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 Il est temps de s'éteindre une dernière cigarette + NUMEO

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J'ai posé bagages ici le : 07/03/2014 Jouant le rôle de : Nuka, le lion incroyablement bête #teamlionking Nombre de messages : 315 On me connait sous le pseudo : BouLott (Héloïse). Un merci à : .thanatos Je suis fier(e) de porter l'avatar de : iwan sexy rheon.
MessageSujet: Il est temps de s'éteindre une dernière cigarette + NUMEO Jeu 9 Avr - 12:32


une dernière cigarette
kiméo & nuka
mais c’est plus fort que moi, tu vois, je n’y peux rien : ce monde n’est pas pour moi, ce monde n’est pas le mien ▬ saez.


Un souffle, un cri, un silence. C’était fini. Tu es de nouveau seul, perdu dans cette jungle, ce nouveau monde qui t’abandonne par ta faute. Seulement cette fois-ci, à la différence de toutes les autres, c’est ton choix. C’est toi qui as choisi de tout quitter, d’abandonner tout ce que tu aimes, parce que tu sais que c’est mieux. C’est mieux pour lui. Bien sûr. Toujours lui, il n’a jamais été question de quelqu’un d’autre, ta vie tout entière tourne autour de sa présence. Enfin non, il y a Vitani quelque part, Vitani qui t’apporte de la joie, qui te fait sourire, qui te fait rire et pleurer, qui te fait penser que la vie vaut la peine d’être vécu. Seulement aujourd’hui tu es perdu. Il a claqué la porte. Cette porte est la dernière chose qu’il ait touché, alors tu te colles à cette porte et tu laisses aller tes larmes. C’est terminé, tout n’a plus aucun sens, tu es faible. Faible comme jamais. Tu vas rester là, pendant des minutes, des heures, des jours, des semaines. Peut être que tu finiras par mourir de faim, puisque tu n’es même pas capable de te donner la mort, tu l’as bien vu pendant ce cours instant. Alors tu fais la seule chose que tu sais bien faire : tu te renfermes sur toi-même. Tu oublies les autres, tu oublies les mains tendues, les amitiés, la famille. Tout. Tu n’es plus que toi-même. Seul, esseulé et solitaire. Tu fuis l’appartement pour ne pas croiser Rox et ses questions. Tu fuis l’hôpital, même si tu hésites à y retourner pour te faire interner… Tu fuis le restaurant, pour ne pas importuner Kiméo de ta présence. Tu fuis les lieux communs, connus, qui te rappellent trop de souvenirs. Tu te retournes vers Stanislav, pourquoi ? Parce qu’il te fait vivre dangereusement, qu’il se fout que tu ailles bien ou mal et qu’il se sert de toi. A côté de lui tu te sens utile, c’est au moins quelque chose de plus que le reste du temps.

Trois jours plus tard, alors que tu t’es endormi dans un bar, une fille te réveille en hurlant trop fort. Alors que tu ouvres les yeux difficilement, tu comprends qu’on parle de toi. Tu entends « puant » et tu te rappelles ton ancienne vie. Celle où tu étais le lion plein de puce rejeté. Cette vie que tu t’étais juré d’abandonné, cette vie qui ne te plaisait plus. Alors tu prends conscience que tu es en train de couler et que tu ne peux plus reculer. Que le mécanisme est enclenché. Une larme se verse sur le coin de tes yeux et, pour la première fois de ta vie, tu es tenté de prendre cette poudre blanche. Celle qui est dans ton sac, celle que tu dois donner à quelqu’un dont tu ne connais que le pseudonyme et le lieu de rendez-vous. Tu sais que c’est mal, mais quand tu vois tous ces gens qui en redemandent, tu te dis que peut être ce n’est pas plus mal, peut être que ça peut t’aider. Tu touches le sac du bout des doigts et là, surgit dans ton esprit une image. Un visage. Des cheveux bouclés. Et une lame traverse ton cœur. Qu’est-ce qu’il dirait de toi à cet instant précis ? Tu le sais mieux que personne. Il oserait ouvrir la bouche, il oserait parler alors qu’il déteste faire cela. Il oserait te dire que c’est nul. Que tu mérites mieux que cela. Et puis, soudain, tu comprends que tu ne peux pas continuer comme ça. Que la vie ne vaut pas la peine qu’on se batte pour elle. Tu quittes le bar en grande précipitation et tu cours chez toi. Tu attrapes du papier, un stylo, tu griffonnes quelques mots ; tu es prêt. Tu jettes tes affaires sur le sol, tu hésites à prendre une douche, puis tu hausses les épaules ‘à quoi bon ?’ et tu files. Le sachet de poudre dans les mains. Tu as encore quelques minutes avant le rendez-vous, avec cet argent peut être que tu pourras réparer tes torts ? Tu cours à en prendre l’haleine.

La sonnette retentit et tu as envie de fuir. Pourtant tu es paralysé sur le sol. Tes pieds ne te répondent plus. Tu es collé, bloqué, immobile. Les secondes te paraissent des heures, tu regrettes déjà. Tu veux repartir, effacer, oublier, annuler. Et là, la porte s’entrouvre. Tu avales ta salive avec difficulté, tu manques même de t’étouffer, ton cœur bat à plus de mille à l’heure. Tu ne sais pas ce que tu fais ici. Tu sais juste que tu devrais être à des milliards de kilomètre. C’est bon, la porte est ouverte en grand. Tu vois la personne en face de toi. Tu vois cet être plus que parfait, ses bouclettes qui te font rougir, ses pommettes qui te font craquer, ses lèvres qui… non. Tu entrouvres les lèvres, mais aucun son n’en sort, l’air même est coupé dans ton corps. Tu ne peux plus rien faire, plus avancer ni reculer. Alors, tu tends le morceau de papier qui est presque humide à cause de tes mains moites. Tu as honte. Et, alors qu’il penche son visage pour déchiffrer ton écriture bancale et tremblante tu recules doucement. Tu cherches à t’enfuir pour de bon, tu cherches à le quitter et à assumer. Tu baisses les yeux, refusant de le regarder et préférant te concentrer sur tes propres pieds. « Adieu. » lâches-tu avant de te retourner pour partir en courant.

Sur les lettres les mots ressortent tant bien que mal.  Certains sont barrés, d’autres effacés par les larmes. Nuka, toi qui as toujours été doué pour les mots, te voilà incapable de dire clairement ce que tu vas faire. De lui expliquer. Tu sais pourtant qu’il n’aime pas les fausses tournures, les euphémismes et les figures de styles bien trop complexes avec des noms imprononçables. Pourtant c’est ce que tu as fait. « Je pars » pour dire qu’il va te retrouver avec un couteau dans le cœur, ou une main autour du cou, ou au fond d’une piscine. Tu ne sais même pas ce que tu vas faire, tu espères de tout cœur qu’il va te pardonner et te faire changer d’avis, mais tu ne mérites même pas son pardon, voilà pourquoi tu ne le lui demandes pas. Parce qu’il ne te le donnera jamais et qu’il a bien raison de te tourner le dos. Il ne doit pas être dépendant de toi, comme tu es dépendant de lui. Tu ne veux pas qu’il vive cet enfer avec toi, qu’il vive contraint et forcé de penser chaque jour à toi avec un pincement au cœur parce que c’est un rêve inaccessible, un rêve qui n’existe dans aucun monde.





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J'ai posé bagages ici le : 18/11/2013 Jouant le rôle de : le débile – la hyène ed. #teamlionking. Nombre de messages : 197 On me connait sous le pseudo : olympe. Un merci à : nenes (ava) anaëlle (signa). Je suis fier(e) de porter l'avatar de : robert sheehan.
MessageSujet: Re: Il est temps de s'éteindre une dernière cigarette + NUMEO Ven 19 Juin - 14:26


une dernière cigarette
nuka & kiméo
mais c’est plus fort que moi, tu vois, je n’y peux rien : ce monde n’est pas pour moi, ce monde n’est pas le mien ▬ saez.


Ta vie ne ressemble plus à rien. Elle n’est plus rien. Plus depuis que tu as quitté précipitamment cet appartement. Cette chambre. C’est la dernière fois que tu l’as vu. Lui, ton Nuka. Tu te souviens encore de son regard fou, de ses mains autour de ton cou. Tu te souviens de la peur, de la colère. De tout cet amour brisé. Parfois, la nuit, les cauchemars te réveillent et tu hurles en silence. Tu l’appelles. Entre tes larmes, il y a son nom qui s’échappe de ta bouche. Parce qu’il te manque, parce que tu as besoin de lui. Parce que tu voudrais le retrouver mais il y a comme un fossé qui vous sépare désormais. Il y a comme un vide entre vous, un vide que ni toi ni lui ne semblez prêts à franchir. Alors tu restes muré dans un silence trop lourd, trop pesant. Il y a ce goût de bile sur ta langue, ce nœud à ton estomac. Il y a toute cette tristesse qui fait ployer ton corps à chacun de tes pas. Tu ne le vois même pas au restaurant de ta douce et belle Shenzi. Il est absent. Il est parti. De ta vie, de ton quotidien. De tout. Et tu lui en veux, et tu t’en veux. Parce que tu avais toujours cru que, lui et toi, c’était pour la vie. Tu avais toujours cru que, malgré tout, vous réussiriez à franchir les obstacles. À braver les épreuves. Et voilà que tu te retrouves seul, sans lui. Sans avoir même envie de te lever de ton lit. Quand tu n’es pas derrière tes fourneaux, tu restes enfermé entre ces quatre murs à revoir encore et encore son visage penché au-dessus du tien, la colère et la haine assombrissant ses traits. Puis tu retrouves soudainement le goût de ses lèvres sur les tiennes, de ce nœud à l’estomac qui te filait des frissons le long de la colonne. C’est tout un tas de sentiments qui te troublent, te font mal. Tu aimerais pouvoir arrêter de penser, arrêter de voir ces images qui te brûlent la rétine. Tu ne respires plus sans lui, tu n’y arrives pas. Tu ne veux pas continuer dans un monde où il n’est pas ; tu ne peux pas continuer. Parce que c’est trop douloureux, parce que c’est trop dur. C’est trop épuisant de devoir affronter ce monde-là sans Nuka à tes côtés. La solitude t’étouffe, lentement. C’est comme un poison distillé dans tes veines. Il te glace le sang et calcine tes organes un par un. Tu meurs sans Nuka. Tu te meurs. Tu aurais dû rester avec lui ce jour-là, tu n’aurais pas dû battre en retraite. Tu n’aurais pas dû baisser les bras. L’abandonner. Tu aurais dû t’accrocher, lui montrer que tu l’aimes et que, peu importe le reste, tu resterais là. Avec lui. Pour lui. Mais encore une fois, tu as échoué. Tu as mal fait les choses. Comme à l’hôpital, tu l’as laissé tout seul. Tu as déserté. Tu es un mauvais ami. Il comptait sur toi, il t’aimait. Tu as encore son dessin pour te le prouver. Ce dessin de ton portrait, si joliment graphé.

Allongé sur ton lit, tu soupires longuement. Tu ne sais pas quoi faire de ta peau, de ta vie. Tu as voulu le retrouver mais il n’était pas chez lui. Pas aux endroit susceptibles de lui plaire. Nuka n’était pas là. Il n’est plus là. Il a comme disparu de la surface de la Terre. Et ça t’inquiète. Tellement. Tu as peur de le retrouver dans une ruelle, en sang. Ou pire encore. Dans tes cauchemars, son regard vitreux te fixe sans te voir, la couleur de ses pupilles disparaissant peu à peu. Tu serres les mâchoires comme pour contenir la douleur qui te serre la poitrine. Si tu pouvais, tu plongerais la main dans ta cage thoracique pour en arracher ce cœur qui bat trop douloureusement. Ce cœur qui saigne depuis trop longtemps. Retenant un sanglot, tu sursautes en entendant la sonnette de la porte d’entrée. Tu restes un instant immobile, silencieux, avant de te forcer à te lever pour aller ouvrir. C’est sûrement Banzaï qui a encore oublié ses clefs – tu ne pensais pas qu’il était déjà si tard. Le pas lourd, tu te traînes jusqu’à la porte et ton cœur s’arrête soudainement lorsque tu aperçois la silhouette de Nuka sur ton palier. La respiration courte, tu restes à l’observer comme si tu voyais un fantôme et sens comme une main te serrer la gorge, t’empêchant de parler. Tu clignes des yeux, priant pour que ce ne soit pas qu’un effet de ton imagination malade. « Nu-Nuka… » C’est juste un murmure qui t’arrache pourtant la gorge. Tu sens toute la douleur de ton ventre remonter jusqu’à tes lèvres, laissant derrière elle un goût de papier mâché sur ton palais. Il est là. Il est là, devant toi. Et tu aimerais tant pouvoir lui dire toutes ces choses auxquelles tu as pensé, tu aimerais pouvoir faire tout ce que tu avais imaginé. Mais tu n’y arrives pas, tu ne peux pas. Tu en es incapable, comme paralysé. Tu te vois pourtant lui sauter au cou, pleurant de soulagement, lui répétant combien tu es heureux, combien tu l’aimes mais rien ne vient. Rien ne sort. Tu es tout simplement paralysé. Par le choc, par l’émotion, par la peur. Ce n’est que lorsqu’il te tend un morceau de papier que tu te décides à bouger. Tes doigts se referment sur la feuille blanche qui se met à trembloter. Le cœur au bord des lèvres, tu commences à lire l’écriture brouillonne, inhabituellement malhabile. Les mots te glacent d’effroi, tu sens comme une nausée te faire tourner la tête. Tu ne peux pas y croire, tu ne veux pas y croire. Il ne peut pas avoir écrit ça, pas vrai ? Ça ne peut pas être vrai. Il ne peut pas te laisser seul ici, dans ce monde. Il ne peut pas partir sans toi. Tes jambes manquent de se dérober sous toi et quand tu relèves les yeux, il est déjà trop tard. Tu vois sa silhouette qui disparaît dans l’obscurité du couloir.

Tu as envie de hurler son prénom, de toute tes forces, jusqu’à ce que ta gorge se brise mais rien ne sort. Tu restes immanquablement muet. Tu as envie de pleurer mais tes yeux sont irrémédiablement secs. Tu as envie de vomir mais la nausée reste coincée dans ton estomac, le compressant en spasmes réguliers. Mais tu ne peux pas le laisser partir, le laisser te quitter. Tu ne peux pas l’accepter. Ça ferait trop mal. Ça fait déjà trop mal. Alors sans réfléchir plus, sans même y penser, tu te lances à sa poursuite. Tu dévales les escaliers quatre à quatre, manquant de tomber tellement de fois que tu ne penses même plus au risque de te briser la nuque. Tu veux juste le rattraper. Le rattraper avant qu’il ne soit définitivement trop tard. « Nuka ! tu hurles, sans même buter sur le prénom, sans même bafouiller. » C’est juste un cri de désespoir et un appel à l’aide mélangés. C’est juste le cri du cœur. Te jetant contre lui, tu entoures sa nuque de tes bras si fort que tu aurais pu l’étrangler si tu en avais eu la force. C’est à la fois bon et douloureux de le retrouver, bon et douloureux de le sentir à nouveau contre toi. Dans ta vie et ton espace. « P-pars pas, tu supplies à travers les larmes qui se mettent à couler. Me lai-laisse pas, t-te plaît. » Tu n’es rien sans lui, tu ne peux rien sans lui. Tu te fiches du reste s’il n’est pas présent. Ta vie n’a pas d’intérêt s’il n’est pas là pour la partager avec toi. Bien sur, il y a toujours ta belle Harlow et Banzaï et Charly mais ça n’est pas pareil. Ça n’a rien à voir. Ça ne vaut pas la peine si Nuka, ton Nuka, n’est pas là. Il te faut sa présence jour après jour sinon ton univers ne tourne plus rond, sinon ton monde perd de ses couleurs. « Je-je v-veux pas qu-que tu me laisses, tu hoquettes, toujours pressé contre le brun. J-je t’aime, m’aban-bandonne pas. » Il y a tant d’autres que tu voudrais lui dire, tant d’autres choses que tu voudrais lui murmurer. Lui souffler que tu lui pardonnes, que tu ne lui en as jamais voulu, qu’il t’a manqué. Lui souffler que tu as besoin de lui pour vivre et pour respirer, qu’il ne peut pas partir sans t’emmener avec lui. Lui souffler que s’il meurt, tu meurs aussi. Lui souffler que c’est lui et toi contre le monde entier. Comme ça l’a toujours été. Comme ça le sera toujours.



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ce grand manège


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J'ai posé bagages ici le : 07/03/2014 Jouant le rôle de : Nuka, le lion incroyablement bête #teamlionking Nombre de messages : 315 On me connait sous le pseudo : BouLott (Héloïse). Un merci à : .thanatos Je suis fier(e) de porter l'avatar de : iwan sexy rheon.
MessageSujet: Re: Il est temps de s'éteindre une dernière cigarette + NUMEO Mar 30 Juin - 16:00


une dernière cigarette
kiméo & nuka
mais c’est plus fort que moi, tu vois, je n’y peux rien : ce monde n’est pas pour moi, ce monde n’est pas le mien ▬ saez.


J’aurai aimé t’aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c’est beau d’aimer. Le vide t’enferme et se resserre autour de toi. Il est resté immobile. Face à toi pendant que tu sonnais à la porte, il n’a pas bougé d’un poil pendant que tu lui tendais le papier. Il était juste là, juste présent. Sur ses lèvres, on n’y voyait qu’un sentiment de … tu n’arrives pas à le comprendre ce sentiment, alors tu te dis que c’est de la rancœur. Il ne voulait pas te voir. Et ça te blesse au plus profond de ton âme. Il t’avait oublié, il avait tourné la page. Tes yeux sont trop secs pour pleurer, ta gorge est trop abîmée pour parler, ton corps est trop faible pour rajouter un mot. Alors tu tournes les talons et tu t’en vas. Tu quittes cet endroit, cette ville, ce monde. Tu quittes la seule personne qui aurait pu te faire changer d’avis, la seule personne pour qui tu donnerais ta vie sans même hésiter une seconde. Si quelqu’un l’avait menacé d’un flingue, tu aurais pris la balle à sa place. Ah, si seulement tu avais pu mourir en héros ! Mais non, ce n’est pas ton destin. Déjà dans l’autre monde tu mourrais comme une bête oubliée, tué par une avalanche de rondin de bois. Ridicule. Tu as toujours été ridicule. Ridicule de croire que tu comptais pour quelqu’un, ridicule  de croire que quelqu'un pouvait t’apprécier. Vitani c’est ta sœur, c’est pour ça qu’elle supporte tes états d’âmes, Zira c’est ta mère qui t’a créée, elle est bien obligée de faire semblant de s’occuper de toi, mais Kiméo lui… n’est rien qu’un ami. Oh, le meilleur, le plus beau, le plus cher, le plus parfait de tous les amis que tu rêvais d’avoir. Et tu l’avais eu. Pendant quelques instants, ça avait été les meilleurs moments de toute ta vie. Et maintenant c’était fini. Terminé, il fallait tourner la page. Etait-ce un acte de courage ? Ou bien juste de la lâcheté finale ? Tu n’en sais rien, mais tu t’en vas. Plus jamais tu ne le feras souffrir par ta faute, il mérite tellement mieux. Tu ne mérites rien d’autre que la mort toi. Le cœur lourd, tu avances rapidement. Tu veux partir au plus vite, avant que le poids t’écrase. Oh comment tu avais osé espérer qu’il allait te retenir. Qu’il allait te sourire ! Qu’il allait te pardonner ! Oh doux rêve éphémère. Le salut n’était pas prévu pour toi, il fallait que tu accomplisses ce pourquoi tu étais destiné. Tu soupires et cette fois-ci, une larme s’écrase sur ta joue.

J’aurai aimé t’écrire, le plus beau des poèmes et construire un empire juste pour ton sourire. Soudain un bruit de pas te tire de tes pensées. Voilà qu’en plus tu es suivi. Sûrement par des enfants qui veulent se moquer de toi et te jeter des pierres. Oui, tu ne crois plus en rien. C’est pour les imbéciles l’espoir, tu ne le mérites pas. « NUKA ». Un cri, un seul, transperce l’air. Un seul mot, sans bégaiement. Un cri de désespoir, d’amour, de tristesse. Tu n’arrives pas à deviner, mais tu sais que c’est la voix tant chérie, celle que tu voulais entendre encore une fois. Celle que tu aimes tant. Tu souris, au moins tu l’auras entendu une dernière fois. Tu fermes les yeux et apprécie la caresse du vent sur ton visage qui sèche cette petite larme. Et là, contre toute attente ce sont ses bras qui se serrent autour de ta nuque. C’est son odeur qui t’envahit. C’est sa douceur qui te fait frissonner. Il est là et tu es heureux. Tu sais que la séparation sera encore plus douloureuse, tu sais que c’est mal d’apprécier ce court instant. Et même si une folle idée est en train de naître dans ton esprit, même si tu recommences à espérer qu’il peut te pardonner, tu n’y crois pas. C’est trop beau. Beaucoup trop. Peut être, tu es au cœur d’un beau rêve. Et là il parle. Son odeur délicieuse t’enveloppe et nage dans tes narines. Tu ne veux pas qu’il s’arrête de parler. Et puis, peu à peu les mots se mettent à avoir un sens. Et tes yeux s’ouvrent. S’écarquillent de doutes, de bonheur, de surprise, de joie. Tu n’y crois pas. C’est encore plus que dans tes rêves. Il te dit qu’il t’aime. Que tu comptes pour lui. Waouh. Tu restes sans voix et tu enfonces ton nez dans ses cheveux bouclés en fermant les yeux. Tu restes là, quelques instants après qu’il ait fini de parler. Tu ne veux pas le lâcher, pourtant tu veux voir ses yeux, tu veux voir ce qu’il te dit par son regard qui lui, ne ment jamais, pas comme le tien. Toi tu l’as déjà regardé dans les yeux en lui disant qu’il fallait qu’il s’en aille. Tu l’as fait souffrir et lui, il est là. Devant toi. Démuni. Il ose rester là. Il croit en toi. Et c’est bien plus que tout ce que tu ne peux mériter, tout ce que tu peux espérer. Oh comme tu es heureux. Comme tu l’aimes. Tu as mis tant de temps à le comprendre, qu’il était tout pour toi. Il est ton âme-sœur, il est celui qui rythme ta vie. Alors une nouvelle larme s’étale sur ta joue. Cette fois-ci ce n’est pas de la tristesse c’est de la joie. Une joie indéfinissable. Oh comme tu es heureux !

Devenir le soleil pour sécher tes sanglots et faire battre le ciel pour un futur plus beau. « Kiméo, oh mon Kiméo. » Ton nez quitte ses cheveux et tu te penches vers lui. Tu  le prends le visage entre les mains et tu fixes ses yeux. Il te regarde et toi aussi. Vous êtes là, tous les deux, réunis, parce qu’il est bon. Parce qu’il est ton sauveur. Parce qu’il croit en toi. « Pourquoi ? » murmures-tu. Tu as tant de questions à lui poser, tant de choses à lui demander, tant d’espoirs à réaliser. Tu rêves qu’il te redise combien tu comptes pour lui, et que ce soit vrai. Ses yeux te hurlent ce que tu espères y lire. « Je suis tellement … perdu. Je. Kiméo, tu n’es pas obligé, tu sais que ce n’est pas de ta faute. Tu as le droit d’avoir une vie parfaite, tu as le droit d’être entouré de gens bons. De gens qui t’aiment et qui te respectent. Tu dois être heureux jusqu’à tes quatre-vingt-dix ans, entouré de tes petits-enfants qui voudront savoir pourquoi tu as les cheveux bouclés comme ça. Tu dois pouvoir profiter de ta vie. Je ne peux continuer à te faire mal. Je suis un monstre intenable et insaisissable. Et j’assume ce que j’ai fait. Ce n’est pas à toi de payer le prix de mes erreurs. Je règle tout si je … pars enfin. » Le mot s’écrase dans ta gorge. Y penser te fait du mal, mais tu sais que c’est la seule chose à faire. Tu sais qu’il a pitié de toi, qu’il ne veut pas parce que tu seras perdu. Mais c’est pour le laisser libre que tu dois le faire. C’est pour qu’il puisse enfin être heureux comme il le mérite. Oui, tu fais le bon choix.  « Si je te laisses vivre cette vie merveilleuse qui t’ouvre les bras. » Tu lâches son visage et tes bras puissants attirent ses épaules contre ton torse. Tu le serres si fort qu’il doit avoir mal, mais c’est ta manière de lui transmettre ton amour pour la dernière fois. Les yeux fermés tu oses enfin lui dire. « Je t’aime plus que ma propre vie, Kiméo. C’est pour toi que je fais ça. » Et tu déposes un ultime baiser sur son crâne avant de quitter la chaleur de ses bras pour rejoindre ton appartement et décider de quelle manière tu vas mourir.



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