de whisky, ma veste en cuir dans laquelle j’enfonce mes clefs et mon téléphone portable. Je reviens vers Alakay en buvant au goulot deux longues gorgées, posant la bouteille bruyamment sur la table basse.
Je lui lance un regard avant d’afficher un sourire purement faux.

« Moi non plus je ne suis pas prêt, Alakay. J’suis pas prêt à supporter tes conneries, ton immaturité. Et je n’attends rien de toi, respire, encore moins que tu choisisses. Je ne me remettrai plus entre Bambi et toi, j’suis fatigué des batailles – des guerres vu l’ampleur que ça prend – perdues d’avance et puis… Je ne suis plus sûr que tu en vailles assez la peine, pas comme avant. Tu es devenue beaucoup trop difficile à aimer. »

Bien plus difficile à aimer que tu ne l’as jamais été.
Plus difficile à aimer que Chayma, alors que niveau amour, elle est la meilleure, jouant tantôt sur le chaud, tantôt sur le froid.
Je lui fais une pichenette sur le front en lui lançant un sourire mauvais avant de simplement me détourner vers la porte d’entrée. Quelques pas effectués à peine et je me retourne pour déposer mon téléphone sur la table.
Je le prends d’habitude pour les urgences, on ne sait jamais ce qui peut se passer à l’appartement quand je suis dehors, mais là, sérieusement, je m’en fiche.
J’ouvre la porte et sort, dardant mon regard sur elle en penchant la tête, un air amusé sur le visage pour lui adresser quelques derniers mots avant de m’en aller.

« Ferme la porte si tu n’as pas l’intention de sortir et m’attends pas hein, j’passerai pas la nuit ici. »

J’opte plutôt pour les bras d’une blonde sulfureuse.
Ou si j’ai la chance de tomber sur elle, les bras de Chayma.
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