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Can you make it feel like home if I tell you you're mine ? ♔ Avec Cesare Vide
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 Can you make it feel like home if I tell you you're mine ? ♔ Avec Cesare

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MessageSujet: Can you make it feel like home if I tell you you're mine ? ♔ Avec Cesare Can you make it feel like home if I tell you you're mine ? ♔ Avec Cesare EmptyJeu 8 Mai - 19:00


« De cette fièvre romantique je rends la couronne à vos dents, à vos mâchoires robotiques, à vos ventres de géants. Je sais que ce soir je vous quitte. »

Julien Doré

« Aaah ! Mon cher mari est de retour ! »
Elle cria en riant à moitié depuis l'autre bout du salon, juchée debout sur une chaise, en voyant Cesare franchir le seuil de l'appartement. Le jeune homme eut tout le loisir de contempler l'état du séjour dévasté, de son bel appartement d'habitude immaculé, d'où la notion de poussière était absente, peut-être même bannie des beaux dictionnaires Littré aux reliures de cuir bleu foncé dont Tara avait déchiré les pages pour en faire des cocotes en papiers qui floconnaient de-ci de-là dans tout le salon. La demoiselle, ébouriffée et sourire victorieux aux lèvres, brandissait un pinceau qui avait trempé dans un pot de peinture rouge grenat, qui se trouvait au pied de la chaise qu'elle occupait. Des gouttes de peinture lui descendaient le long du bras, dessinant des veines violentes sur la blancheur de magnolia de sa peau. Elle les essuya négligemment avec un pan de la chemise de Cesare qu'elle avait enfilée pour seul vêtement. Depuis tout à l'heure, elle virevoltait et faisant gicler d'artistiques tâches rouges sur les murs et sur tout l'ameublement.
« Tu aimes ma décoration ? Je m'ennuyais. Il ne faut pas me laisser m'ennuyer, parce que je trouverai toujours une occupation qui ne fera rire que moi. Aiden savait ça, que je ne dois pas m'ennuyer. Je déteste m'ennuyer. Tu m'as laissée toute seule, c'est de ta faute ! Alors maintenant... oups ! »
En voulant descendre de la chaise, elle renversa le pot de peinture dont le liquide épais s'épancha sur le parquet. Elle regarda la flaque en vacillant, les yeux vitreux, et se remit à rire comme une folle.
« On dirait du sang, tu ne trouves pas ? Tu devrais lécher avant que ça coagule, vite ! Oh ça va, rigole ! T'es pas drôle... Si je dois être enfermée ici avec toi pour le restant de mes jours, tu vas devoir te trouver un humour. Ou violenter quelqu'un pour lui prendre le sien de force, c'est plus ton style... »
Elle fit un tour sur elle-même, les yeux pétillants, cherchant visiblement quelque chose. Sapristi, où avait-elle donc laissé cette... Ah ! Elle tendit le bras vers le manteau de la cheminée pour se saisir de la bouteille millésimée de vin rouge qu'elle avait presque entièrement vidée, à l'instar de sa sœur, qui gisait déjà en éclats sur le sol. Elle en ingurgita une lampée en rejetant la tête en arrière. Elle détestait le vin rouge. Mais c'est tout ce qu'elle avait trouvé, hormis bien sûr le flacon de vieux Whisky auquel elle avait d'abord goûté mais qu'elle avait finalement laissé de côté, trouvant le goût trop âpre. Elle posa la bouteille sur la chaise, et trempa de nouveau le pinceau dans le pot de peinture, avant de s'approcher du canapé. Ledit canapé se trouvait entre Cesare et elle. Elle observa le jeune homme, en jouant avec son arme, qu'elle finit par pointer vers lui d'un geste accusateur.
« Tu sais ce que c'est ton problème ? C'est que tu veux tout contrôler. Et que, quand tu y arrives enfin, tu n'as plus rien à faire. Alors tu t'ennuies. Mais tu ne veux pas l'avouer. Alors, tu attends... que... quelque chose... te... surprenne. »
Elle avait esquissé un mouvement saccadé en direction des coussins crème du canapé et, observant Cesare du coin de l'œil, affichant un sourire mutin et désinvolte, elle y traça une grande ligne, avant de reculer d'un pas et de pencher la tête pour observer son œuvre.
« Toujours été nulle en géométrie, murmura-t-elle. Sais pas dessiner des traits droits... »
Sans que l'on sache d'où lui venait son hilarité, elle pouffa de rire et s'éloigna en sautillant. Elle se planta devant un des tableaux accrochés au mur, portrait d'elle ignorait quel insipide général français de l'Empire. Elle lui fit la révérence avant d'entamer une conversation très sérieuse avec lui, battant du pinceau comme d'un éventail.
« Il joue les méchants, et après il vient pleurer à mes genoux : "Oh, tu me hais, est-ce que tu me hais ?"... Les hommes désormais n'ont aucun amour-propre, et c'est à nous autres de les rassurer. "Mais oui mon grand, tu es un bon garçon et je t'aimerai toute ma vie". Haha ! Indignes, indignes. Oh, je vous prie de m'excuser... », ajouta-t-elle en s'apercevant qu'elle avait éclaboussé le visage du fier monsieur, et en levant le bras pour lui essuyer le bout du nez.
Ensuite, se tournant prestement vers Cesare, elle lui fit les gros yeux.
« Vite, lacère donc ce tableau, puisque j'ai osé lui adresser la parole ! Et... rends-moi ça, tu crois que je ne t'ai pas vu ? »
Elle s'approcha vivement de Cesare et enjamba le dossier du canapé, montant debout sur l'assise pour être tout près de son époux et plus haute que lui. Elle se pencha, et voulut attraper la bouteille qu'il avait discrètement récupérée.
« Tu ne comprends pas, je ne suis pas encore assez ivre ! Je veux être complètement grisée. Je veux oublier... oublier que maintenant je te hais. Je te hais si fort que je veux que tu me haïsses aussi. Et que tu me tues, comme ça on n'en parlera plus. Donne ou sinon je te badigeonne de peinture ! Oh, mieux : donne ou je me badigeonne de peinture ! Aaaah, ta belle œuvre d'art toute rouge... Tu la veux à point ou saignante ? »
Elle souriait avec démence, et, toujours armée de son pinceau, elle dessina une ligne horizontale sur son cou délicat, marquant la décapitation qu'elle éprouvait déjà au fond de son cœur. Et puis, dans un geste qu'elle pensa subtil mais qui manqua sa cible d'une bonne dizaine de centimètres, elle fondit sur le jeune homme en essayant de lui arracher la bouteille. Elle ne poussa qu'un bref petit cri en basculant, retenue par Cesare, renversée dans ses bras, à présent. Elle tourna la tête, sachant qu'en dessous d'elle il y avait la table basse en verre, avant de planter son regard de couleur violente dans les deux pierres ambrées des yeux du jeune homme. Elle gloussa, arqua un sourcil l'air de lui dire : "Vas-y, lâche-moi, j'en meurs d'envie". Elle se briserait volontiers la nuque dans sa chute et finirait criblée d'éclats de verre, empalée sur la table de ce Dracula des temps modernes. N'était-ce pas ce qu'il désirait, au fond ? La voir éviscérée sous ses yeux ? Sinon, à quoi bon tout cela ? Toute cette mascarade sanglante ? Pourtant, il ne la lâchait pas. Quand aurait-il enfin fini de jouer ? Est-ce qu'il le savait, qu'elle était dans ses bras comme un oiseau aux ailes brisées sous les pattes d'un loup ? Elle se laissa aller de tout son poids en arrière, comme si elle fût faite de chiffons, jusqu'à voir le décor à l'envers. Et sous ses yeux mi-clos il y avait des larmes, qui coulèrent le long de ses tempes, dessinant à ses yeux le mouvement des ailes argentées d'un cygne. Il n'allait pas l'assassiner, elle le savait. Elle s'était pourtant efforcée de le dégoûter, en retournant son appartement, en étant ivre sous ses yeux, devant lui qui était adepte du contrôle et de la retenue. Cela lui en avait pris du courage pour supporter de l'attendre ici, dans ce salon qui lui faisait horreur, qui lui donnait la nausée.
« Cesare ? », dit-elle d'une voix douce et faible.
Elle redressa la tête péniblement, pour le regarder de nouveau. Elle glissa ses deux bras écarlates autour de ses épaules et approcha ses lèvres de son oreille.
« Tu ne m'as jamais demandé de te rendre la dague que tu as plantée dans l'épaule d'Aiden. Tu te souviens ? »
Elle soupira, fermant de nouveau les yeux, comme subitement épuisée, exsangue.
« Elle est dans la cuisine, je l'ai laissée là-bas. Tu sais, avant d'obtenir un si beau rouge pour tes murs, j'ai essayé tout un tas de différents pinceaux... et de différentes peintures. Mais j'ai  trouvé la plus belle, la plus vitale, celle dont tu te délecteras le mieux, et j'en ai enduit tes murs, c'est mon cadeau... Ne me gronde pas, je savais que... ça ne ferait rire que moi. »

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Dernière édition par Tara Ellis M-G. Wilkes le Jeu 12 Juin - 0:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Can you make it feel like home if I tell you you're mine ? ♔ Avec Cesare Can you make it feel like home if I tell you you're mine ? ♔ Avec Cesare EmptyLun 19 Mai - 11:32

Je crois bien que si je n'étais pas aussi bizarrement atrophié des émotions, ce serait aujourd'hui, là, au milieu de mon salon capharnaümisé, que j'aurais été le plus choqué de toute mon existence. Sur le seuil de la porte, je fixe Tara avec des yeux qui n'arrivent plus à cligner, frappé de mutisme. Ma sylphide court débraillée, de-ci de-là, du tableau de Napoléon au canapé, du canapé à la chaise, et ainsi de suite sans que je ne perde une miette de ses allées et venues, sans pourtant réussir à me mouvoir pour stopper sa course en zigzags. Elle est méconnaissable. Saoule. Elle a joué, me dit-elle, avec de la peinture rouge. Je lui adresse un demi-sourire maussade qui, si j'avais été plus près de la cheminé, aurait laissé penser que je venais de mettre ma main dans les flammes, tant ma mâchoire contractée forçait la grimace. Elle crie, elle rie, elle me nargue, elle secoue la tête, elle est complètement folle. Elle est libre. Si c'est cela son état le plus pitoyable, alors je suis bien forcé de reconnaître que la déchéance lui sied à merveille. Et ça me rend... quelque chose, au fond, comme si ça allait me faire tousser, une irritation, mais plus qu'une irritation, parce que ça me monte au cerveau aussi, et ça me... Mon dieu, je crois qu'elle me met en colère ! Moi, en colère ! Je trouve ça drôle. Je trouve ça tellement drôle que je prends dix secondes pour me demander si je suis plus "content" --tout est relatif-- d'éprouver quoique ce soit, ou horriblement fâché qu'elle déclenche en moi autant de haine, autant de... jalousie ?

Cette fois je cligne des yeux. Elle pointe son pinceau vers moi, elle n'a pas cessé de parler, il me semble qu'elle n'arrêtera plus jamais de déverser ce flot de paroles qui me glisse dessus et manque de me noyer. Je me concentre pour saisir quelques plumes de ces phrases qui s'envolent haut... avons-nous bu le même alcool, elle et moi ? Hier soir, je n'étais pas moi-même, j'étais lourd, bête, gras, hideux, blessé --tout ce que je ne suis pas d'ordinaire. Mais elle, aujourd'hui, elle semble le paroxysme de sa propre personne : légère, gracieuse, piquante, et je la hais. C'est encore plus net que d'habitude, ce dégoût qu'elle m'inspire. Et cela non parce qu'elle a saccagé mon appartement, non parce qu'elle est en train de me prendre de haut, mais parce que... Quelque chose qui brille. Là, au fond de ses yeux qui me crèvent le cœur. Quelque chose qui brille. Je crois que c'est du bonheur. Elle fait mine de me cacher mais à la façon dont elle tient sa tête droite pour me regarder, je sens qu'elle veut que je le vois, et peut-être qu'elle-même n'en a pas conscience, mais je sais qu'elle fait en sorte que ce soit ostensible. Alors elle n'a besoin de ne rien me dire, je sais, je sais ce qu'elle a fait. Elle est allée le voir. La seule chose que je ne sais pas, c'est ce que ça me fait, à moi.

Elle trace une ligne rouge sur les coussins déjà passablement éclaboussés de peinture. J'ai souri, je crois, quand elle m'a proposé de boire le liquide qui lui fait penser à du sang, mais je doute qu'elle ait remarqué mon expression, car elle m'accuse de n'avoir aucun humour. C'est là qu'elle se trompe, j'en ai beaucoup, de l'humour, et du reste le sien me plait assez, lorsqu'elle essaie d'être méchante. En y pensant, je suis réellement sonné. Je ne l'ai jamais vue ainsi, ni ivre, ni me parlant de manière ironique, ni me grondant, ni, en fait, osant me regarder en face. Pour me surprendre, elle me surprend. Et je me surprends aussi quand je me fais la réflexion intérieure que je veux bien la laisser continuer un peu dans cette voie, m'interrogeant sur ce qu'elle allait faire ensuite, d'ici tente secondes ou une heure. Je peux bien la laisser faire à sa guise un petit peu, tant que cela me tient en haleine. Si son insolence finit par m'ennuyer plus que je m'ennuyais avant-hier, alors il me suffirait de lui refaire prendre son traitement à base d'eau pour me la rendre docile à nouveau. En attendant, si elle voulait s'amuser à faire sortir un peu ses griffes rétractiles, pourquoi pas ? Je me plairais tout autant à les lui arracher qu'à la noyer, et une activité peut tout à fait précéder l'autre, après tout. Cependant je ne voudrais pas que cette petite féline se tue à force d'alcool, aussi je m'empare de la bouteille de vin qu'elle a visiblement choisie dans ma collection personnelle. Je me demande si elle sait le prix qu'elle vient de boire négligemment et m'étonne encore de ne pas avoir envie de lui écraser la tête contre le mur pour avoir fouiné dans mes affaires et vidé deux de mes bouteilles préférées sans mon consentement. Alors elle monte debout sur le canapé et se penche dangereusement en avant pour se saisir de nouveau de la bouteille, que j'éloigne à bout de bras. Je la regarde avec une expression figée d'incrédulité lorsqu'elle me... elle me menace ? Sérieusement ? Je la vois se peinturlurer le cou et cette fois je tressaille légèrement et esquisse un mouvement pour lui prendre le pinceau. Mais elle me tombe dans les bras. Sincèrement, j'y crois pas. Je la regarde qui s'abandonne dans une attitude de danseuse avec une épine dans le pied, qui finit par passer ses bras autour de mon cou, et quelque chose en moi se tient fermement contre cette hallucination. Ce que je vois, son corps fragile que je sens contre le mien, je n'y crois pas. La suspicion envahit mon regard tandis que je pince les lèvres, atteint d'un grave pyrrhonisme, mais elle relève vers moi ses yeux pleins de larmes et parle si doucement que je respire le moins fort possible, pour espacer les battements de mon cœur qui m'empêchent de bien l'entendre. Elle me fait remarquer qu'elle ne m'a pas rendu la dague dont j'ai perforé son ridicule amant. Je hausse les épaules mentalement, trop occupé à être fasciné par cette couleur verte qui semble se diluer dans la liquidité de ses yeux. D'un coup je crève de soif. Tellement que je pourrais la tenir par le cou et passer ma langue sur ses joues, m'abreuvant de sa douleur dont l'onde rafraichirait mes plaies ouvertes sur le néant. Pourtant mes deux mains restent sagement dans son dos pour l'empêcher de tomber, quoiqu'elle ait semblé me défier de la lâcher sur la table en verre. Quoi ! Et la libérer si vite alors qu'elle vient à peine de me revenir ? Pas question, m'exclamais-je jalousement à part moi. Elle parle encore, sa voix n'est qu'un mince filament, un rayon de lune dont la racine tire sa sève de son cœur profond. Elle parle de peinture, d'un cadeau qu'elle me fait, et elle ferme les yeux après m'avoir quasiment... demandé pardon ?

Là, c'est clair, je suis en plein délire. Elle n'existe pas. Mon appartement est toujours bien rangé. Oui, je vais me réveiller et tout cela ne sera jamais advenu, je serai seul dans ma chambre... Je resserre mes bras autour d'elle, palpe son corps, ses épaules fines, sa taille délicate, et elle ne s'évapore pas. Elle a les yeux fermés et les lèvres près de mon oreille, je sens son souffle sur ma joue. Mais quand elle laisse aller sa tête en arrière, que je vois le tracé des veines de son cou sous sa peau transparente, je m'aperçois enfin qu'elle est trop pâle, qu'elle a l'air trop fatiguée, et ses mots me reviennent en mémoire. L'horreur me rigidifie l'échine alors que je remonte l'une de mes mains de son épaule à son poignet, pour l'obliger à détacher son bras de mon cou. La facilité avec laquelle je m'empare de ce bras me scandalise.
« Tara ? je dis d'un voix sourde. Tara, rouvre les yeux. Tara ! »
A l'endroit où sa peau est la plus tendre, et jusqu'à son poignet que j'enserre entre mes doigts, je ne vois que qu'une trainée de rouge, et me souviens de la dague. L'aveu qu'elle vient de me faire me secoue d'effroi jusqu'à la moelle. Je soulève son corps svelte qui ne me répond plus et l'emporte dans la salle de bain, traversant le long couloir en trois enjambées à peine, tant je suis pressé. Vous voulez la vérité ? Je ne sais pas quoi faire. Pour la première fois de ma vie, je ne sais pas quoi faire. Et si j'avais le temps de m'arrêter sur cette sensation d'indécision qui m'électrise, je dirais que, là, je ne m'ennuie pas du tout. C'est bien un cadeau qu'elle me fait, m'obliger à me sentir si... Et tout de suite je la hais, et je lui interdis. Je lui interdis de m'échapper. Je lui interdis de ne pas m'obéir. Je lui interdis de ne plus jamais saccager mon salon, je lui interdit de n'être plus impertinente, et je lui interdit de ne pas survivre. Je suis éperdu lorsque j'entre dans la baignoire et que j'allume l'eau froide, dirigeant le pommeau sur ses avant-bras dont jaillit une couleur de rubis liquide. Je crois que je dois éliminer le sang pour mieux voir les plaies. Ensuite, j'irai appeler une ambulance, récupèrerai des bandages et des compresses dans l'armoire de ma chambre, et tâcherai d'empêcher le sang de couler aussi abondamment.
« Tu ne vas pas mourir. Tu vas vivre. Oui, et quand tu vivras je t'écorcherai moi-même. Pour toute la vie, sans fin. Ca ne finira jamais. Il ne faut pas que ça finisse. »
Je pense bien que j'avais l'air d'un fou furieux, ruisselant sous l'eau, son dos contre mon torse, à lui frotter les bras résolument. Et au moment où je m'inquiétais le plus de ne pas la sentir revenir à elle, j'ouvris enfin les yeux sur la situation telle qu'elle était réellement.

Le rouge sur ses bras formait un minuscule typhon et s'échappait avec l'eau au fond de la baignoire. Sous mes doigts, sa peau claire et douce était sans faille ni blessure. Je demeurai quelques secondes sans bouger, sans faire quoique ce soit d'autre que d'observer cette peau immaculée. Je savais qu'elle n'avait pas vraiment perdu connaissance, à présent cela me semblait flagrant comme je la sentais se redresser légèrement contre moi. Je ne comprenais pas par quelle imbécilité j'avais cru à ce petit jeu morbide, ni par quelle ruse l'esprit féérique de la demoiselle avait forgé pareille mise en scène. Je me relève et enjambe le bord de la baignoire, la laissant seule un instant dans la salle de bain, pour e diriger d'un pas mécanique vers la cuisine. Je n'en ai plus rien à faire de laisser un fleuve derrière moi, rien à cirer du parquet coutant les yeux de la tête, je ne veux que voir cette fameuse dague. Quand j'entre dans la cuisine, l'objet que je cherche me tombe immédiatement sous les yeux. La lame est plantée dans un pot de confiture de framboises. Je ne savais pas qu'elle avait autant d'humour, décidément, mais elle, elle ne doit pas avoir compris que je pourrais l'étriper, tant je suis mécontent. J'attrape la dague par le manche et m'en retourne dans la salle de bain d'un pas plus décidé. Elle est toujours dans la baignoire, sous le jet d'eau, et je crois qu'elle me sourit. Je la fixe quelques instants avant de porter la lame du couteau à mes lèvres, y léchant le résidus de confiture alors qu'une lueur malsaine s'allume dans mes yeux. Je remonte derrière elle, dans la baignoire, m'asseyant de nouveau en la ramenant contre moi. Je tend le bras devant nous pour mettre la lame en évidence devant les yeux de la belle, tout en empoignant de ma main libre ses mèches blondes alourdies par l'eau.
« Tu te trouves maligne, je suppose ? »
Je dis en approchant la lame de son cou que je l'oblige à tendre.
« C'est vrai, je t'ai crue morte. Mais toi, dans tes petits calculs, tu n'avais pas prévu que je t'emmène ici, n'est-ce pas ? »
Je fais descendre la pointe de la lame sur sa peau, jusqu'à rencontrer le tissus de son haut. Mes doigts glissent de ses cheveux à son cou, où ils se referment sans trop de pression avant de descendre à leur tour jusqu'à son décolleté. D'un coup habile de la lame, je déchire le tissus sur quelques centimètres, verticalement, mais ne vais pas plus loin, m'emparant plutôt du pommeau de douche.
« Tu n'as plus peur de la noyade ? »
Je susurre contre son oreille avant de baisser la tête et de la mordre violemment dans le cou, espérant lui soutirer une plainte et former sur sa peau une abjecte marque bleuâtre. Elle croit que j'ai trop peur de l'abîmer pour savoir me faire respecter. J'ai des dizaines d'idées, actuellement, pour lui montrer cruellement qu'elle se trompe, et qu'elle regrette le plus amèrement du monde d'avoir voulu se payer ma tête.

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MessageSujet: Re: Can you make it feel like home if I tell you you're mine ? ♔ Avec Cesare Can you make it feel like home if I tell you you're mine ? ♔ Avec Cesare EmptyVen 30 Mai - 23:02


« Les hommes sont capables d’aimer ce qui est indigne d’eux — ce qui est bas, souillé, déshonoré. Nous, les femmes, quand nous aimons, nous adorons ; et quand nous avons perdu notre adoration nous avons tout perdu. »

Oscar Wilde

Quand elle ouvrit la porte de l'appartement, elle resta dans l'encadrement à fixer le canapé face à elle, sans franchir le seuil. Ce salon était l'endroit où Aiden avait failli mourir pour elle. A cause d'elle. Elle rejeta la tête en arrière, les yeux clos, et respira profondément. Une dernière fois, se souvenir de ses caresses, de ses mots tendres, du son que sa voix faisait en se cognant doucement contre sa peau, des mille flèches à pointes d'onyx de son regard, se souvenir de cette journée triste et belle qu'elle venait de passer en se moquant de l'univers. Elle murmura tout doucement, très bas, mais de façon à ce que ce soit audible pour lui alors qu'un voisin montant sur le palier à côté d'elle ne l'aurait pas entendu, elle murmura : "Je t'aime". Et elle ne l'oublierait pas. Mais rouvrant les yeux, elle fit un pas pour pénétrer dans le salon, et se retourna pour fermer la porte telle une automate, laissant Aiden de l'autre côté, se laissant elle-même de l'autre côté. Ici elle était fausseté et enveloppe charnelle, rien de plus. Cela était nécessaire à sa propre survie mais également à la mise en place de leur plan (début de plan, maigres espoirs, seraient des termes plus justes mais elle préférait y croire fort). Elle poussa un soupire et traversa le salon, le couloir, entra dans la chambre de Cesare pour ouvrir une armoire vitrée dont l'intérieur était éclairé de petites ampoules discrètes qui faisaient lumière sur les étiquettes de bouteilles de vin millésimées. Pour avoir été trainée par Cesare à nombre de dégustations, Tara connaissait les prix, elle aurait même était capable de dire que tel vin est moelleux, fruité, tel autre sec, boisé, brioché ou peu importe quoi d'autre : elle s'y connaissait. C'est là que Cesare avait tort de la sous-estimer. Elle avait peut-être des airs de poupée, elle ne donnait peut-être pas souvent son avis sur des sujets qui demandaient expertise, mais quand on s'adressait à elle, elle écoutait vraiment, et elle retenait ce qu'on lui disait. Alors elle savait que la bouteille qu'elle tenait dans sa main gauche était la préférée de Cesare, et que celle qu'elle prit dans sa main droite était la dernière de la collection familiale du jeune homme. Dans la cuisine, elle les ouvrit toutes deux à l'aide d'un tirebouchon, vida entièrement le contenu de la première dans l'évier, et à moitié celui de la deuxième, avant de retourner dans le salon.

Elle n'avait aucune intention d'être ivre. Elle serait entièrement consciente, quand Cesare rentrerait, et ne se laisserait pas la consolation d'oublier quoique ce soit de ce qu'il pourrait lui dire ou lui faire. En revanche, se dit-elle en lâchant devant la cheminée la bouteille vide qui se brisa en morceaux en touchant terre, elle pouvait bien faire semblant, pour que Cesare y croit. Elle ouvrit la carafe de Whisky, à disposition sur la desserte, et en avala une petite gorgée en fronçant le nez. Il fallait que son haleine soit alcoolisée, mais pas son esprit. Chose faite, elle alla chercher un pot de peinture rouge qu'elle avait vu trainer quelque part, s'arma d'un pinceau, et fit subir au salon de Cesare ce que l'on sait. Elle agit de façon mécanique et calculée, le visage fermé, et ne mit son masque de jeune effrontée, de petite bacchante hystérique qu'au moment où elle entendit les clefs de Cesare tourner dans la serrure de la porte d'entrée.

« Tara ? Tara rouvre les yeux. Tara ! »
Elle savait qu'il était sans cœur. En lui mettant dans la tête l'idée d'un suicide, elle ne cherchait pas à ce qu'il regrette tout ce qu'il lui avait fait subir jusqu'alors. Elle voulait seulement qu'il perde pied, lentement, qu'il ne sache plus à quoi s'attendre venant d'elle, qu'il s'aperçoive enfin qu'il ne la connaissait pas, qu'il sache que, s'il veut jouer, elle va jouer, que, s'il peut l'assassiner facilement en enserrant son cou de ses deux mains puissantes, elle peut tout aussi facilement le priver de ce plaisir malsain en s'ôtant la vie d'elle-même. Qu'il sache qu'elle n'avait plus peur de lui. Enfin, si, bien sûr, elle était terrifiée. Mais elle ne voulait plus lui céder. Quand il l'emporta, elle sentit vaguement qu'il ne prenait pas la direction escomptée. Elle aurait pensé qu'il irait l'allonger sur son lit. Elle resta tranquille dans ses bras, à peine inquiète, jusqu'au moment où elle entendit... l'eau. Les voilà assis dans la baignoire, Cesare lui frottait les bras sous les projections froides. Lorsqu'il se figea, elle rouvrit doucement les yeux, à temps pour le voir quitter la salle de bains. Elle se départit une minute de son air de fanfaronne et regarda autour d'elle. Ca n'allait pas. Pas du tout. La panique lui étreignait le cœur, tandis qu'elle se redressait. Pourquoi la salle de bains ? Pourquoi... Mais elle n'avait pas le temps de se lamenter sur son sort. Elle ne devait pas montrer qu'elle avait peur, donc elle ne devait pas quitter la baignoire, malgré l'envie de fuir qui la taraudait. Elle ouvrit la porte en miroir de l'armoire à pharmacie, chercha fébrilement et à bout de bras quelque chose pour se défendre, si Cesare décidait de réellement lui faire du mal. Elle retint un léger glapissement de douleur lorsque ses doigts entrèrent en collision aveugle avec ce qu'elle cherchait : les lames de rasoir de Cesare. Elle en tira une qu'elle mit dans la poche de sa jupe imbibée d'eau, avant de porter son doigt à ses lèvres pour aspirer quelques les gouttes de sang qui coulaient, elles, réellement. Elle n'eut que le temps de se rassoir dans la baignoire, avant que Cesare fasse de nouveau son apparition, armé de la dague à la framboise sur la lame de laquelle il passa sa langue en la regardant fixement. Elle ne cilla pas et l'observa aussi calmement que possible, cherchant surtout à s'empêcher de trembler quand il l'attira de nouveau contre lui, après s'être assit derrière elle. Alors il la menaça sournoisement, laissa errer la lame tranchante sur sa gorge, y ouvrant un chemin descendant qu'empruntèrent ensuite les doigts du jeune homme. Tara ferma les yeux quelques secondes, maîtrisant à grand peine son envie de pleurer, de se débattre, de le supplier. La main de Cesare descendit rapidement de son cou à son décolleté, suffisamment rapidement, espérait-elle, pour qu'il ne sente pas l'accélération épouvantée de son pouls. Elle le sentit attraper le tissus de son haut et y glisser la lame, pour commencer un découpage qu'il s'amuserait probablement à terminer plus tard, car, pour l'heure, il dut trouver plus amusant de se munir du pommeau de douche dont coulait encore l'eau.
« Tu n'as plus peur de la noyade ? », demanda-t-il d'un ton venimeux tout contre sa peau.
Elle ouvrit la bouche pour répondre... non, c'est faux : elle ouvrit la bouche pour aspirer de l'air, tandis que tous les muscles de son corps se raidissaient, que chaque vertèbre de son squelette semblait frémir. Elle avait devant les yeux des images confuses qui s'en allèrent en fugitives sous un éclairage en grésillement qui n'avait rien de comparable avec celui, clair, qui inondait actuellement sa salle de bains. Les lèvres de Cesare se posèrent sur son cou. Tara n'envisagea pas la possibilité qu'il se montre doux avec elle. Elle savait qu'il était un sauvage. Un cannibale. Elle chercha à s'écarter de lui, les larmes lui montant aux yeux quand qu'elle sentit les dents du jeune homme se refermer violemment sur sa peau. Dès qu'il lâcha prise elle posa sa main fraiche contre son cou qu'il aurait mutilé davantage si, au fond, il n'était pas obsédé par la perfection physique qu'il lui trouvait (un hématome guérirait sans laisser de cicatrice, tandis que se servir de la dague aurait été plus dangereux). Elle s'agrippa au rebord de la baignoire de sa main libre et se redressa tant bien que mal puis elle se retourna à genoux pour lui faire face ; contempler son visage de démon.

Le Diable est toujours beau, se dit-elle avec indifférence en constatant les yeux sombres du jeune homme qui brillaient de colère (mais la colère leur donnait un scintillement aussi lugubre qu'attirant). Elle avait toujours voulu apaiser ce regard, adoucir le pli de dureté qui abîmait le coin de ses lèvres au tracé viril et pourtant gracieux, elle avait toujours été convaincue que le miel de sa voix, que des mots tendres pourraient l'apprivoiser, le mettre en confiance et lui permettre de se reposer auprès d'elle. Car Cesare était de nature jalouse et inquiète, il ne tenait pas en place. C'est bien ce que disaient les muscles durs de ses bras qui roulaient sous sa peau tendue, qu'une nervosité contenue à grand peine à force de bonne éducation habitait de façon sous-jacente. Ce n'était pas un poète maudit, ce n'était pas un philosophe blessé, ce n'était pas une âme en peine, c'était devant elle la désincarnation du démon, la férocité poussée à son acmè. Et c'était beau pourtant. D'une certaine manière. Très beau, cette illusion qu'il inspirait : cette étrange sensation qui poussait à vouloir le sauver de lui-même pour trouver au fond de lui des trésors d'humanité insoupçonnés. Mais Tara avait touché le fond. Elle savait qu'il n'y avait rien d'autre à voir que cette beauté suave et terrifiante. Et quand elle parla, ce fut en connaissance de cause, d'un ton implacable tandis que la boisson verte de ses yeux s'asséchait de dégoût.
« Vas-y, Cesare. Fais-le. Tu peux me noyer. Vas-y je te dis, détruis tout, c'est tout ce que tu sais faire. Mais va jusqu'au bout. Ne fais pas les choses à moitié. Ne me frappe pas un peu si c'est pour vouloir m'embrasser juste après. Allez, qu'est-ce que tu attends ! Dépêche-toi ! Et ne me parle pas surtout. Je ne veux pas avoir affaire à toi, chaque mot que tu m'adresses me renvoie l'odeur putride de ton âme en cendres, je déteste que tu me parles... Pourquoi tu me regardes sans rien faire ? Que sont ces yeux vides ? Vas-tu enfin bouger ou faut-il que je fasse tout moi-même, pour l'amour du ciel ! »
Elle attrapa la main de Cesare, celle qui tenait encore la dague, et dirigea la lame vers sa poitrine. D'un grand coup sec elle lui fit abaisser l'arme à la verticale après avoir placé la pointe au niveau de la déchirure de son haut, qu'il avait esquissée. Le tissus céda facilement, et le geste trop vif marqua la peau de Tara d'une petite coupure peu profonde, juste à côté de son nombril, à laquelle elle ne prêta pas attention, trop occupée à foudroyer le jeune homme du regard. Elle le lâcha, asphyxiée d'horreur à l'avoir contemplé trop longtemps, et détourna la tête le temps de se débarrasser de son haut à présent en lambeaux, qu'elle jeta par terre par-dessus le rebord de la baignoire. Ensuite, elle se mit debout, toisant Cesare.
« Eh bien ? Me suffisait-il de crier pour te rendre docile ? Qu'es-tu, à présent, ô grand Cesare ! Un épagneul couché à mes pieds ? Vas-tu japper si je te l'ordonne ? Souffriras-tu si je te bats ? Maintenant que je te hais sans espoir d'amélioration, se pourrait-il... n'ose jamais tomber amoureux ! Si je t'obtiens, je te tuerai. Couche-toi près de moi mais ne ferme jamais les yeux, car je t'égorgerai dans ton sommeil. C'est toi qui m'as rendue comme cela. J'étais folle de croire que ma douceur te rendrait plus humain, que ma tendresse saurait t'attendrir. Tu te plais à humilier les sentiments les plus délicats, mais je ne te laisserai plus jamais me rabaisser, tu m'entends ? Vas-tu bouger, bon sang ! Tu m'écœurais, violent, mais je t'abhorre, sensible. »
Elle s'arrangea pour que les sonorités du tout dernier mot résonnent dans la salle de bains, se répercutent sur la mosaïque de nacre en produisant dans l'air un bruit de coup de fouet. Elle savait à peu près ce qu'elle risquait, à le provoquer de la sorte. Mais un tel homme ne pouvait être apprivoisé, ni attendri, un tel homme était insensible aux caresses et sourd aux supplications. A voir son autorité bafouée de la sorte, il allait être survolté, il allait vouloir la faire ployer de nouveau, mais au fond, elle était sûre qu'il espèrerait qu'elle lui résiste encore, elle était sûre que le choc émotionnel produit par son impertinence allait faire monter en lui un désir d'une nature nouvelle, qu'il n'avait encore jamais éprouvé. Parce qu'elle le connaissait. Parce qu'un tel homme, c'était une bête qu'il fallait dompter et soumettre.

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MessageSujet: Re: Can you make it feel like home if I tell you you're mine ? ♔ Avec Cesare Can you make it feel like home if I tell you you're mine ? ♔ Avec Cesare EmptyMer 11 Juin - 23:38

Immédiatement après avoir desserré la pression qu'exerçaient mes dents sur son cou, dès que je vis la marque qui s'y forma, je regrettai mon geste. N'allez pas imaginer que c'est de voir ses beaux yeux constellés de larmes qui me causa la moindre peine. Ses pleurs --qui étaient pour moi, à moi et par ma faute-- ses pleurs auraient eu plus de chances de flatter mon égo que de m'attrister. D'une certaine manière, j'aimais qu'elle éprouve quoique ce soit à cause de moi ; du bien ou du mal, peu m'importe, du moment que je vis en elle, que quelque chose venant de moi s'immisce en elle et lui fasse violence. Un jour, ces sentiments qu'elle nourrissait à mon égard chasseraient l'image romantique de son crétin de tapis énamouré... bon sang, je m'essuierai les pieds sur sa foutue image, j'y ferai un trou et je la balancerai aux ordures. Mais pas tout de suite. Dans l'immédiat, la beauté me contemplait avec horreur de ses yeux agrandis par la haine. Je ne voyais pourtant que l'hématome dans son cou, et je me sentais terriblement con. C'est donc cela, ce sentiment d'inutilité, de vacuité profonde et d'imbécilité totale qui flotte sur la plupart des mortels et qui s'était tenu loin de moi jusqu'alors. C'est elle, c'est Tara qui me rend irréfléchi et brutal, stupide et féroce, et je déteste être ainsi, je déteste être totalement décérébré au point de ne pas réfléchir une demi-seconde, aveuglé par la rage, avant d'agir violemment. Et elle le sait. Elle le sait qu'elle fait de moi un animal, fou de désir, et c'est sur cela qu'elle va jouer, la sournoise, la fourbe, ma belle aux yeux en forme d'amande et à la couleur venimeuse, elle m'appâte et elle gagne.

Il n'y a qu'une chose à laquelle elle n'a pas pensé, dans ses adroits petits calculs : j'aime plus la dominer que la posséder, il y a une nette différence entre les deux. Je préfère qu'elle continue secrètement --et, par pitié, en silence-- à aimer son Aiden mais qu'elle m'obéisse par crainte de me déplaire, plutôt que de la savoir à moi corps et âme mais prête à me trahir à tout moment. La nature des sentiments qu'elle me porte ne m'intéresse pas tellement ; ce que je veux c'est que chaque parcelle de son être tremble à l'idée de m'offenser. Si j'étais furieux contre moi-même, certes sans rien en laisser paraître, un instant plus tôt, je prends mes moyens immédiatement, lorsqu'elle commence à me tenir ce petit discours enflammé. J'ai compris ses plans. Je ne me laisserai pas avoir. Elle veut jouer ? On va jouer. Mais j'espère qu'elle aime perdre, car je vais gagner. Et pendant que je me réjouis d'avance j'ai du la regarder sans bouger car elle semble vouloir me secouer en haussant le ton. Bon sang, c'est fou ce qu'elle m'électrise ! Je ne l'ai jamais vue comme cela, cette nouveauté fais courir en moi des décharges de chaleur démoniaques. Franchement, c'est trop bon ! Et elle me prend la main, moi je prends mon pied --haha ! Elle ne prend garde à rien et donne un grand coup de lame dans son vêtement dont elle se départit furieusement alors que je l'observe tout à coup d'un air un peu médusé pour cette fois. Elle me lâche et se remet à parler, moi je cherche juste à calmer mon envie de la bouffer. Elle parle tellement ! Ce qui m'irriterait au plus haut point chez n'importe quelle autre créature me fascine complètement venant d'elle. Et elle m'insulte. Elle se galvaude, fière d'elle visiblement. Je l'écœurais, elle m'abhorre ? Elle me trouve sensible ? En d'autres circonstances cette atteinte m'aurait rendu violent, mais là, je fais la tête d'un gamin devant un sapin de noël éclairé. Sa colère me fait l'effet d'un baiser, ses récriminations m'amusent, son air dégoûté je m'en délecte.

Avec la promptitude et la souplesse d'une bête fauve, je lui attrape le poignet d'une main et passe un bras autour de sa taille, alors qu'elle est à genoux devant moi. Je ne crois pas la serrer assez pour lui faire mal, pas cette fois, mais mon étreinte est suffisamment ferme pour qu'elle ne puisse en aucune façon m'échapper. Je plante mon regard dans le sien quelques secondes, le temps de lui adresser un demi-sourire, avant de l'obliger à se laisser aller en arrière jusqu'à ce que son dos rencontre le bord opposé de la baignoire. Je me penche en avant et passe lentement ma langue sur la plaie de son ventre, qu'elle a elle-même ouverte avec la dague. Sur sa peau nue perlée d'eau fraiche, je récolte quelques gouttes de sang à peine diluées dont le goût envahit ma bouche et qui ont pour moi la saveur de la plus délicate ambroisie. Je le sens, qu'il est passé par là avant moi, qu'elle a désiré et reçu ses caresses, mais la pauvre douce n'aurait pas du me provoquer, car je vais la recouvrir de mon affection et elle ne l'oubliera jamais, je supplanterai le souvenir de cet amant indésirable avec plus de cruauté qu'elle ne peut l'imaginer. Mais d'abord on va jouer. Je l'empêche de se redresser ou de m'échapper, si jamais l'envie de se débattre la prend et laisse mes lèvres vagabonder sur le bas de son ventre.
« Ma très douce, ma très sage et très fidèle petite femme... »
Je murmure en souriant entre deux baisers, avant d'introduire ma langue dans le creux de son nombril. Je relève la tête et l'observe d'un peu plus loin sans la relâcher pour autant. Au fond je crois qu'elle m'a fait du mal. J'aimerais bien pouvoir être désolé d'avoir envie de me venger. Je ne le suis pas.
« Sais-tu ce que j'ai fait hier soir ? Est-ce que cela t'importe seulement ? Non, tu ne te soucies pas de moi. Sache que ne pas t'inquiéter de ce que je fais c'est égoïste et nuisible... nuisible à d'autres personnes... »
Je pourrais poursuivre ma phrase mais je suis attiré par le scintillement d'une goutte d'eau à la limite de son soutien gorge, cette contemplation m'absorbe quelques instants. Je retrouve sa peau et m'abreuve de ce cristal liquide en y déposant un baiser cette fois très tendre.
« Quand tu ne veux pas de moi je trouve d'autres consolations, ma chère. »
Je fronce les sourcils, soudainement agacé car mon humeur est changeante, et la cause de mon mécontentement vient du fait que son vêtement empêche une libre remontée sur ce corps jeune et frais. Je m'empare de nouveau de la dague et attrape Tara par le milieu de son soutien-gorge, dans le but de créer un espace suffisant entre sa peau et le tissus pour y glisser la lame sans la blesser. Quand va-t-elle se débattre ? Quand va-t-elle me supplier et avoir peur ? Mes yeux l'interrogent sournoisement alors que je déchire d'un coup sec ce tissus et que je la débarrasse du superflu. C'est bien une idée de cet imbécile d'Aiden, je parie, de dire que Tara n'a besoin de rien de matériel pour être magnifique, et c'est ce que nous allons prouver, car ici, pour une fois, nous le rejoignons. Je ne sais pas si elle va se sentir humiliée de la façon brutale dont je la déshabille. J'aimerais bien, quoique l'humiliation la tétaniserait et, en fin de compte, aujourd'hui qu'elle s'agite, elle me plait bien. Mon regard s'attarde sans gêne sur sa poitrine nue, après que je lui ai écarté les deux bras pour l'empêcher de se cacher à ma vue. Je me dis qu'un jour il faudrait que je la fasse peindre dans cette position, car elle ne demeurerait pas éternellement ce joyau de perfection ; ce rosé humide ne formerait pas toujours un aussi appétissant contraste avec l'ivoire de sa peau. Un frémissement de désir me parcourt l'échine. Je ne crois pas avoir jamais éprouvé pareil ravissement. Je retrouve par j'ignore quel contrôle sur moi-même le chemin de ses yeux et, sans la laisser libre de ses mouvements, je reprends la parole en souriant.
« Hier, elle s'appelait Maïssa. Je lui ait fait tout ce que j'aurais du te faire à toi, et cela l'a faite pleurer et crier et me supplier d'arrêter. J'ai pris sur elle les droits que tu n'as pas voulu me donner. Ce qui lui est arrivé est de ta faute. Et je continuerai. Tous les soirs. Ca pourra être n'importe qui. Une Jessica, une Marie, une Amandine, que sais-je, elles y passeront toutes jusqu'à ce que tu me cèdes, volontairement, en connaissance de cause. Pourras-tu supporter cela ? Combien de corps valent le tien ? A mes yeux, il en faudrait des milliers, mais toi, ma belle, toi, ma douce, pourras-tu supporter d'être cause de la douleur des autres ? Cruelle, égoïste, vaniteuse, dis-moi combien de temps tu vas te refuser à moi aux dépends d'innocentes que tu pourrais croiser dans la rue ? Combien de victimes vas-tu faire ? Moi je m'en fiche, je t'aime autant criminelle, mais toi tu ne pourras plus te supporter, je me trompe ? Les pleurs de toutes les autres couleront sur toi aussi sûrement que ce jet d'eau en ce moment, leur humiliation sera tienne, et si je les salis c'est toi que je souille, n'est-ce pas mon cœur ? »
Je la relâche, cette fois, tout sourire. Tara, jolie Tara, tu ne sais pas à qui tu as affaire ! Tu ne sais pas ce qu'est le mal, tu ne sais pas ce qu'est l'horreur. Mais, puisque c'est demandé si gentiment, compte sur moi pour te donner un avant-goût. Je la guette, impatient, certain que sa réaction va m'intéresser au plus haut point. Cette fois je n'ai même pas eu à lui dire des mensonges, la vérité est assez laide pour que cela la bouleverse, et rien que pour ça --je veux dire pour ma profonde sincérité et mon honnêteté à tout épreuve-- je crois bien que je mériterais la médaille d'honneur ou le prix Nobel de la Vertu. Saint Cesare Havilland, quoi !
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MessageSujet: Re: Can you make it feel like home if I tell you you're mine ? ♔ Avec Cesare Can you make it feel like home if I tell you you're mine ? ♔ Avec Cesare EmptyLun 23 Juin - 23:28


« Tu as tout à apprendre, tout ce qui ne s'apprend pas. »

Georges Perec

Peut-être que tout ceci n'était que folie. Peut-être qu'elle aurait dû faire semblant de rester docile et apeurée... peut-être qu'ainsi il ne l'aurait pas si cruellement blessée. Pourtant, si elle était demeurée devant lui une pauvre chose effacée, le calme plat aurait succédé à leurs épousailles, et c'est ce qu'elle ne voulait pas. Si elle essayait de le provoquer maintenant, c'est parce que malgré tout ce qu'il pouvait prétendre il était un être de chair et de sang, sujet aux mêmes intempéries de caractère que chacun : et si on le pique, il mord, et s'il mord, c'est qu'il perd le contrôle, et s'il sent qu'il perd le contrôle, il va être en colère, et quand on est en colère on fait des erreurs. Voici toute l'étendue du calcul de Tara. L'idée était de guetter le faux pas, certes, mais rester dans une position d'attente ne la satisfaisait pas, elle voulait provoquer l'incident pour que les choses s'enchainent plus vite et qu'enfin advienne le dénouement. Quel qu'il soit. Ce n'était peut-être pas prudent... en réalité c'était complètement dangereux, mais qu'importe. Depuis ce matin, depuis qu'elle avait vu Aiden, elle savait qu'elle souffrait plus, là, tout de suite, d'être loin de lui et légalement la femme d'un autre, qu'elle ne souffrirait si Cesare, pris de folie toxique, décidait subitement de la noyer dans les vingt centimètres d'eau qui remplissaient actuellement le fond de la baignoire. Tandis qu'elle l'invectivait d'un regard chargé d'éclairs et de quelques paroles qui se voulaient cassantes, Cesare demeurait presque pantelant. La jeune femme s'impatientait tout en redoutant le coup. Il n'était pas naturel chez le jeune homme de ne pas bouger pendant plus de quinze secondes. Enfin, comme elle s'y attendait sans joie, il réagit. Il lui faisait l'effet de quelque prédateur, à sourire discrètement de la sorte alors qu'il la renversait en arrière sans trop de tendresse. Elle avait vu une lumière de malignité passer au fond de ses iris grises, elle savait qu'il venait de forger quelque plan. Son pouls accéléra exponentiellement quand elle sentit la langue du jeune homme passer sur sa peau. Elle était partagée entre l'envie de le tirer par les cheveux violemment et celle de lui dire combien la torture qu'il lui faisait n'existait pas, de lui dire que l'homme qu'il détestait le plus au monde l'avait embrassée à cet endroit avant lui, de lui dire combien elle avait aimé cela... Il ne lui enlèverait jamais la sensation des caresses d'Aiden qui avaient électrisé chaque parcelle de son épiderme, pas plus qu'il n'arracherait son amour hors de son cœur ou torpillerait sa tendresse loin de son âme. Il ne pouvait rien contre l'amour vrai.

Mais cela (et Tara ne s'en aperçut que bien trop tard), Cesare le savait. Et ce n'était ni l'amour lyrique ni l'amour ardent ni l'amour doux qu'il allait viser. C'était plutôt l'amour-propre et le sentiment d'humanité qu'il attaquerait à bon escient. Il est vrai que Tara ne s'y attendait pas le moins du monde. Elle n'avait pas encore la même ingéniosité macabre que son époux ni l'expérience suffisante en terme de manipulation pour rivaliser avec lui. Pour l'heure, elle tâchait surtout de s'astreindre à respirer aussi calmement que possible, le corps cambré en arrière et une désagréable sensation de migraine la prenant pour avoir la nuque inconfortablement appuyée contre le rebord de la baignoire. Il prit son temps, semble faire de son corps un festin tandis que la jeune femme se forçait à ne pas anticiper sur la suite des évènements. Il parla et elle entendit l'ironie légère, puis l'agacement dans le fond de sa voix. "Nuisible à d'autres personnes", dit-il, mais hélas elle ne s'arrêta pas sur cette formulation, trop occupée à le regarder s'emparer de la dague. Il approcha la lame de son corps et cette fois l'effroi se peignit nettement sur le visage de Tara, qui avait pâli. Allait-il la trucider, maintenant, et la laisser se vider de son sang ? Elle esquissa un mouvement défensif qui semblait hurler : non, je ne veux pas mourir. Alors il passa ses doigts au centre de son soutien-gorge et tira dessus assez brutalement avant de le déchirer à l'aide de la dague. Elle n'eut pas le temps de se sentir soulagée qu'il ne l'assassine pas qu'il la débarrassa du tissus et entrava ses mouvements en lui écartant les bras. Malgré l'envie de détourner la tête ou de fermer les yeux qui l'assaillit quand elle constata le regard affamé que portait Cesare sur elle, elle resta aussi impassible qu'elle le put. Cela allait au-delà de la gêne et de l'humiliation, c'était une atteinte à sa sensibilité dans le but de lui faire mal, et c'était terrible, mais non pas surprenant venant de lui. Il reprit la parole. A mesure qu'il parla, les couleur s'estompèrent du visage de Tara, comme absorbées hors de son corps, et la tension nerveuse qui l'agitait précédemment s'évapora elle aussi, la laissant tremblante. Maïssa. Maïssa. Maïssa, ce nom venait d'être appliqué sur son âme au fer rouge, jamais elle ne l'oublierait, car elle était (oh, comme Cesare pouvait être fier !) sa toute première victime. Elle ne pouvait pas jeter un voile de pudeur sur ses propres pensés car la révélation était grave et choquante : elle s'obligea à assimiler l'idée qu'il avait violé une jeune femme à cause d'elle. C'est ce qu'il était en train de lui annoncer en souriant. Non seulement cela, mais en plus il lui disait que son intention était de recommencer tous les soirs.
« Cesare... »
Pitié, arrête de parler. Sa voix s'était brisée sur son prénom, corps inerte sur l'imposant récif de sa cruauté. Il lâcha ses bras, qui retombèrent lourdement et cognèrent contre la paroi de la baignoire. Elle resta stupéfaite quelques instants, à regarder à travers lui l'image de la jeune femme qu'il avait meurtrie. A cause de moi. A cause de moi, se répéta-t-elle intérieurement. Bien sûr qu'elle savait que c'était lui le coupable, lui le criminel, mais elle n'avait eu de cesse de le provoquer, entre hier et aujourd'hui, alors qu'elle le savait instable, alors qu'elle le savait dément et sanguinaire... Elle était également fautive de ses débordements car elle les avait cherchés. A présent des larmes coulaient silencieusement sur ses joues décolorées, reconnaissable aux légères traces rouges et chaudes qu'elles dessinaient sur leur passage ; elle ne pleurait pas que Cesare puisse désormais obtenir d'elle tout ce qu'il souhaite, elle pleurait de honte et de dégoût d'elle-même à l'idée que Maïssa, quelque soit son visage, ait été suppliciée à cause d'elle.
« Aucune, souffla-t-elle. Aucune ne devrait souffrir à ma place. »
Elle maîtrisa un haut-le-cœur en fermant les yeux et retenant sa respiration un instant. Avachie au fond de cette baignoire, elle n'aurait pu se sentir plus sale ou plus misérable qu'en cet instant où l'horreur de la situation dépassait l'entendement. Elle était choquée à s'en sentir abrutie, terrifiée à en être laminée. Son corps était traversé de soubresauts intermittents provoqués par l'angoisse et la fatalité.
« Je ne... sais pas comment... comment je me ferai pardonner, auprès... »
De Maïssa. Vas-y. Dis son nom. Dis-le.
La nausée la reprit, elle se passa la main sur le front, incapable d'articuler les syllabes de ce prénom.
« Mais... Si tu promets... Quand tu promets tu ne mens pas, alors, promets-moi... Et après, tu feras ce que tu veux. D'accord, je... Mais je ne peux te céder que ce que je possède, ce ne sera ni mon cœur, ni mon âme. Tu ne veux ni l'un ni l'autre de toute façon... »
Il ne voulait que cette frêle enveloppe charnelle qui avait pâli à en faire peur, car c'était bien la seule partie de son être qu'il pouvait entièrement maîtriser lorsqu'il la tenait entre ses bras. Seulement, en cet instant, elle se sentait au bord du délire, comme épuisée, et ni ses pensées ni ses paroles n'étaient bien claires. Sa vision se troubla et ses espoirs d'il y a encore un quart d'heure lui semblèrent s'effondrer devant elle. Elle ferma les yeux, soudainement au bord de la défaillance.
« Je ne me sens... Je veux sortir... Et que tu meures. »

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